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 Ne nos inducas in tentationem… [Lucrezia Di Giovanni et + si affinités...]

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MessageSujet: Ne nos inducas in tentationem… [Lucrezia Di Giovanni et + si affinités...]   Mar 7 Mai - 10:00

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En cette sombre journée, la pluie s’était mise à tomber dès le matin et alors que l’obscurité venait prendre sa revanche sur la lumière grisâtre qui avait plongé le tout Paris dans l’ennui, aucun signe annonciateur d’une quelconque trêve ne se laissait, pour l’heure, deviner. Etant sensible aux changements du temps, c’est en âme vagabonde que j’avais hanté le manoir dès mon réveil.
Sans même prendre le temps d’ôter ma combinaison de nuit en soie, je m’étais emmitouflée dans un long châle en dentelles de laine assorti à mes bas. Disciplinant simplement ma chevelure à l’aide d’un pique en argent gravé, j’avais effectué mes premières corvées du jour comme une somnambule et même après le petit-déjeuner, mon esprit était resté captif des limbes du sommeil. Pourtant, les cancans des autres filles avaient réalisés un vrai petit miracle, un peu plus tôt, en faisant naitre un sourire à la commissure de mes lèvres…

- Margot, tu sais qui a gagné la virginité de la petite nouvelle ?
Mon regard se porte sur la Margot qui, conformément à son habitude, prend tout son temps afin de souligner ses effets de styles, faisant mine de s’essuyer les coins de la bouche de la façon la plus théâtrale qui soit et ce, avant de répondre en minaudant excessivement…
- Non.
- Et bien c’est notre cher monsieur De Bressac !
- Bressac ? Et ben, connaissant la vaillance de son outil, je suis prête à parier que le pucelage de cette jolie blondinette sera vendu deux fois !

Je laisse percevoir un bref bruit de gorge qui sera dissimulé par les rires bruyants de mes compagnes de vie. Elle est souvent agaçante la Margot, mais qu’importe le vent, l’orage ou cette maudite pluie, son sens de l’humour est capable de défier les pires calamités.

Après m’être vêtue plus convenablement, j’avais prit place dans un confortable fauteuil et tentais de venir à bout du dernier chapitre de mon roman d’aventures. Malheureusement, et je le savais avant même d’avoir commencé, s’était perdu d’avance…
- Qu’est-ce que ça veut dire "versatile" ?
Stoppant ma lecture pour la huitième fois, je laissais entendre un profond soupire de lassitude avant de poursuivre…
- C’est comme "instable, changeant,… " là, c’est de son humeur dont-il est question, ce qui veut dire que c’est un être lunatique !
- Lunatique…
- Ohhh, fais un effort… Il change d’humeur tout le temps !
- C’est bon, ne t’énerve pas. Tu continues !?

Après quatre pages de désespoir, je lui lançais un cruel "Il fallait apprendre à lire…", tout en la connaissant suffisamment pour savoir qu’elle n’en prendrait pas ombrage et qu’elle reviendrait se glisser sous mon bras, sitôt mon ouvrage en mains. Voilà que son nom m’échappe à présent… Qu’importe, il est fort probable que ce soit un nom d’emprunt de toute façon.

Et voilà… La nuit est tombée et le reflet que j’aperçois dans le miroir est celui de mon autre. De celle qui va rire aux éclats toute la nuit, qui va papillonner des cils, de celle qui va afficher ses charmes, sa sensualité, sans honte ni fausse-pudeur. Mes courbes parfaites se dessinent alors sous l’effet de dentelles pourpres, tandis qu’à la lueur des bougies ma peau de porcelaine semble diffuser sa propre lumière. Ma longue chevelure soyeuse se balance maintenant au grès de mes pas. Mes petits pieds sont chaussés de mules de brocart, dont les talons mettent en valeur mes jambes fuselées. Un long manteau d’intérieur de velours moirés vient apporter la touche finale à mon déguisement de putain de luxe.
Néanmoins, sans pour autant que cela soit perceptible, ce soir le cœur n’y est pas. Dommage qu’aucun de mes anciens clients ne soit présents, une partie d’échecs m’aurait bien plus motivée que l’idée de devoir simuler, une fois de plus, un plaisir qu’au final je suis seule à pouvoir me prodiguer.

Un verre à la main, je me dirige vers la porte-fenêtre du salon où les gouttes de pluie dessinent des arabesques compliquées sur les carreaux en cristal vénitien. Bon ça suffit, saleté de temps ! Avant d’être complément déprimée, je vide mon verre d’une seule gorgée tout en m’approchant du piano, où se joue un air fait de chaudes modulations. Sans même y penser ma voix vient se poser dessus, laissant entendre quelques légendes de fabuleux voyages et de terres inconnues.

