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 Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]

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MessageSujet: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Sam 9 Mar - 13:38

Après avoir renvoyé la troupe qui veillait tard pour attendre l’arrivée de la louve fugitive, elle rejoint sa chambre pour y passer le reste de la nuit en paix, les informant tout de même qu’une discussion était à prévoir pour le lendemain à la première heure, avec pour tout le monde, l’obligation de préparer ses affaires, en vue d’un retour urgent à Venise ! L’hôtel semblait vide ce matin, le chevalier avait il déclaré forfait ? Il ne restait que l’un des gardes et les deux servantes de la Duchesse, qui papotaient avec le personnel des Dubarry… Son arrivée avait laissé un froid au sein de la conversation, et le garde se s’approcha aussitôt pour s’enquérir de sa santé, tout en l’informant sur l’absence des trois personnes, allées faire des amplettes, car la veille, elle avait imposé le retour d’urgence, concernant toute la troupe… Ainsi que de lui dire qu’hier au soir, elles avaient envoyé les deux gardes sur les traces de la Duchesse, afin de la trouver, ou poser des questions sur sa disparition prolongée et inquiétante ! Mais la Dame ne se laissait pas impressionner et imposait avant tout le silence, en demandant d’aller les quérir ! Il ne s’agissait pas de faire du zèle, mais d’obéir ! La louve n’accepterait pas que la cour soit, à cause de leur incompétence, sous le coup de bruits de couloirs, ou d’autres rumeurs !

Celui-ci partit, sans avoir de réponses de la part de sa maîtresse, se retrouva à galoper dans tout Paris pour retrouver les deux nobles et vieilles demoiselles, en compagnie du garde royal qui devait désespérément se demander où était passée la brune au regard noir la veille… La peur de la retrouver morte sous un pont, ou enfermée dans un lieu inconnu contre sa volonté, devait lui tirailler les entrailles, tout autant que de lui serrer l’estomac ; cependant, même s’ils cherchaient en vain, ils risquaient d’avoir quelques informations, en entendant trop de gens.

Seule avec ses deux petites servantes, Lou, leur élabora un plan pour qu’enfin, elles soient seules en territoire de France, et surtout, libres de tout acte, sans aucun compte à rendre à la Venise qu’elles aimaient pourtant tant. Celui-ci était… Tout d’abord éloigner les deux vieilles en leur donnant matière à rêver, quelques tissus et robes, accompagnées de belles perruques, des cadeaux nombreux à transporter pour les contempler longtemps dans leur chambre, et enfin coincer les deux gardes royaux, si possible les dénuder avant d’aller dans la salle d’eau où serait préparée une belle cuve, pour que la louve, aussi furtive que discrète, vienne fouiller les vêtements de ceux-ci, mais surtout, pour qu’elle ait le temps de chercher aussi dans leurs chambres !

Lucrezia devait être certaine qu’ils ne lui cachaient rien, et surtout, qu’ils ne possédaient pas le portrait d’Ezel, quelque part dans leurs affaires… Ensuite, il fallait expédier en douceur ou en force, les deux rombières qui lui servaient de surveillantes, à Venise pour donner des nouvelles de ce Paris aux couleurs souvent trop tristes l’hiver… Seulement, l’un des gardes devrait les accompagner, les routes sont peu sûres et elles trop âgées, il ne faut rien négliger, moins de gardes ici, cela est un point de plus pour sauver son ami ! Ainsi, il aura moins de risque de se faire prendre !!!

Le trio arrive après un long moment, les deux vieilles soufflant et pouffant en cherchant l’air, posant mille questions auxquelles elle ne répondait pas, écoutant et fronçant les sourcils, tout en se préparant à gronder comme le tonnerre arrivant après l’éclair ! La colère qu’elle affichait, rappelait celle du Doge lorsqu’il jugeait un assassin…


E allora… Che cos’è questa facenda ? Non posso piu uscire da sola ? Avete dimenticato il perche sono qui ? Da domani matina presto, tornate a Venezia, non avete piu nulla da fare quà !

Une reprise de souffle après un monologue plus énervé que long et :

Nella vostra camera, ci sono regali per il Doge, sua moglie ed altri della corte ! Non avete piu permissione di uscita, e questo e valevole per alcuno di voi !

D’un geste de colère et de lassitude, elle lève une main en balayant l’air et ajoute :

Fuori… fuori dalla mia vista… Non vi voglio piu vedere ! Via !!!

Une courbette, trois pas en arrière, une autre courbette, encore trois pas, et ce jusqu’à la porte, la petite troupe est prête à se retirer, quand elle ajoute en montrant le garde coupable de les avoir conduites :

Anche voi… domani partite con loro, preparatevi !

Ils tentent une vaine objection, puis se retirent... Maintenant allait démarrer le second scénario… La journée se passait comme si presque rien ne s’était passé, des repas silencieux, et des retours en chambre précipités… Le soir, alors que la vieille noblesse s’était endormie tôt pour préparer le voyage de retour, les servantes conviaient à une soirée d’adieux, les deux gardes… Ils ne s’étaient pas faits prier pour courir au bain en si bonne compagnie !

Déshabillés ensemble dans la première pièce, ils allèrent entièrement nus dans la seconde où se trouvait la cuve, et alors qu’elles s’amusaient à haute voix, faisant beaucoup de bruit et expliquant que les seules pièces voisines étaient les cuisines, ils pourraient faire autant de bruit qu’ils voudraient, d’aillleurs, pour donner plus de confiance, elles fermèrent la porte, ce qui permit à la Duchesse d’aller fouiller dans les poches des habits de ces messieurs, trop occupés pour soupçonner quoi que ce soit !

Dans la poche cachée d’une des vestes, se trouvaient des feuillets, où plusieurs portraits étaient dessinés… L’un d’eux donnait le nom d’Ezel déserteur et affichait un portrait approximatif, son inquiétude était fondée ; après avoir prit connaissance de ceux-ci, et contente de les renvoyer en Italie, elle revint mettre à sa place les papiers tels qu’ils l’étaient auparavant, comme si personne ne les avait touchés, et elle sortit satisfaite de sa découverte, ainsi que de son plan… Les filles comblaient ces jeunes hommes et la louve en était plus que ravie, maintenant il fallait attendre l’heure du départ !

Le petit jour levait le voile, et le froid ne les épargnerait pas, tout le monde était debout, les aux revoir étaient rapides et froids, alors que l’une des deux servantes faisait mine de pleurnicher son beau garde partit… Un peu moins de stress, plus de liberté, et moins de risques pour son tendre ami ! Maintenant, elle pouvait vivre à sa guise la vie parisienne, et peut être revoir son petit ange… Ce pont Royal, qui lui rappelait Venise, finalement, lui avait offert un peu de son passé, un peu de sa terre… un peu de… Ezel !



Dernière édition par Lucrezia Di Giovanni le Sam 23 Mar - 20:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Lun 11 Mar - 16:14

Les jours s’écoulaient, chacun différent, et elle n’avait pas imaginé une seconde que son voyage allait tourner ainsi, revoir Ezel l’avait mise dans un drôle d’état, elle n’en avait parlé à personne, pas même à Jeanne… S’il était vrai qu’elles étaient amies, elles n’avaient pas franchit le cap de certaines confidences, et son ange faisait désormais partie de ces secrets inavouables ! La louve gardait l’espoir de le revoir, et elle cherchait déjà un nom et un prénom à lui donner, une identité nouvelle, afin de ne pas trahir la sienne ! Elle pourrait le faire passer pour un neveu éloigné et retrouvé de sa marraine, Luisa après tout celle-ci aurait pu avoir une sœur au couvent, qu’elle aurait renié pour avoir enfanté sans époux ! Ezio Foscarini ? Oui, après tout pourquoi pas, il suffisait de laisser courir des bruits de couloirs sur une jeune sœur de Luisa, l’Archiduchesse déçue, pallie au déshonneur, privant sa sœur de ses biens et de ses titres, l’enfermant anonymement dans un couvent français, le long de cette frontière où les prisons religieuses sont aussi vastes que silencieuses, elle met au monde un fils… Et le tour est joué ! Mieux encore, il porte un autre nom de famille ! L’Archiduchesse ne dévoile son existance qu’à Lou, et elle part à sa rencontre pour le retrouver ? L’histoire serait elle plausible ? Cette sœur mystérieuse peut même être morte en couche, entrée dans l’édifice religieux sans donner de nom, l’enfant fut élevé par des paysans, et il aurait prit le nom de famille de ce couple adoptif… L’esprit imaginatif de Lou ne cessait de fonctionner, ajoutant et retirant, tour à tour une situation par une autre !

Sur le portrait qu’avaient en leur possession les gardes, le visage d’Ezel était celui d’un jeune homme, et quelqu’un ne l’ayant jamais vu, ne l’aurait pas reconnu en comparant le dessin et l’homme qu’elle avait retrouvé. Le plus important était que ses amis, ses supérieurs proches, ou même sa famille qui le connaissaient bien, ne viennent pas par ici eux, seraient susceptibles de le reconnaitre ! Tout en pensant à cela, elle ne put s’empêcher de revenir en arrière, se surprenant même à créer dans son esprit, une nouvelle rencontre avec lui, changeant la finalité de leur entrevue, par des jeux amoureux dont ils avaient le secret ! Cruelle était la destinée, d’ainsi les avoir éloignés et de les faire se revoir après tant d’épreuves passées à devoir s’oublier, et après tant de souffrances endurées par ce pauvre petit ange. La vie n’a pas de pitié, il était partit au front pour prouver sa valeur, aider sa famille financièrement, et avait perdu sa sœur, celle qu’il aimait plus que tout au monde, pour enfin être obligé de perdre sa vie entière, jusqu’à son passé ! Tiens… d’ailleurs, comment se débrouillait-il pour aider ses parents ? à cette distance, il lui était difficile de leur faire apporter de l’argent régulièrement, et puis, la famille avait été mise sous surveillance, afin de s’assurer que lui, le déserteur, soit retrouvé !

