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 Confrontation [PV Keith Forbes]

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Françoise Ravin
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Date d'inscription : 12/01/2013

MessageSujet: Confrontation [PV Keith Forbes]   Dim 24 Mar - 13:02

S'il y a une chose que Françoise ne supportait pas, c'était bien qu'un des pensionnaires boude sa cuisine. Elle lui avait laissé une chance, n'avait rien dit quand il ne s'était pas présenté le lendemain de son arrivée devant la porte de son domaine. C'était l'un de ceux qui ne prenait pas de petit déjeuner. Soit. Elle l'acceptait. Peut-être se levait-il tard, peut-être n'avait-il pas faim, peut-être cherchait-il encore ses marques. Elle lui avait donné toutes les excuses, ne s'en était même pas formalisée, l'avait oublié.

Quand le soir arriva elle était déjà bien moins disposée à son égard. Car de toute la journée, elle ne l'avait pas vu.

Elle avait l'oeil à tout, Françoise, car sa cuisine était le lieu idéal pour tout voir, tout savoir. Les bons petits plats ouvraient l'appétit et déliaient les langues, et le sujet de conversation de ce jour là était justement axé sur l'absent : l'anglais.

Comme tous les nouveaux il avait eu droit à bons nombres de commentaires. Les unes lui trouvaient bien du charme avec ses yeux azurs, les autres le trouvaient trop hautain. Aucune ne le connaissait, toutes avaient un avis. Comme à chaque repas, les commères supplantaient les conversations masculines, plus posées et surtout moins aigües.

Françoise ne se mêlait que très rarement de leurs conversations, elle préférait les confidences murmurées près de l'âtre, aux grands discours qui n'avaient d'autres buts que d'être le centre de la conversation tout en enfonçant l'absent qui ne pouvait se défendre.

- Et il est où l'anglais ? Il ne mange pas ! Lança-t-elle brusquement à l'assemblée.

Tous les regards se portèrent immédiatement sur Françoise et le silence emplit la salle. Les éclats de la cuisinière étaient connus pour être violents, et le ton pris pour s'enquérir du nouveau n'augurait rien de bon. D'un seul élan tous plongèrent immédiatement leur attention sur leur assiette au vue du regard noir qu'elle leur jeta, espérant que le voisin aurait la répartie nécessaire pour contrer la fureur de Françoise. Le silence se prolongea, on n'entendait que le va et vient des fourchettes entre bouche et assiette.

- Il est mort peut-être et personne ne me l'aura dit ! Ou bien est ce une machine qui ne mange pas !

Elle faisait les quatre cent pas dans la cuisine, se parlant à elle même, ne pouvant faire autrement que de faire éclater sa mauvaise humeur.

Puis, elle posa brusquement les mains sur la table, et s'en prenant à celle qui était juste devant elle.

- Elle est pas bonne ma nourriture c'est ça. Monsieur l'anglais fait des manières !

La pauvrette prise à partie piqua du nez de plus belle, ralentissant la cadence de la navette-fourchette mais ne pipant mot. Elle savait d'expérience que lorsque Françoise était dans ses humeurs, il valait mieux se faire minuscule voire invisible.

Françoise, tel un bloc de marbre, ne bougeait plus. Seuls ses yeux valsaient de l'un à l'autre, il ne s'agissait pas aujourd'hui de ne pas récurer totalement son assiette. L'adjudant vérifierait que toutes étaient consciencieusement nettoyées. Ceux qui avaient presque finis retardaient le moment où ils devraient poser la fourchette, les petites faims se forçaient à mâcher sans appétit.

- Demain je le veux à ma table, vous m'entendez !

Hurlait-elle comme une furie, s'en prenant à tous, leur en voulant à chacun.

-Sortez maintenant, allez lui dire à l'anglais que ça ne se passera pas comme ça !


Fini ou pas fini, tous sur le signal se levèrent d'un bond, et se jetèrent sur la porte grande ouverte. Restée seule, Françoise continua à tourner autour de la table, empilant les assiettes à grand renfort de gestes brusques et de diatribes à l'intention de l'absent.

Le lendemain fut un jour sans... Pas une âme qui vive n'osa s'installer à table pour le petit déjeuner. Le repas du midi, personne ne parla. Françoise renfrognée servait et boudait. Une semaine passa sans que l'anglais n'entre jamais dans sa cuisine, du moins en sa présence.

Elle commença alors à se poser d'autres questions....

Venait-il lui chaparder de la nourriture quand elle n'était pas là ?

Elle se mit donc à compter et recompter son stock de victuailles, vérifier que tout était à sa place, épier les marmitons pour s'assurer qu'ils ne livraient pas à domicile ce monsieur qui se croyait tout permis. Pendant deux semaines encore elle fut infernale, scrutant chaque fait et geste, l'oeil mauvais et la mine austère, tout le monde se demandant quand enfin aurait lieu la confrontation. Car confrontation il y aurait, un jour ou l'autre ils se croiseraient...

Et ce jour vint, un jour elle le vit .... par hasard ... il passait devant sa cuisine sans s'arrêter, elle avait une poêle à la main. Il n'eut pas le temps de voir le missile partir.

- Alors l'anglais, on snobe ma cuisine. Le porridge est-il meilleur que ma tarte aux pommes ?

Ainsi armée Françoise aurait fait reculer une armée de soldaillons.


Dernière édition par Françoise Ravin le Lun 1 Avr - 11:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Dim 31 Mar - 16:30



Keith jeûnait.
Depuis son arrivée dans ce bouge de luxe et de stupre, il n’avait pas mangé ou presque, se contentant de pain sec et d’eau. Il se devait de purger son esprit de tant d’ignominies.
Lui qui aurait souhaité convoler en justes noces avec Juliet et leur fils William se voyait réduit à servir de jouet sexuel dans une maison de passe.
Oh, elle pouvait bien être richement parée et décorée tel le palais de la reine de Saba, ce n’était ni plus ni moins qu’une prison et il était un naufragé volontaire dans ce maelstrom de débauche. Tout ça pour elle. Juliet. Pour la retrouver et la persuader de lui, de leur donner une chance.

Tous les jours il priait. Pour que son vœu s’exauce, pour qu’elle prenne conscience de leur complémentarité. Ils étaient une âme, indivisible et elle allait le comprendre. Pour leur bien mutuel et celui de William leur fils.

N’ayant trouvé que la chapelle expiatoire, et compte tenu du nombre important des femmes passant dans l’édifice, Keith ne pu à son habitude, martyriser son corps pour expier et se sentir soulagé de sa peine. Alors c’était sur la nourriture qu’il se vengeait.

Renfermé dans son coin, il cherchait un moyen d’approcher sa bien aimée sans que cela ne paraisse suspect et surtout sans qu’elle ne le reconnaisse avant qu’il n’ait pu lui parler..
En effet, il avait peur qu’elle ne le fasse chasser sans chercher à comprendre que tout ce qu’il faisait là, c’était pour elle et uniquement pour elle. Il ne se sentait pas encore prêt pour le moment à affronter un refus, même si pour cela il devait endurer d’être rabaissé au rang d’un esclave de plaisir. Son ambition et son amour n’avaient aucune limite.

Alors Keith demeurait en retrait des autres habitants du château. Il faisait ce pour quoi on l’avait engagé et restait discret. Peu de fois, il n’avait échangé avec les autres pensionnaires et s’il comprenait de mieux en mieux le Français, il faisait comme si ce n’était pas le cas. Buttant sur certains mots, jouant les ignorants alors qu’intérieurement il était si intelligent et si savant.

