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 Des lilas ou de Lyra ? (pv Delilah)

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MessageSujet: Des lilas ou de Lyra ? (pv Delilah)   Jeu 3 Jan - 20:56

La narratrice « Ma jeune sœur venait tout juste d’arriver dans ce bouge infâme. Je lui avais pourtant dit avant de mourir qu’elle valait mieux que ça mais têtue comme elle était, elle n’en avait fait qu’à sa tête. Oui, je suis effectivement morte, tuée par un pervers qui tentait de l’agresser, j’ai pris l’habitude dans l’endroit où j’ai atterri de l’observer même si je ne peux rien faire d’autre que de conter ce que je vois. Je dois admettre qu’il m’arrive parfois de la laisser seule avec ses pensées pour éviter de me montrer inconvenante ou d’assister à ses ébats, il s’agit de ma sœur après tout. Je parvenais difficilement à comprendre son choix même si je sentais qu’au fond cela devait être une sorte de pénitence de sa part pour avoir été responsable selon elle de mon décès. Pourtant, elle ne paraissait pas très affectée par sa situation comme si ça lui plaisait presque. J’avoue que j’avais réellement du mal à pouvoir me faire à cette idée. Toujours était-il que présentement, elle se promenait dans le jardin attenant au manoir observant les couleurs et les formes des différents arbres qui se trouvaient ici. L’endroit recelait d’une multitude étonnante d’ailleurs. Nous avions vécus tant de choses toutes les deux et maintenant je devais la regarder se débrouiller seule dans ce boui-boui. Le vent dans le feuillage me rappelait notre enfance quand nous pouvions encore nous permettre le luxe de l’insouciance. La vie est d’une facétieuse cruauté parfois. Néanmoins, je suis heureuse que ma sœur soit toujours heureuse car on n’a toujours le choix tant qu’on peut influer sur son propre destin. C’est une chose que j’ai perdu en mourant, la mort c’est un état permanent, immobile, fixe. Pas de repos éternel de l’âme du moins là où je suis, peut-être parce que je ne voulais pas partir totalement et perdre de vue ma moitié. Bien que je ne puisse être malheureusement que la narratrice pour vous, c’est ma façon à moi de me rendre utile. Installez-vous donc et laissez-vous porter pour découvrir en même temps que moi le destin que ni moi ni ma personne, ni personne d’ailleurs ne connait.

Ma sœur jumelle venait de s’aventurer près d’un massif de rose lorsqu’une silhouette plus que connue par elle se trouva rapidement dans son champs de vision à une distance permettant le dialogue. J’avais cru comprendre que son nom était Delilah, elle faisait partie des délicieuses. Lyra fronçait imperceptiblement les sourcils lorsqu’elle la croisait, je pense qu’elle serait plus utile que moi pour vous la décrire. »


La beauté de la « douce et délicieuse » Delilah se remarquait dès le premier abord. Cependant ses airs piquants et son répondant avait tôt fait de donner l’envie à la rousse de lui rabattre manu militari le caquet. C’était ainsi que leurs premiers échanges, pour le moins succin, s’étaient déroulés. C’était la naissance d’une tension quasiment instantanée. Il y a ces gens que dès les premiers instants, on sent comme nos rivaux ou comme nos ennemis. Ils nous semblent antipathiques, bien souvent parce qu’inconsciemment, il s’y trouve un reflet de nous-mêmes qui ne nous plait pas. Delilah faisait partie de ces jeunes filles qui en plus étaient cajolées car elle rapportait le plus et cela avait le don d’attirer une forme de jalousie. La franco-italienne, n’aurait peut-être pas défini cela comme ça, pour elle ça ressemblait plus à de l’admiration mal digérée car malgré tout alors qu’elle tournait la tête pour la voir arriver dans son sillage, la demoiselle ne pouvait pas nier l’intérêt qu’elle aurait pu lui porter si elle l’avait trouvé un peu moins désagréable.

- Ho Delilah, te voilà, que me vaut le « plaisir » de ta visite ? Je dois avouer que je ne m’attendais pas à une vision si « enchanteresse » de si bon matin.