Il fallait qu’elle fasse quelque chose, elle ne pouvait croire que les siens subissent encore les foudres de la hiérarchie militaire, de quoi pouvaient-ils vivre ? Peut être pourrait elle employer la mère d’Ezel, pour le gardiennage d’un bien lui appartenant à elle ou à un tiers ? moyennant un salaire convenable, bien évidemment, elle devrait s’en occuper et il lui appartiendrait à la mort de Lou, ce qui ne serait envisageable, ou encore lui en faire don un jour prochain, comme récompense au service rendu, laissant une sorte d’héritage pour son fils, le hic serait que le pauvre ange ne pourrait aller profiter de ses biens en Italie, alors l’idéal serait que celui-ci soit en France ! La frontière est grande, pourquoi ne pas acquérir des terres ? ou mieux encore, de faire intervenir une personne totalement étrangère aux Olven’s, une sorte de prête nom. Elle s’empressa d’appeler la famille Grimaldi qui possédait des domaines aux frontières italo/françaises, et il répondit qu’il avait à Menton, la famille de Brea, laquelle anoblie par Charles Quint, avait élu domicile en France, et avait entre autre, un hôtel particulier qui demandait une gérance par des gens de confiance… Ce fut à eux qu’elle écrivit, donnant ses références et celles de Charles Grimaldi, afin de proposer l’achat discret de ce domaine, tout en gardant leur titre de propriété officiel, alors que le notaire a pour acte l’officieux, et proposer aussi les services des Olven’s ; le couple défini comme sérieux, l’homme fatigué et malade mais érudit, peut s’occuper de la gestion des biens, alors que la femme en bonne santé, peut s’impliquer à la gestion des gens dans la bâtisse ! Sa réponse fut à l’affirmative, pour faire plaisir à ces nobles, et dans l’attente que la louve puisse acquérir cette bâtisse aux yeux de tous, sur ces terres étrangères !

A présent que cette demande fut acceptée, il fallait prévenir la famille d’Ezel, afin de les inviter à s’installer à Menton, en les persuadant de répondre favorablement à cette demande, prétextant que cela pourrait être non seulement avantageux, mais leur laisser sous entendre qu’il y aurait à la clef, un héritage non négligeable pour leur descendance, ainsi ils pourraient imaginer que leur fils, pourrait éventuellement récupérer ce bien, sans souffrir de l’état italien ! Aussi, il fallait éviter qu’ils ne pensent que ce fut un piège, et en cela, Lucrezia qui avait été la correspondante première, lors du départ d’Ezel, ou plutôt celle qui fut contactée par la mère, apposa son sceau, et ajouta « per servizi resi della tigre di Fanny, e per mamina », espérant qu’elle comprendrait qu’il s’agissait non de sa désertion, mais de ces années données à l’Italie, de la part d’une personne qui ne lui voulait aucun mal ! Jeune, Ezel était nomme le tigre par son entourage, car il protégeait sa sœur plus que de raison, en tout cas pour cette époque, même si à ce jour, l’idée semble être justifiée, et enfin, il appelait sa mère de ce superlatif attachant, elle saurait ainsi que la louve connaissait bien son enfant et que cette démarche n’était faite que pour leur venir en aide !

Ensuite, il fallait prévenir Ezel de ce nouvel évènement, espérant vivement qu’il ne prenne pas mal son acte, cela n’était pas de la pitié, mais elle voulait faire en sorte de rapprocher ceux là, et peut être trouver une solution dans l’annonce d’un décès éventuel d’Ezel, pour que cessent les recherches le concernant, avec bien entendu, toujours la peur de voir arriver quelqu’un qui le reconnaitrait, tout comme elle, en arrivant en France ! Il y avait tous ses amis, ceux de sa sœur, sa famille, cousins et cousines, bref tous ceux qui pourraient le reconnaitre et qui devaient ignorer son existence !

Les messagers étaient partis pour ce long périple, et elle attendait toujours la réponse de Mr et Mme Olven, rien ne disait qu'ils accepteraient, tout comme l'inverse d'ailleurs, la demeure dont elle allait faire l'acquisition via les de Brea, devait ressembler quelque peu à celle des Dubarry, une chambre spacieuse en RDC pour les gardiens, un bureau pour le gestionnaire des comptes, une cuisine immense afin de subvenir aux soirées réunissant la noblesse, une salle de réception imposante, une salle à manger et des chambres dans les étages supérieurs, sans oublier une pièce qu'elle voulait réserver aux bains, en bas, une grande cuve tout comme en était doté le château de Versailles ! L'offre était alléchante, et déjà quinze jours s'étaient écoulés depuis l'envoi de la demande, à peine un peu plus depuis ses retrouvailles avec son ange, et le départ précipité et imposé, de son personnel !

Lou s'était pourtant rendue souvent sur ce pont, à des heures différentes et même sous la pluie, mais il n'était pas revenu, ou du moins s'il y était en même temps qu'elle, il ne s'y était pas montré ! Peut être ne désirait il plus la revoir, d'une manière ou d'une autre, s'il avait des nouvelles de sa famille, il serait sans aucun doute, le premier informé de cette offre... Soudain dans son esprit, elle songea à sa réaction, lui qui ne supportait pas qu'on l'aide en quelque manière que ce soit, pourrait la repousser en lui demandant de s'occuper de ses affaires, ou alors, il serait secrètement heureux de savoir les siens en sécurité et plus près de lui ! Que voilà une balance intéressante... le tout étant de savoir de quel côté elle va pencher !

Son thé refroidissait alors qu'elle contemplait la rue depuis sa fenêtre, des heures durant, la plume trempait dans une encre sombre, elle avait longtemps regardé ce vélin, se cherchant des excuses pour ne pas quitter Paris, ou encore pour y revenir sans qu'Ezel ne souffre de sa présence ; finalement, elle s'était imaginé que d'avoir agit ainsi envers les siens, devrait le contrarier au point qu'il valait mieux pour elle de rentrer... Alvise le lui avait tant écrit de le faire, qu'elle en avait oublié de lui répondre... et son regard penché sur ce bout de papier clair, vide de mots, elle décide à contre cœur d'y mettre quelques lignes, enfin de préparer son départ en écrivant à Jeanne ; celle ci, partie en province depuis quelques temps avec son amant, pour y faire un petit voyage d'agrément, n'avait pas prévu de rentrer aussi tôt, la louve avait été invitée à le partager, mais elle avait refusé dans l'espoir de revoir celui qu'elle venait de perdre encore une fois ! L'employé de maison qui ne cessait de faire venir des messagers pour ces courriers à longue distance, fut prié d'en appeler un autre afin de porter le dernier à la Comtesse, un départ précipité ? Sans doute pas assez, puisqu'elle a tant attendu avant de prendre enfin cette décision, celle de le quitter pour de bon, en se disant que c'était pour son bien à lui !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Dim 17 Mar - 22:06

La semaine ayant succédé sa rencontre avec Lucrezia, un morceau de son passé, avait soulevé son lot de méfiance. Le messager avait retrouvé quelque part sa crainte des premiers temps... Ce n'était pas tant elle qu'il redoutait que sa petite troupe italienne.
Il l'avait revu. Comme il le lui avait affirmé, il n'avait pas été très loin. Sur ce pont, elle y était retournée comme si elle avait voulu que la magie revienne. Il était cependant resté dissimulé, ignorant la boule qui se serrait dans son ventre de la ressentir aussi proche qu'ils l'avaient été sur le cheval. Tellement de choses avaient changé, il n'était plus sûr d'être l'homme qu'elle désirait retrouver... quelque part, il avait eu peur de la décevoir par ses choix. Leur dernières retrouvailles avaient été tendues même si leur amitié sincère avait fini par les rapprocher... Serait-il seulement capable de la voir quitter la France pour l'Italie alors qu'il était « prisonnier » de son nouveau pays.

Peu à peu, l'hôtel particulier des Dubarry s'était vidé de toute la grande bourgeoisie, retournée au pays. Puis finalement, il avait eu vent de bien d'autres affaires. La Duchesse Italienne avait beaucoup œuvré après leurs retrouvailles inopinées. Il avait crû perdre pieds lorsque le nom Olven avait été mentionné. Son sang avait bouillonné de savoir ses parents mêlés à son histoire... Il valait mieux qu'ils restent loin de lui, à l'abri des ennuis qu'il pouvait leur apporter... Et cette honte qu'il portait en lui, de n'avoir pu leur faire parvenir argent ou message pour leur dire qu'il allait bien, qu'il n'était pas mort. Bien plus que de la colère d'être écarté d'un fait qui le concernait directement, il ressentait de la honte, la souillure de se sentir tel un fils indigne. Pourtant aucun mot n'aurait pu exprimer l'envie qu'il avait de les étreindre... Il avait à peine pu leur parler lors de son retour en Italie pour y ramener les cendres de sa sœur... Son père l'avait trouvé quelque peu amaigri et sale, sa mère avait tout de suite su lire dans les yeux de son fils pour y découvrir toute la haine qui le rongeait. Elle avait eu trop peu de temps pour lui parler mais son inquiétude de voir son fils repoussé aux portes du Paradis la paralysait. Si on évitait de parler d'Ezel au village, sa mère l'aurait défendu bec et ongle. Son fils n'était pas un lâche, il n'était pas mauvais. Sans les avoir vu, il savait que s'ils avaient acceptés de faire ce voyage jusqu'à Menton, de quitter les restes de Fanny, ce n'était pas pour s'assurer une vie plus décente mais bien pour aider leur fils à se sortir du malheur qu'il provoquait. Le choc fût rude... la nouvelle l'avait profondément bouleversé manquant de peu de briser cet anonymat sous lequel il se protégeait.

Il dû attendre une longue journée pour se reprendre en main, avant d'oser venir se présenter directement à l'hôtel de l'Italienne. Elle lui devait des explications et il avait besoin de lui crier son angoisse de la voir agir ainsi dans son dos. Elle avait agit exactement comme il l'avait redouté : sans lui en parler, persuadée que ne vouloir que son bien suffirait à ce que les choses aillent mieux. Aux alentours de cinq heures de l'après-midi, il s'était présenté à l'hôtel, fixant d'un regard sévère, la fenêtre que cette ombre familière appelait. D'un poing robuste, il avait frappé à la porte, n'ayant aucun mal à se présenter comme messager auprès de la petite servante venue pour lui ouvrir. Même si la jeune fille s'était tassée en voyant ce spectre à l'entrée, elle avait dû sentir que toute la maisonnée ne serait pas assez forte pour l'empêcher d'entrer. Le nœud à l'estomac, elle l'avait conduit aux appartements de la Duchesse puisqu'il prétendait y avoir été appelé. La servante osa quelques œillades par dessus son épaules, essayant de discerner les traits du messager mais la lumière semblait se refuser à son visage. Elle refoula un frisson.

La jeune femme toqua à la porte de l'italienne avant de s'y introduire, essayant de calmer la nervosité que lui inspirait l'étranger.


_ Madame, un messager prétend avoir été appeler par vous. Dois-je le faire entrer ?

La jeune servante redouta un non. Comment pourrait-elle raccompagner cet homme dehors s'il décidait vouloir rester. De l'or ! Oui ! Un peu d'or résout bien des problèmes, se dit-elle. Cet homme ne devait pas être différent des autres.

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Dim 17 Mar - 23:40

Son regard s’était perdu entre les tumultes de la rue, et cette tasse qui posée sur le scriptorium, couvrant le vélin qui était destiné à Jeanne… Un sceau est si vite apposé, et la missive tout autant expédiée, qu’elle en venait à se surprendre, sous l’emprise d’une profonde tristesse ! Les jours avaient passés, et sans nouvelles de lui, même après avoir renvoyé ses nurses du moment, elle s’était imaginé le pire… Soit il avait quitté Paris, pour la fuir elle, soit il ne voulait plus la voir et là c’est elle qui devait le fuir, pas le fuir lui personnellement, mais tous ces souvenirs qui commençaient à venir la hanter.La Duchesse, dans toute sa grandeur, venait de se rendre compte de la place importante qu’il avait su prendre en son cœur !