Il aurait pu donner des cours de latin au prêtre qui venait dans la chapelle, il aurait pu enseigner bien des sciences qu’il avait apprises dans sa jeunesse, durant ses années au monastère. Au lieu de ça, il se camouflait dans l’ombre, rasait les murs et demeurait aussi discret qu’un fantôme.

Quelques filles et mignons avaient bien tenté de lui parler, mais il les avait regardé avec le doux sourire de l’idiot qu’il s’était forgé et haussant les épaules en fin de conversation, les mains écartés en signe d’incompréhension les avaient laissés à leur terrible impuissance quant à l’affrontement qui se préparait.

Se rendant à la chapelle pour prier comme tous les soirs avant de se coucher, il ne faisait pas attention à ceux qu’ils croisaient, perdu une fois de plus dans ses pensées. Pensées toujours tournées vers une seule et même personne. Aussi lorsque la cuisinière armée de sa poêle surgit devant lui, il se plaqua dos au mur, un bras replié devant son visage en protection futile induite par la surprise. L’effet passé, il l’abaissa et se remit droit. Il n’avait nulle haine ni mépris pour elle. Depuis sa déchéance de titre de Lord, il avait appris à connaître les gens du peuple.

Plissant les yeux, il fit semblant de ne pas comprendre, et haussa les épaules les mains écartés encore une fois, peu persuadé qu’elle le laisserait partir à si bon compte. Avec son accent chantant, il dit.

« I am sorry… Je suis désolé… Je ne comprends pas. »


C’était une phrase qu’il s’était accoutumée à dire et qu’il maîtrisait parfaitement.
Il opta pour un petit sourire gêné et fit un pas de côté pour passer, même si les mots porridge et tarte aux pommes venaient de faire cruellement se serrer son estomac. Non. Il se devait de ne pas manger puisqu’il ne pouvait user d’autres punitions charnelles pour expier ses actes quotidiens. Serrant les poings pour se maîtriser, il tenta d’avancer.

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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Lun 1 Avr - 12:32

Elle aurait pu lui pardonner, baisser son arme et l'inviter. Devant son arrogance, devant ce petit noble qui se croyait si haut placé qu'il refusait d'entrer dans sa cuisine, devant son accent chantant et sa fin de non recevoir, elle en devint rouge de fureur, prête à en débattre avec ce malotru.

Lorsqu'elle le vit faisant mine de s'éloigner, de ne pas comprendre, lorsqu'elle le vit fuir au lieu de combattre, elle resserra ses mains sur le manche de la poêle. La fureur la démangeait, la patience s'en allait. Elle se déplaça d'un pas, à reculons, pour mieux cerner l'ennemi, le regard noir et le corps projeté en avant.

Le voilà qui en profitait pour battre en retraite comme le lâche qu'il était. La charge fut soudaine, les paroles atteignirent leur but les premières.

- Malotru qui s'enfuit !

La rage la fit s'étrangler et elle dut continuer la voix cassée mais le ton aussi vif

- Regardez moi ce poulet, des cuisses aussi maigres que des pattes d'oiseaux !

S'avançant sur ses pas, courant presque pour le rattraper

- Mon âne aussi voulait jeuner, il en est mort idiot. Je ne vous laisserai pas partir, personne ici ne mourra de faim !

Voyant qu'elle perdait du terrain, ne sachant comment le retenir, elle apprit en un instant le lancer de javelot, sans même savoir que ce serait un sport pratiqué par des milliers de personnes. La poêle partit comme un bolide, dans les jambes il la reçut, la poêle était foutue. Forte de sa première victoire, elle profita de l'effet de surprise pour le regarder dans les yeux.

Le constat fut terrible....

Un regard si bleu dans un visage si émacié. Des cernes noires, les traits tirés. Cet homme s'en allait vers la mort s'il continuait ce chemin là. Françoise avait le coeur trop bon pour accepter cela.

Aussitôt calmée par tant de détresse, elle ne chercha plus à l'affronter, se contentant de le regarder, les yeux si tristes, le regard changé. Elle prit sa main

- Venez ...

Pas d'autres mots que ce mot là ne purent sortir de sa gorge asséchée par l'émotion.

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Mar 2 Avr - 22:24


L’insulte resta inconnue dans l’esprit de Keith. C’était la première fois qu’il entendait le mot malotru. Il était suffisamment intelligent pour comprendre néanmoins la qualité du ton mais ne pipa mot. Il se devait de s’éloigner de cette furie avant qu’elle ne passe à des actes aussi violents que ses paroles.
Il venait de la dépasser lorsqu’elle souligna sa ressemblance avec certains volatiles de basse cour et en d’autres moment en aurait souri, si l’urgence de la situation n’était de mettre entre elle et lui autant de distance que possible, même momentanément.

Il accélérait le pas lorsque la cuisinière le compara à un ancien âne. Comment pouvait-elle savoir qu’il jeûnait ? Cela se lisait-il sur son visage ? Une nouvelle crampe d’estomac le fit grimacer. Ne voulant s’arrêter pour obtenir réponse à ses questions au risque de devoir mettre un terme à son jeûne, il continua lorsqu’il fut frappé de dos, dans le creux des genoux par un objet dur et massif. Les poplités cédèrent et il se retrouva durant deux secondes à genoux avant de s’effondre à plat ventre. Amortissant de ses bras l’impact de son visage.
Etait-ce Dieu qui guidait le bras de cette femme ? Si c’était le cas il accepterait les coups pour la paix de son âme.

Le visage rubicond de la Française, occulta les lumières du couloir et de sa force habituée à soulever des marmites, elle le remit sur pieds comme s’il avait pesé le poids d’une brindille. A cet instant, il se rendit compte de son état de faiblesse.

« Madame, je… »

Keith voulu résister pour ne pas la suivre, néanmoins son ventre de nouveau gronda et rougissant de cette façon qu’il détestait sans parvenir à la contrôler, il réalisa l’impasse dans laquelle il se trouvait.

Se défaire de sa poigne, outre l’opposition de forces que son corps ne semblait plus contenir amenait le risque qu’elle se plaigne aux propriétaires du manoir et qu’ils cherchent à s’intéresser plus avant à son cas. Hors, la discrétion tant qu’il n’avait pu parler à Juliet était primordiale. S’il était chassé avant cet entretien qu’il savait vital, il risquait d’être jeté hors de ces murs et de ne pouvoir plus l’approcher. Alors il se laissa faire.
Il se laissa mener tel un enfant récalcitrant que l’on mène devant le directeur. Les odeurs de cuisine agressent son nez et il se raidit une fraction de seconde. Etait-ce un nouveau supplice commandé par Dieu ? Une épreuve comme Jésus et sa traversée du désert.

« Madame, je vous en prie. »

Ce n’était qu’un souffle mais son regard venait de se poser sur un morceau de tarte aux pommes posées sur une assiette et s’il résistait encore en se remémorant la cause de ce jeûnes, ces yeux, eux, trahissaient sa détresse douloureuse.
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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Lun 29 Avr - 13:49

Elle n'eut aucun effort supplémentaire à faire, l'anglais avait finalement décidé d'obtempérer. Pendant qu'il émettait encore une objection qu'elle n'entendit pas, elle essayait en pensées d'établir le constat précis de la sous-alimentation dont elle venait d'avoir un aperçu. Cet homme n'avait plus que la peau sur les os. Ceci aurait pu ne pas l'inquiéter plus car elle avait constaté bien d'autres misères dans son existence. Elle savait de plus qu'une bonne nourriture pouvait rapidement inverser les faits et que le corps ne demandait qu'à être nourri. Pour peu que son propriétaire accepte de l'alimenter, il prendrait rapidement tout ce qu'on lui donnerait pour en faire des réserves en prévision d'une prochaine pénurie.

