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 [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]

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Ezel Olven
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MessageSujet: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mar 26 Fév - 18:25

En cette journée anniversaire, Fanny aurait eu 25 ans. Elle aurait sans doute déjà été marié à un homme dont Ezel se serait amusé à en caricaturer tous les traits, espérant que sa sœur le reprenne, prouvant ainsi son réel attachement à son époux. Il serait rentré du front pour voir le ventre rond de sa sœur, pour peut-être porter sa main sur le ventre rebondit et sentir les coups vigoureux de son futur neveu ou nièce. Il aurait sûrement transposé sur elle, cette envie, qu'il avait toujours garder au fond de lui, de fonder une famille, mais que sa carrière militaire freinait. Que de gâchis aujourd'hui ! Fanny n'était plus... il n'était plus. Comment pourrait-il décemment être un bon père avec toute cette rancœur qui le guidait ?

Sur le pont Royal, surplombant la Seine, il s'arrêta. S'accoudant au mur, jetant un regard vers un ciel dégagé parsemé d'étoiles, il décidait de prendre une courte pause dans son existence. Le temps était plutôt chaud... une certaine moiteur s'était installée sur sa peau. Il pensa un instant à défaire sa capuche, à retirer sa cape... mais la main portée à son col se stoppa. Cette cape, c'était lui... c'était tout ce qui le protégeait encore du monde. C'était sa nouvelle identité, emprunt d'anonymat et de mystères. Il était rare qu'il la retire en public. Il était rare qu'il laisse son visage s'extraire de la pénombre de son écrin. Et peu importe que les passants se fassent rares à cette heure.

Quelques cavaliers passèrent sur le pont mais il n'y prêta aucune attention. Les yeux toujours rivés sur ce ciel plein d'étoiles. Il n'y puisait aucun apaisement pourtant il ne pouvait nier que ce ciel était beau. Malgré la soirée tardive, les points lumineux venaient frapper la surface de l'eau donnant un éclat bleuté aux pierres du pont. Voilà où il en était : à mi-chemin entre le Ciel et les Abysses. Le Ciel pour ses espérances, les Abysses pour son image. Le temps avait passé et il avait cessé de continuer à prétendre que le monde vaut que l'on se batte pour lui. Pour qui ? Pour quoi ? Pour être remercié comme il l'avait été ?

Un bruit d'eau attira son attention... En contrebas, quelques vagues dociles s'éloignait d'une ombre de poisson, remonté à la surface pour gober son repas. Le messager soupira d'un souffle las. Fallait-il que tout ces événements se soient produits pour une raison bien précise... Pour qu'un soir, il soit là, sur ce pont, à se poser toutes ces questions ? Finalement, il préférait les soirs où les clients se bousculaient... ça lui évitait ces instants où il ressassait les années passées... Il n'avait pas besoin de ça ce soir. Il rêvait d'un break... que ces cauchemars s'éloignent, que ses échecs se taisent... Mais Fanny était à chaque coin de rue, dans chacun de ses souvenirs, dans chacun de ses regrets... Elle hantait sa vie comme si sa mort signifiait qu'il n'était plus bon à rien. Il ne pouvait l'éloigner de lui... et dès qu'il essayait, il avait honte de vouloir éteindre le souvenir de sa sœur.

D'autres auraient peut-être décidé d'en finir. Mais son sentiment de désespoir ne le portait pas vers la mort, mais vers la vengeance... Et s'il devait mourir, c'est au combat... comme il se l'était toujours promis.


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Dernière édition par Ezel Olven le Sam 9 Mar - 13:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mar 26 Fév - 21:33

Les journées se suivaient, et ne se ressemblaient plus, puisqu’elle avait décidé de fuir l’hôtel, à croire que cet idiot avait du mal à comprendre qu’elle ne cèderait que si elle le voudrait, et non l’inverse ! Son statut de Chevalier et de Comte, ne l’autorisait nullement à la contraindre, et il devait se rendre à l’évidence, qu’elle n’était nullement sa soumise, ni sa chose… Quel idiot, cela brisait tout son charme, et Dieu sait s’il en avait ! Comment Jeanne avait elle pu consentir à lui appartenir ainsi ? C’était à croire que la vie en ce domaine, laisse bien des mystères, et l’inexplicable n’est pas dans ses cordes, en général, elle laisse tomber, ou alors elle se dégage de son mieux pour fuir ce genre d’évènement ; ce qu’elle fut, une énième fois, en troquant ses beaux habits, et fuyant la maison où elle logeait avec l’ex-amant et non moins beau-frère de son amie, pour se retrouver vêtue comme un jeune premier, cape et culotte, chemise à jabots blanche, un gilet long et une redingote, tout de velours noir, et des cuissardes de cavaliers, lui prêtant une silhouette masculine…

La Dame ainsi parée, sans fioriture et anonyme, sa chevelure tirée en une queue de cheval serrée d’un nœud large, s’était évadée avec l’aide de ses demoiselles, toujours complices et bien obéissantes, jusqu’à soudoyer le garçon d’écurie, pour emprunter le cheval de la Comtesse peu présente, puisque le plus souvent installée auprès de son amant et souverain ! La louve n’avait pas désiré rester à Versailles pour l’heure, elle aimait aussi profiter de sa liberté, même si cela l’obligeait à se retrouver en compagnie de son hôte, trop pressant, et trop ennuyeux…

La nuit était douce pour la saison, les lanternes éclairaient les chemins et elle avait repéré sur la Seine, un pont immense qui relie côté rive droite le jardin du Carroussel, prolongement du jardin des Tuileries, à la rive gauche, une autre rue dont elle ignore le nom, mais où elle se souvient être venue promener avec Jeanne un jour plus tôt, après la promenade dans les jardins, et avec la cour derrière le Roy, la Reyne et la favorite, qui venait présenter la vénitienne, ou plutôt, la convier à l’évènement programmé pour qu’elle y fasse son entrée…

Cette chevauchée avait calmé la brune, qui sautait de son destrier alors qu’il terminait sa course, avant de garder les rênes et de s’approcher de ces vieilles pierres d’une centaine d’années, en souriant et contemplant ce paysage qui lui rappelait sa Venise lointaine ! Des ponts, il y en a vraiment beaucoup par chez elle, jusqu’au pont des soupirs, réputé non pas pour être un refuge aux amoureux discrets, mais pour les soupirs de ces forçats, soumis aux pires tortures, entre le tribunal et les cachots…

Il est vrai que ce n’est pas là, une vision romantique des choses, et surtout des souvenirs qu’elle pourrait avoir en cet instant, mais les quelques jours déjà passés en France, outre le passage au château de Versailles, les achats faits chez Plantevin et la visite au manoir des délices, ne lui avaient pas vraiment donné le grand frisson, mais plutôt, une certaine lassitude et un manque certain de ce qui est sa terre natale !

Accoudée à ces pierres dominant ce fleuve immense, elle se laisse envahir par ces senteurs peu communes, il est vrai que chez elle, les jardins y sont artificiels, tout comme ces rues pavées, et pourtant… les similitudes, par quelques gargouilles servant de pilier à une bâtisse, ou une fresque à peine terminée qui aurait rappelé un évènement, la ramenait encore à ce qu’elle aimait tant et qui habillait nombres de ruelles, ou de murs près de certains ponts, comme le Rialto.

En fermant les yeux, elle pouvait entendre les gondoliers crier en appelant les clients, pour les transporter contre quelques sous, d’une rive à l’autre, ou de ces marchands de nuit, qui cherchaient à détrousser, tout en appâtant sa proie d’une quelconque affaire commerciale à lui proposer… La langue chantante de l’Italie fait toujours autant frissonner la belle, et toutes ces choses traversant son esprit, étalaient sur son visage un sourire des plus charmants !

Faisant cette fois face à la route, appuyant son dos à ce rempart de pierre, Lucrezia contemple les passants, qui tout comme chez elle, promènent à une heure tardive dans les rues, en évitant certes les endroits sombres, ou trop sombres, mais accompagnés et si possible entre deux lanternes, un carrosse non loin à patienter que la fatigue saisisse ce petit monde, emprunt à se dégourdir les jambes, d’une journée sans doute à paresser, ou à trop fréquenter la noblesse dans les boutiques, à moins encore qu’ils soient de retour d’une soirée parisienne, entre les murs d’un boudoir à papoter poésies… Il était bien agréable d’ailleurs de les regarder ainsi marcher, comme si pour ce faire, il fallait se parer, courtisant ou se faisant courtiser, un tableau des plus romantiques à accrocher à l’entrée d’une chambre.

Non loin d’elle, entre bon nombre de ces promeneurs, il y avait une silhouette qu’il lui semblait avoir croisé ailleurs… Ailleurs ? mais où ? Cela ne lui revenait pas… Peut être au manoir ? Ou encore chez le Comte ? Il s’agissait de sa démarche, son allure, ses manières de se mouvoir… Quelque chose de familier, à moins qu’elle ne se fasse des idées, mais sans le vouloir son regard se fit insistant, comme pour tenter de voir son visage, alors que le sien à peine descendue de sa monture, était déjà dissimulé sous sa capuche… Il y avait sans aucun doute, d’autres personnes qu’elle, qui voulaient préserver leur identité, pour sa part, non qu’elle fut connue, mais, si le Chevalier était partit à sa suite, il aurait du mal à la trouver, et puis, quelques gens de la noblesse maintenant connaissaient son visage, ce n’était pas la peine de faire jaser, un ragot de trop et la cour en serait informée !!

Oubliant qu’elle était vêtue comme un simple cavalier, ce qui pouvait prêter à confusion et l'inciter à croire qu'il était suivit, elle restait ainsi appuyée, le visage tourné vers cet inconnu, un peu comme si elle cherchait à le reconnaitre… Que voilà une idée saugrenue, alors qu’elle n’avait aucun contact à Paris, à part ceux qu’elle fréquentait déjà et ceux qui la logeaient !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mer 27 Fév - 15:52

Les temps sont durs. Phillippe Brumevoy s'était donné la mort dans l'après-midi. Ce noble commerçant s'était empressé de mettre fin à ses jours lorsqu'il avait pris conscience que son affaire de menuiserie ne passerait pas l'année. Dans le message qu'il avait laissé à l'intention de son frère, il expliquait cette honte qui l'étreignait depuis des jours... Il refusait de se confronter à sa gloire passée et préférait affronter les Enfers. Sa fin avait scrupuleusement été mis en scène par ses soins... Sur le coup de quatre heure, il avait fait appeler le messager directement à sa coquette petite maison en extérieur de Paris. Averti de sa visite, la gouvernante, une petite femme ronde, l'avait conduit dans les bureaux de Brumevoy... son visage avait trahi sa stupeur lorsqu'elle avait ouvert la porte. L'homme pendait au bout d'une corde soigneusement attachée à une poutre du plafond. Il n'y avait plus aucun éclat de vie dans des yeux qui étaient maintenant révulsés. L'homme était méconnaissable malgré le soin qu'il avait mis à porter son plus beau costume pour effectuer son dernier voyage.

A peine touché par cette vision, le messager avait laissé la pièce s'emplir de cris... l'homme avait finalement été détaché par deux de ses fils sans qu'Ezel ne bronche. Son cœur s'était fermé aux émotions. Au point que la scène de pleurs qui se déroulaient sous ses yeux ne le toucha pas. Ses yeux se posèrent ailleurs, sur une tablette apposée contre le mur où demeurait une enveloppe marquée de « messager » en lettres calligraphiées. Il l'avait ouverte sans plus de cérémonie... avait fait la lecture du message lui indiquant les informations à apporter à Gwelain Brumevoy, son frère cadet. A côté, quelques pièces, le montant de la course que le défunt aurait payé pour que le Messager fasse le voyage. Ezel avait pris l'argent, coincé le message dans sa ceinture et était reparti vers Paris, sur son cheval. Il avait fait la commission, se confrontant aux larmes retenues du frère... à ses paroles emprunt d'incompréhension, à ses questions... Pourquoi fallait-il toujours que l'on lui pose des questions ? Comme s'il savait ce qui s'était passé. Comment aurait-il été capable de lui parler d'un homme qu'il avait vu 5 minutes dans sa vie ?

