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 Fraîche matinée [PV : Romuald St-Vincent]

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MessageSujet: Fraîche matinée [PV : Romuald St-Vincent]   Ven 23 Nov - 14:47

    Suite de "Je veux travailler pour vous"...

    La nuit dernière fut courte mais reposant. J’ai eut la chance de ne pas déplorer la visite de clients violents ou irrespectueux. De ce côté-là d’ailleurs, je dois bien m’avouer chanceuse jusqu’ici. Depuis mon arrivée au manoir, ma prise en charge par le couple Boldwin mais aussi et surtout depuis que je travaille pour eux, je n’ai pas à déplorer de trop mauvaises rencontres. Pourtant, je le sais, comme toutes les filles vivantes ici, ce genre d’individus est une réalité, malheureusement. Ce matin, mon humeur était plutôt joyeuse. Normalement, au vue de l’arrivée de l’automne, le moral connaît toujours une petite chute. On devient rapidement morose, cafardeuse, triste, déprimée avec la baisse de luminosité due au soleil. Quelque chose que déjà ma grand-mère avait remarqué. Pourtant, je n’ai guère à me plaindre. Je suis logée, nourris dans ce somptueux manoir, et finalement, j’aime mon activité. J’ai la chance en ce jour d’avoir une activité qui me change un peu des autres. Je suis de corvée dans le jardin. Le ramassage des feuilles mortes, des branches est une activité que j’aime pratiquer quand le temps le permet bien sur. Malgré la fraîcheur, j’ai la chance d’être au grand air ! Satisfaite de pouvoir respirer à plein poumon le bon air frais de cette matinée, j’effectue ma tâche avec le sourire, en chantonnant très discrètement pour ne gêner personne. Après tout, je ne suis pas seule…

    "Adeline, on fait un tas ici ?"

    "Oui d’accord, je ramènerais les miennes."

    Je lève la tête, adresse un sourire à l’autre fille qui vient de m’adresser la parole et qui se trouve à l’autre bout de l’allée. Il faut toujours que le manoir soit propre, en parfait état. Sa réputation ne saurait être détériorée par notre faute. Si certaines filles ne sont pas là de leur plein gré, ce manoir reste notre seule habitation, refuge pour le moment et surtout, notre moyen de vivre. Durant un instant, alors que je traine l’outil de jardinage sur le sol pour ramasser les fesses, je songe à mon frère qui se trouve lui au bagne. Sous ce même ciel, je l’imagine peiner sous la charge de travail, à casser du roc dur sous la surveillance des gardiens. Mon cœur se sert, ma main se crispe sur le manche de l’outil que j’utilise, une larme coule le long de ma joue…

    "Adeline ? Ça ne va pas ?"

    "Si, je reprenais mon souffle…"

    Un doux mensonge pour ne pas inquiéter ma complice, partenaire de corvée de ce matin. Il en est toujours ainsi. Notre emploi du temps est très bien étudié. La journée, nous devons nous occuper de certaines tâches qui nous sont assignées. Puis, nous nous préparons pour notre autre travail, nous efforçant de nous faire belles, désirables, charmantes pour plaire à ses messieurs, mais aussi et parfois à ses mesdames, afin d’être choisies. Je reprends mon activité, rassurant ma charmante et bienveillante camarade, tout en reculant le long de cette allée dans le jardin pour tâcher de finir à temps mon travail. C’est à la fois physique mais aussi défouloir. Rien de tel qu’un peu d’exercice après tout, même si j’en pratique régulièrement chaque soir, mais qui n’a pas tellement à avoir avec l’activité que j’ai en cet instant précis. Des bruits de pas se font entendre dans mon dos, et je tourne juste à peine la tête pour tenter de voir, discrètement, l’auteur, la personne responsable de ceux-ci…

    "Oh…"

    Une expression qui tenait plus d’un réflexe qu’autre chose. Dans l’extrême limite de mon champ de vision, le coin, je pouvais voir s’approcher lentement un mignon que j’avais déjà croisé plusieurs fois dans les couloirs, mais que je connaissais surtout depuis une certaine soirée, lors de son arrivée au Manoir, un dénommé Romuald. Ils n’étaient pas bien nombreux à travailler au manoir. Le statut de mignon correspondait à celui chez les filles de délicieuses. Des hommes d’une expérience certaine, d’un raffinement confirmé. Si je ne me souvenais pas de tous les noms des hommes présents au manoir, je m’efforçais néanmoins d’enregistrer le plus rapidement possible les patronymes de ceux qui pourraient me causer du tort, ceux dont je devrais me méfier. Pour Romuald, je me souvenais de lui à cause de sa particularité physique et de cette fameuse soirée. Cet homme boitait. Parfois même, l’on semblait deviner que sa jambe le faisait souffrir. Pourtant, jamais il ne se plaignait, ne souhaitait qu’on le prenne en pitié, ou pire encore. Je lui avais que rarement adressé la parole par la suite. Les filles ne devaient guère se rapprocher des hommes travaillant pour le couple Boldwin. Nous n’étions pas ici pour cela. Quelques mots circonspects, d’une banalité affligeante, mais qui avaient le mérite néanmoins de créer un semblant de lien. C’est ainsi que j’avais pu connaître son prénom, et lui le mien. S’il se souvenait toujours de moi naturellement. Une fois à ma hauteur, je tâchais de me tourner vers lui pour le saluer d’un sourire radieux, délicat…

    "Bonjour Monsieur Romuald. Vous allez bien en cette fraîche matinée ?"

    La politesse, le respect étaient des règles d’or ici. En tant que ribaude, je me devais d’afficher une certaine marque de respect vis-à-vis de ceux et celles qui jouissaient d’un statut plus élevé que le mien. Ce n’était aucunement une difficulté pour moi, depuis mon arrivée, j’avais assimilé les us et coutumes du manoir que je respectais à la lèvre. Je n’avais jamais véritablement faite attention à la beauté des mignons et autres hommes du manoir. Monsieur Boldwin était un homme très charmant, mais il m’était difficile de garder une forme de jugement vis-à-vis des autres hommes. Pour Romuald, c’était différent. Je crois qu’au fond de moi, même si je me l’interdisais, j’éprouvais bel et bien de la pitié, tristesse pour lui et son handicap…

    "Vous avez passé une bonne fin de nuit ?"
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