Elle avait vu ainsi d'autres oiseaux tombés du nid se refaire une santé en quelques jours.

Non ce qui occasionnait des sourcils froncés, c'était ce qu'elle avait vu dans son regard, cette détermination qu'il avait à se refuser d'accepter le moindre morceau de pain.

Même si elle avait remporté une victoire éblouissante en le forçant à la suivre dans la cuisine, elle savait que la joute n'était pas finie. Il fallait encore le contraindre à avaler. Il était simple d'arrêter quelqu'un, de le faire tomber, de le forcer à marcher, il était pratiquement impossible de contraindre qui que ce soit à manger, sauf en y mettant des moyens que Françoise n'aurait jamais songé à utiliser.

Pour elle la nourriture était sacrée, un don de Dieu et l'un des meilleurs moments du jour était l'instant où tous ses petits venaient chercher victuailles et se régalaient des bons petits plats qu'elle avait préparés. Quel beau métier elle avait là, se répétait-elle encore en se rappelant ses difficiles débuts et tout le chemin qu'elle avait parcouru.

Ils franchirent le seuil de la cuisine et une bonne odeur les accueillit. Comme il était bon de rentrer chez soi et d'avoir les papilles ainsi sollicitées. Elle se décida enfin à lâcher l'anglais mais comme elle n'avait absolument pas confiance en lui, elle resta plantée devant la porte pendant qu'elle lui parlait. Les mains sur les hanches et le menton frondeur, elle entama

- Regardez vous un peu, depuis quand n'avez vous pas rempli ce ventre que j'entends crier famine d'ici !

Ne pouvant décidément pas rester en place, elle fit finalement un pas pour s'approcher du récalcitrant. D'une main, elle attrapa l'assiette qui espérait trouver bouche candidate, et la lui brandit devant le nez.

- Vous n'allez pas me dire que cette tarte aux pommes ne vous met pas l'eau à la bouche. Je ne vous permettrai pas de la bouder. Vos yeux la dévorent tant vous crevez de faim !

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Mar 30 Avr - 3:08



A peine lâché, Keith jeta un coup d’œil vers la porte, mais la cuisinière était loin d’être bête et ayant bloqué toute retraite possible, elle occultait de son corps la seule issue qu’il connaissait à cette pièce.
Son invective le fit reculer et il heurta de la cuisse la table ou reposait la tarte aux pommes.
Il n’avait pas peur. Pas d’elle. Le Lord n’avait pas l’habitude de fuir devant quiconque. Non. Ce qu’il craignait par-dessus tout c’était lui-même. Il doutait de ne pouvoir résister à la tentation et ne pas toucher ce mets délicieux qui sentait si bon.

Son ventre encore une fois hurla sa vacuité et il y posa sa main dessus pour contenir le grondement, se maudissant de sa faiblesse.

« Je ne comprends pas Madame… »

Il mentait. Il comprenait la majorité des subtilités de la langue de Molière, mais se cachait derrière cette possibilité pour reculer encore l’inévitable.

Fermant les yeux au pas qu’elle fit pour s’approcher de lui, les effluves odorantes de sucre et de fruits l’agressèrent soudain et la bouche ouverte il rejeta la tête en arrière coincé par la table derrière lui. Ses ongles s’enfoncèrent dans le bois tandis qu’il cherchait à se contrôler. Sa respiration se faisait précipité et hâtive.

« Madame… je vous en prie… »

Gronda t-il entre ses dents. Incapable de résister plus avant. Détournant la tête, il se laissa glisser telle une anguille vers le bas et s’échappa de quelques pas.
Les poings serrés, il essayait encore de garder le contrôle. Sachant qu’elle ne le laisserait pas partir tant qu’elle ne serait pas satisfaite, il chercha alors à travers la vérité à lui ouvrir les yeux sur ses motivations et à faire appel à sa piété.

« Je vous en prie. Vos mets sont délicieux et ils embaument. Mon corps et mon esprit en réalité les réclament. Mais je dois faire pénitence au nom de Dieu. »

Ce qu’il faisait en ce lieu lui était inacceptable et si pour expier il se privait uniquement de nourriture était ce un si gros sacrifice que ça ? Ne pouvait-elle donc pas respecter son choix ?

« Acceptez ma volonté qui est celle du seigneur et laissez moi passer. »

Il y avait tant de force, de convictions, de certitudes dans ses paroles que l’on ne pouvait douter un instant de sa sincérité.
Keith Forbes était persuadé d’être dans le vrai et d’agir ainsi pour la juste cause et selon la volonté du Seigneur.
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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Jeu 9 Mai - 14:17

Elle avançait pendant qu'il reculait, tendait le plat appétissant devant son nez, mais rien n'y faisait il refusait. Il lui parla de Dieu, lui expliqua que c'était lui qui avait décidé son état. Elle aurait pu se fâcher, en était prête à toutes les extrémités, mais il lui fit pitié.

Elle fit semblant de renoncer...

Françoise avait bien d'autres tours dans sa manche et le second round n'avait pas encore été gagné par la partie adverse...

Pas de tarte disait-il, de pénitence il parlait, la tarte aux pommes fut posée sur la table d'où elle venait. Se détournant de lui comme vexée, elle se mit à fureter dans son garde manger. Un oeil posé encore sur le petit anglais restait néanmoins prêt à intervenir en cas de fuite avérée.

- Comprendre... Oui je comprends...

Marmonnait-elle tout en prenant les ingrédients l'un après l'autre. Puis enfin elle revint à lui brusquement.

- Et m'aider ? Votre Dieu vous l'interdit aussi ?

Clama t-elle tout en lui tendant une vasque contenant ce qui semblait être du sang. L'odeur qui s'en échappait aurait pu faire reculer le plus vaillant guerrier.

Voyant qu'il faisait mine encore de ne pas comprendre, elle posa l'objet ragoutant sur la table et chercha d'autres produits qui pourraient agrémenter le succulent mets "made in France" qu'elle allait concocter spécialement pour l'anglais réticent.

D'un geste rapide, elle s'empara enfin d'un tablier et le lança dans la direction du "pénitent", puis se retourna aussitôt pour prendre le sien avec toute la délicatesse dont on la connaissait, pour le nouer à sa taille puis à son cou.

- Et l'anglais il a un nom ? continua-t-elle. Ah c'est vrai vous ne comprenez pas....

Elle le toisa d'un air arrogant avant de se retourner vers le feu qui brûlait lentement dans la cheminée. Les cendres n'avaient absolument pas besoin d'être retournées, mais elle voulait par cette manoeuvre savoir si l'anglais était aussi fourbe qu'elle le pensait.

Mais il ne semblait pas sot pour autant. Peut-être réfléchirait-il et se rappellerait-il que le manoir était petit et qu'il était difficile de se cacher bien longtemps, et où d'ailleurs ?

A lui de faire le prochain geste, à lui d'attaquer, de fuir ou de coopérer. Déjà Françoise savait que quoiqu'il fasse elle gagnerait.... Un petit sourire bienveillant se lissa sur son visage, car elle voyait bien que le véritable gagnant serait celui qui allait enfin pouvoir se réapprovisionner normalement et qui n'aurait plus jamais envie de jeuner ... au nom de Dieu ou de quiconque ... après l'épreuve qu'il allait subir...

