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 L'échappée belle [PV Adeline]

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MessageSujet: L'échappée belle [PV Adeline]   Mar 20 Nov - 15:49

Je n’ai pas pour habitude de me plaindre ou de me replier sur moi-même. J’ai pour réputation de bien m’entendre avec les autres filles du manoir, et c’est plutôt vrai, sauf quelques rares exceptions, et ce n’est souvent pas de mon fait, d’ailleurs.

Quand j’ai été acceptée au manoir Boldwin, j’ai été accueillie par une délicieuse. Il n’est pas rare qu’une « ancienne » prenne une petite nouvelle sous son aile, ne serait-ce que pour lui enseigner quelques trucs et astuces, comme comment amener rapidement un homme à l’orgasme, ou éviter les coups d’un boit-sans-soif qui confondrait une fille avec un défouloir.
Celle qui m’a accueillie et aidé, il y a maintenant quelques années, s’appelait Nora. Une belle femme, d’une trentaine d’années alors. Combien d’hommes la demandaient à l’époque ? Tellement ! Elle était une des fiertés des Boldwin. Les clients les plus influents n’avaient que son prénom à la bouche.

Débutante, je la suivais partout, lorsqu’elle m’y autorisait. Je l’épiais parfois même lorsque je le pouvais, quand elle était avec un client. Et j’apprenais d’elle. Je m’abreuvais de son savoir sur les hommes, et sur l’amour. Elle était l’amour, elle était tellement divine. Je comprenais ces hommes qui la saluaient comme une grande dame, elle avait tellement de charisme, malgré son métier.

Mais bien entendu, comme bon nombre d’entre nous, elle avait dû quitter le manoir, il y a deux années environ. Un peu trop vieille, moins demandée, voire plus du tout, on lui avait gentiment montré la sortie… elle avait trouvé refuge dans une maison où elle faisait du ménage. Je gardais contact avec elle, allant parfois la visiter, quand j’en avais le temps. Je revenais aujourd’hui de ma dernière visite. Il n’y en aura plus jamais d’autre, je l’avais appris par ses employeurs. Elle était morte il y a trois nuits d’une fièvre pourpre.

Je poussais la porte de ma chambre, et ne pus m’empêcher de m’effondrer littéralement sur mon lit, en pleurs. Elle était une amie, et aujourd’hui, elle avait disparu, et personne, à part moi, ne la pleurerait. Je savais bien que nous n’étions pas grand-chose dans notre société, mais là, en cet instant, si peu de temps après cette mauvaise nouvelle, ça me mettait le moral dans les bas !

Ici les gens vont et viennent, mais quand on s’attache un peu à une personne, c’est comme une bouffée d’air frais, un bienfait non négligeable.

J’avais marché vite, sous une pluie battante, pour rentrer. J’ôtais mes chaussures en me redressant péniblement, comme assommée par l’annonce de sa mort. J’aurais aimé l’embrasser une dernière fois, et lui dire combien elle avait été une amie précieuse pendant mes premières années d’apprentissage. Elle le savait peut-être, mais qui sait ?
C’est en pensant à elle, encore, que je me défaisais de mes vêtements passablement trempés, me retrouvant en sous-vêtements dans ma petite chambre.

Heureusement, j’étais délicieuse, et je pouvais goûter au plaisir d’être triste et de garder ça pour moi ! Surtout que la plupart du temps, j’affichais un sourire nonchalant et charmant dans les couloirs et pièces du manoir. C’était presque une marque de fabrique. Un enseignement de ma chère Nora. Elle me disait souvent « regarde ces filles qui boudent. Crois-tu que les clients les plus riches vont les choisir ? Non, ils te préféreront toi. Toi qui sera souriante. Car on est toujours plus jolie et attirante quand on sourit. »

Elle avait évidemment raison. Elle avait eu tant de fois raison. Mais là, c’était la maladie qui avait eu raison d’elle. Dieu que j’étais triste ! Je versais mes premières larmes depuis bien longtemps, ici. Les dernières avaient été pour des coups d’un client. Mais je ne m’étais pas plainte, c’était le jeu.

J’essuyais mes dernières larmes avec le tissu de ma robe que j’avais déposé sur le dossier d’une chaise, et allais m’allonger sur mon lit. Je devais me reprendre, et penser à des choses plus gaies, car l’heure de travailler allait arriver, et je ne serais pas prête.
Il me fallait me changer les idées. Mais comment… ? Je soupirais longuement. Chassant les pensées qui me revenaient et concernaient ma vieille amie.

Vite, une échappatoire !