Sa main vint se poser sur cette vitre, le froid pouvait se sentir, les saisons étaient à Venise pareilles qu’en France, et lentement, elle sentait vivre en elle tristesse qui habitait l’automne… Curieusement, un sourire animait son visage, en regardant ces doigts qui avaient caressé sa peau, adossé à elle, elle l’avait serré, et pendant quelques instant, elle se souvint combien de fois ils s’étaient aimés, sans pouvoir en spécifier le nombre ! Le destin souvent, agite les saisons, dans l’âme de ceux qui en découvrent les effets. Pour l’hiver, elle nomme la solitude et l’automne la basse saison, celle où la nostalgie vient faire couler les larmes, et baigner nos yeux de souvenirs d’antan ! Le printemps, accueille les floraisons, de douceurs partagés entre deux amants, ou encore entre deux amis, qui délicatement viennent rêver ensemble… et enfin l’été, lorsque le soleil brûlant, amoureusement, leur offre sa chaleur, pour se donner à l’un, tout comme on prend à l’autre, ce désir palpitant de deux corps enflammés !

Le serviteur avait disparu depuis quelques heures, sans doute n’avait il pas encore trouvé de messager, au manoir, lors de sa première visite, une ombre bien singulière avait attiré son attention, et en pensant à ce moment, elle se souvint que le mignon qui l’avait renseigné, l’avait désigné comme un messager, et cela sans donner de nom ! Ceci, simplement pour dire que l’attente prolongée de celui qui porterait sa lettre, lui avait fait penser à ce jeune garçon, un jeune homme blessé qui partageait sa vie, dans une maison de joies, où chacun se donne.

Dans le couloir, enfin du bruit, quelques pas pressés et des bousculades, il était vrai que les demoiselles à son service, depuis le départ des deux militaires, devaient se sentir seules et partageaient avec les gens de la maisonnée, des relations plutôt intimes…Alors l’italienne, silencieuse, souvent, écoutait ces bruits qui envahissaient en échos lointains, les couloirs depuis leurs salles. Cette fois cependant, c’était à sa porte que les coups venaient frapper, et ce n’était plus le serviteur, mais sa servante qui venait parler, prétendant qu’un messager avait été appelé et qu’elle ignorait si Madame le voulait recevoir.

La pauvrette semblait effrayée, et Lou avait du mal à la raisonner, l’invitant à retourner à ses tâches, et la laisser avec celui qu’elle avait fait appeler….


Allez Marie… laissez moi, j’ai une missive à lui faire porter, ne craignez point qu’on me blesse, sans appel de ma part, personne ne vient ici me chercher !

Marie, s’inclinant devant l’odre donné, se retira en courbant l’échine, non sans tenter une dernière fois de percer l’identité de celui qui venait prendre le message, et referma la porte avant de presser le pas pour rejoindre les autres…

Monsieur, vous devrez vous rendre en province, au château de Montloup, où se trouve la Comtesse Dubarry, elle y séjourne secrètement pour deux jours, alors il vous faudra insister… la missive est urgente, et si on ne veut vous laisser passer, vous devrez dire au portier…

Un silence vient saisir l’atmosphère, et son cœur s’activer sous celui qu’elle vient d’imposer, avant de reprendre :

Que la Duchesse s’en va, elle rentre chez elle, et… que ce vélin, lui doit être donné, car il n’est d’importance plus pressante, que celle de l’informer !

La lettre serrée dans sa main, elle ferme les yeux, sans regarder celui qui doit la prendre, une larme vient couler sur sa joue rosée, et elle déglutit, alors qu’elle la lâche, tout en allant prendre sa bourse, qui dans le tiroir était cachée.

Quels sont vos tarifs ? Peu m’importe… quels qu’ils soient, pour qu’elle l’ait plus vite, je vous paierais le double !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Lun 18 Mar - 11:44

Marie, ainsi était-ce le nom de la servante ? Il l'entendit à travers la porte parler d'une voix fluette comme si là encore, elle craignait dire un mot de travers qui aurait pu faire sortir le spectre de ses gonds. En d'autres circonstances, il aurait trouvé tellement drôle inspirer autant de crainte à une jeune femme. Mais aujourd'hui, cela n'avait plus rien d'amusant... c'était devenu un quotidien. La servante l'avait finalement laissé entrer, mettant un temps fou à fermer la porte, des œillades persévérantes lancées sous cette capuche pour se rassurer en y découvrant le visage d'un homme. Sans doute une trop forte imagination lui faisait-elle penser à un diable venu tenter sa maîtresse, la duchesse Di Giovanni. Mais qu'importe, elle se tenait prête à brandir la croix au moindre cri de l'italienne. En France, pas plus qu'en Italie, on ne plaisante avec les démons.

Une fois seuls, dans la même pièce... le messager commença à réaliser qu'il avait franchi une frontière, que, lorsqu'il l'avait ramené chez elle, il n'avait pu franchir. Cet hôtel, ce n'était pas que la résidence de la Duchesse, c'était aussi des clins d’œils à cette Italie qui lui manquait tant. C'était un terrain inconnu et menaçant qui, même si les gardes étaient partis, restait un territoire où il était exposé. La belle italienne ne l'avait pourtant pas reconnu... il faut dire que c'est à peine si elle l'avait regardé. Son visage tournée vers la fenêtre suintait d'une tristesse lourde. Le Messager n'avait pas trahi sa présence... il la laisserait aller au bout du message pourtant il n'était pas venu en tant que messager aujourd'hui, mais en tant qu'Ezel. Il n'avait que faire de délivrer ce message, peu importe l'importance qu'elle lui donnait. Peu importe l'or qu'elle voulait lui offrir.

Il avait décoché le sceau sans se soucier qu'elle le voit faire ou non. Au contraire ! Profitant de lui être encore anonyme, il lu la lettre avant de la laisser tomber au sol. Elle voulait partir et bien des jours auparavant, il pensait lui-aussi que cela serait la meilleure solution. Aujourd'hui, il n'en était plus si sûr. Il rabattit sa capuche en arrière d'un geste sec et s'avança d'un pas franc vers Lucrezia :


_ C'est trop facile de t'enfuir maintenant Lou... pas après tout ce que tu viens de faire dans mon dos. Je n'arrive pas à croire que tu ais recommencé... Ses promotions et maintenant ça ! Il lui attrapa fermement les mains et les posa sur son visage. Suis-je un enfant ? Dis-moi ce que sentent tes doigts ? Sont-ce les traits d'un enfant ? Car il n'y a bien qu'un enfant pour avoir besoin d'aide ! Il recula tout aussi fermement. Ne crois-tu pas qu'il aurait été sage de m'en informer avant de mettre tes projets à exécution ?

Il sentit l'angoisse lui serrer les entrailles. Il attrapa son front dans une main avant de reprendre avec plus d’aplomb.

_ Je ne supporterai pas qu'ils leur arrivent malheur. Mon père est malade, comment as-tu pu lui proposer un tel voyage ? Et si la France les rejette ? Je ne veux pas qu'ils finissent comme moi, sans patrie. Comment ont-il pu quitter l'Italie, le corps de Fanny...

Un étourdissement lui coupa les jambes. Il se retrouva à genoux au sol sans le réaliser tout de suite. Toute ça lui échappait. L'inquiétude lui rongeait les sangs, les visions de Fanny et sa culpabilité était chaque nuit plus présente au point qu'il ne daignait dormir. Il ne décrivit aucun geste pour se relever, comme si sa cape était trop lourde pour qu'il puisse se remettre debout. Les yeux baissés au sol, il murmura :

_ Je vais devenir fou.

Finalement, il avait tellement envie d'être un petit garçon sans les soucis de la vie d'adulte, qu'on lui rende la vie qu'on lui avait volé, qu'on lui rende Fanny ! Le poids de l'agonie était devenu trop lourd... Sa main glissa jusqu'à la lettre qu'il froissa entre ses doigts, dans un geste plein de désespoir.

_ Qu'est-ce qu'il me reste si tu t'en vas ?

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Mar 19 Mar - 9:56

Devant ce tiroir à attendre un mot de celui qui allait porter ce foutu message, elle ne se retournait pas, en profitant pour essuyer cette larme trop vite sortie de son foyer, de ses yeux rougis qui n’avaient que la douleur de quitter le seul être sur terre qui avait su remplacer un frère, un ami, un amour… Tant de choses à la fois, sans être un seul de ceux là ! Personne n’avait su prendre autant de place en elle, et pour sa survie, elle allait le quitter, le perdre à nouveau, mais avant… elle aurait au moins, mit sa famille à l’abri du besoin, à l’abri des souillures qu’ils auraient dû essuyer en restant là où, même si c’était pour le bien de Fanny, le mal avait été fait, elle savait pertinemment que la vie là bas, n’allait pas épargner le couple, et qu’ils souffriraient d’avoir perdu leur fille, puis encore, de voir salir le dernier de leurs enfants, le savoir errant comme une âme en peine, sans espoir de retour, avec la peur de ne pas connaitre son sort à chaque nouvelle journée.

Que serait la vie sans celui qu’ils aimaient ? Eux sauraient peut être où écrire pour l’informer de leur venue en France et là, ils songeraient à nouveau, de le serrer dans leurs bras, chose qu’elle n’avait eut le temps de faire qu’une fois, assise sur cette monture, alors que sa main venait caresser tendrement la sienne, alors que les yeux fermés, elle respirait le bonheur de le tenir contre elle, le temps d’un instant ! Après tout, elle avait compris le message, elle était de trop, même si les chaperons avaient été renvoyés… depuis leurs départ, il serait venu lui parler, ou déposer un message anonyme qui l’invitait à se rendre quelque part, même sur ce pont qu’elle avait arpenté si souvent en vain… mais, non ! Rien ! Un silence aussi lourd que la mort s’imposait à elle.

Perdue dans ses pensées, oubliant de se retourner, elle avait posé cette bourse devant elle, fixant la tasse toujours là et pleine, quand la voix de l’homme venait envahir la pièce et son cœur à la fois… Cette voix si familière à présent, pour l’avoir entendue dans sa tête des milliers de fois depuis leur rencontre, à lui dire des tas de choses, ces choses qu’on invente lorsque les yeux sont clos et que les rêves s’activent à forcer l’inconscient, l’imaginaire, et nous faire entendre ce que l’on a vraiment envie d’écouter… La surprise venait enfermer son cœur dans un étau, d’un geste brusque alors qu’elle se retournait, la main faisait tomber la tasse, se brisant sur ce sol en des dizaines de morceaux, tout comme elle l’était elle-même en le voyant là, brisé et outragé !