« Même le plus crétin des idiots auraient compris que ma jeune sœur sortait son ton le plus acerbe et le plus ironique qu’elle avait en réserve. Sous son antipathie transparaissait son ton presque amusé de pouvoir se montrer désagréable. Ma jumelle avait toujours été adorable avec moi mais on ne pouvait pas tout à fait en dire autant des autres. Mon aînée savait ménager ses effets quand cela l’intéressait mais était tout autant capable de l’inverse lorsque l’ennui lui conférait le besoin irrépressible de pouvoir se trouver un adversaire à sa mesure. Delilah avait dû lui sembler presque digne de ses railleries, autrement elle se serait contentée de l’ignorer. Force m’était de constater que visiblement elle ne désirait pas montrer ses bons côtés ce soir. Certes, je dis cela car je ne trouve pas que ce soit des qualités pour cette tête de mule mais je parie qu’à l’écouter, à défaut de s’en faire une qualité, elle trouvait que c’est divertissant. Plus je parle et plus je me rend compte qu’il est possible qu’elle soit un, complètement, folle. Voilà que la divine délicieuse semble répondre des mots que je ne perçois pas mais dont je n’ai pas de mal à deviner qu’ils ne sont pas des déclarations enflammées d’affection. Ma sœur ne se démontait visiblement pas pour pouvoir jouer au jeu de je-suis-plus-insupportable-que-toi. Une véritable gamine même maintenant. »

- Tu devrais faire attention de ne pas te couper avec une de ces roses, ce serait mauvais pour ton statut tu sais.

« Ha ce ton qui veut dire qu’on signifie exactement le contraire de ce qu’on vient de dire. Inimitable et reconnaissable aisément par la plupart des personnes dotés d’un cerveau en état de fonctionnement. A partir d’ici je vous laisse assister de vos yeux à la scène qui se passe sans aucun doute de mes mots. Admirons le combat qui s’initie lentement mais sûrement, installez-vous avec moi, ce n’est que le commencement. »

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Delilah G. Andov
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MessageSujet: Re: Des lilas ou de Lyra ? (pv Delilah)   Ven 4 Jan - 0:40

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Pourquoi ? Il est de ces questions que l'ont se pose, un peu à n'importe quel moment et pour lesquelles on se frustre de ne trouver aucune réponse. De ces questions qui nous tracassent au plus haut point ou qui nous font nous sentir mal à l'aise. Et puis, il y a également celles qui nous font du mal. Oui qui soulèves d'innombrables questions encore, pour lesquelles il est plus ardue de trouver une solution. Parce qu’ont a vécut et qu’on a souffert. Que nos yeux ont vus le mal, que notre cœur a saigné. Ou tout simplement parce que tout ne s’est pas passé comme ont l’aurait souhaité. Que notre cœur ne comprend plus, que notre esprit non plus. Qu’ont est perdu, qu’on sombre. Qu’on ne sait plus raisonner comme autrefois. Que quelqu’un chose s’est passé, a tout envoyé valser…

Le petit jour se levait à peine mais une certaine demoiselle, dans sa chambre au manoir, était déjà réveillée depuis bien longtemps, torturant sa cervelle - et son cœur - par des questions. Plus importantes que toute autre, une question revenait inlassablement : pourquoi Eric avait il fait cela avec elle ? Cela remontait à des années, bien sûr, mais le traumatisme revenait quelque fois, dans le noir de la chambre à coucher et plus encore depuis un accident récent avec un patient disons… colérique. Seule avec ses souvenirs, avec son mal, son cœur en miette, « l’insaisissable » Delilah se laissait alors aller aux larmes, ce qu’elle ne faisait jamais devant les clients. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu’oublier soit impossible ? Elle revoyait encore ce visage, ce rictus… Et elle ne voulait pas, non. Si seulement tout cela pouvait quitter son esprit pour n’y plus jamais revenir ! Mais non ! Il fallait qu’inlassablement ces images reviennent à son pauvre esprit torturé. Pourquoi ne pouvait-elle pas être en paix, pour une fois, pour un jour dans sa putain de vie ?