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MessageSujet: Re: L'échappée belle [PV Adeline]   Mar 27 Nov - 12:54

    La journée une fois encore était rapidement passée. Le temps avait filé sans vraiment que je puisse m’en rendre compte. Il faut que, souvent, je m’efforçais de répondre à la demande de mes ainées toujours positivement. Ainsi, les tâches qui m’étaient assignées, je les remplissais du mieux que j’en étais capable. J’étais ainsi, on ne me changerait plus désormais. Oh naturellement, il existait des filles qui n’aimaient guère effectuer les corvées quotidiennes. Soyons franches, ce n’était jamais une partie de plaisir non plus. Mais il fallait bien les faire. On vivait toutes ici après tout. Une maison bien entretenue était toujours plus agréable. J’en savais quelque chose. Moi, j’avais grandis dans une pièce unique avec mes frères, mes parents. On y mangeait, on s’y lavait, on y dormait. Il ne fallait pas être pudique. La saleté était aussi omniprésente. Ici, en ce manoir, j’avais l’impression de vivre dans un château. D’autres filles encore venaient de la rue directement, elles pouvaient comprendre facilement, aisément ce que je pouvais ressentir à vivre ici. La soirée approchait à grands pas. Après une toilette impeccable, j’enfilais une robe délicieusement attirante, envoûtante. Ma timidité naturelle contrastait souvent avec les tenues que je retenais pour attirer les clients et clientes. Il fallait laisser deviner, suggérer, entre-apercevoir. L’imaginaire contribuait énormément dans le plaisir de l’homme et encore plus dans celui de la femme…

    "Adeline… j’ai vu Astrée rentrée… elle n’avait pas l’air bien…"

    Une jeune apprentie est venue me trouver dans le couloir, alors que je regagnais ma chambre. Une demoiselle sensible, fragile avec qui je m’étais entendue immédiatement lors de son arrivée au manoir. Il fallait savoir s’entourer de quelques amies, de filles proches de sois pour espérer mieux supporter notre mode de vie. Et puis, on avait besoin de se soutenir, d’attention, d’affection. Notre activité quotidienne était une chose, notre vie en dehors une autre. Pour ma part, je distinguais les deux, ne mélangeais pas. Astrée était une fille que je portais véritablement dans mon cœur. Je me sentais très proche d’elle, j’éprouvais énormément d’affection à son égard. Et puis en général, de toute façon, je n’aimais pas voir une fille triste, peinée, ou ayant des soucis. Je crois que même si j’avais un jour, à faire à ma pire ennemie, dans un état de tristesse, je serais capable d’aller la réconforter, la prendre dans mes bras. C’était idiot mais j’étais ainsi…

    "Merci. Je vais aller la voir."

    Je remerciais la jeune apprentie d’un doux sourire, assortie d’un baiser sur sa joue délicat puis, rapidement, je me dirigeais à la chambre d’Astrée. Astrée était une délicieuse. Elle jouissait de privilèges que je ne pouvais avoir, connaître, disposer. Les délicieuses étaient un peu les expertes dans notre métier. Elles étaient réputées, très demandées. Et puis c’était aussi des supérieurs. Au manoir, on fonctionnait un peu en caste, du moins, pour l’idée que je m’en faisais moi. Tout en bas, les apprenties, ensuite les ribaudes, puis les délicieuses. J’étais arrivée ici en tant qu’apprentie et j’avais évolué avec le temps pour devenir une ribaude. On ne progressait pas toutes à la même allure. Pour mon cas, cela avait été plutôt rapide. Après tout, j’aimais cette vie. La porte d’Astrée se dressait devant moi. J’étais anxieuse, inquiète pour elle, mais bien déterminée à la réconforter si jamais elle était bien peinée. Très délicatement, je vins gratter à sa porte par deux fois, puis toquais une fois. C’était un peu un code entre elle et moi. Ainsi, elle savait que c’était moi derrière sa porte quand je venais à frapper sur celle-ci de la sorte…

    "Astrée ? Je peux entrer ?"

    Ma voix douce résonnait à peine dans le couloir. J’usais de cette douceur, délicatesse pour ne pas réveiller mon amie si jamais elle venait à dormir. Après tout, elle ne devait pas être la seule à se reposer un peu avant l’ouverture du manoir aux clients le soir. L’on se devait d’être en pleine forme, souriante, bien réveillée, charmante si l’on voulait attirer la convoitise des clients et clientes. Je crus entendre quelques mots de sa part et j’en profitais aussitôt pour entrer dans sa chambre. Je découvrais alors mon amie allongée sur son lit, en petite tenue, sa robe déposée sur une chaise. Elle semblait avoir marché sous une pluie battante. D’ailleurs, les cheveux humides d’Astrée me le confirmaient. Je connaissais plus ou moins Astrée et la voir ainsi me laissais à penser qu’elle n’allait bien effectivement. Lentement, à pas de velours, je m’approchais de son lit…

    "Astrée… on m’a dit que tu n’avais pas l’air bien… je suis venue voir si je pouvais quelque chose pour toi… ou peut-être tu veux être seule ?"