Recommencé ? Oui à se mêler de ce qui ne la regardait pas, en voulant le mieux pour lui... Ses lèvres étaient scellées, il prenait ses mains et les posait sur son visage, sa seule réaction était de pleurer à nouveau, sans aucun sanglot, juste des larmes qu’on arrête pas, de celles qui forcent les barrières et qui dévoilent que le silence parfois, n’est qu’un rempartUn enfant ? non… il ne l’était pas, il ne l’était plus, mais elle voulait juste qu’il ne souffre pas de l’absence de ses géniteurs, comme elle en avait tant souffert derrière sa carapace, alors qu’elle n’était qu’une enfant ! Ezel semblait perdu, reculant à présent, tout en lui disant qu’il aurait aimé être informé de ce qu’elle avait fait, mais avant… L’informer ? Mais comment ? Pas d’adresse, pas de rendez vous, pas de lettre, pas d’espoir... Rien que quelques mots qui lui avaient laissé croire…

Qu’avait il apprit qui aurait pu lui laisser croire qu’elle avait voulu du mal à ses parents ? Au contraire, en agissant ainsi, elle les préservaient de ces mots tranchants et des surveillances de l’armée, conséquences d’une offense faite à cette royauté, où l’on considérait la désertion, comme un affront et un déshonneur impardonnable ! Et là, à genoux devant elle, il continuait sans lui laisser le courage de répondre, rajoutant à cela l’éloignement de la tombe de Fanny et la maladie du père… Fanny ? Oh mon Dieu… Oui, Fanny ! Elle déglutit, fermant les yeux et sentant la brûlure de ses larmes la saigner de l’intérieur, il fallait qu’elle fasse transporter sa dépouille plus près de ses parents… plus près… ici, en France !

Et alors qu’elle allait enfin faire valoir sa voix, prête à l’éclairer sur ses intentions, lui dire que seuls sa mère et son père, savaient qu’elle était derrière tout ça, que même le domaine n’était pas à son nom et qu’officiellement, ils travaillaient pour une famille de nobles Mentonnais, il venait lui enfoncer un poignard dans la poitrine, la laissant ainsi, comme si tout à coup, ce n’était pas lui, mais elle l’enfant ! Une blessure profonde du destin, où la seule main qui tient l’autre côté de la lame, n’est autre que cet ami qu’elle aime tant.

La peine qu’elle venait de lui faire, était une torture pour ses yeux, un tourment incommensurable pour tout son être, et ses mains sur son visage, comme cherchant à voiler sa honte, à cacher son désespoir, elle cherchait les mots pour l’apaiser, sans parvenir à le faire pour elle-même ! Lucifer avait dû en être l’instigateur, se jouer d’eux sur le chemin de la vie, s’amusant tour à tour, de lui et d’elle, elle qui malgré la fortune et le pouvoir, n’avait eu qu’un seul ami… Un seul, et elle le perdait !

Le vélin se froissait dans la main de son ange, cet ange blessé qui méritait mieux, entre ses doigts baignés de larmes, qu’elle fait glisser pour se tenir afin de ne pas tomber, elle reste presque assise sur ce bureau à le regarder souffrir, prête à lui offrir la lune s’il le demandait, prête à disparaitre sur son ordre… Envahie par le désespoir du mal qu’il croyait qu’elle lui avait fait, elle entend sa dernière phrase, comme un soleil dans sa nuit, comme un espoir dans ses ténèbres.


Je…

Non… pourquoi parler ! Rien d’autre ne venait briser le silence qui suivait cette longue tempête, sauf peut être le bruit des tissus qui se froissaient alors qu’elle rejoignait à genoux cet ange en pénitence, pour prendre ses mains et les embrasser, les poser cette fois sur son visage larmoyant, les yeux dans les siens, comme pour lui dire « je ne te veux aucun mal, ni à toi, ni aux tiens » ou peut être « je t’aime »… Pas un mot de plus ne venait tuer le moment, et ses lèvres effleuraient les siennes, avant que de le prendre dans ses bras, afin de partager avec lui, toute la peine qu’il voudrait bien lui dévoiler… La douleur de l’absence est une offense, elle survient à la mort de la vie, à la mort de l’amour, mais aussi, à ce que chacun y voit et entend… Lui, avait supporté le deuil de sa sœur bien aimée, le départ qui l’éloignait de ses parents adorés, la perte de sa patrie, et l’absence aussi de ses amis… Renaitre était il possible ? Le phénix, disait on, était de ceux à qui ce miracle était attribué de renaître de ses cendres, et là, le bel Ezel, n’était que l’ombre de lui-même, mêlé aux cendres de sa sœur, il se battait contre ses fantômes depuis des années, pourrait il revivre un jour, non pas comme avant, mais… reprendre goût à ce qui pourrait être une vie nouvelle !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Mer 20 Mar - 19:32

Il avait beau essayer, il n'y arrivait pas. Les larmes se refusaient à couler sur les lattes du parquet. Pourquoi ! Enragea-t-il, soucieux de se libérer d'un poids lourd. N'avait-il pas engrangé assez de chagrin depuis tout ce temps ? Pourquoi n'arrivait-il pas à laisser aller ses larmes ?... A genoux sur le sol, il avait déjà perdu toute dignité devant la duchesse, alors pourquoi ne parvenait-il pas à laisser quelques sanglots venir finir de tâcher son portrait ? Son amour-propre, il n'en avait que faire en cet instant... Il souffrait d'un mal qui s'aggravait avec le temps et dont il n'avait pas trouvé le remède assez vite... Était-il condamné ? C'est drôle, il s'était toujours dit qu'il mourrait au combat en homme brave et fort. Aujourd'hui, il ne sentait plus sa force... ses jambes s'étaient dérobées sans prévenir et il se sentait si faible par le corps et l'esprit. Au moins, il avait eu la chance de choir devant son amie, une amie qui ne rirait pas de le voir à genoux. Hélas ce baume ne suffisait pas à effacer tous les maux.

Ses doigts étaient parvenus à serrer le message, l'unique symbole qu'il pouvait lui témoigner afin qu'elle choisisse de rester. A qui pouvait-il faire confiance ? Lou s'était permis des libertés avec sa vie par deux fois... malgré tout, il voulait lui faire confiance. Il n'y avait qu'elle pour savoir qui il avait été. Peut-être saurait-elle le ramener dans la lumière. Il y avait tellement de choses qu'il ne pourrait lui avouer... au service du bien, il avait fait le mal et peinait encore aujourd'hui à se dire qu'il avait mal agit. Non, il n'avait fait que justice ! Le champs de batailles ne faisaient pas de cadeaux et la vie n'en faisait pas plus. Dès lors, pourquoi aurait-il agit autrement ? Il n'avait jamais craint le courroux de la loi mais il craignait le regard de ses proches. Il n'avait que trop conscience d'avoir changé et il craignait de leur faire honte.

Pourtant le regard de l'italienne, malgré les larmes qui coulaient le long de ses doigts, n'avait pas changé. Elle le regardait avec le même éclat comme si elle pouvait voir ce qui restait d'Ezel dans le fond de ses pupilles, ce qui quelque part, le rassura. Sa main caressa indistinctement sa joue. Il ne voulait pas qu'elle pleure à cause de lui. Quand ses bras l'entourèrent, ce fût comme si l'Enfer se rouvrait pour le laisser ressortir. Tellement habitué à vivre au milieu des flammes, il ne réagit pas tout de suite. Après un instant où il se contracta entre ses bras, il finit par se laisser aller à cette chaleur réconfortante. Il s'y accrocha, venant ceinturer la belle des siens et poser son visage dans le creux de son cou. Il n'était plus seul et s'abandonner à son malheur au lieu de le combattre lui avait finalement fait du bien. Il reprendrait bientôt la route de son calvaire mais savourait ce laisser-aller dans les bras de celle qui fût son amante. Il était évident que les choses ne redeviendraient jamais comme avant mais leur lien était toujours là et était même plus fort. Elle était la dernière amie qui lui restait, la dernière véritable alliée... il aurait trop souffert de la solitude en la sachant repartie.

Son visage se redressa vers le sien. Un léger sourire vînt animer ses lèvres... il était heureux qu'elle soit là. Il avait bien besoin d'une épaule chaleureuse en cet instant. Il posa son front contre le sien, tenant son visage dans ses paumes et ses yeux ancrés dans les siens. Il caressa ses lèvres d'un geste du pouce, trouvant toujours aussi charmantes ces deux lippes rebondies. Comme avant... se dit-il avant d'y déposer un baiser que la toquade à la porte vînt interrompre. Le messager attrapa sa capuche, la rabattit sur sa tête et se releva en vitesse venant rejoindre la fenêtre pour ne laisser que son dos à la porte
.

_ Madame, j'ai entendu du fracas... tout va bien ?

Marie restait derrière la porte, n'osant désobéir aux ordres de sa maîtresse mais pourtant trop inquiète pour ne pas venir s'assurer que tout allait bien. D'abord elle avait entendu des éclats de voix masculine... si elle n'avait pas compris de quoi il parlait, elle avait compris que le spectre était en colère. Lorsqu'elle avait finalement entendu la porcelaine brisée, elle s'était décidé à venir voir.

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Mer 20 Mar - 21:41

L’enfer est sur terre, un long chemin tortueux, saignant ses pénitents jusqu’au fond de leur âme, libérant de leur sang les veines étranglées, pour que souffre plus encore, et de violents tourments, les pêcheurs que Lucifer a bien voulu recruter. L’enveloppe charnelle de ces damnés, s’enfoncent dans les méandres des supplices, subits ou même occasionnés, pour que l’âme se perde au pire de ses tortures ! Cruelles, souvent sont ces destinées, et ces regards baignés dans les flammes éternelles, dévoilés souvent par une vie cruelle, qui s’acharne comme cent hommes, au creux du cœur d’un seul être. De ses yeux émanait tant de feux, que la flamme impérissable semblait tout détruire, mais au fond de ces iris au passé déchiré, se dévoilait peu à peu la lueur délivrée, d’un ange en sursit !

Ses mains partageaient ce moment comme si rien ne les avait jamais séparé, caressant les larmes de tant de douleurs, et se serrer enfin, l’un contre l’autre, comme les amis qu’ils avaient été et que rien ni personne n’avait séparé… La missive dans sa main, il chiffonnait les mots, seuls remparts d’un éloignement nouveau, signe de deux chaines soudées, que rien plus jamais ne saurait encore défaire. Dans son bonheur retrouvé, l’étreinte fraternelle d’un amour sans pareil, elle respire cette essence que rien ne peut remplacer, douceur d’une amitié pure et immaculée, comme un paradis aux portes irréelles, ouvrant sur son passage un chemin de fleurs colorées !