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Lun 13 Mai - 17:39


Keith cherchait un moyen de contourner la situation épineuse dans laquelle il se trouvait.
Difficile d’affronter une montagne telle que Françoise. Il ne pouvait le faire de face.

La tarte fut retirée mais si son cœur en était satisfait, son ventre lui cria son dépit et il ferma les yeux.

Soudain, il bascula dans l’horreur.
Non.
Aider, cela il était prêt sans soucis à le faire mais le récipient empli de sang, cela s’était trop pour lui. Il se détourna vivement, une main sur la bouche pour retenir une violente nausée qui menaçait de le faire vomir.

L’avantage de l’opération c’est que son appétit était coupé. Le point négatif étant les spasmes douloureux de son estomac qui par vagues impérieuses le griffait de l’intérieur.

Attrapant au vol le tablier, il prit son mal en patience. S’il s’en sortait avec quelques corvées, même si ce n’était pas son travail, il s’estimerait heureux. Dieu avait toujours prôné d’aider son prochain. Et ici toute aide lui serait utile pour reconquérir Juliet.

Lentement, le temps que son estomac se calme, il enfila le tablier et le noua dans son dos.
Il n’était pas bégueule et ce n’était pas un peu de sang qui pouvait le traumatiser. Il avait tout de même tué son frère aîné de sang froid. Sans compter qu'il avait exercé durant plusieurs années le métier de garde chasse. Dépecer un animal, le vider n’était pas pour lui une nouveauté au contraire, mais une jarre de sang caillé...

Avisant le fait qu’elle lui tournait le dos, il envisagea le fait de quitter la pièce. Néanmoins le manoir était bien trop petit pour pouvoir longtemps lui échapper et plutôt que de fuir, Keith était habitué à faire front. Ravalant un soupir pour jouer sur le même tableau qu’elle il hésita dans son lâché de mots.

« Nom ? Keith… Et vous ? »

Il n’avait pas besoin qu’elle réponde. On lui avait déjà dit que Françoise, la cuisinière, le cherchait pour le gaver. Il s’imaginait déjà traité comme une oie. Attaché sur une chaise avec un entonnoir et une bouillie infâme pour punition.
Rien qu’à cette idée son estomac se révolta et une nouvelle nausée le submergea.

Une main de nouveau pressée contre sa bouche, il regarda autour de lui et si dirigea vers l’évier où il prit un gobelet de terre cuite dans laquelle il versa un peu d’eau claire.

Cela eut le mérite de l’apaiser un peu et de lui apporter une fraîcheur salvatrice, mais cela réveilla aussi sa faim qui se manifesta par un sourd grondement.
Serrant les dents, le Lord était prêt à endurer, au nom de Dieu, son martyr.

Prenant une inspiration pour refouler ses pensées, il se concentra uniquement sur le présent.

« Que puis-je vous faire pour aider ? »

Son accent fort était largement perceptible, et même s’il ne mettait pas tous les mots dans le bon ordre, c’était tout du moins compréhensible.
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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Sam 25 Mai - 16:59

Françoise n'était pas de ces femmes qui se complaisent à voir souffrir quelqu'un sans lui porter secours. En tant normal elle aurait proposé à Keith de s'asseoir un instant, car lorsqu'elle lui avait présenté le plat malodorant, elle avait bien vu qu'il était prêt à vider son estomac du peu qu'il contenait.

Elle se força néanmoins à rester avec son tisonnier à la main, concentrée sur sa tâche inutile : éparpiller dans l'âtre les débris des bûches qui se consumaient lentement dans un doux crépitement. Elle ne manqua pourtant aucun de ses gestes, aucune de ses hésitations. Elle crut même un instant qu'il allait risquer une fuite impossible. Mais non, finalement il s'approcha du point d'eau, et s'humecta un peu les lèvres. Pendant qu'il lui tournait le dos, elle en profita pour mieux l'examiner.

On ne pouvait pas dire qu'il était costaud, mais contre toute attente il ne donnait pas non plus à penser qu'il jeunait au point de ne plus pouvoir contenir les cris de son estomac. Belle chevelure, très belle prestance, un rien arrogante peut être. Mais en le scrutant ainsi Françoise ne cherchait pas à jauger l'étalon, ce qui l'intriguait était bien plus difficile à percer, bien plus difficile à nommer.

Lorsqu'il avait enfilé le tablier, elle avait vu la lenteur de ses gestes, presque de la délicatesse. Elle avait vu son visage se durcir de détermination, sa volonté de ne pas plier. "Un port de tête bien fier que voilà", s'était-elle dit en réfléchissant à ce qui avait bien pu attirer l'homme au manoir. Il était anglais, comme les patrons, était ce pour cela qu'il était en ces lieux. Etait-ce de vieilles connaissances, une renommée passée outre manche ? Il faudrait qu'elle creuse ce point. Son nez la chatouillait tant elle reniflait un autre dessein, qu'une vocation tardive à vendre son corps au plus offrant, car ce minet n'était plus si vaillant...

Il parla....

Elle ne put rester plus longtemps dans l'attente. La guerre des tranchées était finie, il était l'heure de charger son arme et de surprendre l'ennemi par le subtil guet-apens qu'elle avait imaginé.

- Françoise, appelez moi françoise.

Elle se rapprocha de la table de sa démarche un peu lourde et s'arrêta devant le bol au contenu rouge pourpre

- Ce plat est ma spécialité


Fit-elle avec un large sourire tout en prenant une grosse cuillère à la volée pour la plonger résolument dans le plat odorant.

- Il faut bien délier le sang pour lui redonner sa texture souple

Se prenant le bras avec un petit crispement des lèvres qu'elle espérait convainquant, elle continua.

- Mais mon bras me lance trop en ce moment. Je vieillis et ne peut plus touiller comme il faudrait.

Prenant le bol entre ses deux mains tendues, elle marcha lentement vers l'anglais pour lui passer le témoin.

- Vous voulez bien faire ça pour moi pendant que je découpe le porc. Vous le verserez ensuite sur les petits morceaux bien découpés, puis malaxerez le tout pendant que j'ajouterai quelques ingrédients complémentaires.


Françoise savait que l'anglais avait tout compris de ce qu'elle voulait, mais dans le doute elle se crut en devoir de lui montrer ce qu'elle attendait de lui. Elle installa donc le plat sur la table entre eux deux et pris la louche pleine de sang. Levant le bras bien haut, elle laissa ensuite couler lentement le sang coagulé qui tomba en gros pâtés éclaboussant un peu le tablier de nos deux cuisiniers.

- Voyez il doit couler comme de l'eau !


La cuillère vide, elle s'empressa de la replonger dans le bol et de remuer énergiquement le liquide sombre.

- Quelle belle texture il a, mon pain de cochon sera très bon. Nous allons nous régaler !

Elle tendit la cuillère à Keith et le regarda sans plus rien dire. "Touillez mon brave, touillez, l'appétit ne vient pas qu'en mangeant", pensa t-elle avec un grand sourire aux lèvres.

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Dim 16 Juin - 21:45

Si ce plat était la spécialité de la cuisinière, finalement Keith se prit à penser que l’abstinence de nourriture n’était finalement peut être pas un si grand sacrifice que ça aux yeux de Dieu.
Cette fois, il ne cacha pas sa grimace devant le jus noir, épais et grumeleux, que Françoise se plaisait à lui présenter.
Si elle avait mal au bras, il était de son devoir chrétien de l’aider. Par charité. Et plus l’épreuve s’avérait difficile, plus elle aurait de mérite aux yeux du très haut.
 