Puis la journée avait été calme, trop calme aux goûts du messager qui détestait se tourner les pouces. Il avait vagabondé dans Paris puis finalement avait fait halte sur le pont Royal... La soirée était bien partie pour ne pas être plus captivante. Néanmoins, il y avait cette présence insistante dans son dos. Au départ, Ezel n'avait rien dit, pensant que ce curieux finirait par trouver plus intéressant à venir fixer mais son regard continuait de lui frapper le dos. Le messager tourna quelques peu son regard vers l'intrus... peut-être prendrait-il ses distances si celui-ci finissait par comprendre qu'il était repéré... La silhouette dissimulée ne lui en apprit pas beaucoup plus sur les raisons de sa présence. Simplement qu'étant donné sa taille svelte, s'il lui prenait l'envie d'attaquer le message, Ezel n'aurait pas trop de deux doigts pour le briser.

Son poignard est à sa ceinture, son épée cachée sous sa cape... Le cavalier ne semble pas armé. Il ne paraît pas non plus dangereux... néanmoins cette façon de rester là à l'observer sans dire un mot l'insupporte.


_ Puis-je vous être utile ?

Sa voix est sévère. Elle tonne à travers la pénombre de sa cape... lui intimant l'ordre de partir s'il n'a pas de raisons valables de rester ainsi à le fixer. Le messager s'est à peine tourné pour regarder cet individu dissimulé. Mais il en avait appris déjà davantage au vu des vêtements hors de prix porté par le jeune homme. C'était au minimum un noble. Ce jeune premier venait-il chercher querelle pour se procurer le grand frisson qu'il n'avait pas dans sa famille ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mer 27 Fév - 19:12

Ses pensées s’envolaient, et cette fois, c’était inconsciemment qu’elle continuait à garder son regard persistant sur l’homme encapuchonné, comme perdue entre les méandres de son esprit et les bruits de cette vie qui se déroulait autour d’elle… Il était évident que rien d’important n’aurait dû l’inciter à fixer l'inconnu de la sorte, puisqu’elle ignorait autant son identité, que ce qui aurait pu l’amener icelieu à contempler les étoiles… Un chagrin d’amour, un souvenir, une libération… Tous ces gens s’évadaient à leur manière, d’un quotidien oppressant, ou encore mendiaient pour combler un manque à vivre ! Tout en détaillant celui-ci, elle pouvait remarquer que sa cape dissimulait une forme bien particulière, comme celle d’une arme débordant, soit de côté, soit de dos… Il lui était difficile de s’en assurer, la position de l'ombre ne l’éclaire pas plus, mais à croire qu’elle fut trop insistante, il semble se fâcher, et d’une voix forte et glaciale, il s’adresse à elle, une sorte d’ultimatum !

Cette fois, elle est amusée, même si l’homme l’effraie aussi, il n’a pas reconnu la femme, mais le cavalier, sans doute, la prend il pour quelqu’un prêt à lui chercher querelle, saurait elle seulement se défendre contre celui qui plus grand qu’elle, n’aurait qu’à la gifler pour la faire valser sur le trottoir d’en face ? Elle avait bien son griffon, glissé dans son fourreau que son cordonnier avait soigneusement cousu à l’intérieur de sa botte, où personne ne saurait en imaginer l’existence ! Une lame affûtée, un pommeau à l’emblème vénitienne, doré à l’or fin et portant la lettre « L » de son prénom, « Lou » appelée familièrement ainsi, par ses plus intimes amis, et peu se comptaient, ou pouvaient se vanter de le faire !!

Que lui répondre ? Qu’elle cherche juste à voir son visage, pour savoir s’il est triste ou gai ? Si quelque chose le tracasse, ou encore si elle peut partager un simple moment de conversation ? Elle préfèrerait certainement la compagnie d’un inconnu, à papoter sur ce pont, que de rentrer et se prendre la tête à éviter cet idiot de Dubarry ! La louve lâcha un soupir discret, tout en se demandant comment elle pourrait lui parler sans dévoiler sa voix féminine et pousser le bouchon plus loin, et s’amuser quelques instants, sans exagérer cependant, afin d’éviter l’affrontement qui risque d’être l’aboutissement de sa bêtise !


Utile ? Non… Je ne crois pas… Je me demandais juste à quoi vous pouviez penser !

Sa voix tentait de se faire plus rauque, tant bien que mal, un jeune garçon qui aurait certainement mal mué, ou quelqu’un d’efféminé qui voudrait masquer celle-ci devant un inconnu… Sans doute devait il croire à présent, que le cavalier qu’elle représentait à ses yeux, cherchait une aventure avec lui, ou contre de l’argent, pour une discussion ou pour une simple expérience…

Un frisson venait parcourir son échine, les sensations avaient toujours plut à la belle, que ce soit l’aventure, ou la peur… Il est certain qu’à ce stage, il aurait été intéressant de voir jusqu’où iraient les choses… Elle se souvenait des jeux qu’elle jouait dans les ruelles avec certains de ses partenaires, où ils se provoquaient en faisant mine de ne pas se connaitre, et entamaient une danse et un combat à l’épée, à la seule différence qu’ici, elle ne connait pas son adversaire, ni sa force qu’elle imagine, ni son jeu, et qu’en plus, il ignore qu’elle joue, tout autant qu’elle puisse être une femme !

Le regard de l’homme, dont la louve ne voit que la lumière briller, sans pouvoir seulement imaginer son visage, la fait frémir, et cette émotion lui plait beaucoup, sans retirer sa capuche, elle garde anonyme son minois, alors que dans l’ombre de celle-ci, elle sourit, et la belle relève sa cuisse, pour poser son pied sur le mur qui est dans son dos, approchant ainsi de sa main, la dague cachée avec soin dans sa cuissarde… Qu’allait il répondre ? Il l’enverrait paître, ou prendrait cela pour de la provocation… Elle saurait aviser, pour pousser plus loin cet individu, et égayer ainsi sa soirée, qui avait pour elle, bien mal commencé !

Jeanne l’aurait mise en garde, Paris à ses coupe gorges, tout comme les ruelles mal famées de sa citée, mais à choisir entre celui qui l’attendait à l’hôtel particulier, et une belle bagarre dans la rue, pourquoi hésiter ? La brune s’en faisait déjà une joie, malgré l’appréhension, et elle espérait que cette soirée, ne finisse pas dans le sang… De toutes façons, l’homme était bien trop fort, en tout cas en apparences, et sa manière franche de l’apostropher, dévoilait un caractère imposant, ne se laissant pas marcher sur les pieds, un ancien militaire sans doute ? Sa tenue ne dévoilait pas une noblesse quelconque, mais un personnage parcourant souvent les routes, un voyageur peut être ? Elle secoua discrètement la tête, en se demandant à elle-même, pourquoi elle se posait autant de questions, au sujet de ce pauvre bougre, que demain elle aura oublié, s’il ne la tue pas avant !!!
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mer 27 Fév - 21:02

Rien à faire... Le cavalier ne déguerpissait pas. Il y a des gens qui n'ont pas l'instinct de se tenir à l'écart des personnages tels que le messager... quoiqu'il n'était pas le pire des hommes. Et s'il avait tué, il ne s'en prenait jamais sans raison à quelqu'un... Même si ce dernier était un cavalier envahissant par une nuit où il souhaitait tout sauf être importuné. Néanmoins, que le cavalier se méfie, le messager sous ses airs retenus n'avaient rien perdu de son maniement des armes... Cela dit, comment cette jeune personne pourrait se douter qu'il était armé... l'épée étant le privilège de la noblesse. Rassuré à cette idée, il devait se sentir les tripes de venir quereller un homme peu commode. Ezel osa un œil au delà du pont, s'assurant que le cavalier était seul. Les paris étaient monnaie courantes, surtout entre les jeunes nobles voulant se prouver qu'ils en avaient. Mais plutôt que de s'engager dans l'armée française, ceux-ci préféraient jouer les durs à la tombée de la nuit. Moins de risque devaient-ils se dire. Cela dit, le cavalier semblait seul. Aucun compagnon ne paraissait l'attendre un peu plus loin ou se tenait prêt à bondir s'il en avait besoin. Il n'était pas bon tuer du noble, encore moins des fils de nobles mais Ezel ne ferait pas dans la dentelle si cela devait lui sauver la vie.

Le messager restait très calme même si sa voix pouvait paraître oppressante. Il avait plus tonné par souci de le faire partir que par véritable colère. Mais le cavalier semblait attendre quelque chose de lui qu'il ne comprenait pas. Horripilant ! De quoi il se mêlait avec sa voix de jeune castra ? Ce cavalier avait vraiment quelque chose de pas normal mais le messager n'arrivait pas encore à dire quoi.... Ce physique longiligne, cette voix peu commune comme si elle était forcée et bon sang, sa pointure de botte ! Se pouvait-il que ce ne soit qu'un gosse sous cette capuche ? Cela ne changeait rien, le messager ne souhaitait nullement discuter avec lui... encore moins de ses états d'âme.


_ Rentrez chez vous! La voix tonna encore alors que le messager se tournait finalement vers l'individu. On doit certainement vous y attendre.

Naturellement le cavalier ne bouge pas... pire il s'installe. Néanmoins Ezel ne trouve aucun honneur à corriger un jeune premier trop présomptueux. Si c'est vraiment ce qu'il souhaite, le cavalier ne réussira pas à pousser Ezel à l'affronter. Le soldat savait se dominer... et surtout il n'y trouvait aucun intérêt. Un combat ne lui attirerait, par la suite, que des problèmes. Il s'apprêtait à quitter le pont. Voyant que le messager ne serait pas entré dans son jeu, peut-être le jeune cavalier déciderait-il d'aller se faire tuer par quelqu'un d'autre.

Le messager décidait donc de ne pas prolonger ce jeu stupide, qui au passage, ne l'amusait pas du tout. Peut-être à une époque, eut-il trouvé ça drôle ? Mais aujourd'hui, tout lui semblait noir, sans éclat, sans plaisir. Il s'apprêta à quitter le pont sans prononcer un mot de plus lorsqu'une brise légère vînt souffler face à lui. Avec elle, un parfum venu du passé... un passé si lointain, qu'il pensait enfouit à jamais. Cette senteur, c'était celle d'une femme... c'était le parfum d'une ombre ayant croisé sa route. La surprise fût si soudaine, prenante et évidente, qu'il ne pu nier avoir Lucrezia face à lui.

Il vînt marteler le pont de ses pas, agrippant avec vigueur le bras de ce cavalier qui n'en était pas un. Il agrippa sans ménagement la capuche qu'il tira vers l'arrière, dévoilant des traits connus et repoussa la jeune femme comme l'on repousse un souvenir. Il ne s'était pas préparé à avoir cette vision... il était persuadé de n'être qu'un inconnu, un étranger dans Paris, une situation qui l'arrangeait. Mais avec Lucrezia, tout se compliquait. Si elle était là, c'est que des soldats italiens l'étaient aussi. Si elle le reconnaissait, si elle le trahissait, il n'aurait aucun espoir de pouvoir concrétiser sa vengeance et c'est la mort qui l'attendait, la mort d'un traître. Comment pouvait-il être jugé en traître ! Il était tout sauf un traître !

Il se recula, soucieux de remettre de la distance entre elle et lui. Si quelque part, il était heureux de revoir un visage familier, il sentit également venir les problèmes. Aussitôt, il tourna les talons et commença à quitter le pont, d'un pas pressé.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mer 27 Fév - 23:27

La situation semblait cocasse, tapit comme une ombre sous son manteau qui lui donnait l’allure d’une grande faucheuse, il ne manquait que la faux et l’image perçue, lui aurait fait tordre les boyaux. Son regard luisant sous l’effet des lanternes, ajoutait au mystère, et le cœur battant de la louve, ne faisait qu’un peu plus l’émoustiller ! Elle espérait que pour l’heure il ne se rende compte qu’elle fut une femme, et la voix imposante de l’homme mûr qu’il était, aurait pu lui rappeler quelque souvenir, mais le jeune homme qu’elle avait quitté, n’avait pas dans la sienne, ce timbre froid et grave qui composait celle-ci !