L’espace d’un court instant, elle reconnu Ezel, non celui retrouvé sur les terres de France, non plus celui qui l’avait quitté jadis, mais bien celui qui dans son errance, avait partagé une grande partie de sa vie ! Le bonheur souvent, se suffit à peu de choses, à genoux l’un et l’autre, savourant ce silence, qui en disait plus que tant de mots sensés, savourant cette caresse qui dessinait sa bouche, ou encore ces regards baissés, tout comme la profondeur de ces pensées, qui dévoilées n’auraient eut aucun sens ; Elle se laisse emporter par la magie du moment, devinant de lui l’émotion libérée, tout comme il savait lui-même ce qui émanait d’elle. Un soupire, une larme séchée, comment aurait elle pu seulement lui faire du mal ! Lui le seul et l’unique qui d’elle a tout partagé, lui qui avait su d’elle se faire aimer, pour entendre des secrets les plus inavoués… Tout ce qu’elle savait faire, était pour lui plaire, aider son ange et ne donner qu’à lui… Pas même son Alvise pouvait s’en vanter, assignée à son service, elle obéissait, et ne donnait que ce qu’elle savait être suffisant, pour ensuite prendre, mais… Ezel, c’était autre chose !

Le visage de l’un contre celui de l’autre, le sourire éclairant l’ancien militaire, ils savourent tous deux le miracle qui leur est offert. Un baiser brûlant vient d’épouser leurs lèvres, comme si le temps arrêté avait posé ses jalons, quand soudain à la porte, Marie, morte de peur, frappe pour ouvrir sans que personne n’acquiesse. Le temps au messager de se lever, reprenant la place anonyme qui fut sienne et se figer devant la fenêtre aux vitres glacées, la capuche relevée sur la tête... La brune se retourne, faisant mine de ramasser, cette tasse brisée un peu plus tôt parterre, et répond à celle qui vient s’imposer de partir et de ne pas s’en faire !


Depuis quand entre t-on sans y être invité ? Sachez mademoiselle, que si j’ai besoin, je sonne… Une simple tasse brisée, vous ferez cela plus tard, pour l’heure, je veux rester seule avec cet homme, des recommandations que je lui dois donner, n’ont pas besoin d’oreilles indiscrètes, veuillez à ne plus me déranger et emporter cela avant que l’on ne se blesse !

La curiosité est un vilain défaut, et en tendant les bris de cette tasse, son regard foudroyait celle qui l’avait dérangée, tout en se levant et lui faisant face…

Marie, maintenant si vous le permettez, quittez donc la pièce et veillez à ma tranquillité, en éloignant votre oreille de ma porte !

La Dame refermait derrière elle le bois épais, et baissant les yeux, elle cherchait des réponses, comment lui parler à présent, lui dire ce qu’elle lui voulait dire déjà avant ? Et se retournant vers elle, le visage empourpré des derniers évènements, elle se retourne et s’avance, l’invitant à s’assoir sur ce sofa au dossier à forme de médaillon, pour prendre place près de lui et commencer une vraie conversation !

Demande moi ce que tu veux… je te répondrais avec la même franchise que nous avons toujours eu l’habitude de partager ! Je ne veux rien te cacher qui pourrait te déplaire et sache, que de ce qui a été fait, rien ne le fut en mon nom propre, pour préserver autant ton secret que la sécurité de tes proches !

Son regard était doux, résigné à tout dire, jamais mensonge ne saurait ici se faire, il savait reconnaitre en elle, si un mot était faux !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Jeu 21 Mar - 12:27

L'arrivée de Marie avait abruptement interrompue leurs retrouvailles. La servante s'était tassée en entendant les remontrances de la Duchesse. Elle ne s'y était probablement pas préparé. Une main sur le cœur, elle avait voulu se justifier qu'au grand jamais, elle n'avait écouté aux portes mais l'italienne ne lui laissa aucune chance d'ouvrir la bouche. Honteuse et penaude, Marie recula la tête basse, s'excusant à grandes vagues avant de disparaître dans les étages. L'écoutant molester la servante qui avait cru bien faire, Ezel soupira en lui même : il n'est pas aisé se contenir devant quelqu'un qui envahit votre espace pour votre sécurité. Peut-être que ce petit éclat de voix ferait comprendre à la Duchesse pourquoi il s'était senti menacé par sa volonté de le protéger. Parfois, il faut se montrer dur afin de se préserver des actions des autres.

Seul face à la fenêtre, le sourire sur les lèvres du messager s'était évanoui pour ne laisser place qu'à cet ancien visage, sombre et emprunt d'une neutralité impartiale. Pourtant au fond de lui-même, il se sentait plus serein, plus optimiste... lâcher un peu de colère, montrer un peu de son chagrin lui avait allégé le cœur. Prendre conscience de sa faiblesse lui avait en contrepartie fait prendre conscience que sa volonté était toujours là. Il avait commencé à croire que la mort ne lui faisait ni chaud, ni froid... pourtant il voulait vivre. Vivre pour retrouver une lueur disparue. Il avait finit par retrouver une partie de son identité... une partie volontaire. Pendant trop longtemps, il avait agit pour sa sœur morte... l'arrivée de ses parents en France changeait tout. Il devait se concentrer sur les vivants, s'assurer que ses parents déjà durement affecté, ne subiraient pas le même sort que le sien. Ils devaient veiller sur eux malgré la distance qui les séparait encore.

Il rabattit sa capuche en arrière, défit les lacets au col nouant les deux bout de la cape et s'en délesta sur le bord du sofa. Il avait été clairement établi que la Duchesse ne souhaitait pas être dérangé et il n'avait pas la volonté de rester caché sous cette cape, même si celle-ci cachait la vétusté de sa chemise. Et dire qu'il avait jadis touché de bons salaires...


_ Ce que je veux connaître, Lou..
. Dit-il en venant finalement s'asseoir, c'est l'intégralité de ce que tu avais projeté de faire. Certains messagers parlent entre eux... d'autres, comme moi, sont aussi fermés que des prisons. Mes parents sont en France, certes... cela risque d'attirer l'attention de l'armée durant quelques mois, après quoi ils pourront sans doute souffler. Mon nom est synonyme de danger pour eux si quelqu'un vient à faire la liaison. Tu es une femme de bon sens, Lou... mais tout finit toujours par se savoir. C'est à nous de faire en sorte que tout cela reste secret pour longtemps.

Il prit un air grave, se plongeant dans la missive tâchée d'encre que le thé avait propagé.

_ Peut-être est-il temps pour Ezel d'officiellement mourir. Mais le risque est cependant énorme... Il y a un poison, la digoxine... à trop forte dose, il est mortel. Mais si le dosage est correctement effectué, mon cœur ralentira suffisamment pour me faire passer pour mort. Pour que l'annonce de ma mort soit officiel, il faudra qu'une personne dont on ne puisse douter et de haute autorité italienne vienne certifier mon identité. Cela ne peut être toi... tout le monde a eu vent des rumeurs sur nos relations. Mais tu devras être là... j'aurai besoin de toi pour me donner le contrepoison. Il attrapa ses mains. J'ai confiance en toi Lou et j'ai le sentiment qu'il faut que je me libère de mon passé. Je ne vois pas d'autres moyens d'y parvenir. Si nous réussissons, je pourrais prendre un nouveau départ.

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Jeu 21 Mar - 15:25

En regardant ses gestes, elle concluait qu’elle allait enfin le voir en son entier, sans cette lourde cape qui masquait sa réelle allure, et pouvoir juger de sa santé, de sa situation et… une chemise abîmée, un visage sombre et des guenilles sans trop de noblesses, voilà ce qu’il lui dévoilait… Lui qui avait été si élégant par le passé, même si ses tenues étaient modestes, il savait les dépenser ! Pour l’heure, à en croire sa façon de parler, elle savait que la discussion allait être des plus sérieuses, même si cette fois, associée aux actes manqués, ou sans doute trop devancés, sans permission aucune, elle retrouvait en lui la voix de l’amitié !

S’il avait séché ses larmes, il n’avait pas séché son cœur, même si quelques jours plus tôt, elle avait cru en cette hypothèse, les sentiments réfrénés, s’était en cette étreinte libérés, rappelant l’attachement qu’ils avaient l’un pour l’autre, il avait toujours su qu’elle ferait tout pour lui, et sans jamais rien demander en échange, mais alors qu’il n’avait jamais rien demandé à la brune, allait cette fois impressionner la louve, de ses choix, scellant ses lèvres pour entendre toutes ses demandes, elle resta à la fin de celles-ci, une pauvre femme sans voix !

Lui dire tout de ce qu’elle avait préparé, cela était chose facile, ce n’était pas un aveu, mais de l’information... Expliquer par la même occasion, comment ses parents seront tranquilles, dans ce domaine appartenant à des nobles de Menton, ajoutant à cela que les Grimaldi avaient engagé leur nom, et sans oublier que tout était étudié pour éviter qu’il y ait avec la louve, la moindre association ! Jusque là, rien de plus facile, la suite se corsait cependant un peu…

Les secrets, chez elle ce mot fait partie du quotidien, comme une chanson qu’on fredonne sans retenir réellement les paroles associées, un regard que l’on ferme sur le passé, ou une page chiffonnée qui se cache au fond de notre être… La Dame en avait tant, qu’elle n’osait plus les regarder, des secrets que l’on tait à ceux qu’on ose dire… tout comme elle n’ignorait pas qu’il fut vivant, et cette lettre envoyée par la mère, gardée dans un livre comme le sont les serments, et qu’à lui seul, elle était prête à lire.

Le sérieux de son visage, vint se renforcer, brisant tout à coup la simplicité de la parole, à croire que le geste serait aisé, il demandait à la louve de le tuer ! Le tuer ???? La folie s’était elle emparée de sa tête ? Qui donc lui avait donné ce genre d’idée ? L’enfer souriait en cet instant à l’italienne, comme l’invitant à entrer pour y être prisonnière ! L’amitié est en soit, un dévouement complice, des jeux sans restriction, et un soutient sans approbation nécessaire… seulement la question ne serait pas de le tuer, en cela, il le ferait lui-même, et elle de mourir à ses côtés, mais de… enfin… c’est que… il faut à temps le réveiller ! Imaginer un imprévu, ou pire, une dose massive, une erreur de dosage, un témoin qui enfonce sa dague pour y croire d’avantage ! Rien ne saurait la faire vivre après lui, surtout aujourd’hui qu’ils s’étaient retrouvés !!.


Je connais la digoxine, pour l’avoir vue utilisée par l’un de nos médicastres... Mais, comment oses tu me le demander ? J’aurais trop peur de ce qui peut subvenir, et d’arriver à temps avec le remède, pour te l’administrer. Le Général Montosini serait à même de venir constater, il fut ton supérieur à la caserne Véronaise, mais… ne pourrait on trouver une autre idée ? J’envoie une missive diplomatique au Doge, ainsi qu’au Chambellan ou même au Général, et je leur annonce ta mort ! Le temps du voyage, autant de la lettre qui ira vers eux, et le chemin qu’ils feront à venir, ton corps devrait être putréfié, sauf miracle ! L’idée en elle-même n’est pas des plus mauvaises, mais le constat devrait se faire différemment… A moins d’attendre que le Chambellan ne vienne, et de lui annoncer qu’après l’évènement !