Ravalant une énième nausée, il attrapa le bol et la cuillère, puisqu’il n’avait pas le choix et se mit à battre la préparation dans l’espoir de très vite terminer son ouvrage et pouvoir quitter ce lieu honni.

En aucune façon il n’aurait pu faire semblant de ne pas comprendre car les gestes de la cuisinières avaient été fort explicites.
Masquant son regard noir sous ses épais cils velouté, il avait remarqué le sourire cruel. Il n’avait néanmoins pas les armes pour se battre contre elle et devait plier s’il voulait rester dans le manoir. Etant là depuis bien plus longtemps que lui, elle pouvait faire et défaire une réputation et même s’il donnait satisfaction, il la sentait suffisamment vicieuse pour lui pourrir la vie.
 
Avec énergie, il se mit à remuer  et à fouetter l’horrible liquide puant, mais plus il battait la préparation et plus l’odeur dégagée l’agressait.
Au bout de quelques minutes, il fut contraint de rendre les armes et se précipita jusqu’à un seau posé au pied de l’évier de pierre pour vomir la bile qui le brûlait. Sa gorge était en feu, son corps parcouru de violents spasmes et il resta ainsi plus d’une minute à régurgiter le  peu de liquide  que son estomac détenait. L’eau qu’il venait juste de boire quelques instants plus tôt.
 
Rageusement, il essuya les larmes de douleurs de ses yeux et revint à son ouvrage, défiant du regard cette femme qui le torturait.
Le manche en bois solidement calé dans sa paume droite, le bras gauche entourant le récipient, il se remit au travail  avec acharnement. La colère et la rancœur donnait de la puissance à son geste, néanmoins mal assuré du fait de sa nervosité. Quelques projections brunâtres se joignirent à celles déjà occasionnées par la forte dame lors de sa démonstration de  texture.

Malheureusement, Keith ne pu résister une nouvelle fois à retourner au seau rendre de nouveau de la bile. Il rageait de ne pouvoir se maîtriser et offrir si piteux spectacle. Il en voulait encore plus à cuisinière de lui imposer pareilles souffrances.
S’essuyant du dos de la main, il lui lança un regard noir accompagnée d’une question à moitié étouffée par sa faiblesse.
 
« J’espère que vous vous amusez bien. »
 
Que cherchait-elle a faire ? A se venger ? Parce qu’il avait refuser de se nourrir ?
Ne comprenait-elle pas que le traitement qu’elle lui infligeait serait loin de lui apporter un quelconque revirement de sa position ? Bien au contraire.
 
Lentement, d’une démarche mal assurée, le Lord revint vers la table et serrant les dents, reprit une troisième fois son ouvrage.  De la sueur perlait à son front.
Lorsqu’il  se senti de nouveau sur le point devoir retourner au seau, il s’arrêta, fit couler en grimaçant le liquide fluide et noirâtre et demanda  accusateur.
 
« Cela vous convient-il ? »
 
A elle de déterminer  s’il parlait de la substance peu ragoûtante ou de son plaisir à l’humilier.
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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Sam 3 Aoû - 18:29

Françoise se vit arracher la cuillère. La rage de l'anglais était si peu contenue qu'elle fut éclaboussée en pleine figure par sa mauvaise humeur. Elle recula, moins effrayée que surprise, plus désorientée que vainqueur. A force de petits pas à reculons, elle se retrouva bloquée par le gros bahut qui lui servait de desserte, les quelques mètres qu'elle avait pu réaliser lui semblant carrément beaucoup trop courts.

S'était-elle fait un ennemi à vie ?

Il était vrai qu'elle l'avait bien cherché.

Pouvait-elle encore tout changer ?

Revenir vers lui, rire et lui prendre des mains cette cuillère qu'il magnait avec rage. Lui dire que c'était une plaisanterie, une "joke", comme les anglais aimaient à le traduire. Tout cela était bien impossible. Avant qu'elle n'ait eu le temps de retrouver ses pensées, elle sut qu'il était sensiblement trop tard. Le coeur de l'anglais n'avait pas résisté à l'épreuve du sang caillé. Comment pouvait-on avoir si peu de cran !

Il était loin le temps des guerres, des tranchées et des poux. Il était loin le courage de lutter fièrement, le regard haut et le verbe bien senti. Elle avait cru trouver un adversaire à sa hauteur, elle était tombée sur un ver rampant vers l'évier pour se vider l'estomac comme une vulgaire palourde.

Elle en ressentit du dépit... Une moue vint enlaidir son visage qui n'était déjà pas si gracieux.

"Quelle tête de bois "
pensa t-elle sans pouvoir à nouveau retrouver le sentiment de compassion qu'elle avait cru ressentir un bref instant.

Et pourtant comme elle aurait aimé enfin avoir un adversaire digne d'elle ! Elle l'avait choisi entre tous, parce qu'il l'avait snobé, parce qu'elle n'était pas quelqu'un à pardonner l'insulte d'une non-présence à la table qu'elle dressait chaque jour. Elle se retrouvait avec un coq déplumé et la tête à l'envers au premier round, sans même avoir lutté. Une bataille trop vite gagnée, presque pas de joie à l'arrivée.

Il lui tendit enfin le bol conteneur d'un sang parfaitement liquide, le sang qu'il n'avait pas versé faute de tripes, trop pressé de crier son dégout. Dégout du sang !

Ne savait-il donc pas que le sang était la vie. Que son sang Dieu le donna pour nourrir aussi bien les hommes que les animaux. De tout temps et en tout lieu le sang était sacré, sacrément bon à déguster.

Le coq au vin, le pain de porc, tous ces mets faits de bon sang, n'en avait-il jamais goûté. Ce teint malingre, cette peau si blanche, ces cuisses de poulet, c'était cela qu'on obtenait lorsque le sang était banni du corps de l'homme vigoureux.

Ne savait-il pas que le sang même rendait viril, ne savait-il pas que ce qu'il portait entre les cuisses ne pouvait se dresser sans ce sang qu'il regardait plein de dégout.

C'est elle qui maintenant ressentait du dégout pour cet homme qui n'en était pas. Elle s'avança à nouveau vers lui, aucun sourire ne vint transformer son expression sévère. Elle avait simplement hâte de récupérer son bien, l'ingrédient essentiel de son plat préféré.

Elle n'avait pas quitté du regard l'homme se démenant avec si petit adversaire. En d'autres temps elle en aurait ri si ce n'était si pathétique.

"Merci mon brave"
se força t-elle à dire sans trouver d'autres mots pour enchainer.

Il la regardait d'un air mauvais, elle se détourna de lui, se moquant tout à coup qu'il se sauve à toutes jambes, s'attendant à cette nouvelle forme de lâcheté, ne souhaitant plus finalement le sauver de lui même.

Avec son trésor entre les mains, elle s'avança vers la marmite et versa le tout sans en laisser une goutte, faisant glisser le doux nectar à l'aide de la cuillère et de beaucoup d'attentions. Elle en avait oublié qu'il était resté là à l'observer, sans bouger, sans savoir qu'il pouvait partir, sans se douter qu'il était libre.

C'est en reposant le bol vide qu'elle le vit toujours à la même place. Son regard surpris se leva vers lui, accrocha un air bravache. Elle ne put résister.