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Dernière édition par Soleine de Saint Amand le Lun 13 Mai - 14:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ne nos inducas in tentationem… [Lucrezia Di Giovanni et + si affinités...]   Jeu 9 Mai - 19:31

Ce n’est pas sans mal qu’elle tente de se dire que tout va bien… le temps lui échappe, et elle n’a plus de nouvelles de son ange depuis qu’il est partit. Elle était devenue une habituée au manoir, enfin presque, puisqu’elle ne venait jamais habillée de la même manière, tantôt en femme, ou encore en homme, et des fois dans une robe discrète, ou encore en une tenue luxueuse… ce n’est pas les idées qui lui manquaient. Elle ne se fait pas prier, pour glisser dans des déguisements divers, et va réclamer à l’une de ses servantes, un pourpoing, une chemise, une culotte et ses cuissardes, sous une vieille cape usée, laquelle lui cachait le visage, sous la capuche qui était bien grande pour elle.

Depuis toujours et à jamais, la louve et Ezel, ne s’étaient juré fidélité, et bien au contraire, elle aimait qu’il lui raconte ses aventures, quand à elle, elle aimait lui conter celles qu’elle avait avec ses amantes… leurs récits, attisaient leur désir, et comme à chaque fois, elle devenait plus demandeuse, après l’avoir écouté ! C’était amusant de voir ces deux là, s’exciter de la sorte, et d’ailleurs, elle avait souvent préféré voir, que participer, s’instruisant pour s’imaginer ensuite avec son bel ange brun !!

A cheval, elle promène dans Paris, avant de rejoindre le manoir, passant par le pont Royal, où elle avait retrouvé son ange la première fois, un détour immense pour voir le café Procope et une immense mélancolie qui venait lui saisir l’âme et le cœur ! Ils avaient décidé de ne pas se donner de nouvelles, pas avant un mois, et la séparation était des plus longues, lorsqu’il avait déserté, ce n’était pas pareil, elle avait attendu d’abord longtemps une lettre, avant de le croire mort, et tout ça l’avait rendue irascible… depuis, elle n’avait accordé sa confiance à personne, et vivait le jour, le jour, servant au mieux son souverain, et jouant le plus souvent en spectatrice.

Les grilles du manoir s’ouvraient enfin devant elle, mais avait elle réellement envie de s’amuser ce soir ? Rien n’était moins sûr, et pourtant, ses pas l’avaient menée là, comme si au final, elle ne savait pas trop où aller. La pluie commençait à tomber, un peu comme le jour où… tiens, elle y pense encore !! Le moindre évènement la ramène à Ezel, ce n’est pas qu’elle veut le faire sortir de sa tête, mais… enfin, bref ! On la recevait avec un sourire, en prenant son destrier et allant l’attacher aux écuries…


Bonsoir monsieur… passez une bonne soirée !

Elle sourit, même s’il ne voit pas son visage sous la capuche et va taper à la porte, qu’on lui ouvre presque aussitôt en l’invitant à pénétrer dans le salon, où déjà de jolis modèles étaient installés ! Décidément, les maîtres des lieux, savaient choisir leurs employés, et cet étalage de bonne chair, étaient franchement divin ! Hommes et fammes, assis ou affalés sur les divans, souriants et papotants, devaient vivre ce moment, comme une longue attente, sans doute avec un soupçon de peur, quant à celui ou celle, qui viendrait quémander leur présence, prêt à jouer de leur corps, soit en douceur, soit en terreur !

Assise elle-même sur un fauteuil destiné aux clients, elle jaugeait et contemplait celui ou celle qui finirait la soirée en sa compagnie… et là, une brune sulfureuse, un verre à la main, contemple les gouttes sur les vitres de la fenêtre, à moins qu’elle n’essaie d’imaginer la vie au dehors… le contenant ne fait pas un pli et termine dans son gosier en peu de temps, à croire que la soif était grande, ou l’envie de se saouler ! La Duchesse la trouve très belle, et la regarde se diriger vers le piano, alors qu’une mélodie se jouait, presque enivrante, où la voix de la délicieuse, posée à la perfection, accompagnait les notes, accrochant un sourire gratifiant sur le minois du prédateur qu’était l’italienne.

Que voici une chanteuse bien agréable, qui connait des chansons… pourquoi ne pas l’inviter à partager la soirée, après tout, il serait agréable d’entendre ces chants encore un peu…


Mademoiselle ?