Sa voix était tremblante, et il lui faisait tourner la tête, toutes ces idées de mort à appliquer, elle n’osait l’imaginer, même un seul instant, les yeux fermés et le cœur sans battre !

Tu as beau avoir confiance en moi, j’ai tout de même peur de te perdre… tu me demande d’avoir ta vie entre mes doigts !

Ses yeux étaient baissés, comme au fond de abime…

L’hôtel particulier où vont être installés tes parents, appartient officiellement à la famille Bréa, des nobles de Menton, officieusement, elle va m’appartenir bientôt, mais cela personne ne le saura ! Ces gens que je ne connais pas, ont été obligés de concrétiser la vente, via la famille Grimaldi, eux même des nobles plus que titrés, par qui j’ai été recommandée et cela sans que nous nous connaissions… Ils étaient liés à l’Archiduchesse, et cela dans le plus grand secret, ce qui fait que sans réel lien, ton père et ta mère, se sont vus assignés à gérer un domaine, dans les meilleures conditions et en France !

Le récit était long, mais il valait la peine :

Ce que tu dois savoir, c’est que l’Italie, ne viendra pas en France leur chercher querelle, mais il y aura toujours quelqu’un pour aller vérifier, chercher à s’assurer que tu ne vas pas renaître ! Sauf, si ta mort est officialisée… le problème serait de te faire croire mort, sans que personne ne mette cela en doute !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Jeu 21 Mar - 18:27

S'il parlait avec détachement de l'organisation théâtrale de sa mort, c'est qu'il ne voulait pas la paniquer plus que cette nouvelle le faisait déjà. Il réalisait l'épreuve que cela serait pour elle que d'accepter. Ce n'était pas de l'argent qu'il lui demandait. Il savait qu'elle lui aurait donné sa fortune s'il en avait eu besoin tout comme il savait qu'il aurait préféré succomber dans la misère plutôt que de lui demander quoi que ce soit. Mais aujourd'hui, il ne pouvait réussir seul... il avait besoin de quelqu'un pour le rattacher à la vie et cette fois, ce n'était pas une image. Elle seule avait la capacité de pouvoir s'imposer auprès de son corps lorsque que le général viendrait voir son cadavre. Elle, seule pourrait veiller à ce qu'il soit enterrer en France, non pas brûler. Elle seule pourrait revenir lui donner l'antidote pour redonner le rythme à son cœur... Elle seule, oui, elle seule ! Femme de ressources et de pouvoir, il savait que malgré ses peurs, elle le pourrait. Il ne serait jamais plus vivant qu'après cette expérience.

_ J'ose te le demander parce que je te sais assez forte pour aller jusqu'au bout. Il ne s'agit pas de me tuer mais de m'aider à vivre !

Il écouta sa voix chevrotante en essayant d'apaiser ses craintes, d'une main doucement glissé dans la sienne. Oui, c'est une mort officielle qu'il voulait, une mort officielle sur le papier et dans les esprits. Que ce brave Ezel ne soit plus qu'une ombre du passé... un brave pour certain, un traître pour les autres mais que peu à peu, le temps efface. Oui, il aurait pu prendre le corps d'un mendiant mort dans les rues de Paris et laisser la putréfaction le rendre méconnaissable mais le Général se laisserait-il berner ?

_ C'est pour cela qu'il est important qu'il voit mon corps, non pas celui d'un autre. Le Général Montosini est un homme méfiant qui mettra en doute ma mort s'il ne m'identifie pas avec certitude. Glissé des papiers d'identité dans une poche et la médaille militaire dans une autre, d'autres l'ont tenté... mais il est plus malin que cela. Je ne veux pas qu'un doute plane, je veux qu'il en soit sûr... s'il annonce officiellement que je suis mort, tout le monde en sera persuadé et s'il venait à apprendre que je ne le suis pas, son ego ignorera cet état de fait et il n'avouera jamais s'être fait berné. Je sais que ce que je te demande est irréaliste... mais je vois si peu de solutions pour disparaître pour de bon. Je dois cette liberté là à mes parents.

Il était prêt à faire face à la mort. Peut-être serait-ce une opportunité pour lui de savoir s'il était encore digne de vivre.

_ Nous trouverons une histoire à raconter... Tu lui enverras un courrier en disant que tu m'as vu à Paris. J'aurai pu me donner la mort,  peu avant son arrivée, en réalisant qu'il venait me chercher et que je n'échapperais pas à la cour martiale? Cela expliquerait le bon état de mon cadavre... Plus il y aura de soldats et plus la nouvelle se propagera vite. Il faudra que mes parents soient avertis de cette machination... je ne veux pas que ma mort leur parvienne. Mon père n'y survivrait pas. Il faudra qu'ils brûlent le message dès qu'ils l'auront reçu.

Il releva le menton de la Duchesse d'un geste tendre et plongea son regard déterminé dans le sien. Les choses se plaçaient dans son esprit... la prise du poison quelques heures avant l'arrivée du général et de quelques soldats, l'expertise du médecin pour confirmer la mort, l'injection du contrepoison par Lou demandant à être seul avec son corps pour les derniers adieux, l'enterrement et son extraction du cercueil à la nuit tombée, dès qu'il aurait retrouvé son souffle de vie. C'était risqué, mais il y croyait.

_ ça peut marcher Lou, ça peut marcher ! Je résisterai au poison, je t'en fais la promesse.

Il savait où et comment se procurer la juste dose. Ce qui manquait, c'était juste sa complice pour peaufiner les détails de cette représentation.

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Jeu 21 Mar - 20:16

Si elle avait été debout, elle serait tombée, ses jambes n’auraient résisté à cette nouvelle, et son cœur déjà, lui faisait vivre ce trépas… les frissons qui l’animaient, n’étaient pas de froid, la cheminée active donnait de belles flammes, mais c’était de cette peur profonde, un immense et incontrôlable effroi, saignant son âme, sans que sang ne coule ! La douleur de le perdre, la briserait encore, plus que jamais elle ne l’avait été, se sentant coupable de n’être pas parvenue à le ressusciter ! Sa poitrine se soulevait à chaque mot de son ange, cherchant à trouver, cet air difficile, un corset trop serré étranglait en elle, autant sa gorge sans voix, que son sein sans vie !

Comment saurais je ? Et si j’arrive trop tard ? Et s’ils ne veulent me laisser seule avec ton… OH MON DIEU !!! Avec ton… Vois ce que tu fais… je n’arrive, pas même, à le dire !

Ce n’était pas que des larmes, qui venaient à couler, son visage entre ses mains elle cherchait à extraire, ce mot cruel qui dans sa gorge était coincé… « Cadavre » était trop dur à dire, sa tête lui tournait, comme une fièvre intense, incurable destin qui vient s’amuser d’elle, pour la pousser dans un vide immense !

Te rends tu compte, ce à quoi tu vas m’obliger ? J’ai si peur petit ange… si peur de te perdre ! S’il t’arrive malheur, je veux t’accompagner, cette dose que tu vas prendre, j’en veux une à avaler, pour que quoi qu’il arrive, nous soyons ensemble, je t’ai perdu jadis, je ne veux plus te perdre, pas aujourd’hui que je t’ai retrouvé, et que notre amitié renaît de ses cendres. J’envoie ce jour une missive à cet homme, il viendra avec un corps d’armée, mais pour ton père et ta mère, je vais faire partir mes filles, deux servantes qui sont restées à mes côtés, pour assurer l’entretient de l’hôtel mentonnais, et surtout, pour leur apporter un présent que je veux leur offrir, dans lequel un mot sera glissé, où l’explication sera abrégée mais donnée, afin que de rien jamais ils ne s’inquiètent, faisant mine de porter le deuil de leur enfant déshonoré.

Serait ce une provocation ? Tout à coup elle y pensait, et si il profitait de cette histoire pour se la donner… Oui, se donner la mort, en lui faisant croire, qu’elle lui rendrait la vie ! Non, non, non… il n’en était pas capable, pas de la faire souffrir ainsi, mais la pauvre était si déboussolée, sous l’emprise même d’un sentiment oublié, qui venait étouffer toute sa poitrine.

Oui… et surtout, renseigne toi sur la bonne dose, ainsi que celle du remède à appliquer, mais… n’oublie pas d’en prendre deux fioles, la première pour te donner, et pour le pire des cas, une que je saurais prendre !

Le menton de la brune était maintenu pour se faire relever, alors que dans les yeux, l’un et l’autre se plongeait, comme pour se donner plus encore de confiance. L’italienne au regard larmoyant, acquiesçait et changeait souvent d’idée, comme donnant raison à cet ami sincère, et l’instant suivant, le voulant protéger… Le protéger de ce mal, et de ses folles idées, en cherchant encore une autre histoire à inventer, pour rendre sa mort plausible et sans aucun danger !

Tu promets une chose, qu’il me fait peur d’entendre… comment m’en sortirais-je, s’ils m’imposent de te mettre en cendres ? Non… tu devras sortir de la boite, avant d’être enterré ! Un autre sera couché à ta place. Et tu n'as pas intérêt de mourir... sinon je te ferais passer un enfer insuportable !!

Il fallait prévoir un corps pour le remplacer, alors que seuls dans la pièce, ils fermeraient la bière, ou encore après l’avoir fermée, faire sortir le gradé et remplacer le mort, par tous les saints, installés dans les cieux, ne pourrait-on lui donner des idées ? Ils pourraient l’aider et se rendre utile… afin que sous terre, elle ne soit pas obligée, à coucher son ami et ensuite le déterrer, de peur que ce soit sans vie, qu’elle cherche à le réveiller, et que trop tard, elle soit arrivée !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Ven 22 Mar - 21:10

Ezel faisait barrière à toutes les craintes sensées qui auraient pu venir le dissuader. Comme le disait Lucrezia, elle pouvait arriver trop tard, elle pouvait être confrontée à bien plus de problèmes qu'il n'aurait pu le prévoir mais c'en était assez de fuir. Les seuls choix qui lui restaient encore était de faire face au jugement italien qui serait sans détour ou disparaître à jamais de cette vie... S'il se présentait devant la cour martial, avec toute la verve qu'il pourrait avoir, son sort en était jeté et il n'estimait pas mériter la mort pour avoir secouru sa défunte sœur. S'il faisait front face à ces hommes injustes, ce serait comme accepté qu'il puisse être coupable. Non, il préférait la justice de Dieu à la justice des hommes ! S'il était reconnu coupable devant l'Entité supérieure, alors il serait rappelé. Mais s'il vivait, c'est qu'il était encore digne de marcher parmi les hommes.