- Le porc reste encore à découper, et le temps passe, vous m'avez faire perdre mon temps avec vos simagrées. Si vous ne voulez plus m'aider, alors partez en courant comme le lâche que vous êtes, sinon prenez donc ce couperet et aidez moi à découper le porc que voilà.

Elle ne fit aucun geste pour lui montrer l'instrument dont elle faisait mention. Elle n'avait plus envie de l'aider, à lui de décider...

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Ven 9 Aoû - 19:22



En d’autres circonstances, Keith aurait pu lui en remontrer. Il avait le courage d’un lion et il en avait conscience.

Néanmoins, après un jeûne de plusieurs semaines, son corps le trahissait lamentablement.
Jamais il n’avait été humilié de la sorte et si au premier contact, le  Lord s’était sentit d’humeur clémente, désormais c’était la rage qui dominait dans son cœur.

Elle se jouait de lui sans pitié, et sur son visage se lisait clairement son mépris, lui encaissait sans piper mot. Son ventre était encore secoué de spasmes et l’âcre douleur qui lui brûlait l’œsophage était trop présente pour qu’il puisse ne serait ce que penser à autre chose.

La laissant reprendre les choses en mains, il mit quelques instants à se ressaisir et à refouler le mal être de son corps. Le temps qu’elle prit à s’occuper de sa dégoûtante mixture.
Comment des humains pouvaient ils se contraindre à manger de telles horreurs tout juste dignes des chiens. Décidément, il ne comprenait pas les Français.

Keith n’avait qu’une envie quitter ce lieu puant et cette monstrueuse cuisinière. Néanmoins alors qu’il s’apprêtait à le faire, puisqu’elle l’avait remercié et ne lui avait pas donné d’autres tâches, elle se permit une fois de plus de le traiter de lâche. Ce qu’il ne fallait pas.

Ce n’était pas le porc qu’il avait envie de découper. Observateur, il avait remarqué le manche du couperet sous un torchon souillé de sang.

Le visage fermé, sans une once d’hésitation, il partit s’en saisir et soulevant la poitrine du demi porc, le jeta sur la table de bois et se mit à le débiter avec force. Son épuisement étant relégué derrière la colère qui lui donnait une puissance et une hargne propre à trancher la chair et briser les os.

En sa qualité de garde champêtre, il était coutumier du dépeçage de bêtes sauvages. Cela n’était rien de plus ni de moins que de mettre en pièce un sanglier.

Il s’acquitta de sa tâche des plus correctement, puis fit des tas des différentes parties plus ou moins nobles, avant d’user d’un couteau acéré afin de parfaire le travail.

Rincent les instruments, sa colère étant tombée avec l’épuisement, il essuya les lames et les manches et reposa sur la table le tout.
Alors, il se retourna vers la cuisinière et demanda d’un ton froid.

« Si vous n’avez plus besoin de moi, j’aimerai aller me laver avant l’arrivée des clients. »

Il voulait mettre un terme à cette entrevue des plus désagréables sans perdre la face ni la vexer.

Pour rester auprès de Juliet, il se devait d’avaler nombres de couleuvres et en toute connaissance de cause il se pliait à cette nécessité.

En rappelant l’arrivée des clients, il espérait qu’elle se rappellerait de son emploi ici et qu’elle lui lâcherait enfin la bride. Il n’avait pas rompu son jeûne et ce n’était pas avec cette puanteur sanguine que cela changerait. Même s’il mourrait intérieurement de faim.

Il était orgueilleux, fier et  volontaire et en aucun cas il n’était lâche. Ces insultes injustifiées, il espérait les avoir démontées par son attitude et si ce n’était pas le cas, tant pis.

Dans son état de faiblesse, il ne se sentait pas de taille à polémiquer avec ce mur de chair qui semblait avoir des positions trop arrêtées sur son compte.

Là, il voulait juste aller se laver et se coucher car il se sentait réellement à bout de forces.

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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Ven 16 Aoû - 11:22

L’impossible se produisit, l’impensable arriva, le beau ténébreux reprenait un semblant de tempérament. Lorsqu’il s’approcha du couteau pour s’en saisir, Françoise eut bien un instant une sueur froide qui lui dégoulina le long de l’échine, mais cette impression de danger passa rapidement. L’anglais marcha résolument vers l’adversaire, un porc évidé et avachi sur la table ne semblait pas lui faire peur du tout. Voilà enfin quelque chose dont il n’avait pas l’air dégoûté.

Bien que Françoise vît très nettement la rage le consumer, elle laissa l’anglais se défouler autant qu’il le voulait sur le cadavre de la pauvre bête. C’était un bon exutoire et le travail fini il serait épuisé d’avoir vidé ainsi sa rancœur sur l’adversaire inerte qui le défiait.

Sûre d’elle, Françoise se détourna de Keith pour continuer sa préparation. Prenant la marmite à pleines mains elle la souleva comme une plume pour finalement la déposer sur le fourneau qui dégageait une chaleur réconfortante. La farine était à portée de main, ainsi que les ustensiles et ingrédients nécessaires. A peine le feu atteignit-il le fait-tout que déjà elle faisait tournoyer le sang qui recommençait déjà à coaguler en s’aidant d’une cuillère longue et étroite. Le liquide sombre tournoyait, commençant déjà à dégager une senteur qui chatouillait agréablement les narines et embaumait la cuisine. D’une main gauche pourtant bien habile, elle s’empara alors du paquet de farine largement entamé et en versa une bonne rasade dans le sang bien chaud maintenant. L’effet escompté se produisit et la sauce s’épaissit aussitôt donnant bien meilleure mine à la mixture. L’odeur qui s’en dégagea prenait des allures de mets onctueux, et toute la cuisine commença à sentir bon le déjeuner en cours de préparation.

Elle y rajouta un peu de vin, un simple filet qui se noya aussitôt. Un peu de sel, quelques aromates, et la sauce était prête pour recevoir la viande qui devait attendre bien gentiment d’être baignée. Elle reporta enfin son attention sur Keith qui finissait justement son dur labeur. Sa mauvaise humeur l’atteignit en pleine face mais elle ne broncha pas sous l’attaque. Au contraire, un large sourire de satisfaction illumina son visage.

- Très bien, mon brave, voici un travail qui semble vous convenir parfaitement, et vous m’avez bien aidé. Avez-vous été boucher, avant d’être de la chaire fraîche ?

Faisant ainsi référence à son nouveau métier.

N’attendant aucune réponse, elle s’empara du plat plein de victuailles et le déversa aussitôt dans la marmite qui crépita tant que toute voix se voyait couverte. Françoise continua à remuer la préparation pendant encore quelques instants avant de porter la cuillère à sa bouche. Se pourléchant les babines, elle enfourna à nouveau la cuillère avant de la présenter à Keith

- Un bon cuisinier doit toujours goûter son plat, tant qu’il ne met pas les papilles en émoi, c’est qu’il n’est pas prêt.


La cuillère tendue, Françoise m’était Keith au défi de refuser de goûter le plat qu’ils avaient préparés en commun.



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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Lun 2 Sep - 22:14



La puanteur dans la cuisine était immonde.
Les nauséabondes effluves de sang le prenaient à la gorge et l’envie de vomir ne le quittait pas.

Ses armes reposées, il attendit quelques instants, puisant dans son orgueil la force de rester de marbre en lui–même.
                                                                                                                 
Il ne se donna pas la peine de répondre aux attentes de la Française. A vrai dire il s’en foutait royalement.
Avec dégoût, il la suivit du regard lorsqu’elle porta sa cuillère à sa bouche, par contre lorsque ce fut son tour, il l’écarta d’une main impérieuse.