L’encapuchonné, répondait enfin, cette fois tourné vers elle, mais toujours aussi anonyme qu’au premier instant, et alors que quelques passants disparaissaient dans les ruelles, d’autres installés sur des bancs, conversaient de manière toute anodine, et pourtant amusés à voir le petit manège qui se déroulait devant eux, en ces deux personnages sans visages, se provoquant à mi-mot, et alors que l’un attisait l’autre, le second essayait vainement de faire fuir le premier. Seulement cette fois, sa phrase fut plus longue, et avec cette même intonnation glaciale, il lui semblait reconnaitre quelque chose de familier en elle, mais tout aussi indéfinissable.


Personne ne m’attend, et… à vrai dire, je me sens bien ici… Votre compagnie ne me déplait pas !

Il semblait prêt à s’en aller, ou encore à éviter cette rencontre, pour qui la prenait il ? La brune était contrariée qu’il puisse se fatiguer aussi rapidement de la manière provocatrice qu’elle avait décidé d’avoir envers ce pauvre bougre… Décidément, il n’y aurait donc pas moyen d’avoir un peu de piquant ce soir ? Elle devait le retenir, aller plus loin, l’amusement n’était pas terminé et elle n’avait aucune envie de rester sur sa faim ! Par contre… Elle n’avait pas vraiment idée de la manière dont elle devrait s’y prendre !!

Comment le ramener ? Il lui fallait le rattraper, agir vite, avoir une idée percutante, peut être s’approcher de lui et le menacer de son griffon pour faire mine de lui soutirer quelques sous, comment disait on déjà ? « La bourse ou la vie ? » C’est qu’elle n’avait pas l’habitude de ce genre de propos à dire, et puis, elle ne voulait pas mourir, juste le provoquer un peu, l’ébauche d’une bagarre, histoire d’animer cette foutue soirée, et enfin la terminer en une conversation agréable ou même houleuse, pourvu qu’elle évacue sa colère de la journée, et cette proie servirait de bouc émissaire sans problème.

L’idée de l’agresser allait se mettre en place, sa main était prête à agripper sa lame, mais sans avoir le temps de réagir, les pas alourdis de l’homme s’avançaient comme une tempête pouvait s’abattre sans crier gare… Son bras saisit avec force venait l’attirer vers lui, et il décapuchonna la brune, sans qu’elle ne puisse réagir… Seulement, elle ne s’attendait pas à sa réaction, il recula aussitôt, la vision d’une femme, en s’attendant trouver un homme, l’avait elle effrayé ? Que s’était il passé entre le temps où il dévoila son visage et celui où il semblait fuir sa seule présence ? La connaissait il ? Ou bien avait il décidé de ne pas se battre contre une femme ? Elle voulait sa bagarre et elle l’aurait, elle n’avait pas prit d’épée et cela était bien dommage, mais elle avait son griffon, et ses poings, puis, de plus, elle n’avait pas peur ! en tout cas, elle le lui ferait croire !!


On a peur d’une femme ? Que se passe t-il ?

Cet idiot s’enfuit, et la louve écarquille ses yeux de manière exagérée, suivant sa démarche pressée en lui emboitant le pas d’un même rythme effréné, lâchant la lanière qui la retenait à sa monture, pour finalement courir après lui sans s’arrêter, il avait certainement entendu ses pas, mais elle ne lâchait pas prise et si lui était sportif, il était tout de même plus lourd qu’elle, ainsi donc moins rapide, ce qui lui permit de le rattraper par la capuche et dévoiler à son tour son visage !

Il n’y a pas de raison que seul mon visage soit dévoilé… Je suis assez forte pour vous affronter, tout comme le serait un homme, alors…

Le voile levé sur l’identité de son adversaire, elle reste figée avant de comprendre ce qu’il lui arrivait, les années avaient passé, mais même si les traits avaient changé en homme, ce souvenir qui venait de serrer son cœur, au point de de la faire taire, Lou resta là, déglutissant, privée de réaction, prête à faire à son tour marche arrière, ce n’était pas l’envie qui lui manquait de lui demander des explications, mais elle avait déjà si mal des réponses qu’elle aurait put avoir…

Ezel… Combien d’années ? de mois ? De jours, à l’attendre ? à le chercher ? Elle avait voulu protéger son ami, et n’avait rien pu faire d’autre, que le couvrir un court moment, l’espace de quelques jours, pas plus, suite à cette lettre que la mère lui avait envoyé, celle-ci avait voulu protéger son enfant, en pensant simplement expliquer le geste d’un frère, à sa supérieure, mais suite à cela, jamais elle n’avait pu se contraindre à répondre, pour avoir des nouvelles de celui qui fut son amant !

Elle le revoyait jeune garçon entrant à l’école militaire, puis comme deux complices à se conter leurs journées et leurs déboires, tout comme les épreuves à franchir les étapes de ces galons durement gagnés… Deux onyx brillaient, plongés dans les yeux de cet homme, qui n’était plus si inconnu que ça, elle cherchait en lui des réponses à cette froideur, à cette voix qui avait tant changé, à ce visage glacial et à la fois fuyant, mais rien… Ses bras venaient de lui tomber, elle ne su pas combien de temps elle était restée ainsi, jamais, au grand jamais, elle n’avait été si longtemps muette… Pas même à la mort de sa marraine tant aimée !

Et soudain, elle se demandait pourquoi il avait voulu la fuir en la reconnaissant ! Mais toutes ces questions restèrent silencieuses, les lèvres entrouvertes, étouffant en elle cris ou émotions… La louve était entre joie et colère, revenant soudain en arrière, caressant sa peau et dévorant ses lèvres, ils étaient liés pour la vie à une amitié profonde, pas d’amour entre eux, juste des jeux amoureux et une complicité hors norme ! alors, pourquoi ? Pourquoi l’avoir abandonnée sans nouvelles, jusqu’à croire même qu’il fut tué au détour d’un chemin, comme un cadavre anonyme qu’on enterrait dans un cimetière sans nom et sans croix !

Finalement, c’est elle qui recule et fait demi-tour, elle secoue la tête en marchant d’un pas décidé, là, il savait qu’elle l’avait reconnu, mais elle n’imaginait même pas qu’il puisse croire qu’elle le dénoncerait, à ce stade, elle ne croyait plus rien, elle remonta sa capuche, et cherchait déjà sa monture qui n’était plus là, cette idiot de cheval avait dû rentrer à l’hôtel, la laissant là comme une cloche, à pied, en pleine nuit, et loin de son lit… Elle aurait crié, hurlé, et cette fois, la colère dépassait celle qui l’avait mené à fuir le Chevalier, sans parvenir à se contenir…
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Jeu 28 Fév - 11:58

_ La vôtre, si. Avait-il lâché promptement dans un grognement agressif. Le cavalier semblait vouloir mettre tout en place pour provoquer sa colère. Et si Ezel finissait par rentrer dans son jeu, c'est hélas, en pièces détachées qu'il le laisserait repartir. Néanmoins, trop de témoins aux alentours... La vie parisienne lui avait au moins appris une chose : les gêneurs s'éliminent discrètement. Puis ce parfum flottant qui n'avait rien d'une ode masculine avait réveillé le passé et fait éclater la vérité.

Lucrezia avait toujours aimé se travestir... porter des vêtements masculins, porter un masque, jouer double-jeu... Et ce n'est pas de trouver une femme sous cette capuche qui l'étonna le plus mais bel et bien de la trouver elle ! Après toutes ces années passées loin de l'autre, il pensait ne jamais la revoir... il était persuadé que leur route ne se recroiserait plus jamais. Il avait fait un choix quelques années plus tôt, un choix qui l'avait éloigné de Venise, de son doux confort et de Lucrezia. Il avait troqué une honorable petite chambre pour la terre boueuse d'un campement sur la frontière autrichienne... et pour seule compagne féminine, il avait trouvé les prostituées peu respectable d'une petite ville proche. Il avait également abandonné une certaine sécurité pour une vie loin de toutes certitude de longévité... Mais sur le moment, l'idée ne lui vînt pas de justifier son départ... Elle était en partie responsable de sa décision et il doutait qu'être resté à Venise, aurait pu changer le sort de Fanny. Pour le moment, la surprise lui avait scié les neurones... Le choc était tel qu'il peinait à réfléchir. Son instinct avait pris les rênes en lui conseillant de s'éloigner avant qu'elle en sache trop... ou qu'elle n'en devine trop.

Naturellement, elle n'abandonna pas. Maintenant qu'il connaissait son identité, il savait quelle entêtée elle pouvait être ! Se remettant doucement du choc, son bras esquissa un mouvement de refus en sentant une poigne saisir sa capuche... mais il était trop tard, et il ne pu l'empêcher d'aller plus loin. Le tissu tomba sur ses épaules et son visage émergea à la lueur de la nuit. Il savait que cette rencontre amènerait son lot de problèmes... et ça commençait maintenant. Pourtant il n'aurait eu qu'une centaine de mètres à faire pour retrouver Mezzo, son cheval attaché à l'un des anneaux ornant le mur près des quais.

Il observa Lucrezia. Elle-même paraissait ne pas y croire. Il la comprenait... il avait eu le même choc quelques secondes plus tôt. Aucun mot ne vînt à percer ses lèvres alors que la belle semblait retenir les questions qui se bousculaient derrière ses yeux. L'ancien caporal ignorait que l'italienne savait les raisons de son départ... mais même si elle n'avait connu que son nom, c'en était déjà trop. Pourquoi avait-il fallu qu'elle ait ce geste à son égard ? Il devait s'assurer son silence, dorénavant... et se résoudre à la tuer était une nouvelle épreuve.

Elle s'éloigna et il fit de même, partant à son opposé, prenant soin de redissimuler son visage. Les deux ombres s' éloignèrent l'une de l'autre. Bientôt, Ezel enfourcha son cheval et revînt sur ses pas. Il ralentit en arrivant au niveau du « cavalier ».


_ Nous avons à discuter, je pense. Il lui tendit sa main pour qu'elle se hisse sur le cheval. Je ne t'imposerai qu'une seule règle jusqu'à ce que nous soyons seuls... Ne mentionnes jamais mon nom.

Il la laissa grimper sur son cheval et claqua des talons sur les flancs de l'animal pour rejoindre un endroit plus discret comme il y en avait beaucoup dans Paris, pour peu que l'on ne craignait pas s'aventurer dans les ruelles sombres. Il lui accordait le bénéfice du doute. Dans cet alcôve très discrète, il saurait si oui ou non, elle serait un danger pour la suite de son œuvre et s'il devait une nouvelle fois cloîtré ses émotions dans son cœur pour la passer au fil de son épée.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Jeu 28 Fév - 17:08

Pourquoi chercher d’avantage, là où l’évidence avait frappé ? Duchesse ou pas, ils été censés se faire confiance, être des amis, et ils l’avaient été depuis fort longtemps ! Comment avoir négligé ce « petit » détail ? Il allait parler au moment où elle le libérait de son anonymat… Elle n’avait rien entendu, d’ailleurs, avait elle seulement envie d’entendre, ou seulement d’écouter ? Dans son fort intérieur, elle pestiférait, ses pas se faisaient frappant le sol comme une mer déchainée tapait contre les rochers, même si c’était à lui qu’elle aurait bien giflé, et qu’en cet instant elle se retenait de le faire !

Si sa monture n’avait pas prit la poudre d’escampette, il était certain qu’elle aurait filé comme l’éclair en un endroit éloigné, mettant autant de distance qu’il en faudrait avec lui et la civilisation, juste pour hurler à gorge déployée, hurler pour se défouler, libérer la haine et la colère qui l’habitaient, ou mieux encore, trouver une autre victime et se battre sans limite cette fois, le temps de donner autant que de recevoir, se punir d’avoir tant espéré le retrouver, ou d’avoir eu peur de recevoir une missive qui annoncerait la mort de son ami !