Pourtant, la réponse n'était guère difficile à trouver. Elle avait un nom, bien connu de la jeune femme : la cruauté. Le désir de possession. La folie, aussi. Mais rien qui ne puisse consoler la pauvre adolescente brisée que la prostituée était resté au fond d’elle. Oui, elle avait put avancer dans sa vie et même vendre son corps de son propre chef, parce qu’ont lui avait montré ensuite comment aimer le pêcher de chair. Mais le travail exercé par la brunette ne voulait absolument pas dire que le souvenir de son frère, de ses multiples viols, avait quitté son esprit, non. Elle avait avancé en façade mais à l’intérieur, au plus profond d’elle-même, la pauvrette était restée la même victime impuissante qu’autrefois. Très au fond. Mais de tout cela, il n’y en avait pas traces à l’extérieur. Même elle n’y songeait pas ailleurs que dans sa solitude.

La délicieuse se lève, et se change, enfilant une coquette robe vert bouteille, brodée de fils d’or. Une véritable petite fortune, certes, mais son rang l’exige. S'installant devant la coiffeuse pour mettre de l'ordre à sa chevelure, la demoiselle s’observe et écrase ses larmes, en effaçant toutes traces humides pour que sa peine passée ne puisse être décelée. Replacer une mèche. Tapoter son visage avec un peu de tissus humide pour bien se réveiller. Puis appliquer une légère touche de maquillage pour se rendre encore plus pâle que pâle, comme l'exigeait la mode actuelle. Rougir ses lèvres, tracer un trait de Khôl… Et la demoiselle sortie ainsi apprêtée, faire quelques pas dans le couloir. Déambuler, sourire aux clients et sortir dans le jardin. Il est tôt encore et la belle ne travaille pas avant une bonne heure. Autant profiter du jardin, en ce cas. Si seulement…

Il avait fallut que Lyra soit là aussi. Et bien sûr elle ne manqua pas d’épingler l’ancienne noble qui l’observât un court instant sans dire un mot. Ce n’était tellement pas le jour pour venir lui chercher des noises. Mais tant pis. Elle ne se laisserait pas faire aussi facilement.

«- Je ne crois pas être dans tes appartements et le jardin ne t’es pas réservé. Ainsi donc ce n’est pas toi que je visite mais bien la roseraie. Tu ne sera jamais une bonne ribaude et encore moins une délicieuse avec autant de mordant, Lyra… »

Les délicieuses. Le titre le plus honorifique du manoir. Comment en être une ? Il faut être comme Delilah, voyez ? Avoir de l’amour pour la satisfaction du client, aimer le pêcher de chair, être docile, ne jamais rechigner à la tâche, comprendre le client, savoir lui parler… C’est plus difficile qu’il n’y paraît. Il faut cerner la personne et s’adapter, devenir LA personne dont il rêve. Il faut être malléable, aussi. Si l’ont vous le demande, à vrai dire, Delilah est l’une des meilleures représentations du terme, pour ne pas dire la meilleure. Mais les délicieuses le sont toutes, à vraie dire. Et chacune, ou presque, a sa particularité. Ce quelque chose de différent. Prenez Violine et son excentricité, par exemple ou la belle Elisabeth. Ou encore Delilah et son côté « Je suis avec toi là, mais je suis insaisissable. » Certains ont essayés de s’attirer ses faveurs autrement que dans le cadre professionnels. Si certains sont devenus amis ou amants réguliers par plaisir, personne n’a sût faire battre son cœur. Personne. C’est en cela, qu’elle est insaisissable.

«- Tu serai surprise de savoir qu’elles folies peuvent exciter les hommes en ces lieux… A croire que tu n’es qu’une apprentie ignorante, dépourvu d’expérience, de vice…»

Delilah pose les châtaignes de ses yeux sur les courbes de la ribaude et son visage se scinde d’un sourire. En souvenir d’une nuit d’amour, que la rouquine semble avoir oublié. Ou pas. A vrai dire, Lyra est toujours ainsi avec Delilah. Ces filles bataillent presque autant qu’elles s’embrassent. Allez comprendre.

«- Mais je t’ai connu bien plus… acerbe ? Que se passe t il donc ? Le molosse se laisserait-il aller à devenir aussi doux que les chocolats au lait d’Agnès ?»

