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 Etre seule ☼Emeric☼

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MessageSujet: Etre seule ☼Emeric☼   Mer 27 Mar - 16:03

Un après-midi comme les autres, ou presque. J’émergeais après de longues heures d’un sommeil, peu, voire pas du tout réparateur. La nuit avait été longue, et surtout rude. Je ne me plaignais jamais de mon sort, on peut même dire que j’aimais ce que je faisais. Mais cette nuit n’avait pas été ce qu’on pourrait qualifier d’agréable. J’avais eu deux clients, un très jeune homme en début de soirée, maladroit, mais gentil. Là, tout s’était bien passé. Mais ensuite, un homme aux manières rustres, et trop alcoolisé m’avait gardé pour la nuit. Il s’en était donné à cœur joie.
Je levais la manche de ma chemise de nuit sur mon bras : j’avais un beau bleu. Et pas que là. J’oublierai vite, sans doute. Passer à autre chose… j’avais l’habitude. Mais aujourd’hui, je me sentais lasse, et je n’avais pas envie de rester ici, en attendant de reprendre du service, d’ici trop peu de temps.
Je me levais, et me dirigeais vers la petite coiffeuse qui était l’un des seuls meubles de cette petite chambre. Dans le broc, il restait un peu d’eau que je versais dans le baquet afin de me rafraîchir un peu. Je réfléchissais à ce que je pourrais faire afin de me changer les idées, et quitter le manoir pour quelques heures. Il m’arrivait de sortir régulièrement, bien entendu… souvent pour visiter les jolies boutiques parisiennes, remplies de choses que je convoitais dès le premier coup d’œil. J’avais un peu d’argent de côté, je pouvais me le permettre.
Mais là, non, je n’en avais pas envie. Je pensais plus à m’aérer l’esprit, et surtout, surtout ne pas parler. Simplement avancer, respirer l’air de Paris (pas toujours très frais ceci dit.)
Le jardin ferait l’affaire. Et espérer ne rencontrer personne de ma connaissance !
Je m’habillais, enfilant tout ce que j’avais de plus simple : une robe bleue pâle que je boutonnais jusqu’au col, des bas et des chaussures. Une petite cape de laine sur les épaules, et je relevais mes cheveux en un chignon soigné. Rien dans mon apparence ne laissait supposer ce que je pouvais être ici. J’aimais bien l’image que je renvoyais dans ce petit miroir. Pour quelques heures, je pourrais être une autre, sans artifice. Plus simple et moins légère que l’Astrée du Manoir des délices.
Je descendais les escaliers. J’avais faim et je passais donc par la pièce où nous, employés du manoir, prenions nos repas. Certains étaient déjà attablés, mais assez peu, la majorité dormant encore. Je les saluais, et m’asseyais sur le banc pour manger un peu de pain, et boire un thé brûlant qui me réchaufferait le sang. Rapidement, je me sentais déjà mieux, et mon esprit était plus alerte et plus clair. Sans un mot, je quittais la pièce, saluant d’un sourire la cuisinière passant par là, un sourire pour la remercier de nous nourrir tous les jours, c’était la moindre des choses.
Enfin, je sortais, et les odeurs de Paris me montèrent immédiatement au nez. Arf, quelle puanteur… de quoi vous faire regretter votre campagne. Quoique… heureusement, le jardin était relativement épargné par ces exhalaisons.
J’avais pris un petit sac avec à l’intérieur un ouvrage à broder et un livre, acheté dans une petite librairie la semaine dernière. Je n’étais pas bonne brodeuse, mais cela me passerait le temps tout en m’occupant l’esprit. Et puis jouer ce rôle de femme ordinaire me plaisait. C’était ma mère qui m’avait appris à broder. Tout comme elle m’avait donné le goût à la lecture, même si, avec elle, je ne lisais pas vraiment. Quelques mots, que je déchiffrais tout juste. Par la suite, avec mon mentor, l’Espagnol, j’avais vraiment découvert la lecture. La beauté des mots, ce à quoi ils nous renvoyaient : les voyages, le rêve, l’amour… En m’asseyant sur un banc du jardin, je me souvenais de ces années sur les routes, à jouer la comédie, à tous ces spectacles que j’avais pu faire avec la petite troupe que nous formions… Je soupirais…
Autour de moi, peu de monde, les gens ne prenaient plus le temps de prendre du temps, justement. Quelques gamins courant ici, des vieux là, en train de ruminer contre les mômes bruyants. Et cet homme, qui avançait, l’allure fière, le regard sombre. Je le regardais marcher. Il avait quelque chose d’intriguant, et qui me rappelait vaguement quelque chose… je cherchais quoi, qui il était aussi… le connaissais-je ? Peut-être, ou peut-être pas. Je voyais beaucoup de monde, beaucoup d’hommes. Et puis, je me souvins : au manoir, la veille au soir.
Je n’avais pas eu à faire à lui, mais j’étais à proximité de l’entrée lorsqu’il était arrivé.
Sa façon de se déplacer, on aurait dit qu’il prenait possession de là où ses pieds se posaient. C’était… déroutant. Je me sentais à la fois intriguée et méfiante. Je l’étais un peu, naturellement, mais cet homme me faisait une étrange d’impression, et je n’aurai su dire laquelle…
Vraie maladresse, ou envie d’en savoir plus (et oubliant ainsi vite mes résolutions de mon levé), lorsqu’il passait devant moi, je laissais tomber mon ouvrage sur le sol