Non…Elle ne se retournerait pas, elle ne dirait rien, sa respiration s’était accélérée, entre l’envie de pleurer de joie, et celle de le rouer de coups… Quand à son cheval qu’elle maudissait tout autant, il ne perdrait rien pour attendre, pour peu qu’elle parvienne à revenir à l’hôtel sans encombres… Pour l’heure, elle n’avait même pas envie de rentrer, et elle n’avait plus envie de rien… Sa tête tantôt relevée vers ce ciel étoilé, tantôt baissée à chercher quelque chose parterre qui accueillerait un coup de pied, la brune marchait droit devant, s’éloignant toujours de lui, s’éloignant encore plus de ce passé, que finalement, elle aurait voulu ne jamais retrouver.

La rue lui livrait ses derniers bruits, résonnants des clapotis de l’eau sur les pierres éternelles, de quelques roues tapant entre les pavés, alors que charettes ou carrosses passaient rarement, de fers à cheval au trot, ou au pas qui traversaient le pont ou s’engageaient dans les méandres de ces ruelles mal famées… La nuit en devenait inquiétante, et si la peur l’avait saisie juste avant, prête à affronter Ezel, là, elle ne savait plus vraiment si c’était de l’effroi, ou autre chose qui la faisait trembler ! Que la vie est étrange tout de même… Ce matin encore, elle croyait l’avoir oublié, résignée sans doute à le croire dans un fossé, pourrissant de la manière la plus anonyme qui soit… Elle croyait avoir fait son deuil, et voilà que le spectre du passé, venait lui dire le contraire, la rappeler à son bon souvenir, et en lui tournant le dos qui plus est !

Alors qu’elle se pensait loin déjà de lui, elle entendit le pas d’un destrier, le cheval de la Comtesse était il revenu ? Les yeux brillants, elle se tournait, s’apprêtant tout de même à glisser sa main jusqu’à son fourreau, mais celle-ci s’arrêta en reconnaissant celui qu’elle avait prit pour un inconnu ; il l’invitait à monter, pour discuter… Discuter ? discuter de quoi ? Qu’y avait il à ajouter ? Après tout, il semblait au départ, ne pas vouloir être reconnu… Et surtout, ne pas désirer lui parler !

Ainsi donc, il souhaitait garder le silence sur son identité… Que voilà une idée qui ne l’aurait pas effleurée ! Après tout, il n’avait à ses trousses que toute une armée italienne, et sans doute, un portrait envoyé en d’autres pays qui fraternisaient avec celle-ci ! Ce fut avec des lèvres scellées qu’elle prit la main tendue, pour le suivre, ses mains devaient le serrer pour éviter de tomber, mais ce fut à contre cœur, qu’elle le fit, tout en fermant les yeux et respirant celui qui fut sien jadis… Son corps était différent, plus musclé, l’homme plus grand… La fièvre montait en elle, une larme perlait, alors qu’elle se faisait fort de ne jamais montrer à qui conque, lorsque cela arrivait, et puis… Cela n’était plus arrivé depuis fort longtemps et qu’en de pénibles occasions, comme la mort de l’Archiduchesse, celle de son père, et la désertion de son ami, lorsqu’elle s’était rendue compte qu’elle l’avait perdu !

Que pouvait il bien vouloir lui dire ? lui donner des explications ? elle s’en fichait ! C’était avant qu’elle aurait aimé les avoir… C’était idiot d’avoir accepté de monter sur son cheval, d’ailleurs elle n’avait qu’à en descendre… Mais elle restait là, se tenant, sans se serrer à lui, une sorte de prétexte pour le tenir une dernière fois dans ses bras… Les jeux dont il l’avait privée par son absence, elle les avait joué avec d’autres, mais jamais elle n’avait accordé tant d’amitié et de complicité à un autre, car jamais elle ne put faire confiance à qui que ce fut, de peur d’essuyer une nouvelle déception !

Au départ de ce pont, deux cavaliers en habits rouges faisaient marcher leurs montures au trot, les regards balayant les trottoirs de chaque côté de la route, et quand discrètement elle penchant un peu la tête de côté, sans se douter de qui elle allait voir, elle reconnu cette fois, les deux militaires vénitiens, venus avec elle, et en tenue d’apparat, car ils étaient dans l’obligation de la porter… Ils devaient avoir trouvé le destrier revenu seul sans elle, et s’étaient mis en quête de la brune, qu’ils devaient penser en danger ! Sa main relâchait légèrement l’étreinte qu’elle avait porté à Ezel, pour tirer sur sa capuche et se dissimuler mieux encore sous celle-ci, avant que de reprendre sa position de passagère, derrière celui qui imposait une discussion ! Les deux gardes partis, elle ne put s’empêcher un soupir, un soulagement pour se donner du temps… Le temps de l’écouter, de le gifler et de lui tirer sa révérence… Mais allait elle le faire ? Dieu seul et l’avenir saurait en dire d’avantage, après tout, personne ne savait ni où, ni avec qui elle était, son destin était entre ses mains à lui, et lui… qu’allait il faire de son destin ?
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Jeu 28 Fév - 18:43

Non, il ne faisait plus confiance à personne. Il avait grandit, il avait vieillit... la vie lui avait joué des tours et depuis près deux ans où il était ici, les secrets et la solitude l'avaient sans doute changé. Lucrezia ne comprendrait peut-être pas pourquoi il n'était plus le même... mais la douleur avait été trop forte en réalisant que par une seule décision, il avait tout perdu : famille, amis, patrie. Faire une belle carrière ne lui sourirait plus jamais mais il était bien loin de lui, le temps où il s'en souciait encore. Aujourd'hui, il ne voulait pas être pris... il savait ce qu'il risquait pour son départ et Lucrezia devait le savoir aussi. Par le passé, il lui avait parlé de sa famille, de l'importance pour lui de les savoir à l'abri du besoin, de les protéger... Il lui avait parlé de son père trop fatigué pour travailler, de sa mère, femme courageuse, et de sa sœur, une complice de toujours qui lui manquait beaucoup. Lucrezia en savait beaucoup sur sa vie et c'est ce qui aujourd'hui la rendait dangereuse... Après toutes ces années, il y avait de moins en moins de chance qu'il soit reprit. Mais avec l'arrivée de Lucrezia, le compte à rebours pouvait bien avoir commencé. Et si dans cette alcôve dissimulée, et si sous ce porche humide, il acceptait de lui faire confiance, combien de temps mettrait-elle, malgré elle, pour gaffer. Il n'était pas à l'abri d'un mot trop vite prononcé... Il aurait mieux fallut qu'elle continue de le croire mort. La dernière fois où il l'avait vu, elle était nue... mieux aurait-il fallut qu'ils restent tous deux sur ce souvenir.

Le messager ne l'avait pas conduit dans cet endroit pour un papotage entre deux bons copains qui se retrouvent. Lorsqu'il l'avait invité à le suivre, c'était pour une discussion des plus sérieuses. Il devait savoir ce qu'elle faisait là, savoir combien d'hommes était avec elle... Il avait déjà eu le loisir d'observer deux gardes portant les couleurs qu'il avait jadis porté. Combien d'autres rôdaient dans Paris ? Sa tête avait-elle été mise à prix ? Et si oui, l'était-elle toujours ? Son cœur ne voulait pas se laisser aller à des interrogations telles que savoir si elle avait toujours de l'affection pour lui. Il avait senti, alors qu'ils étaient tous les deux sur son cheval, qu'elle ne forçait pas son étreinte. Leur amitié avait dû se tarir. Lui, l'aimait toujours... mais la situation dans laquelle il se trouvait le poussait à mettre son devoir avant son amitié.

Face à face sous ce porche désert, ce fût lui qui brisa finalement le silence
.

_ Tu as si peu changé.


Il l'avait tout de suite reconnu et cela malgré ces vêtements d'homme. Il avait reconnu ses yeux amandes soulignés de longs cils noirs, ses lèvres charnues et son digne parfum qui l'avait trahi. Il avait un instant replongé dans tous leurs jeux sensuels, qui lui avait manqué sur le front. Les années n'étaient pas parvenu à entacher la noblesse de ses traits. Il soupira, les bons souvenirs n'étaient plus là.

_ Pourquoi es-tu à Paris ?

« Et pourquoi la vie nous a-t-elle joué de tels tours ? » aurait-il voulu ajouter. La belle paraissait sur la défensive. Son regard scintillait de rancune... Il ne l'avait pas prévenu qu'il partirait pour la France... Pourtant, il avait songé à lui écrire... plus d'une fois. Mais il avait dû se résoudre à ne rien envoyer. Pas de mots, pas d'objets qui auraient pu permettre aux autorités de remonter sa piste. S'il n'avait pas été retrouvé durant ces années de désertion, c'est qu'il s'était montré particulièrement minutieux, méfiant et doué pour disparaître.


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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Jeu 28 Fév - 19:57

Accrochée comme un petit singe, elle tente désespérément de ne pas trop étreindre son guide, il ne s’agirait pas de lui faire croire qu’elle tenait encore à lui, surtout après ce qu’il lui avait fait ! Une offense pareille n’était pas pardonable, Il ne devrait même pas y penser ! En tous les cas, il faudrait qu’il se l’imagine ainsi, car elle ne devait pas qu’il se doute… D’ailleurs, pourquoi dévoiler quoi que ce fut ? Elle devait avant tout, afficher sa colère, l’exprimer avec force, elle n’avait qu’une idée, le gifler, le… Les yeux fermés, alors qu’elle se trouve encore derrière, la louve qui veut montrer ses crocs, veut masquer l’idée de lui sauter au cou, pleurer une bonne fois pour toute pour lui dire « Merci Seigneur, tu es en vie » mais non… ce dilemme devra basculer du côté de la balance, où elle devra lancer son regard noir, il l’avait déjà vu énervée, quoi que ce mot était faible, mais jamais contre lui… Non.. jamais envers celui qui avait été son ami.

Une voûte, un endroit sombre, personne autour, enfin seuls, mais était ce une bonne chose ? Après tout, si elle l’avait connu dans sa jeunesse, pouvait elle se vanter de le connaître autant aujourd’hui ? Grande Dame, elle était en ce temps, les années avaient fait d’elle une femme puissante auprès du Doge, mais cela, tant qu’Alvise vivrait ! La monture arrêtée, ils se retrouvaient l’un face à l’autre, pieds à terre et sous un porche aussi anonyme, qu’auraient pu l’être deux amants se cachant de leurs moitiés... Le visage qu’elle avait face à elle, n’avait plus cette candeur, ce bonheur, cette étincelle… Mais une froideur retenue, une maturité, et une force incomparable à celle du jeune homme qui l’avait quitté un beau matin, pour rejoindre le front, alors que nue encore, elle venait de partager l’effervescence de ces moments fusionnels, en des jeux sensuels inoubliables… D’ailleurs, elle devrait dissimuler ces frissons, comme elle l’avait fait pour son minois un peu plus tôt !

Sa voix était celle d’un homme affirmé, et même s’il ne faisait que poser des questions, elle l’écoutait, comme si elle voulait boire ses paroles, dévorer ses lèvres en étant discrète, cela deviendrait vite impossible, surtout s’il fallait paraître dure et méchante… Dure et méchante ? Oui, un peu tout de même ! Après tout… Il l’avait laissé choir comme si elle avait été inexistante, un souvenir insignifiant… A quoi sert donc l’amitié, si la page peut se tourner sans prévenir, en laissant l’autre chercher les mots qui auraient pu apporter des réponses à ce départ, ou plutôt, un simple signe qui dise, que le vécu n’avait pas été une simple façade, un passage obligé et aussitôt effacé !


Toi, tu es devenu un homme.