« Je ne suis pas  cuisinier.  Je hais cette mixture que vous appelez plat  et je jeûne ! »

Son ton était devenu sec et tranchant
Comme au temps où il était encore Lord Forbes et que tout un chacun se pliait d’effroi face à son courroux.

« J’espère que cette fois vous aurez compris et fait votre deuil de mon appétit pour vos préparations. Je ne suis pas un lâche, je vous l’ai prouvé. Alors maintenant laissez moi tranquille pour que j’aille prendre un bain et enlever cette puante odeur de sang de ma peau. »

Se retournant, il fit deux pas vers la porte avant de se retourner.

«  A moins que ce ne soit un ordre des Maîtres du Manoir en vu d’un client friand de l’odeur de sang séché ? »

Son regard s’il avait pu lancer des poignards aurait lardé la forte femme.
Avec un sourire mesquin et un claquement de langue, il se détourna et reprit son chemin.

« C’est bien ce que je pensais »

Pourquoi s’être laissé entraîné là dedans ?
Il n’était pourtant pas tenu de faire les quatre volontés  d’une grosse Française frustrée qui avait trouvé en lui un bouc émissaire propre à venger les humiliations subies par ses employeurs.
Elle lui en voulait de ne pas goûter à ses plats ? Tous les goûts sont dans la nature, même les plus mauvais. Et bouffer des escargots baveux et des grenouilles gluantes faisait partie pour lui du plus mauvais goût
Maintenant, son pain de viande, en d’autres occasions il s’en serait régalé, mais là, à jeun depuis plusieurs jours, au pain sec et à l’eau depuis de semaines, comment pouvait-elle penser une seconde qu’il pourrait apprécier l’odeur du sang et ce ragoût immonde ?

« Je me doute que vous vouliez vous venger parce que je refuse de me nourrir de vos mets, et j’ai suffisamment payé pour ma faute à vos yeux. »

Son ton était sec et factuel.

« Ce n’est toutefois pas vos talents qui sont mis en cause mais ma volonté de satisfaire à celui qui nous juge là haut »

Il parlait de Dieu bien évidemment et osait espérer qu’elle n’était pas stupide au point de les confondre avec les propriétaires du manoir qui habitaient au dessus des cuisines.

«  Maintenant je vous demande de respecter mon choix. Je demanderai ce soir au seigneur s’il accepte que je  me nourrisse et je ferai selon sa volonté. »

Seule la mauvais foi pourrait lui faire dire qu'il partait maintenant par lâcheté. Il avait fais son devoir de chrétien en l’aidant, il n'avait pas à en faire plus. A elle de faire le travail pour lequel elle était payée et logée. Chacun sa part d'enfer sur terre.

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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Dim 29 Sep - 15:23

Françoise resta plusieurs minutes la cuillère tendue vers le petit coq qui secouait la crête pour marquer sa rage. L'anglais lui faisait un discours qui lui aurait certainement déplu en d'autres circonstances, mais qui ne fit pour l'heure que renforcer le sourire largement dessiné sur sa face joviale.

Il ne voulait pas goûter de la mixture qu'ils avaient préparé ensemble... En vérité, ceci était bien à prévoir. Non, ce qui l'amusait c'était la hauteur qu'il prenait pour faire valoir son bon droit, alors qu'il ne lui suffirait que d'un mot pour faire retomber le soufflet.

Ce mot était juste derrière le joli sourire qu'elle lui adressa, tout prêt à faire comprendre à son cher adversaire que personne jamais n'avait quitté cette cuisine le ventre vide. Et que lui aussi devrait se soumettre à la règle...

Elle lui laissa son heure de gloire, riant sous cape, un rien de défi dans les yeux.

Alors qu'il s'apprêtait à mettre le pied défendu hors de la pièce elle sortit la phrase qui le ferait stopper net.

"Je demanderai ce soir aux patrons s'ils acceptent que vous ne mangiez pas"

Sitôt la menace énoncée elle replaça son joli sourire, encourageant ainsi le joli coq à revenir à des actes moins braves certes mais moins risqués aussi. La cuillère tendue restait le seul espoir au petit mignon de rester un mignon ici...

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Sam 12 Oct - 8:40



Son sang n’avait fait qu’un tour.
Glacé, médusé, il s’était statufié telle une statue de sel comme l’épouse de Loth.

Comment osait-elle agir ainsi ?
Elle lui apparut soudain comme l’être le plus vil et le plus méprisable qu’il lui ait été donné de connaître.

Durant ce qui lui parut une éternité et qui en réalité ne dura que quelques secondes, il ne put bouger ou émettre un son, puis lentement, il se retourna, cherchant à vérifier qu’il n’avait pas été sujet d’une hallucination ou d’un cauchemar. Non. Elle le contemplait avec dans son regard cette lueur détestable du joueur qui sait d’avance avoir gagné la partie.

Que pouvait-il opposer à ça ? Il avait besoin de cet emploi pour rester auprès de Juliet. Un besoin vital. Et plus que tout il se devait de demeurer dans l’ombre. Cela était essentiel. Ne pas donner de motif de renvois, ne pas risquer de perdre cette place qui était sa seule chance de pouvoir se rapprocher de celle qu’il aimait.

Lentement, tel le condamné qui monte à l’échafaud il revint vers elle, le visage blanc comme un linge, tremblant comme si ses jambes menaçaient de se dérober à tout instant.

« Qu’attendez-vous de moi ? »

Il était poings et pieds liés.
Rien qu’à voir cette cuillère en bois avec cette bouillie excrémentielle, cela lui donnait envie de vomir. Des hauts le cœur le submergeaient, et une sueur âcre coulait le long de ses tempes.

« Ne m’obligez pas à manger ça. »

C’était une prière et pourtant il n’attendait aucune clémence de la part de la Française qui jouissait de son pouvoir de domination.

Fermant les yeux, il serra les poings en cherchant une échappatoire.
Etait-ce Dieu qui le mettait une fois de plus à l’épreuve ? Ne donnait-il pas assez de sa personne ? Il pensait pourtant faire plus que la majorité des fidèles.

Cherchant un moyen de contourner le problème, Keith ravala son orgueil et quémanda à celle qu’il aurait été en d’autres temps et d’autres lieux en mesure de renvoyer et de condamner à la rue.

« J’accepterai de me nourrir mais ne m’obligez pas à ingurgiter cette mixture. »

Il était prêt à des sacrifices mais pas à cette ignominie d’avaler ce sang caillé et cuit que les français appréciaient. Il ne comprenait pas leurs goûts et ne se sentait pas prêt à franchir ce pas.

« Je vous en prie. »

Les yeux rivés à ceux de celle qui avait désormais ascendance sur lui, son corps était tendu à l’extrême.


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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Sam 2 Nov - 13:04

Françoise ne jubila pas lorsqu'elle vit le pas de l'anglais se stopper immédiatement pour prendre une position de statue. A cet instant, il aurait pu concourir face à Poséidon, il ne lui manquait que son trident pour lui donner l'air digne du Dieu outragé. Attendant patiemment de savoir quelle répartie émanerait d'Olympe, Françoise resta encore immobile les quelques secondes nécessaires au mortel qu'il était pour prendre la décision de prudence qui s'imposait à lui.