Lentement, elle s’était approchée, glissant à pas feutrés pour la rejoindre, elle restait dans son dos, et s’adressait à Soleine, d’une voix douce et sensuelle…

Vous avez une très jolie voix…

Sa main se pose sur le piano, venant y appuyer ses reins, pour se mettre face à elle et dévorer son visage de ses yeux noirs…

Vous avez du talent !

Lou, fait servir les deux verres, un pour elle, et celui de la brune au chant de sirène !

Chanteriez vous pour moi ?

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MessageSujet: Re: Ne nos inducas in tentationem… [Lucrezia Di Giovanni et + si affinités...]   Lun 13 Mai - 11:24

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- Chère petite, te souviens-tu de l’histoire de Malgven et Gradlon ?
- Oui. C’est quand Gradlon, roi de Cornouaille et Malgven, reine d’Armorique, tombent amoureux…
- Voilà, et bien de cet amour naitra une fille et c’est sa légende, la légende de Dahud que je vais te conter. Viens t’asseoir et écoute bien, …
L’histoire commence aussi mal qu’elle finie car Malgven meurt en donnant vie à Dahud, plongeant ainsi le roi Gradlon dans un désespoir infini. Celui-ci, n’ayant plus que sa fille et voyant en elle le parfait et sublime reflet du visage de sa défunte bien-aimée, lui passe le moindre de ses caprices. C’est ainsi qu’en réponse au refus de cette dernière d’être convertie à la religion du Christ, il lui fait construire la ville d’Ys, pour y vivre selon leurs anciennes traditions, une ville sans église où l’on vénère plusieurs dieux, en célébrant les plaisirs déraisonnables qu’offrent la nature et le corps sans aucune morale.
Furieux, Guénolé de Landévennec, le saint fondateur de l'abbaye du même nom, menace Dahud des représailles de Dieu. Alors, pour protéger sa fille, Gradlon lui conseille de faire bâtir des écluses pour protéger la ville d’Ys de l'océan. Mais un jour, victime d’une diabolique manigance, Dahud commettra l’irréparable en faisant ouvrir les portes des écluses, provoquant ainsi la disparition de sa cité adorée. Voyant qu’elle tente de fuir l’inondation, Guénolé décidera de la tuer en la précipitant dans l’océan. Mais Dahud, aidée par des esprits aquatiques, survivra en devenant une sorte de sirène que les marins appelleront, plus tard, Marie Morgane.
- Oh, c’est donc des Marie Morgane qui chantent pour les attirer et les tuer…
- Oui, les Marie Morgane sont des êtres adeptes des plaisirs et aux mœurs légères qui ensorcellent les marins, poursuivant les jeunes pêcheurs de leurs chants amoureux, pour les entraîner au fond de la mer. Ces fées maléfiques, à l'apparence parfaite de femmes, vivraient dans un magnifique palais sous-marins dans lequel elles retiendraient prisonniers leurs amants, leur imposant des plaisirs infinis, jusqu’à ce qu’ils finissent par en perdre totalement l’esprit.
- Elles ont de la chance !


Je me souviens de la gifle magistrale que je pris ce jour là… Moi qui pensais innocemment au fait d’habiter un magnifique palais alors que la pieuse Madame de Charvis, cherchant à plaire à Dieu en m’apprenant à lire, voyait en cette simple phrase la fatale empreinte du Malin sur mon destin. Ma mère étant morte en mettant au monde un nouveau-né conçu dans le péché, mon esprit refusant de se souvenir convenablement de la moindre prière, tout cela me désignait naturellement, à leurs yeux, comme une future pécheresse.
A quoi bon perdre son temps à sauver ce qui ne peut l’être…

Est-ce cette ancienne magie qui guida vers moi Lucrezia Di Giovanni, en cette froide soirée d’hiver 1770 ? Est-ce ma voix, promesse de plaisirs, qui l’attira comme un marin égaré en pleine tempête et qui commet l’erreur de se laisser distraire ? Est-ce là, la véritable raison de notre rencontre… Le fait que ce soir-là, la mystérieuse italienne aie soudainement éprouvée le besoin de se perdre pour de bon afin de mieux se retrouver ? Toujours est-il que sa voix s’accorda parfaitement à la mienne alors qu’elle venait murmurer à mon oreille les premières notes de son propre chant de séduction.