Elle mettait son comportement à l’épreuve, motivée à lui montrer de la froideur, Lou dont le cœur battait la chamade, clignait des yeux dès qu’elle retenait une larme, inspirait fortement pour freiner sa colère, et déglutissait en détournant son regard en répondant à Ezel…

J’ai été invitée par la Royauté… Je pense que tu ne peux en dire autant !

Sarcastique ? oui, elle l’était, et qui aurait pu croire qu’elle pourrait seulement envisager de lui parler ainsi, après tout, Lucrezia n’avait pas imaginé le faire un jour, son absence avait laissé un goût amer, des souvenirs indélébiles, et des rêves assouvis par le passé, devenus des fantasmes indescriptibles !! Mais ça… Il n’en saurait rien… Poser des questions ? pourquoi ne pas en profiter, après tout, ils étaient seuls, et… Sous un porche… Tiens ! Un porche… ^^ Cela lui rappelait la fois où, ils s’étaient amusés, courant dans les rues de Venise, armés tous deux, et elle à peine vêtue sous sa cape fermée, pour finir le chasseur collant sa lame sous la gorge de sa proie, et… … Mais l’heure n’était pas à ces idées là !

J’espère que ta désertion a porté ses fruits… Depuis tout ce temps, tu as dû retrouver Fanny… Tu aurais pu revenir et t’expliquer après ! Comment va-t-elle ?
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Ven 1 Mar - 18:51

Un homme ? Elle avait soufflé ces mots comme si c'était une insulte. Pourtant il fût soulagé qu'elle ne vit pas en lui un traître ou un menteur. Aujourd'hui, il se percevait plus comme un spectre et un assassin. Néanmoins, sans doute se réjouissait-il trop vite de la vision de son amie. Les choses évoluaient toujours très vite. Un battement de cils suffisaient parfois à faire voler en éclat bien des certitudes. Il n'avait certes pas besoin de la prier pour qu'elle réponde à ses question mais le flot de paroles devînt rapidement blessant, voire cruel. S'il mit d'abord cela sur le coup de l'ignorance... personne mis à part ses parents ne savaient la raison de sa désertion et il avait insisté pour que cela reste ainsi, il déchanta vite en réalisant qu'elle savait. Elle savait pour Fanny ! Elle savait qu'il était parti pour elle ! Comment pouvait-elle alors si durement le juger ? Ne se souvenait-elle pas du lien qui l'unissait à sa famille ? C'est par sacrifice qu'il avait rejoint l'armée et c'est par sacrifice qu'il l'avait quitté... Cependant, la belle semblait ne connaître que le début de l'histoire.

Il soupira. L'italienne n'était pas tendre avec une blessure toujours ouverte. Il avait perdu sa petite sœur... et il n'avait pas eu le loisir de lui dire au revoir. Il n'avait même pas eu la force de présenter ses excuses à ce corps sans vie pour être arrivé trop tard. Confronté à son corps putréfié, il était resté de marbre lorsqu'il l'avait brûlé au cœur du cimetière où il l'avait retrouvé. Pourtant son cœur s'était brisé en reconnaissant ce visage à moitié dévoré et jadis si beau... A la fin, il y avait plus de morceaux de son coeur que de cendres. Il demeurerait inconsolable.

Et Lucrezia ne l'épargnait pas. Il était un homme, non un surhomme et l'attitude irrespectueuse de l'italienne vis-à-vis de son geste et bien plus encore vis-à-vis de Fanny le heurta avec violence. Il releva la tête pour se donner de la contenance, ne laissant paraître le chagrin que la discussion lui inspirait. Mettant toutes les chances pour lui de ne pas être entendu malgré un endroit désert, il poursuivit dans leur langue natale.


_ #Je l'ai trouvé en effet.# Il laissa planer un instant de silence. Pas qu'il n'ait voulu donner une impression de rebondissement bien senti mais la vérité était autant difficile à accepter qu'elle ne l'était à dire. Et c'était la première fois depuis plus d'un an qu'il parlait de Fanny avec quelqu'un. Et chose incroyable, il en parlait avec une vieille connaissance. #Tu sais très bien qu'il m'était impossible de rentrer dans ma position. Qu'est-ce qui m'attend là-bas ? La peine capitale ?#

Il s'adossa contre le mur à proximité et rabattit sa capuche sur ses épaules. Il n'avait plus à se cacher d'elle.

_ #Fanny est morte... Elle n'a pas fait confiance à la bonne personne.#

Non, elle n'avait pas été assassiné et ce n'était pas à proprement parlé la faute de cet Oliver mais si il ne lui avait pas fait miroité la liberté, elle serait peut-être de retour au pays aujourd'hui et Ezel serait resté en France, plus serein qu'il ne l'était actuellement.

_ #Je suis arrivé trop tard. La maladie l'avait emporté depuis deux mois. Je n'éprouve nulle culpabilité d'avoir quitté la ligne autrichienne... j'ai le sentiment d'avoir fait mon devoir même si aujourd'hui, je ne suis plus soldat. Si tu t'en ais senti blessé, j'en suis navré mais il m'était impossible de te contacter... #

Même s'il s'était avéré qu'il avait fait ce long voyage pour rien, il ne regrettait pas d'avoir tout risquer pour le salut de sa sœur. Si Dieu était juste, il l'aurait accueillit en son sein et même si elle n'avait été qu'une fille de joie. Le messager pesait chaque mot avec calme et contenance. Qui aurait perçu qu'à son ton détaché, la nouvelle l'affectait autant ?


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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Ven 1 Mar - 19:59

Il était difficile de juger d’une réaction, lorsque le visage restait à couvert, l’intonation d’une voix pouvait aider, un mouvement d’épaules, un geste de main, tout pouvait avoir son importance, mais entre la cape et le reste, il ne laissait rien paraître ou presque, et devant l’homme, elle n’arrivait même pas à définir comment il venait d’accuser le coup de ses réflexions sarcastiques… à la seule différence qu’elle ne s’attendait pas aux réponses qu’il allait déballer ! Il fallait avouer tout de même que la brune retenait fortement sa colère, et que tout en déglutissant, elle attendait le bon moment pour lui mettre une gifle énorme, se défouler était une chose qu’elle devrait faire sans attendre.

Ses mains venaient faire tomber d’elles mêmes, la capuche qui offrait aux yeux noirs, les traits de la maturité, un visage si parfait et froid à la fois, un clignement de cils et elle cherchait encore plus loin cette inspiration qui ne parvenait pas, ce n’était pas sa main qu’elle retenait à le vouloir frapper, mais ses lèvres qui pensaient inconsciemment à rejoindre les siennes… Il était hors de question de se rabaisser à ce geste, elle devait retenir ses ardeurs, s’insurgeant à elle-même une retenue, il fallait se contenir et aller jusqu’au bout de cette histoire, après tout, elle ignorait tant de lui… tellement !

Les réponses aux questions ne tardèrent pas, prenant appui au mur, il levait tantôt son regard vers elle, ou encore, il semblait chercher dans la pénombre la manière sans doute, de lever le voile sur ce passé ! Ainsi donc, il l’avait trouvée ? Mais quand ? Il aurait pu depuis, décider de revenir, la ramenant enfin à ses parents, et lui reprendre sa carrière, ou du moins, chercher une solution pour en éviter une capitale exécution !. Seulement, il restait un instant évasif, alors qu’elle aurait tapé du pied pour en savoir d’avantage… Pourquoi la faire attendre autant ? Peut être trouvait il amusant de la rendre folle ?

Et encore cette foutue excuse, impossible de rentrer dans sa position !! S’il était rentré dès qu’il avait trouvé Fanny, cela n’aurait pas prit une telle ampleur ! Que pouvait il l’attendre d’autre à l’heure actuelle ? Elle ne pouvait tout de même pas lui mentir ! De toute manière, aujourd’hui il fallait surtout qu’il se fasse oublier, et puis… avant tout, elle devrait vérifier les informations des gardes qui l’accompagnaient, rien ne devrait transparaitre, et à cet instant, la louve planifiait déjà comment elle allait fouiller dans leurs affaires.


A mon avis, un cachot est déjà prévu, et même en passant le pont des soupirs, tu n’auras de l’autre côté, dans le tribunal, qu’un jugement déjà prononcé, où aucun homme ne saurait te défendre !

Mais alors qu’il n’écoutait qu’à peine ce qu’elle venait de lui rétorquer, il continua sa phrase, et ces derniers mots venaient planter un poignard en plein cœur de la femme, ils résonnaient comme un écho, la blessant à chaque fois un peu plus, et la faisant taire avec brio, prête à défaillir, en imaginant la douleur qu’il avait dû endurer en découvrant Fanny… La pauvre enfant… Et pauvre amour… Ezel était si proche de sa sœur, il l’aimait plus que tout, plus que lui-même aussi, elle avait eut l’occasion de le constater par ses propos, très souvent alors qu’ils étaient ensemble…

La confiance ça s’acquiert, et elle doit se mériter, tout comme Lou avait donné la sienne à son amant et ami, et s’était sentie trahie lorsqu’il l’avait laissée sans nouvelles, mais aujourd’hui, là… Maintenant… Elle venait de recevoir cette gifle qu’elle lui voulait donner, et elle aurait voulu être partout sauf ici, pour pouvoir crier, crier contre ce Dieu qui n’a pas de pitié, contre ceux qui le représentent, ou mieux encore, crier contre elle-même, de n’avoir pas su, et de n’avoir pas été à ses côtés !.

Pourquoi se sentirait il coupable ? Il avait tout donné pour elle, il avait été son père, son frère et son ami... Et Fanny… l’enfant tant aimée, avait dû souffrir de tant de souffrances, emportée dans la fleur de l’âge, se maudissant sans doute, de ne pas avoir fait le bon choix, et de ne pas avoir dit adieu à ceux qui sur terre, l’aimaient plus que tout au monde… Finalement, Lucrezia s’en voulait de ne pas avoir prit plus de nouvelles d’Ezel, elle aurait dû écrire aux parents et en demander, ou même se rendre au chevet du père, pour espérer quelques mots de réconfort, tout autant que de leur en donner !

Elle serait partie en courant, pour cacher sa honte, celle ne ne pas avoir partagé sa douleur, mais seuls sous ce porche, tapis dans l’ombre, elle resta figée et silencieuse, d’ailleurs, elle aurait séché sa larme qui allait perler, mais elle leva son visage vers le ciel, même si de leur place, elle ne le voyait pas, et sans un seul mot, sa main alla prendre la sienne, lui qui pourtant voulait lui faire croire qu’il s’était détaché de cette peine, elle serra de ses doigts les siens, et déglutit, cherchant la force de dire quelque chose… Mais quoi ? Il n’y avait rien à dire, et elle ne lui ferait plus aucun reproche, elle comprendrait très bien qu’il ne veuille plus lui parler, après tout, Lou avait été odieuse en l’agressant verbalement !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Sam 2 Mar - 12:00

Lucrezia n'avait rien perdu de sa superbe. Elle semblait la même qu'il y a combien d'années ? 4... 5 ans, peut-être plus encore ! Cette vie lui semblait si loin dorénavant... et il devait bien admettre qu'il lui avait été plus facile de faire le deuil de sa carrière que de celle de ses proches. Mais voilà, il avait une nouvelle identité à Paris. Il s'était peu à peu habitué à se déshumaniser, à oublier ses souvenirs, à oublier ses faits d'arme, les félicitations de sa brillante jeunesse. Acculé par le poids des soucis, il se sentait vieux alors que l'italienne paraissait ne pas avoir pris une ride. Elle était toujours la même : une femme qui suivait les puissants. Une femme qu'à l'époque, il n'aurait osé apostrophé... mais c'est elle qui était venue à lui. Pour quelle raison, elle avait choisi ce jeune garçon de 16 ans, fraîchement débarqué de la région de Palerme, il s'était jadis posé la question mais ne le lui avait jamais demandé. Il s'était laissé entraîné par une jeunesse insouciante mais aujourd'hui, Ezel n'était plus un homme à tromper. Le jeune homme avait mûrit et il serait bien idiot dorénavant, le prendre pour un pantin. Finalement le gouffre entre leur deux conditions n'avaient pas beaucoup évolué... elle semblait toujours riche et il gagnait juste ce qu'il lui fallait pour vivre. Le messager n'aurait dû être qu'une passade dans sa vie pourtant ils étaient restés en contact et s'étaient même revu, au nez et à la barbe des autres amants. Puis il y avait eu ces rumeurs, on disait dans son dos, que le jeune Ezel ne valait ses galons que par l'intervention de la duchesse Lucrezia di Giovanni. Ce vent de « on dit » ne tarda pas à lui arriver aux oreilles... vexé dans son ego et surtout blessé que Lucrezia n'ait pas eut confiance en ces capacités, il avait décidé de prouver qu'il avait travaillé durement pour être ce qu'il était. On avait besoin d'hommes sur la ligne autrichienne. Des combats éclataient sans cesse entre les duchés frontaliers et l'on commençait à manquer d'hommes. Ezel avait saisit cette opportunité pour quitter Venise, les avantages et le bon petit salaire qu'il y avait. Là, au moins, la duchesse ne pourrait pas intervenir en sa faveur. Sur l'oreiller de la belle, il avait laissé une lettre disant en tout et pour tout, qu'il rejoignait le front et qu'il penserait à elle.