Il cala à nouveau le visage de la Duchesse entre ses mains. Il avait besoin qu'elle ait confiance, il avait besoin qu'elle se reprenne. Lui, était calme... Il avait peur de mourir mais refusait de vivre en criminel traqué. Souvent il avait songé à cette possibilité de disparaître mais jamais encore, il n'était allé aussi loin dans la mise en place de ce stratagème.


_ Ressaisis-toi Lou. Tu seras à la hauteur, comme toujours.

Son regard ne trahit pas la révolte de l'entendre vouloir quitter ce monde si le plan devait mal se finir. Pensait-elle vraiment qu'ils se retrouveraient dans l'Au-delà. Ils n'étaient pas destinés au même lieu. L'Enfer l'accueillerait avec mépris tandis que la belle déploierait ses ailes au Paradis. Il ne pourrait en être autrement.


_ Je prendrais une seconde fiole.


Mais elle serait remplis par une substance amer sans aucun effet sur le corps. Il ne mettrait jamais Lucrezia dans cette situation. S'il avait survécu à la mort de Fanny, elle survivrait à la sienne... et puis comme il le lui avait dit, il vivrait. Son cœur ne se laisserait pas abattre par quelques centilitres de Digoxine. Il résisterait.

_ Tu sais que c'est la seule solution...

Il le répéta encore pour qu'elle finisse par s'en convaincre. Sa mort sur le papier vaudrait toutes les rumeurs parues. On se désintéresserait totalement de lui... parce qu'il ne serait plus rien... sa capture n'aurait plus aucune valeur pécuniaire une fois mort. Personne ne pourrait le trahir puisqu'il serait devenu un autre, blanc de tout passé, un inconnu totalement anonyme. Et d'ici quelques temps, il pourrait même sortir à visage découvert. Il pourrait montrer ses traits et savourer la lumière retrouvée. Peut-être pourrait-il même se promener aux côtés de la Duchesse sans être inquiété. C'est pour tous ces espoirs qu'il ne laisserait aucune crainte le faire reculer
.

_ Il faudra hélas que l'on me mette en terre. Nous aurons difficilement le temps et le loisir de dissimuler un mort dans la chambre mortuaire. Si nous suivons un rythme coordonné, je devrais sortir du cercueil avant de manquer d'air. J'habite sous les toits du café Procope... c'est là que je prendrais le poison en réalisant que je n'ai plus d'échappatoire. Tu garderas le contre-poison de ton côté, qu'il ne le trouve pas s'il leur prenait l'envie de fouiller ma chambre. Lorsque tu les mèneras chez moi, mon corps sera déjà froid depuis quelques heures... le médecin ne pourra faire autre chose que de constater le décès. Nous allons réussir, Lou.

L'organisation de sa mort n'était que la première étape de sa renaissance. Il faudrait repartir de zéro... trouver une identité à ce messager sans nom qu'il symbolisait depuis deux ans. Chaque chose en son temps, cela dit. Ezel ne voulait pas précipiter les choses... tous plans est un acte de patience et de peaufinage du détail.

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Sam 23 Mar - 0:17

L’honneur était une pénitence, et n’avait eu pour son ange, que le prix de la souffrance et de mille tourments… le visage de la renaissance, venait se révéler, dans celui de la mort, et l’enfer ouvrait ses portes à l’italienne, qui perdue à le vouloir aider, obligée de baisser la tête, en signe de soumission au destin, et la relever en se dressant contre lui, comme on le fait contre le sort et d’affirmer une décision sans rappel, elle plonge son regard noir et triste dans le sien, cherchant dans ses prunelles, le chemin de l’espoir !

Peu à peu, elle semblait raisonnée, acquiesçant à ses dires, comme par habitude, n’écoutant que sa voix, sans en relever le prix, et laissant de côté la peur qui l’anime, même si son cœur, dans sa gorge s’était assit ! Il avait dans son récit, tellement de certitudes, ne voyant dans ce décès, qu’une délivrance sans nom, libéré d’un calvaire étranglé de violences, où il avait refoulé toute sa vie passée, en abandonnant la peine aux tumultes d’une errance, désignant éphémère, la gloire d’un passé. Que n’avait il choisit de disparaitre ainsi, pour revenir en son cœur le bras victorieux, de paraitre innocent du prétendu crime, sauver une âme perdue, et couchée près de Dieu. Elle écoute sans rien dire, il s’affirme de son mieux, elle se sent défaillir, et lui plonge dans ses yeux…


A la hauteur ? murmura t-elle… je t’ai déjà perdu une fois !

Lui-même acquiesçait à son trépas, ainsi ensemble dans l’au-delà, ils braveraient les tempêtes, en cas où… « Mon Dieu » se disait elle, il ne faut pas penser à cela ! Il doit survivre, il faut qu’il pense à ses parents… le lien de sang, ne le trahirait pas, pour eux, il reviendrait de là bas... voilà qu’à présent, en pensant à la mort, elle nomme son passage « là bas » ! Toute cette histoire la perturbe, il faut qu’elle parvienne à surmonter tout ça, se dire qu’elle l’aurait fait sans doute plus facilement à un autre, mais… lui… lui, ce n’était pas n’importe qui !

Tu as intérêt à vivre… pour... pour… pour ta mère !

Elle aurait bien dit, « pour moi », mais à l’instant, elle voulait qu’il juge, ils ont souffert de trop, avec la perte de leur fille, et ne supporteront pas celle de leur dernier enfant. Saurait il qu’elle tuerait, pour qu’il lui revienne ? Ce frère et amant qu’elle croyait décédé, et qu’à peine retrouvé, il parlait de mourir, alors que personne d’autre elle n’avait aimé comme ça ! Le chantage n’était pas tant de prétendre faire souffrir sa mère, s’il était pourtant vrai qu’elle le soit, ils seraient morts en apprenant la nouvelle, mais elle, elle…que dire de plus, qu’il ne sache déjà… considérant que le silence entre eux, souvent, parle plus que des simples paroles !

La seule solution...

Lucrezia répétait ses mots, mais les réalisaient elle ? « la seule solution » résonnait dans sa tête, et ses lèvres redisaient à l’unisson, comme si deux voix s’unissaient en elle, pour accentuer la phrase et s’offrir au démon. Son esprit torturé, abdiquait devant son ange, tendre ami, et délicieux amant, que le temps lui a ravit et qu’aujourd’hui, il veut encore lui prendre.

Tu devras me donner le remède avant, avec ma fiole de poison… Mais… Toi combien de temps peux tu rester en terre ? Je devrais soudoyer les fossoyeurs, je trouverais une excuse, celle de te revoir encore une fois, et seule… N’oublie pas que souvent, ces gens dorment là bas, qu’ils y logent dans une demeure, au milieu du cimetière qu’ils surveillent jour et nuit ! Il te faudra me faire un plan pour rejoindre ton appartement, je dirais avoir payé un malandrin pour avoir l’information… et nous viendrons sous les toits du café Procope, en me donnant l’heure où toi tu prendras le poison , à moins que tu ne le prenne en nous voyant ? Quel docteur puis je appeler ? Moi ici, à part Jeanne et toi, je ne connais personne, et puis… il faut que celui-ci ne soit pas trop éloigné de tes appartements, je ne veux perdre aucun temps, pour te ramener… Je n’aurais pas besoin de feindre t’avoir perdu, puisque le Général me sait un peu attachée, à ce que jadis, pour moi tu avais été. Tu n’as pas intérêt à mourir… je viendrais en enfer te pourrir l’éternité !.

Cela semblait si facile pour lui, cela était une louange, comme un chant qui appelait le Seigneur, quémandant l’offrande d’une vie nouvelle, un don de Dieu ! Elle se leva titubant presque, prenant place devant son écritoire, apposant sur le vélin le bouvard, et trempant dans l’encre, sa belle plume… Si demande devait être faite, pour qu’un Général vienne sans crainte en terres étrangères, il fallait rassurer et piquer son intérêt !

Citation :
Al Generale Montosini

Richiesta officiale e diplomatica.

La sua grande Eccellenza, Re della Francia, Luigi il sedicesimo, nella sua grande bontà, ha accetato la presenza del Signore e Generale Montosino, nelle sue terre francesi, voi non siete senza sapere che la Francia conosce anche dei grandi successi militari su questo continente e voi un grande Generale reputato nelle nostre terre, siete pregato con cortesia, di assistere al ballo che avrà luogo fra due settimane, e che sarà dato per sigillare i nostri due paesi, di un'unione diplomatica e militare, retta dalla fede del nostro Signore e della chiesa, che per la grazia di Dio ci assisto nei nostri doveri.

Che ciò, sia detto e sia sentito, aspettiamo la venuta della vostra persona, per aprire questi festeggiamenti !

Fa al nome della diplomazia veneziana per il Re Luigi XV
Da Lucrezia Di Giovanni
Duchessa di Modena
Consigliera privata del  Doge
Arciduchessa Di Villanova Sant'Antonio




La plume était trempée à nouveau pour écrire au Roy et l’informer de la venue du Général en cette occasion spéciale du bal, mais en inversant quelque peu les propos :

Citation :
A son Altesse Royale, Louis XV, Roi de France

Requête officielle et diplomatique.

Votre Excellence, Louis XV, Roi de France,

Je viens par la présence, vous inviter à accepter les présents qui vous seront apportés à ce bal que vous organisez dans la quinzaine qui suit ce jour de grâce, par notre Seigneur le Général Montosino, chef des armées dans notre Sérénissime Venise ; ce, afin de sceller nos deux pays, d'une union moins diplomatique, que militaire, régie par la foi de notre Seigneur et de l'église, qui par la grâce de Dieu nous assiste en nos tâches. Nous avons eu le plaisir de lire les exploits que la France connaît, de grands succès militaires sur ce continent qui est le vôtre, et nous même de par notre grand Général réputé en nos terres, serions honorés, d’assister à cet évènement auquel vous m’avez déjà conviée, afin de faire de cette soirée, une marque fraternelle.

Permettez que j’impose le Général qui sera là, pour l’ouverture des festivités !

Fait au nom de la diplomatie vénitienne
Lucrezia Di Giovanni
Duchesse de Modena
Conseillère privée du Doge
Archiduchesse De Villanova Sant’Antonio


Les documents signés, scellés du sceau de l’italienne, étaient tendus à Ezel, pour qu’il fasse le nécessaire afin de faire porter l’un et l’autre à bonne destination ! La louve retenait ses larmes et restait cette fois muette devant la situation, tendant de l’autre main, une bourse pleine, bien plus qu’il n’en faut pour les deux missives, mais il fallait s’assurer qu’elle ne tardent pas à arriver, le temps était compté pour la venue du militaire, et de son côté, elle devait prévoir comme avertir les parents !