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MessageSujet: Re: Des lilas ou de Lyra ? (pv Delilah)   Ven 4 Jan - 16:04

Lyra tournait la tête vers la jeune fille avec un air au final assez peu intéressée. On aurait pu croire qu’elle n’avait pas mieux à faire et qu’elle aurait été obsédée à l’idée de se trouver un passe-temps mais finalement Delilah n’avait pas réellement de réponses qui soient plus originales que les autres. La rousse pensait qu’elle aurait pu faire preuve d’un peu plus d’imagination car l’attaquer sur sa condition n’était pas quelque chose de particulièrement fin ni même magnifique. La ribaude avait changé d’objectifs en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire comme la versatile demoiselle qu’elle pouvait être parfois.

Et quoi, cela aurait dû l’énerver de voir que la délicieuse tentait de la rabaisser avec son statut dans le manoir ? S’il y avait bien une chose que la demoiselle savait c’était qu’il en fallait nettement plus pour parvenir à la vexer. Elle se contenta d’une réponse où ne perçait pas tellement l’énervement. Quasiment rien ne pouvait en réalité heurter sa sensibilité parce que les mots dont on l’avait affublé lui avaient toujours paru vides de sens. D’une manière assez ironique lorsqu’elle n’était pas une péripatéticienne, beaucoup de jeunes hommes et femmes l’avaient affublés du sobriquet très flatteur de pute ou autre petit mot doux. L’habitude d’être tantôt regardée de haut et méprisée ou encore admirée pour se faire mieux cracher dessus sans doute. Les mots glissaient sur elle sans trop de prises pour la simple et bonne raison que peu de gens connaissaient les véritables faiblesses qui pourraient la blesser. Cela avait pris du temps pour se forger une carapace infranchissable que ce soit positivement ou négativement. Parfois, la rousse au fort tempérament avait l’impression qu’il ne reste rien dans la coquille de chair qu’elle était, rien de plus qu’un peu de pourriture ou de la cendre. Le vide commençait à faire sa place dans son cœur de manière si prégnante que la sauvageonne craignait de ne plus rien ressentir d’autre. Ce froid avait pris sa pleine mesure depuis la disparition de sa sœur dont le caractère adoucissait naturellement le sien.

- Je m’amusais à te saluer mais tu montes sur tes grands chevaux ma belle. Tu n’arrives même pas à décerner quand on te provoque volontairement juste pour voir si tu es aussi belle qu’intelligente comme on le prétend. Je serais presque déçue.

Elle s’accouda contre la balustrade se détournant de ce qui avait causé son attention. Elle reprit, presque tendrement comme on fait la leçon à un enfant qui vient de commettre un impair.

- M’attaquer sur mon statut, Delilah en rappelant le tien, je ne pensais pas que tu te définissais par ta condition. Enfin, si c’est ce qu’il faut pour te rassurer. Elle haussa les épaules avec un air désabusé. Je crois qu’on ne peut rien pour toi.

La prostituée d’un rang supérieur ne pouvait pas faire douter la belle de ses qualités car son entrainement et sa confiance en elle avait permis de savoir quels étaient ses défauts et ses qualités et ce sans la moindre hésitation. Elle pensait qu’il fallait connaitre ses atouts autant que ce qui nous désavantageaient pour pouvoir s’en faire une arme efficace. Manifestement, la perle du manoir ne connaissait pas sa propre vanité pour se permettre cet orgueil pour le moins déplacé.

- Tu m’as connu plus acerbe ? Que de vanité aujourd’hui Delilah dans tes propos, enfin ça doit plaire à certains hommes comme mon caractère.

Un sourire en coin se peignit sur les lèvres encore vierges de couleur ce matin car elle avait préféré attendre avant de se peinturlurer le visage comme tous les jours. Les clients ne seraient pas là avant longtemps. Ses doigts chatouillèrent les pétales d’une rose qui passait à proximité avec une lenteur calculée. Ce dernier lui sembla doux au toucher. Depuis son arrivée, elle avait fait de la roseraie, un lieu pour se reposer et penser parfois à sa sœur disparue. Son chagrin pour la jeune Zia l’accablait encore. Sans réellement le vouloir, la prostituée observait parfois son bracelet en améthyste sur lequel son regard venait par réflexe de se poser d’ailleurs. La nuit, c’était une des raisons pour lesquelles parfois on la voyait errer si tôt dans les roses, d’horribles cauchemars lui montraient une fois de plus la scène sans omettre les moindres détails. Alors, elle s’éveillait haletante, hagarde le cœur secoué de milliers de battements et elle tournait la tête vers la nuit étoilée en espérant qu’elle lui conférerait la solution pour enfin être apaisée.