Lucrezia avait toujours eu de l'importance dans son cœur, quoiqu'il prétende aujourd'hui. Même s'il était détaché de ses émotions, il n'avait jamais oublié qu'elle était la première femme à l'éveiller aux plaisirs charnels. Qu'elle avait toujours été là pour fêter ses victoires... Elle l'avait encouragé et ne l'avait jamais mal jugé. Aujourd'hui, il avait tellement changé ! Il le sentait dans ses chairs, il n'était plus le même homme. Lucrezia saurait-elle s'attacher à ce nouvel étranger ? Ezel ne pourrait jamais revenir... pas après ce qu'il avait vu. Il était mort le jour où il avait retrouvé sa sœur, le jour où il avait commencé à faire justice lui-même.


_ #Si je devais être repris, je ne leur laisserai pas le loisir de me juger comme un traître. Il faudra qu'ils me tuent... ce sera ma vie pour sauver la leur ! #

Hors de question d'être souillé de regards, d'être traîné dans la fange alors qu'il n'avait fait que protéger une âme en péril. Il ne supporterait pas la vigueur d'un procès perdu d'avance. Ses parents déjà affaiblis par la tristesse et le souci, n'auraient pas le cœur assez solide pour voir leur dernier enfant, traité en criminel. La mort serait une allié en ce temps de doute et elle serait plus douce que tous les jugements terriens. Il avait très sérieusement, honoré son serment de protéger le Doge pendant plusieurs années mais des années de services n'excusaient visiblement pas un abandon de poste.

Elle connaissait désormais la finalité de cette histoire. Fanny disparue. Ezel, disparu. Fanny retrouvée. Fanny morte. Ezel mort et la naissance de ce spectre de messager. Il aurait pu repousser sa main et si elle avait tout ignoré de lui, sans doute eut-ce ce qu'il eut fait. Mais ils se connaissaient de longue date et sa main vînt se resserrer sur la sienne. L'homme chercha le regard de l'italienne... il se devait d'être franc avec elle.


_ # Lou, je ne suis plus l'homme que tu as connu... et je doute être encore l'amant que tu aurais pu choisir il y a tant d'années. J'ai encore une mission à mener ici et si demain, je prends conscience que tu es une menace pour moi, il faudra que je te tue. #

En lui disant cela, il acceptait le fait qu'elle puisse décider de l'abattre pour sauver sa vie, dans le cas où, un jour, il la considérerait comme telle. Mais il l'avait averti : s'il devait être retrouvé par l'armée italienne, il n'hésiterait pas à faire couler le sang. Maintenant, elle le verrait partout où elle se rendrait... il sera une ombre invisible derrière elle comme si jamais on ne les avait séparé. Son regard serait sur elle.


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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Sam 2 Mar - 17:01

Il continuait à parler, et elle buvait ses paroles, écoutait elle réellement ? Elle cherchait les mots, et à présent, elle évitait son regard… Sa main n’avait pas repoussé la sienne, tout n’était peut être pas perdu ! D’ailleurs, elle avait gardé pendant des années, ce vélin, par lequel, il avait tiré sa révérence en partant au front… et dans lequel il avait dénoncé ces bruits de couloirs ! La louve n’avait fait qu’activer les choses, et fort heureusement pour lui, elle n’avait rien à voir avec ses capacités ou ses efforts ; ce qu’il avait gagné en estime et en galons, il les avait eut en avance, mais s’il ne les avaient eu à ce moment là, il les aurait gagné plus tard… Cela n’était qu’une question de temps, et la brune voulait juste précipiter ses galons, pas les lui offrir !

La disparition de Fanny avait dû détruire son cœur, mais avait elle aussi tué son âme ? Cette main qui se laissait posséder par Lou, dévoilait un sentiment qui même enfoui dans les méandres de son esprit, restait là… Certes, il n’était plus le même, et disait que la mort serait plus douce, qu’un seul semblant de condamnation, il savait très bien que pour l’armée, la désertion était le pire des actes, coupable sans condamnation, les gardes qui le reconnaitraient, avaient le droit d’appliquer la sentence, sans attendre d’ordre et se retrouvant avec en prime une médaille et une bourse bien pesante !

Dans sa tête déjà, elle farfouillait des plans pour éviter certaines choses…Elle prévoyait de renvoyer les deux vieilles rombières venues là pour la surveiller, avec une excuse de ramener des modèles à la française, des habits de belle confection, des perruques et tableaux de maîtres, tout en emportant avec elles, au moins l’un des deux gardes qui avait l’ordre de les protéger… Cependant, encore une autre idée… Ses deux servantes devaient les occuper dans un bain, pour qu’elle puisse fouiller leurs affaires et trouver si quelque portrait avait été donné sur les déserteurs ou autres personnes à retrouver !

Elle accusait un silence pesant, et lorsqu’elle avait décidé d’enfin prendre la parole, c’est lui qui libère sa voix, ajustant le tir et visant juste, oui… juste en plein cœur ! Comment pouvait il imaginer qu’elle serait une menace ? Il disait vrai… Il avait vraiment changé ! Il n’était plus le jeune premier, le jeune garçon, ou le jeune homme… Le caractère bien trempé avait dû en voir de toutes les couleurs pour en arriver là ! Il serait prêt à la tuer, et elle ? Serait elle prête à le perdre encore ? Le perdre… Après tout, elle ne l’avait même pas retrouvé, ce n’était plus lui, c’était quelqu’un d’autre dans le corps de son ami !

A ce stade, ce n’était plus de la franchise, mais un avertissement ! Sa main qui avait lentement relâché la sienne, retrouva la chaleur de sa cape, et après avoir fermé un court moment les paupières, elle les ouvrait en déglutissant, se redressant aussi et se mettant fièrement face à lui, après avoir discrètement essuyé cette foutue larme qui allait la trahir… L’éclairage insuffisant n’aidait pas à se dévoiler mieux l’un à l’autre, et cela lui convenait parfaitement, après tout, qu’aurait-elle à lui offrir aujourd’hui ? Elle était devenue une étrangère à ses yeux et il avait su le lui dire en terminant sa phrase.


Je vois à quel point le temps sait œuvrer… Tes mots ont un tranchant que tu sais utiliser avec brio !


Lucrezia lui tourne le dos, et avance vers la rue d’où ils sont venus… Personne ne semble s’être attardé dans cette ruelle, l’endroit est désert, un chat peut être qui vient de son ombre en mouvement, traverser celle-ci, en se frottant au lampadaire, ou même un chien… La brune baisse la tête et la secoue, avant de continuer sa phrase…

Puisque ma présence te fait si peur… viens donc planter ta lame, au moins, je pourrais mourir en me disant que c’est toi qui m’a transpercé le cœur !

Et plus bas, dans un murmure qu’il n’entendrait pas :

encore une fois !

Elle ne bougeait plus, elle était figée… Son regard se fermait lorsqu’il ne cherchait au loin dans le vide, ou plutôt, en elle-même, quelque chose qui lui dirait, qu’il était encore Ezel… Son ami, et sans doute, son seul ami !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Dim 3 Mar - 10:59

Sa main s'était subitement délesté de la sienne. Bien qu'il avait conscience en espérer beaucoup de sa vieille amie, il ne pu s'empêcher d'être déçu qu'elle abandonne si vite la partie. Il pensait qu'il valait au moins la peine qu'on se batte un peu pour celui qu'il avait été. Si Ezel n'était finalement pas mort, Lucrezia serait peut-être la seule à même de l'aider à retrouver cet homme dans les méandres de son âme torturée. Ce serait un travail de longue haleine et l'homme n'y croyait plus, mais l'italienne ne comptait pas quitter Paris tout de suite, non ? Et lui, c'est en France qu'il finirait ses jours... Leur route serait parallèle encore quelques temps.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été en présence d'un ou d'une amie et il ne savait plus comment faire. Il se laissait partager entre le jeune homme qu'il avait été et l'homme qu'il était, entre Ezel et le Messager, deux entités n'ayant pas la même vision du monde qui les entourait. L'un prêt à se sacrifier encore, l'autre à sacrifier des vies au nom de sa justice. Si le Messager n'avait plus été qu'un seul homme, il n'aurait pas hésité à tuer Lucrezia sans lui laisser plus de chance de plaider sa cause. Elle était un danger potentiel... Ce qu'il craignait, ce n'était pas qu'elle le dénonce, c'était qu'en se mêlant de ce qui ne la regardait plus, elle remette la lumière sur le soldat qui avait tout fait pour s'effacer. Il suffisait qu'elle se fasse surprendre en train de poser des questions pour que la garde -qui ne devait plus le chercher depuis quelques mois- trouve étrange que la belle manifeste soudainement son intérêt pour un homme porté disparu depuis 2 ans. La menace était là. Si Lucrezia voulait l'épauler, il faudrait qu'elle lui réapprenne à avoir confiance... sentiment qu'il avait oublié pour ne compter que sur lui-même.

La Duchesse aussi savait manier les mots avec brio. Il n'avait jamais remis son éloquence en question mais son discours était plus douloureux qu'une gifle. Elle souffrait mais elle le faisait souffrir également. Sans le dire, elle le trouvait monstrueux, cruel... mais n'était-ce pas de bonne guerre ? Ce qui s'était produit était monstrueux et laisser un frère dans la tourmente avait été cruel... Elle s'éloignait, lui tournant le dos. Ezel fit un pas en avant. Un pas véloce. De toute évidence, elle ne comprenait pas la complexité des sentiments qui l'étreignaient. Il était perdu et elle refusait de voir qu'elle comptait toujours pour lui.


_ Mais qu'est-ce que tu crois ? Que ça ne me ferait rien de te tuer ici ? Que toutes ces années ne veulent plus rien dire... J'ai mal Lucrezia... mal de devoir faire des choix qui détruiront toujours plus ce que je possédais. Mais on m'a prit ma petite sœur ! Et aujourd'hui, on voudrait me condamner pour avoir aimé ma famille ?

Il avança encore d'un pas, posant une main vive sur son épaule pour qu'elle se retourne. Bien que ces mots sonnaient froid, il était furieux.

_ Crois-tu vraiment que je te frapperais dans le dos ? Mais si tu penses courir un danger, peut-être est-ce toi qui devrait me tuer ? Tu as toujours ton poignard, je parie.
Il dégagea sa cape derrière ses épaules et posa deux doigts sur sa chemise usée, au niveau du cœur. Frappe ici, si tu veux que la mort soit instantanée... Il descendit ses doigts vers l'estomac. Et ici, si tu veux que l'agonie dure plusieurs minutes.