Une virevolte, un recul, juste une défaite. Comme il était bon de se retrouver vainqueur. Trop simple... Vraiment trop simple... Le Dieu incarné avait trouvé ses maîtres. Amélia et Adrian ici resteraient les seuls à pouvoir dicter leurs règles et Françoise le savait bien...

Jamais elle n'aurait été les ennuyer pour leur parler de ce petit anglais de rien qui ne voulait pas comprendre où était son intérêt, mais la menace avait porté et c'est bien un tout autre discours que lui tint tout à coup l'adversaire à terre.

Maigre victoire qu'une victoire trop vite atteinte, pâle prestige que celui d'obtenir gain de cause par la contrainte...

Françoise voulait mieux, et une idée germa dans son esprit alors qu'il l'implorait pour qu'elle repose la cuillère qui le mettait si mal à l'aise.

Ne pas manger... ou bien manger ... Ce serait-elle finalement qui dicterait sa loi, manger ceci ou manger cela, à elle également de décider.

Elle prit donc la parole après avoir laissé le silence s'installer suffisamment longtemps pour qu'il prenne le temps de réfléchir avant d'agir.

Sa main lâcha l'ustensile qui retomba mollement dans le récipient qui contenait le plat du jour, le plat que tous devront manger à la mi journée... Autant dire bientôt...

Faible victoire que de gagner sans spectateur, plaisir immense que de le voir plier devant tous, à table comme tout un chacun. Voici ce qu'il devra dorénavant suivre à la lettre : Chaque jour il devra attendre avec dégoût l'instant où la cloche sonnera, à chaque minute passée il devra se rappeler que l'épreuve est pour bientôt...

La confrontation n'était pas finie, elle ne faisait même que commencer...

- Le repas sera servi dans deux heures, vous mangerez ce qu'il y aura dans votre assiette, comme tous ici. Ne m'obligez pas à venir vous chercher comme un enfant capricieux se voit tirer l'oreille. Deux heures passeront vite, mettez les à profit pour vous ouvrir l'appétit...

Ce faisant elle ne le regarda plus.

Congédié pour l'instant il l'était....

Lui seul décidera de revenir ou pas....

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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Ven 6 Déc - 11:00


Elle était ignoble !
Un démon faite femme.

Lui qui avait pensé qu’elle le libérerait, qu’elle le laisserait en paix après sa tâche accomplie. Qu’il s’était donc trompé.

Toutes les femmes n’étaient pas aussi douce que Juliet, il s’en rendait une fois de plus compte.

Poussé dans ses retranchements, son corps devint de marbre. Ecoutant attentivement ses ordres sans avancer quoi que ce soit.

Ce chantage était odieux. Mis au pied du mur, il savait qu’il ne devait pas plier. Ne disait-on pas qu’un roseau plie mais ne romps pas. Il décida de faire de même. Les poings serrés le long de son corps, il fit mine de capituler.

« Bien. Je m’exécuterais. »

Il s’exécuterait mais n’obéirait pas.

Ah ! Elle souhait qu’il mange.
Il en serait fait selon sa volonté, mais tout ce qui rentre doit sortir tôt ou tard. Pour lui ce serait tôt.
Il avait entendu parler des pratiques de certaines courtisanes qui pour garder une taille convenable, se faisaient vomir.
Avec sa nourriture infecte, cela ne serait pas bien difficile. Il n’aurait qu’à penser à sa farce de pain de viande ou à cette face rubiconde qu’il associait désormais à une engeance démoniaque venue sur terre pour le tourmenter. Comment ignorer cette étincelle cruelle dans son regard ?

Et puis dès ce soir, il irait expier cette ignominie supplémentaire dans la chapelle. Il y dissimulerait un fouet et il se flagellerait pour purifier son corps et son âme de nouveau pure chaque nuit. Ainsi, s’il devait advenir qu’il meure dans son sommeil, il irait droit au Paradis attendre Juliet.

Keith s’interrogea.
Lui manquerait-il ? Devrait-il passer par le purgatoire pour avoir occis son mari ? Il ne savait pas l’aimer et c’était là suffisant péché pour mériter la mort n’est-ce pas ?

Un sourire sibyllin se peignit sur ses lèvres fines et il lui promit ce qu’elle voulait entendre.

« A ce soir. »

Elle ne saurait pas qu’ils auraient pu jouer sur un autre tableau. Peu importe, c’était ainsi.
Quoi qu’il en soit, elle n’obtiendrait que ce qu’il voudrait bien lui accorder. Ici, ce ne serait qu’un effet miroir !

Un Forbes ne donne que ce qu’il ne peut ou ne veut refuser. Il ne connaissait pas encore la place de la cuisinière dans la hiérarchie du manoir, mais il se promit de le découvrir.

Jusqu’à présent aucun client ne s’était plaint du Lord et même si personne n’est indispensable, il se plaisait à penser que les Maîtres des lieux ne le jetteraient pas à la rue sans avertissement préalable.

Il ferait donc semblant de plier face à son chantage, mais creuserait afin de savoir si d’autres servants avaient été contraints de remuer sa bouillie immonde.

Leur histoire ne faisait que commencer et si au demeurant, Keith avait été prêt à faire preuve de bonne volonté, il n’en était plus de même dorénavant.

Sortant des cuisines, l’air lui sembla soudainement plus pur et plus léger.

Il s’immobilisa dans le couloir afin d’en remplir pleinement ses poumons avant de retourner dans sa chambrée pour s'y reposer.
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Françoise Ravin
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MessageSujet: Re: Confrontation [PV Keith Forbes]   Dim 5 Jan - 19:36

Françoise n'eut pas besoin de lire dans ses yeux pour connaitre la pensée de celui qui serait dorénavant un ennemi pour elle. Le ton de sa voix, la même que celle qu'avait employé au temps jadis celui qui n'avait cessé de la torturer moralement avant de la soumettre dans l'arrière cuisine, en disait bien plus long que ce que ses lèvres laissèrent échapper. Aucune autre parole n'était nécessaire pour savoir qu'à celui là il ne faudrait jamais tourner le dos, ni même se retrouver seule au fond du jardin.

Un froid glacial s'introduisit sous son tablier, remonta sa colonne vertébrale et lui glaça le sang lorsqu'il lui tourna le dos en lui indiquant qu'il reviendrait...

Une menace ...

C'était une menace qu'elle entendait, la menace d'une autre confrontation, dans un lieu où elle n'aurait pas la loi pour elle, un endroit qu'il choisirait pour la punir de l'offense qu'elle venait de lui infliger.

Elle resta le dos bien droit, le menton relevé, pendant qu'il la jaugeait d'un regard glacial. Elle resta ainsi bien longtemps après qu'il ait quitté la place.

Quand enfin elle abandonna sa position figée, ce fut pour regarder son plan de travail, et ses mains rougies et gonflées. Tout son sang semblait avoir quitté ses bras, et ses mains lui semblèrent lourdes, comme prises par un sortilège maléfique.

Qui était cet homme ?

Pourquoi cette étrange impression que la prochaine fois, c'est lui qui saurait l'humilier.

Lentement elle marcha vers le couloir en redoutant qu'il n'y soit encore, et c'est bien peu sûre d'elle qu'elle referma la porte de la cuisine, mais quelle porte pourrait la protéger de cette haine à peine voilée.

Pour la seconde fois de sa vie, elle eut peur seule enfermée dans sa cuisine où aucune serrure ne la protégerait.

Ce soir il lui faudrait pourtant faire semblant, semblant que rien ne pourrait jamais l'atteindre...

[Hrp : Une suite ?]

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Confrontation [PV Keith Forbes]

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