Dernière édition par Lucrezia Di Giovanni le Jeu 30 Jan - 20:28, édité 1 fois
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Sam 23 Mar - 12:27

Il n'aurait demandé cela à personne d'autre... pas dans les conditions actuelles. Pourtant, les premières minutes partagées sur ce pont avec la Duchesse et plus encore le temps passé sans se revoir, lui avait fait pensé qu'elle eut pu se détourner de lui. Après tout, Lou était connue pour avoir de nombreux amants et puis savoir qu'elle avait côtoyé un déserteur aurait pu lui faire changer de comportement envers lui... par obligation et parce que son amitié n'aurait pu être offerte à un homme tel que lui. Rapidement, alors que la glace avait commencé à fondre, il avait vu qu'elle ne l'avait pas abandonné... et des gens comme elle, sur la planète, il les comptait sur les doigts de la main. Il y avait ses parents et il y avait elle. Quelques personnes à Paris lui inspirait un semblant de confiance : Oliver parce qu'il pouvait le faire chanter et Alexandre car c'était un homme bon mais aucun n'avait ce lien à long terme lui permettant de croire cela possible. Il y aurait eu trop de doutes mais Lou, elle ne pourrait le trahir.

Lucrezia avait tout. Elle avait sa confiance, elle avait son amitié, son amour... elle avait un statut, du pouvoir en Italie. Sa voix était celle d'une femme mais quand bien même, celle d'une femme écoutée. Elle était la clé lui permettant d'accréditer son décès. Sans elle, rien ne pourrait fonctionner aussi bien. Il ne l'aurait jamais obligé à agir contre sa volonté mais elle devait pourtant réaliser qu'il était pris au piège s'il ne tentait pas quelque chose pour se défaire de son fardeau. Alors quand la belle commença à surenchérir sur le plan, il fût soulagé car elle lui offrait son aide.


_ Tu ne m'as jamais perdu Lou. Je suis parti, c'est vrai... mais tout est resté dans ma tête et dans mon cœur
.

Le temps et la colère lui avaient simplement rendu plus difficile l'accès à ses souvenirs. Une lueur d'espoir revenant, il réapprenait à son rythme à retrouver toutes les émotions qu'il avait étouffé par peur de se laisser affaiblir. Il caressa sa joue d'un mouvement de doigts apaisants.

_ Je vivrais...

Il vivrait pour sa mère, pour son père, pour Lou, pour la mémoire de sa sœur... car il ne renonçait pas à la venger. Il aiderait d'autres filles à s'extirper des griffes du couple Boldwin, ce serait son cadeau pour tous les anniversaires qu'il avait manqué. Il continuerait de suivre les rabatteurs, de rendre son jugement. Le justicier finirait par avoir son face à face avec Adrian Boldwin. Aujourd'hui plus confiant que jamais, il savait son bras assez fort pour l'abattre.

_ Le café Procope est à deux pas du Manoir des Boldwin, un lieu de débauche que tu n'auras aucun mal à trouver. Longe la rue Drouet et tu arriveras au Café... il y a une cour intérieur derrière le bâtiment... la porte menant aux chambres est bleue. Je réside au dernier étage, la première porte face à l'escalier. Le docteur Langlois réside à deux rues du manoir, il sera là en une quinzaine de minutes. Il jouit d'une bonne réputation. On ne devrait pas mettre en doute son observation. Plus éloigné, il y a le docteur Chapu, moins réputé cependant.

Il se saisit des deux missives, une fois qu'elle les eut écrites et prit la bourse d'or. Certes, il aurait fait les deux voyages pour rien mais il avait besoin d'argent pour acheter le poison. Une fois qu'il en saurait plus sur la date d'arrivée du général, il pourrait mettre leur plan à exécution. Il se revêtit de sa cape et porta sa lourde capuche sur son visage.

_ Je te laisse contacter mes parents. Nous resterons en contact dans la plus grande discrétion. Il se dirigea vers la porte d'un pas sûr et ajouta d'une voix rassurante. Le calvaire que je t'impose se terminera vite. Puis il disparut à grandes foulées dans le couloir pour rejoindre la rue et ses passants. Le cheval partit à vive allure s'assurer que les deux missives rejoindraient leur destinataires.

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MessageSujet: Re: Hôtel particulier de la famille Dubarry... Le messager ! [PV Ezel][terminé]   Sam 23 Mar - 20:35

Résignée, était le mot juste, comme sous l’emprise d’un vent trop fort, qui vous emporte à suivre le sens obligé d’une marche imposée ! Pauvre Lou, qui sincèrement, se retrouvait à imaginer la suite comme une mauvaise tragédie, ce genre d’œuvre dramatique que savait écrire le grand William Shakespeare, dans Roméo et Juliette… Si c’était une belle histoire d’amour, elle restait cependant, un drame dans sa finalité ! Rien ne rapprochait la sienne de celle-ci, leurs familles ne se connaissaient pas, et ce n’était pas au nom de leur amour qu’il voulait se donner la mort, mais bien pour échapper au sort trop militaire, d’un état et de ses lois… puis évidemment, il y avait la ressemblance dans cette mort donnée, et le reste ! Il était certain qu’elle ne voulait pas jouer le rôle de Juliette, lucrezia, elle, savait qu’il allait faire semblant, et espérait juste lui donner le remède à temps !

Jamais, au grand jamais, depuis leur rencontre première, il avait demandé à la belle, quoi que ce soit, elle en avait fait de même, et n’échangeaient que des douceurs et leur amitié… Un secret de polichinelle, que tout le monde faisait mine d’ignorer, car discrètement, ils s’amusaient souvent en public, à se contempler, comme deux enfants qui cachaient quelque chose.

L’heure écoulée à se parler l’un, l’autre, avait épuisé la belle, tout en l’effrayant, et réveillant en elle, ce côté de battant. Prête à affronter les fureurs d’une élite militaire, hurler et crier pour libérer sa voix, elle crèverait dans l’œuf, les pensées du Général, et l’expédierait aussitôt prévenir de la mort du soldat ! Dans sa tête virevoltait les idées de ce réveil, avant de fermer la boite, ou après l’avoir déterré ? Ce n’était pas évident de deviner quand serait le mieux pour ce faire, surtout pour éviter de ne pas le voir se réveiller.

Il vivrait ! c’est ce qu’il avait dit, sans doute pour la rassurer, pour l’aider à se battre, la peur dans le ventre lui tordait les boyaux, et lui continuait de son récit, à lui donner l’adresse, de cet endroit où elle devait le retrouver ! Il fallait qu’une fois arrivé, elle entraine le Général jusqu’à cette tanière, en incitant sa curiosité, affirmant avoir trouvé le jeune Olven, et pour qu’il puisse la croire, elle devrait lui dire que c’était pour le persuader de revenir en Italie et lui promettre la grâce, pour avoir quitté l’armée, mais… lui donner une chance de s’expliquer. Le café Procope à deux pas du Manoir des Boldwin ? Il connait donc ce lieu ? Il en parle comme un lieu de débauche, il a certainement dû le visiter… sa voix se fait amère en parlant de cet endroit, et soudain elle se souvient de l’homme à la grande cape, cette allure singulière qu’elle avait croisé à son arrivée, celui que Romuald, dans sa présentation, avait désigné comme messager, un homme anonyme et qui ne se connaissait pas de nom… Pourquoi se perdait il dans ces endroits ? Lui qui n’avait pas pour habitude de payer des filles, et qui d’un seul regard savait se faire apprécier, et que toutes femmes paierait pour lui plaire ! La voici songeant à ce qu’il expliquait, tout en se posant des questions étranges… il faudra donc longer la rue Drouet et arriver au Café... ne pas oublier de passer par cette cour intérieure derrière le bâtiment... aller jusqu’à la porte bleue qui mène aux chambres et monter au dernier étage, la première porte face à l'escalier. Elle fera quémander le docteur Langlois ou le docteur Chapu, de manière à rendre la situation crédible.

Il saurait donner les missives à des messagers compétents, il ne devait en aucun cas les porter lui-même, car eux ici, devrait échaffauder ce plan de manière contrôlée… rien ne devait échapper à leur esprit, un instant d’inattention et c’était le trépas assuré pour l’un comme pour l’autre. Elle le regardait partir en se disant que cette fois, il y avait une certitude, c’est qu’elle le reverrait !


C’est toi qui viendra, en tant que messager, cela paraîtra plus plausible….

Il se voulait rassurant, mais même si elle faisait mine de l’être, son cœur avait accéléré le pas, prête à se laisser choir dès son départ !

Oui… vite… espérons le !

Dès son départ, elle sonna un serviteur pour faire appeler Anna et Maria, ses deux servantes attitrées, venues avec elle depuis Venise pour vivre cette aventure folle qui prenait une allure de cauchemars sans nom ! Pendant ce temps, elle préparait une lettre à remettre à la mère d’Ezel, celle-ci serait cachée dans un coffret qui lui serait destiné, contenant un bijou qui serait la clef pour trouver la missive… comment ? simplement ! En prenant le pendentif représentant une plume d’or, qu’elle s’était faite faire il y avait déjà fort longtemps, et sans inscription particulière, elle glisse un premier billet qui dit « un bijou à mettre à votre cou, qui ouvrira le coffre secret dans votre chambre », cette indication lui ferait prendre le collier, et en tirant, le fermoir ferait apparaitre sous le satin qui décorait l’écrin, le vélin plié qui l’informerait de cette étrange nouvelle, en cette manière :

Citation :
Carissima Mamina,

Fra qualche settimana, il Generale Montosino, della guardia militare veneziana, vi deve informare di una cosa molto triste, ma falza !

Ezel, ed io, abbiamo messo a posto un stratagemma, per ingannare l’armata et lo stato, far’credere alla morte del vostro figlio, e farlo rinascere sotto un’altra identità!

Fra alcuni mesi, Ezelino, verrà a farvi visita a Mentone, e voi dovrete in pubblico, accoglierlo come un straniero !

Tutta questa avventura dovrà restare segreta, badate a bruciare questo biglietto appena l'avrete letto.

Con tanto affetto
Lucrezia

Tout était mis en place, mais cette fois, il ne fallait pas mettre au courant les deux servantes, juste les envoyer là bas, en prétextant que ce fut pour servir les Brea’s, car elle aurait voulu acheter un jour leur domaine, mais sans parler de la louve, entrant à leur service dans le plus grand silence, en aidant les Olven qui venaient de prendre cette place de gérants!

Lorsque Anna et Marie entrèrent, les explications se firent avec détails, mais cela, sans parler d’Ezel, ni de rien d’autre… Maria s’empressa de prendre le coffret, ainsi que l’argent que Lou leur donnait, les informant qu’elles auraient une indemnisation conséquente tous les mois, et qu’elles devaient s’assurer de donner des nouvelles de temps à autre en passant par un messager français, adressant les missives à Jeanne Dubarry, Comtesse de Paris ! Le moindre mot important souligné, les demoiselles allèrent préparer les affaires, alors qu’un cocher était déjà appelé pour emmener les deux filles, le jour même, il fallait faire vite et dès à présent, plus rien d’autre n’avait d’importance !
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