C'était très simple. Elle n'avait qu'à se saisir de son arme et la lame ferait le reste. Le Messager avait des milliers de fois imaginé la façon dont il mourrait et même s'il n'était pas dénué de peur face à la Faucheuse, il était psychologiquement préparé à une mort imminente.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Dim 3 Mar - 20:38

Elle espérait qu’il ne frappe pas, si c’était le cas, il y avait encore de l’espoir…En fermant les yeux elle imaginait leurs étreintes, leur amitié profonde, leurs jeux partagés, leurs mots intarissables de douceurs, et ces caresses sans bornes et incomparables… Comment un être si aimant, même si leurs partages n’avaient pas d’autres liens que celui-ci, pouvait avoir changé autant ? Même chez des amis, il y a toujours une part d’amour, quoi qu’en disent les êtres concernés, ce lien si fort scelle une partie d’eux même à cette autre moitié.

Sa respiration se faisait forte, son cœur battait la chamade, il aurait pu se comparer à deux destriers en course pour gagner le prix… La louve cherchait l’air pour remplir sa gorge, tout comme un soutient pour lui éviter de sombrer… Sombrer ? Oui… Après tout, cela aurait été bien agréable de périr sous sa lame, il n’aurait jamais su à quel point elle tenait à lui, elle qui avait pour habitude de taire ses sentiments, sans compter qu’il avait été le seul en qui elle avait porté sa confiance… Les autres étaient des relations d’affaires, des supérieurs à contenter, des soubrettes pour s’assouvir, des liaisons à entretenir, afin de les utiliser ! Mais Ezel… Non pas lui ! Lui c’était vraiment autre chose, il y avait cette profonde amitié qui était née un jour, ce fameux jour où elle l’avait jaugé assit sous un arbre à attendre son tour pour se porter volontaire dans cette école de Vérone, une école réputée d’où sortaient les plus grands généraux… Cette solitude qui était affichée sur son visage, lui rappelait la sienne lorsqu’elle était au couvent, enfermée pour laisser libre court aux pulsions de son père veuf, et ne pas le priver de liberté !

Ils avaient tous deux été à bonne école pour ce qui était de blesser, et souvent ils s’en amusaient, mais jamais ils n’avaient été si loin dans ce qui était de la provocation, de plus, cette fois, il s’agissait non seulement du tranchant des mots, mais aussi des lames dont ils savaient où l’autre pouvait la cacher... Et provocateur comme jamais il ne l’avait été, il se mit face à elle pour ce faire, joignant le geste à la parole, désignant son cœur dans ce poitrail habillé d’une vieille chemise abimée, ou encore son ventre pour plus d’agonie ! L’avait il fait exprès pour qu’elle succombe ? Les yeux de la brune se levèrent pour chercher les siens, comme si dans l’ombre, elle aurait encore du mal à les trouver, et pourtant, lorsqu’elle les vit, sans sourire aucun, elle s’y noya !


C’est Venise et l’Italie qui te condamnent… Pas moi !

Avait elle murmuré, cette phrase était sortie dans un souffle, elle espérait qu’il ne l’aurait entendue, un peu comme une pensée qui s’échappe sans le vouloir, une sorte de révélation qu’on garde au fond de son cœur, au fond d’une âme torturée, sans un cri, alors que l’on croit avoir perdu sa voix !

Mon griffon ?

Ses yeux se baissent en voyant sa main réclamant sa lame.

Mais au lieu de le frapper ou f’effleurer sa dague pour aller le planter, c’est sa main qui caresse sa chemise, la louve déglutit et ferme à nouveau ces paupières, pour éviter son regard, alors que ses doigts descendent à son ventre, elle sent la chaleur de son corps et de ses muscles fermes, dévoilant cet homme qu’il était devenu, et celui qu’il n’était plus… Comment lui dire qu’elle sait combien il a souffert ? Comment lui dire avec des mots, alors que c’était pour elle, la chose la plus impossible à faire, dire des sentiments, dire à haute voix qu’il comptait pour elle, alors que se taire était si facile… « Le silence est d’or » disait l’Archiduchesse, et « la dureté des mots te propulseront vers les sommets… Méfie toi des sentiments, il faut toujours les garder sous silence, alors soit une Dame, n’oublie pas ton rang et tais toi ! »

Elle inspire profondément, relevant ses yeux noirs vers celui qui lui faisait face, il semblait prêt à se battre comme si la femme représentait toute une armée et qu’elle s’en prenait à lui, face à un seul homme ! Croyait il vraiment qu’elle lui pourfendrait le cœur ? Elle retira sa main, de peur qu’il ne devine ses sentiments, et surtout pour éviter qu’elle ne vienne chercher ses lèvres des siennes, car à cet instant, elle ne rêvait plus que de cela… Un baiser… un seul… Sans doute pour se souvenir du passé ! Mais avec tout ce qu’il venait de dire, et ce qu’il avait enduré, elle ne pouvait lui en vouloir de la mépriser, elle avait été ainsi odieuse dans ses mots, qu’elle-même se serait giflée, elle, qui en arrivant ici, n’avait que colère contre lui !


Peut être devrais je partir… Tu n’auras plus de soucis à te faire, je peux disparaître de ta vie, tu semble déterminé à croire que je suis un danger pour toi…

La louve baisse les yeux, et esquisse un sourire avant de remettre sa capuche sur la tête ! Sa main va chercher son griffon d’or, et elle le laisse tomber au sol…

Ainsi tu garderas un souvenir de moi… prends en soin, il est l’unique exemplaire de son créateur, mort l’an dernier ! Je loge chez les Dubarry, il y a avec moi deux hommes de la garde personnelle du Doge, deux servantes et deux vieilles demoiselles en manque de sensations ! Je n’ai pas souvenance qu’en partant qui que ce soit ait mentionné ton nom, mais pour rémédier à cela, je vais renvoyer ceux-ci à Venise, avec les deux noblesses fatiguées qui m’accompagnent ! et dès que je le pourrais, après en avoir avertit le Roy et sa favorite, je les rejoindrais, afin de ne plus être une ombre dans ta vie présente… Je suis déjà un souvenir oublié !

Cette phrase, elle l’avait dite sans s’arrêter, et elle posait un pied en avant, se rapprochant de cette grande rue, où sans arme elle pourrait être agressée par n’importe qui ! Après tout, elle s’en fichait bien maintenant… S’il l’obligeait à faire son deuil, elle le ferait peut être, mais pas ce soir !
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mar 5 Mar - 15:42

Il n'y avait plus de jeux les unissant. Leur face à face était tout ce qu'il y avait de plus sérieux. Mais tous deux paraissaient se parler sans se comprendre et ne dire les choses qu'à demi-mots... Ezel avait acquis une réserve qu'il n'avait pas -ou peu- étant jeune. Se livrer n'était plus dans ses habitudes, même à sa vieille amie, sa confidente. Et fidèle à elle-même, l'italienne taisait ses sentiments... bien qu'elle ne parvînt à les dissimuler entièrement. Il était évident qu'il y avait encore quelque chose entre eux... Le Messager ne prétendait pas le contraire et il comprenait bien aux réactions de la belle que c'était la même chose pour elle. Ce n'était pas quelques mois qu'ils avaient passé à se fréquenter mais bel et bien 10 années ! S'il ne se voyait que ponctuellement durant tout ce temps, chacun ayant sa carrière à gérer, ces dix années ne pouvaient être ignorées. Dès lors, Lucrezia aurait-elle préférée qu'il lui mente en jouant celui qu'il n'était plus ? Ça l'aurait-elle soulagée de croire à un mensonge ? Mais Ezel pouvait avoir bien des défauts mais certainement pas le mensonge... il avait la franchise aisée, et pouvait même parfois blesser. La seule difficulté restait dans sa façon d'avouer qu'avant d'être effrayé de la découvrir sur ce pont, il avait été heureux de la retrouver. Les mots refusaient de glisser dans sa gorge... il ne pouvait même pas le lui murmurer au risque de se contredire dans les avertissements qu'il lui avait lancé.

L'un comme l'autre ne semblaient pas disposés à passer à l'acte. Si tuer un homme demandait un grand recul sur l'acte, tuer un ami demandait bien plus que cela pour ne pas sombrer dans la culpabilité et le regret. Le Messager était habitué à avoir du sang sur les mains... dans le camp adverse, il avait sans doute tué des braves types qui n'avaient fait qu'obéir aux ordres... Mais il ne souhaitait pas à Lucrezia de devoir vivre avec les poids de tous les visages qu'elle aurait pu condamner, et encore moins le sien. Une femme ne devrait pas avoir de sang sur les mains. Il n'avait agit ainsi que par pure provocation... pour répondre à la sienne. Jamais il ne l'aurait laissé se souiller de son sang... Il aurait mille fois préféré se tuer lui-même que de la laisser connaître cette sensation lorsque le métal creuse la chair pour en retirer toute vie.


_ Je ne suis pas déterminé à le croire... c'est un fait ! Une action mal menée peut suffire à attirer sur moi la garde vénitienne. Tu es la seule ici à en savoir autant sur moi... la seule à me savoir vivant.


Sa déclaration aurait-elle suffit à la convaincre de le tuer ? La belle saisit son arme cachée dans sa botte. Ezel retînt un battement. Le poignard de belle facture n'avait jamais quitté la belle italienne et aujourd'hui, elle le laissait choir au sol comme si ce n'était qu'un morceau de métal mal fondu. Il la laissa s'éloigner quelques secondes... puis ramassa l'arme. En quelques pas, il avait rattrapé Lucrezia, la stoppant sans mal en la saisissant doucement par le poignet. D'un geste fraternel, il avait rouvert sa main pour y redéposer la lame.

_ Tu te trompes Lucrezia. Je n'ai rien oublié... Jamais. Je n'ai pas besoin de cette arme pour me souvenir de toi. Tu es gravée ici. Il pointa à nouveau son cœur. Même en morceaux, ce dernier n'effaçait pas les étapes traversées ensemble dans leur vie respective. Gardes-le.

Il ne pouvait la convaincre de rester à Paris et il fût difficile d'imaginer qu'à peine retrouvé, il allait reperdre son amie... et cette fois peut-être pour toujours. Mais il respectait ce choix, même si à Paris, à Venise, ou encore à l'autre bout du monde, elle restait la même menace. Ce n'est pas la distance qui détruirait le danger, c'était simplement le fait qu'elle le sache vivant. D'ailleurs, le danger était présent à Paris... des détrousseurs, des criminels, des désespérés erraient dans les rues... Il ne pouvait la laisser repartir totalement désarmée et à pieds de surcroît.

_ Je te ramènes...

S'il ne pouvait la redéposer devant chez les Dubarry sans attirer un flot de questions, il pourrait au moins la laisser au coin de la rue. Le jeu pouvait être risqué et c'est bien là qu'il voulait en venir en disant qu'elle pouvait être une menace -indirecte- pour lui. Car son affection le pousserait à se mettre face au danger pour la savoir en sécurité. Et il était hors de question de la laisser repartir seule, à cette heure plus que tardive, et dans des rues faites de coupe-gorges. Il remit soigneusement sa capuche sur sa tête et monta en selle, tendant une main agile à la Duchesse.


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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Mar 5 Mar - 20:45

Le temps… Si seulement le temps ne les avaient pas tant éloignés !Si seulement la vie n’avait pas durcit leurs cœurs ! Il y a tant de choses à dire, et à faire… Comment pourraient ils laisser passer cette chance de se retrouver ? Elle sentait tout à coup, à quel point il était important pour elle, et elle pour lui… Alors qu’elle avait avancé, lâchant prise sur sa lame, il l’avait ramassée, et lentement, en rattrapant la brune, ce fut d’une douceur extrême qu’il saisit son poignet pour lui rendre son arme. Soudain, il lui semblait que l’espoir venait habiller en eux, cette insécurité, un souffle, un air flottant doucement et tentant de les rapprocher, un air gorgé d’amitié.