-Quelle maladroite je fais… je n’avais pas parlé bien fort, mais suffisamment pour qu’il s’arrête. Tout du moins, c’est ce que j’espérais.
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MessageSujet: Re: Etre seule ☼Emeric☼   Mar 2 Avr - 7:57

Il y a des jours, comme ça, où à peine le pied hors du lit, on sait deja que rien ne se passera comme on l'espère et pourtant, il faudra passer ces prochaines heures a mettre tout en oeuvre pour que ça ne dérape pas trop.

A peine réveillé, une douleur fulgurante me perce le crâne, comme si, à l'aide d'une foreuse à main, on venait faire un trou dans mon crane poussant le vice jusqu'à venir percer mon cerveau, la douleur est intenable, la lumière n'en arrange rien et pourtant, je ne suis pas ici pour des vacances, non, je suis assis pour accomplir une tâche sainte et divine.
De quoi me motiver à enfiler mes vêtements.
J'ai trouvé une maison qui était à vendre lorsque je suis arrivé sur Paris, modeste, pas tres grande, mais des caves assez conséquente, de quoi installer mes outils, mon matériel de travail, qui, jusque maintenant, n'a pas encore servi dans cette ville.
Je partage ma chambre avec une baignoire, spacieuse, je n'en vois pas l'intérêt mais soit, elle l'est, tant mieux et un évier, surplombé d'un miroir, de quoi me décrasser le visage au réveil et me rafraichir un peu.

Je quitte enfin cette maison, ce logement temporaire qui, une fois ma mission terminée sera à nouveau mis sur le marché.

Je suis a quelques pas des jardins, et l'air frais de paris a cette heure peu avancée me fait un bien fou, a tel point que je préfère prendre la direction des jardins pour marcher un peu que de m'obstiner a chasser l'hérésie dans un état inapproprié...

Les jardins de Paris sont plutôt calme, il faut dire qu'il est tôt, une brume légère recouvre encore le sol, laissant quelques brins d'herbes dépasser pour nous rappeler où se trouve la pelouse et le sentier de gravier.

C'est vraiment pensif, la tête, ou du moins ce qu'il m'en reste, ailleurs que je marche. Pas le mondre bruit ne m'interpelle, pas de visage, rien, je n'ai aucune concentration, aucun intérêt ou curiosité pour ceux et celles qui m'entourent si ce n'est ... Ce morceu de tissu qui se retrouve sur mon chemin ...

Je m'arrête, net, évitant ainsi de souiller le travail de mon pas encrassé par la poussière du chemin.

je me penche dés lors pour ramasser l'ouvrage et tout naturellement je tourne la tête vers "l'origine de l'objet", une jeune femme est là, assise sur le banc juste a coté de moi, son visage m'est familier, mais avec cette douleur perçante qui me compresse le cerveau, impossible de la recadrer dans un lieu qui me permettrait d'en savoir plus sur elle. et pourtant: je la connais.