- Enfin, j’imagine que tu n’as pas dû passer une nuit des plus plaisantes pour être levée de si bonne heure, à moins que tu te sois amusée ce qui ne serait pas très sérieux de ta part.

La phrase avait une forme de double tranchant qui pouvait déstabiliser. D’un côté, la première partie aurait presque pu donner l’impression qu’elle se sentait réellement concernée par l’idée que la belle n’ait pas dormi à son aise. Ceci ajouté à une petite dose de curiosité et peut être le sentiment rassurant de ne pas être la seule à ne pas avoir le sommeil du juste. D’un autre côté, la seconde phrase pouvait s’interpréter d’une manière toute autre comme une sorte de pique sous-entendant qu’elle ne prenait pas soin d’elle et n’était donc pas sérieuse dans son travail. Ce genre d’expressions semi-gentilles pouvait passer pour la marque de fabrique de la gourgandine qui ne savait pas demander directement et spontanément une réponse. D’ailleurs sa manière de s’intéresser à la nuit de la délicieuse pouvait paraitre complètement décalée vu l’accueil qu’elle lui avait réservé tantôt. Contradictoire, paradoxale comme la personne en question. Une part d’elle se demandait ce qui pouvait bien troubler une petite princesse considérée comme parfaite dans son sommeil. Remarque faite, nous avions tous nos zones d’ombre plus ou moins marquées que l’on cachait avec plus ou moins de brio. Les yeux bleus pervenches se trouvaient à présent fixés sur Delilah à l’affût d’une attitude à défaut d’une réponse qui soit totalement la vérité. Il était fort peu probable que les deux demoiselles aient une conversation désagréable de par leur antipathie naturelle mais dieu seul savait ce que réservait la suite de la journée.

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Delilah G. Andov
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MessageSujet: Re: Des lilas ou de Lyra ? (pv Delilah)   Dim 6 Jan - 0:54

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Faisant tourner délicatement la fleur dans sa main, Delilah observait les pétales en avançant, gracieuse, sans faire plus attention que cela à Lyra. De nouveau perdue dans ses pensées, la ribaude été relayée au second plan. L’ancienne noble avait des préoccupations bien plus importantes aujourd’hui que leurs habituelles stupides querelles. Sa relation avec Lyra était assez compliquée et difficilement descriptible. Mais si un mot la qualifiait bien en cet instant, c’était gênante. Oui, cette relation était gênante en cet instant. Si seulement la rouquine avait pût le comprendre et foutre la paix à la brunette… Si seulement elle avait pût lire, sur les traits préoccupés de Delilah, le « ne pas déranger » que cette dernière essayait d’afficher…

Nul rabaissement envers Lyra, non. Les propos de Delilah, qui indiquait d’avec tant de mordant il était difficile de devenir délicieuse, sonnaient presque comme un bon conseil amical. A ceci près que les deux femmes ne partageaient aucuns liens amicaux. Comme aux yeux de toutes les apprenties et ribaudes, l’ancienne noble était, aux yeux de Lyra, une jeune femme imbus d’elle-même et qui ne jurait que par sa condition. La chose était en réalité quelque peu différente. Derrière les airs de la péripatéticienne, il y avait une adolescente brisée qui criait encore dans les méandres de l’obscurité. Son rang dans le manoir était comme une protection, quelque chose de réconfortant. Celle qui avait été baronne se sentait rassurée à l’idée d’être une délicieuse. Oui, parce qu’on la désirait et qu’on payait cher pour être aimé d’elle, le temps de quelques heures ou minutes. C’était à la fois… compliqué et compréhensible pourtant.