Ainsi donc, il ne se sentirait pas capable de la tuer… Si lui, l’ancien militaire n’avait pas la force de le faire, comment aurait elle pu elle ? Non que de retirer la vie à quelqu’un lui aurait dérangé, d’ailleurs elle l’avait déjà fait indirectement, mais pas lui… Cet espoir venait relever son cœur, et d’un battement de cil, elle voulait retenir ses larmes, comme elle avait toujours su le faire, mais allez donc savoir ! Une émotion trop forte, une inspiration difficile, une peur dissipée et pesante… Tout n’est jamais prévu à l’avance, même les réactions que chacun croit prémédités, dures, disciplinées et imposées ; ici, la grande Dame, la Duchesse, n’est qu’une femme… La louve a baissé sa garde, et même si sa tête est droite, levée comme la justice persuadée de son jugement, elle déglutit et écoute la voix de son bourreau, celui qui incapable de lui pourfendre le cœur, l’avait déjà saigné à plusieurs reprises… involontairement, peut être… Mais, saigné tout de même.


Il y a bien des choses que je sais, et que personne ne saura jamais.

La douceur de son geste trahissait l’ami, sans percer à jour l’homme, le griffon reprenait sa place initiale, sans que la main d’Ezel ne cesse de tenir on poignet, et les mots qu’il lui offrait juste après, venaient réchauffer bien des sentiments qu’elle avait cru oubliés… Tout n’était pas perdu, mais rien n’était gagné, même si sa main venait désigner une fois de plus le seul endroit qu’il n’avait jamais quitté chez elle, le seul endroit où un seul être lui avait manqué, il n’était pas question de père, ni de marraine, mais personne n’avait remplacé celui-ci, et il n’avait prit la place de personne… Si « Unique » avait été un nom, il aurait été le sien.

Encore une fois, les doigts de Lou se reposaient sur son torse, mais elle ne retira pas la main, gardant ce battement épouser sa paume, et pénétrer en elle comme pour accompagner les siens… Un duo, un chœur mélodieux, une musique rebelle qui éloigne et qui uni à la fois, ensemble pour une même voix, pour un seul combat… La survie de deux âmes au destin poignardé, saignant et torturé.

La lame n’avait pas touché sa peau,mais déjà ces trois mots venaient terminer cette entrevue, peut être attendait elle qu’il la prenne dans ses bras, ou encore qu’il serre sa main pour ne plus la lâcher et l’entrainer dans son monde, lui demander de reprendre là où ils s’étaient arrêtés… Etait ce mieux ainsi ? Le voudrait elle seulement ? Et cet air qui ne voulait pas entrer dans ses poumons, compressait sa poitrine alors qu’elle n’avait pas de corset. Tout en pensant à tout cela, écoutant son souffle, il y avait ce palpitant qui habillait sa main dans un rythme qui lui rappelait bien des moments partagés… S’il se souvient de tout, et si elle est encore là à cet endroit, pourquoi ne pas… ?


Maintenant ?

Il avait reculé, et déjà en selle, sa main venait prendre la sienne, son regard se baissait, pendant qu’elle remontait derrière lui, mais cette fois ci, alors qu’elle prenait sa taille entre ses bras, elle le serra en douceur, posant sa tête contre son épaule, câline et douce comme elle l’avait été, fermant parfois les yeux pour mieux sentir son corps, un peu comme un aveugle le ferait en découvrant l’autre, et toujours sous l’emprise de ce silence, alors qu’il allait pousser sa monture à avancer, elle glissa dans l’ouverture de sa chemise, pour sentir la chaleur de sa peau… Cette chaleur qu’elle rêvait se mêler à la sienne !.
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Ven 8 Mar - 19:52

La simple revente de l'arme aurait mis tout une famille à l'abri du besoin. Mais entre eux, il n'avait jamais été question d'argent, il n'avait jamais été question de pouvoir... chacun respectait la liberté de l'autre sans chercher à l'emprisonner. Ce n'est pas la richesse qu'Ezel espérait. Etant donné ses capacités, si c'est cela qu'il avait voulu, moyennant quelques risques, il aurait pu gagner plus que le salaire d'un simple messager de Paris. Et si son cœur ne connaissait pas les scrupules, il aurait pu profiter de la situation.

Il posa les yeux sur elle, maintenant habitué à sa présence. Parlait-elle uniquement de leur relation ou faisait-elle également allusion à des secrets qu'elle avait pu apprendre auprès de la noblesse italienne et étrangère ? Si beaucoup de choses avaient changé, d'autres points les rapprochaient... Si le secret était une arme, Ezel en avait fait son métier. La Duchesse et lui cultivant dorénavant cette art de la dissimulation. Ils en savaient tous les deux sûrement beaucoup sur ce qui ce qui se tramait dans Paris. Prends garde à la réalité car dès que tu la touches, elle te trompe... Ne rêve pas la vie car quand tu rouvres les yeux, elle te déçoit. Savoir apprivoiser le réel, voilà ce qu'était le mystère... tromper les sens, induire le monde dans l'erreur... si vous saviez faire cela, vous aviez tous pouvoirs, y compris celui de vous blesser et de vous perdre. Dans cet entre-deux monde, l'âme du messager planait à la recherche d'un exutoire, d'une pierre solide pour venir s'y poser mais sa solide armure le tirait doucement vers le bas et la moindre prise s'effritait sous ses doigts. Trop lourd le poids des regrets, trop vif le poids des pêchers... et puis Lou était arrivée, lui rappelant qu'avant tout ça, il avait eu une vie, une famille et même des amis. Qu'il avait été un homme bon pour qui les autres avaient plus d'importance que sa propre vie.

Sa main posée sur lui lui donnait chaud. Jadis, ils avaient connus le plaisir... aujourd'hui, ils s'étaient querellés, avait presque cherché à s'oublier... Mais comme on dit, le cœur a ses raisons que la Raison ignore. Et avec empressement, il avait mis sa résolution de se protéger à plus tard, se disant probablement qu'il serait toujours temps d'y revenir. Néanmoins, il avait estimé qu'il ne fallait pas jouer aussi durement avec le feu même si la brûlure lui était douce.


_ Si nous tardons, ce n'est pas deux hommes que nous croiserons mais tout un régiment.

Sans équivoque, il avait exagéré mais à juste cause. Il ne fallait pas tendre le bâton pour se faire battre et provoquer les ennuis. Plus la Duchesse serait loin de chez elle et plus ils risquaient de voir des hommes envoyés dans la rue pour la retrouver. Il était temps de mettre un terme à cette entrevue... maintenant qu'ils se savaient à Paris, les opportunités pour une rencontre « sécurisée » seraient à penser de A jusqu'à Z. On aime peu les surprises lorsqu'on est un déserteur.

Finalement, il avait fait le retour d'un trot relativement lent, tournant parfois la tête pour essayer de respirer ce parfum qui avait trahi la belle italienne, une main posé sur celles étreignant sa taille. Puis le quartier s'était dessiné, et enfin l'angle de la rue. Il l'avait alors laissé descendre de cheval, estimant être suffisamment proche de la grande bâtisse
.

_ Prends soin de toi, Lou... je ne serai pas loin.

Il avait finalement claqué ses talons sur les flancs de l'animal, sentant qu'il serait de plus en plus difficile de la quitter à mesure que le temps passerait. Le cheval s'était éloigné à grandes foulées laissant à la Duchesse le loisir de retrouver son confort, la tête emplie de nostalgie et peut-être de nouveaux espoirs.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]   Sam 9 Mar - 12:50

Collée contre son cavalier, les mains serrant la taille de celui qui représentait un passé fiévreux, elle se laissait emporter dans ses souvenirs aux traces indélébiles… S’il est vrai qu’elle avait en premier rencontré un jeune garçon, avec qui elle avait partagé une amitié saine, elle n’en avait pas moins apprécié l’adolescent emprunt de découvertes, puis le jeune homme ambitieux qui n’avait dans le cœur, que de soutenir au mieux sa famille… Un pouvoir, une fierté, et un sens de la responsabilité qui défiaient les plus endurants… Jusqu’à découvrir un jour, un sous officier courageux, défiant les ténèbres d’une bataille, aux premières lignes d’une guerre terrifiant les plus audacieux. Et aujourd’hui, devant un homme méfiant, mais dévoilant peu à peu que sous ce masque de fer, celui qui cachait encore des bribes de douceurs d’hantant, un homme mystérieux, prêt à braver les tempêtes, qui a non seulement traversé les ténèbres, mais l’enfer tout entier pour en ressentir sur lui, ces traces qui viennent donner froid dans le dos à cette louve !

Peut être que l’histoire pourrait se répéter… Il était une fois ? Allez donc savoir ! Pour l’heure, la Duchesse avait bel et bien baissé la garde, elle en avait jeté sa dague, prête à se donner pour ne pas le perdre, car c’était bien là ce qu’elle avait fait, sans s’en rendre compte ! Jamais elle ne voudrait le tuer, jamais elle ne voudrait le perdre, encore… En le retrouvant ce soir, elle s’était rendue compte à quel point l’eau avait coulé sous les ponts, et combien il lui avait manqué ! Depuis lui, elle avait non seulement perdu un compagnon de jeu, une sorte de frère qu’elle n’avait jamais eu, puis ce confident et ami, pour découvrir un amant délicieux… Amoureuse ? On aime d’amour, alors pourquoi pas d’amitié ? Lou était plus âgée que son tit ange, d’ailleurs ange ou démon, elle le nommait de ces deux surnoms dans l’intimité de leurs ébats, angeletto, ou diavoletto… Elle n’avait attribué ceux-ci qu’à lui, et jamais personne n’avait prit sa place après son départ. Après avoir tenté vainement de calmer les esprits de ses supérieurs, elle s’était résignée à l’avoir perdu, il n’avait laissé aucune trace, et ne lui avait donné aucune nouvelle, au final, elle l’avait cru mort, sans avoir jamais pu en faire son deuil !.

La main de son ange, venait caresser la sienne, un soupir de soulagement et une larme s’accrochaient à son sourire, il ne pouvait pas la voir, mais elle était heureuse en cet instant, comme si l’espoir reprenait sa place en son cœur, comme s’il voulait effacer les blessures du passé, alors que tout naturellement elle se laissait mener, en partageant le secret de sa présence, dans ce tout Paris qui soudain lui fait si peur… Peur qu’il soit découvert, peur d’en être responsable d’un nouveau danger pour lui… Avait il raison ? Raison de penser qu’elle était un potentiel danger.

Lucrezia ne s’était pas rendue compte qu’ils étaient arrivés, les ruelles étaient vides, juste quelques passants amitoufflés dans leurs capes, et des animaux traversant les rues en quête d’un endroit chaud… Cette chaleur partagée durant ce court moment, elle avait peur de ne plus la retrouver, tout comme cette sensation unique, lorsqu’elle avait glissé ses doigts entre les bords de sa chemise, pour aller caresser ce torse musclé qui venait de lui donner plein d’idées, plein d’envies...

L’angle de la bâtisse, devant laquelle il la déposa, était à bonne distance des grilles de l’hôtel particulier des Dubarry, et alors qu’elle avait posé pieds à terre, Ezel ne lui laissait pas le temps de répondre, il la quittait sans un baiser, sans lui donner de rendez vous, ou encore d’adresse, il ne lui restait que cette phrase de lui qui lui disait qu’il ne serait pas loin, et rien d’autre… Rien qu’une silhouette, un parfum et un regard… Son destrier ne s’était pas fait prié, si bien, qu’il rebroussa chemin plus vite qu’il ne l’avait menée ici, et si vite, qu’elle resta interdite devant son ombre qui disparaissait à l’horizon.


Prendi cura di te, amore.

soufflait elle, un murmure qu’elle seule pouvait entendre, et alors que la rue lui donnait les échos de ses pas, elle poussa la grille en métal, et entra enfin pour découvrir les deux petites vieilles, qui l’attendaient en se rongeant les sens… Mais cela est une autre histoire, et elle vous sera contée, mais… pas ici !^^
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[TERMINE] L'eau qui coule sous les ponts [PV Lucrezia]

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