Ceci est a vous je crois ?

Je reste neutre et distant, pas de familiarité, c'est ma règle. Enfin, l'une de mes règles.

Je me demande alors, si cette jeune femme ne pourrait pas m'apprendre quelques faits qui pourraient orienter mon travail dans cette ville.

Bel ouvrage... Maladroit et banal, mais au moins ca peut engager la conversation!
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MessageSujet: Re: Etre seule ☼Emeric☼   Mer 10 Avr - 12:20

Je me levais précipitamment pour récupérer mon ouvrage, tendant la main vers celui qui le tenait à présent

« C'est à moi, oui... merci » mon ton était hésitant, volontairement, en réponse au sien, et à sa façon d'être.

« Hum... en vérité, je ne trouve pas que ce soit un bel ouvrage, non. Mais c'est gentil de votre part d'essayer de me réconforter sur le peu de talent que je peux avoir ! »
Cette fois, j'étais plus légère, et drôle. Enfin, c'était le but, pas sur que cela réussisse. Je ne cherchais pas à le séduire, le contexte n'y était pas, loin de là, et ce n'était pas ma volonté en faisant tomber ceci sur son passage. J'avais juste envie d'en savoir plus sur ce personnage. Car il avait l'air d'un « personnage ». en tous les cas de quelqu'un de différent des clients habituels au manoir.

Je voulais être, pour quelques minutes, une habitante quelconque de Paris, une petite bourgeoise, ou la bonne d'un noble du quartier, et échanger quelques mots avec un inconnu. Comme cela devait parfois arriver ici... je crois.

« Vous êtes de passage en ville, non ? » il n'était pas habillé comme les hommes de Paris, qui était soit sans sou et cela se voyait, soit bourgeois ou noble... et cela se voyait aussi.

Je me rasseyais sur le banc, posant à côté de moi l'ouvrage ramassé, et sans le dire, l'incitait à prendre place à mes côtés. Mais qu'est-ce qui pourrait bien l'inciter à le faire ? Je n'avais pas l'habitude d'être autre chose qu'Astrée, au manoir. Astrée séductrice, et plaisant à beaucoup d'hommes. Je ne savais pas, oui plus, être moi-même. Parfois je m'y perdais, il faut bien le dire. Je ne provoquais pas le passant, je lui envoyais simplement un regard qui se voulait doux et amical. Et laissait peut-être entrevoir une certaine ouverture d'esprit, qui sait ?

« Si vous m'en laissez le droit, je dirai que vous êtes un voyageur... un curieux. Connaissez-vous Paris ? »

Moi même, aujourd'hui, je connaissais bien la ville. Je flânais souvent dans les rues, aussi souvent que possible, et ce depuis que j'étais arrivée ici. J'aimais le contraste qu'elle offrait avec la campagne d'où je venais, et que j'avais fui de toutes mes forces. Oh, pas seulement pour fuir la campagne en elle-même, mais aussi et surtout mon père. Mon père et son autorité étouffante, les choix qu'il avait fait pour moi, pour nous, ses enfants. Si mon frère et ma soeur s'y étaient pliés sans rechigner, j'avais vite montré mon opposition. Je me souvenais de ses colères, lorsque je lui disais « non », lui qui n'avais pas souvent entendu ce mot au sein de notre foyer. Je me souvenais aussi des regards de ma mère et ma soeur, ma soeur qui me reprochait cette indépendance, ma mère qui me l'enviait, je crois... ah maman. Souvent mes larmes montaient lorsque je pensais à elle. Si mon père m'avait appris à être forte, ma mère m'avait enseigné tout ce qu'il se doit pour être une bonne épouse, mais surtout une femme intelligente, une femme de tête. Bien que je ne pensais pas en être une ! Et d'ailleurs, que dirait-elle, si elle me voyait là aujourd'hui ? Je ne préférais pas y penser.
Je secouais la tête et relevais le visage vers mon interlocuteur, attendant sa réaction.
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