- Vous avez une très jolie voixLa votre l’est tout autant ! Cette pensée restera ce qu’elle est, et c’est un simple - Merci, qui sera prononcé une fois le dernier couplet achevé.
Oh, je ne doute pas un instant qu’elle eût pu tromper, par sa tenue masculine, quelques esprits distraits ou peu regardant mais, à n’en point douter, les lèvres envoutantes que je contemplais en l’instant n’avaient rien de masculine, pas plus que le grain de peau et les traits parfaits du visage qui me faisait face.

Ayant cerné le faussaire, je lui dédie mon plus beau sourire espiègle, affichant ainsi ma décision quant au fait de continuer néanmoins de jouer le jeu. Acceptant le verre qui m’est tendu, je souligne la sensualité de mes mouvements par un regard scintillant de promesses lascives, avant de faire brièvement tinter le cristal de nos coupes et de répondre en minaudant…

- Et que souhaitez-vous m’entendre chanter pour vous, mon bel ami, une nouvelle aventure issue de terres exotiques, une ballade pour âme nostalgique ou, un hymne au plaisir qu’il nous serait possible d’interpréter à deux ? Le salon, n’étant pas la pièce la mieux adaptée pour cela, je vous conseillerais de prendre une chambre en notre beau manoir et par là même, de gagner en confort d’écoute ainsi qu’en plaisir des sens ! Taquine, je laisse mes longs doigts fins se promener sur un bouton de veste, un nœud de chemise, la naissance d’une gorge délicate,… Pensant, à tort, prendre ainsi la demoiselle à son propre jeu en la déstabilisant par mon audace.

Je ne connaissais encore rien de cette troublante créature mais elle avait déjà le mérite d’avoir aiguisé ma curiosité et chassé la morosité qui ternissait mes pensées.


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MessageSujet: Re: Ne nos inducas in tentationem… [Lucrezia Di Giovanni et + si affinités...]   Mar 14 Mai - 21:13

merci…

Rien de plus, ne vient perturber ce chant aux accords parfaits et aux notes mélodieuses… La belle, ne semble pas plus troublée que ces sirènes le pouvaient êtres, en ces récits que les contes lui avaient offert dans ses lectures d’enfants !Ou encore ces jolies cantatrices qui avaient donné des récitals à Venise, sur la grande place Saint Marc, devant tant de personnes, venues assister aux festivités qu’elle donnait, au nom du Doge élu, ou encore pour les anniversaires de sa nomination à ce titre !

Ce soir, elle avait été attirée par l’une des belles qui logeait au manoir, sans doute cette voix délicieuse qui l’avait attisée et comme si elle s’était sentie obligée, c’était l’esprit en éveil et les sens aiguisés qu’elle s’en était approchée ! La louve chassait ? Oh, ici, ce n’était pas la peine, mais cette fois, c’était différent, séduire une séductrice, cela ne serait pas sans mal, et pour elle, à cet instant, c’était un pari amusant !

Elle accepte le verre tendu, arbore un sourire des plus évocateurs, et semble prolonger un jeu, que les deux femmes avaient gentiment commencé, en partageant un regard emprunt de curiosité ! Louve ou pas, il ne serait pas facile de distinguer ici, la proie du chasseur ! Lucrezia, savait en reconnaitre un, lorsqu’il se présentait à elle, et ici, celui-ci, avait revêtu une parure sublimissime, aux allures d’une sirène à la voix d’or !!

Quelles seraient ses chances de se faire mordre par si belle proie ? Autant sans doute, de dévorer elle-même le chasseur ! ^^ Ce ne fut pas sans sourire aux lèvres, qu’elle écoute les propositions plus ou moins sous entendues, de Soleine…


Si votre hymne au plaisir m’entraine avec autant de plaisirs, vers l’extase, je serais prêt à vous écouter toute la nuit ! Donnez moi une seule bonne raison pour ne pas vous suivre, ou… ou une autre, pour ne pas le faire !!!

Elle taquine, et joue de ses doigts sur la veste de l’italienne, comme pour prendre au piège le client, qu’elle pouvait représenter, espérant vainement avoir fait croire qu’elle n’était pas une femme, sous la cape qui ne la masquait pas assez… et une fois dans la chambre ? ferait elle croire que l’homme était émasculé ? Cette idée la fit sourire, mais elle ne fit pas marche arrière, et le regard noir, franc et droit, plongé dans le sien comme provocant à son tour celle qui voulait donner l’assaut, elle ajouta :

Que me proposez vous, pour me plaire d’avantage ?

D’avantage, était le mot choisit, car il était évident, que déjà, elle lui plaisait vraiment beaucoup !!


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