Dans cette lutte des mots, le plus gros des problèmes était que, toutes deux, avaient érigés de solides carapaces autours de leurs êtres. Ainsi les mots glissaient sur l’une comme sur l’autre sans jamais faire mouche. Un jeu sans fin, voilà ce que c’était. Elles pouvaient jouter des heures durant, si aucune n’arrivait à trouver le point faible de l’autre, alors il n’y aurait aucune vainqueur. Et ce jeu durait depuis un temps maintenant. Delilah ne savait pas quel était la plus grosse faiblesse de Lyra et cette dernière ne connaissant pas l’histoire de l’ancienne noble, ou vraiment très peu, elle ne savait pas sur quoi l’attaquer non plus. Si beaucoup savaient, à cause des clients, que la brunette avait été noble, tout le monde ignorait en revanche ce que la cruauté des hommes lui avait fait endurer.

«- De toutes les filles qui vivent sous ce toit… »

Delilah était l’une des plus intelligentes et des mieux éduqués. Parce qu’elle avait été noble avant et qu’elle avait voulu briller. Briller pour être aimée. Par son père tout d’abord puis pas la société. Privée d’amour maternel à cause de la faucheuse, privée d’amour paternel par le dégout et la rancœur, victime d’une seconde épouse jalouse et victime d’un demi-frère par bien des points trop cruels, l’adolescente n’avait trouvé que cela, à l’époque, pour combler son besoin d’attention. Comme une fleur qui veux éclore, la demoiselle avait eut besoin d’un soleil qu’elle n’avait jamais pût obtenir ailleurs, en définitive, qu’au manoir.

«- Je n’ai que faire de tes provocations Lyra. Ce n’est ni le jour, ni l’heure pour cela. Nulle vanité dans mes mots, je t’ai effectivement connu plus mordante, c’est un fait. Maintenant je souhaiterai être tranquille un moment avant d’aller cueillir mon premier client.»

S’installant sur un banc, la brunette contemple les pétales de sa rose alors que Lyra, intarissable, parle encore. Mais que diable ! Ne peux-telle donc pas se taire et laisser la délicieuse toute à ses pensées ? Toute à ses souvenirs et ses démons ? Soupirant, la brunette pose son regard chocolaté sur la rouquine qui la taquine de la sorte. Elle ne semble pas voir combien elle dérange. En réalité, elle n’en a sûrement rien à faire. Il serait étonnant, à vrai dire, qu’elle se mette soudainement à respecter Delilah et ses réflexions.

«- Ni l’une ni l’autre de tes hypothèses : j’étais de repos hier et toute cette nuit. Par ailleurs j’ai très bien dormi. »

Lyra se fichait probablement de savoir si Delilah avait effectivement bien dormit ou non. Alors pourquoi la brunette gaspillait elle sa salive à lui répondre ? Pour le coup la délicieuse n’en savait rien. Peut-être pour que la ribaude se sente bête face à la réponse. Elle ne devait pas s’attendre à ce qu’il y en ait une. Allez savoir.

«- Mais nous portons tous notre croix. Moi comme les autres. Voilà ce qui m’a éveillé aux aurores. Quoi ? Pour toi je ne suis qu’une poupée écervelée, qui parcourt les couloirs de ce manoir dans une jolie robe, en arborant un petit air hautain et qui n’a d’autres soucis en tête que le choix de sa toilette ? En sommes, tu ne réfléchis guère plus que les autres. »

Et j’ai ma propre carapace, se garda t elle d’ajouter. Parce que la délicieuse ne se sentait pas prête à se confier à Lyra. Après tout, rares étaient les filles à qui la demoiselle faisait suffisamment confiance pour évoquer ce fait. Plus rares encore étaient celles qui savaient ce qu’elle avait vécut. Si rare qu’il était permit de se demander s’il y avait dans ce manoir une fille au courant de toutes l’histoire de la jeune femme.

«- Tu as ta croix, tes zones d’ombres et le ciel veux que j’ai les miennes. Je ne suis pas différente des autres personnes travaillant dans ce manoir. Après tout, Krista porte sa croix, Oliver la sienne. Tu en as une également. J’ai forcément la mienne. Parce qu’ont a tous vécut, avant d’échouer au service des Boldwins. Et chacun vie, se protège aujourd’hui, de cette croix à sa manière. Je suis comme les autres. Comme toi. »

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Des lilas ou de Lyra ? (pv Delilah)

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