    Je détestais imposer ma présence. Si on n’avait pas envie de me voir, je ne le prenais jamais mal. Il fallait savoir composer avec les humeurs, envies de chacune, de chacun. Pourtant, sans même attendre sa réponse, une quelconque explication qu’elle n’était certainement pas obligée de me fournir, je venais à m’allonger contre elle dans son dos, me collant à elle affectueusement pour la prendre dans mes bras. De ma main, légère et agile, je vins à caresser sa longue chevelure encore humide, dégageant quelques mèches de son visage pour l’apercevoir. Mon corps se presse contre le siens avec une infime douce, je veux partager ma chaleur, ma présence avec elle. Parfois, les mots ne sont plus nécessaires, les gestes parlent pour eux. Un doux baiser déposé sur sa joue, je reste silencieuse en la tenant contre moi dans mes bras. Main caresse la sienne…

    "Je suis là Astrée… si tu as besoin de parler…"
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MessageSujet: Re: L'échappée belle [PV Adeline]   Jeu 10 Jan - 12:34

J'avais murmuré en entendant le son d'une voix parfaitement reconnaissable, pour moi qui la connaissais maintenant bien

Entre...

Elle s'était allongée là, et je me rendis compte que je l'avais attendu ainsi qu'un rayon qu'on espère.
Je sentais son corps menu réchauffer le mien engourdi par le froid de la pluie parisienne, si fraîche en ce printemps trop timide encore... sa caresse et son baiser sur ma joue me rappelèrent combien l'amitié ici, est si précieuse. Nora était morte, mais je n'étais pas seule, et je ne souhaitais pas l'être. Je lui confiais

Reste, j'ai besoin que tu sois là.

J'inspirais longuement, quelques larmes roulant encore sur mes joues, mouillant mon oreiller. Je prenais un mouchoir sur la petite table de nuit qui jouxtait mon lit et les essuyais. Doucement, je reprenais mes esprits, me concentrant sur des choses positives.

Elle a eu une belle vie, malgré la fin... Elle a été heureuse. Et je suis heureuse aussi.


Je murmurais. Adeline ne devait pas vraiment me comprendre, ne sachant pas de quoi et qui je parlais. Mais elle n'en dirait rien, j'en étais presque sure. Soit elle attendrait des précisions, soit elle prendrait ce que je lui disais sans mot dire. Et c'est cette qualité qui faisait d’elle une personne si précieuse pour moi. Elle était une belle personne, quoiqu’en pense les gens à l’extérieur, ils ne la connaissaient pas comme je la connaissais. Ils ne nous connaissent pas, comment peuvent-ils nous juger… ?
Le talent d’Adeline ne résidait pas simplement dans cette belle apparence, ce corps parfait. Elle avait beaucoup de délicatesse et de tact, qui tranchait littéralement avec ses origines si modestes et sombres. Nous nous ressemblions un peu, bien que je m’estimais nettement moins jolie.
Je la remerciais de sa présence

Merci d’être là, j’ai eu une mauvaise fin de journée…


Je l’embrassais sur la joue et me redressais.

Il faut que je me prépare, entends-tu ces bruits dans les couloirs ? Les filles sont presque toutes prêtes à présent, et moi je n’ai même pas les cheveux secs !

Les choses reprenaient leur cours, comme il se doit.

Aide-moi à me préparer !

Je m’apprêtais à me lever, mais me baissais toutefois vers elle et l’embrassais délicatement sur la bouche, sur ses tendres lèvres que j’imaginais tendues vers moi.
Nous avions déjà eu ce genre d’égarements ensemble. J’aimais les bras des hommes, plus que tout, je dois avouer, mais la douceur féminine est sans pareil quand on l’a connu au moins une fois. Adeline était douce, et je savais pourquoi les hommes l’appréciais ici. C’est sûrement pourquoi elle était déjà ribaude.

C’est mon remerciement. Garde pour toi ma tristesse passagère, et merci d’être une amie pour moi.
N’oublie pas que je serais là, si à ton tour tu es dans une mauvaise passe…


J’en faisais le serment. Pour elle, ce n’était sûrement rien, pour moi, qu’elle soit venue ici signifiait beaucoup.
Cette fois, je me redressais vraiment et sautait du lit, me dirigeant vers mon portant à vêtements pour choisir la tenue la plus ensorcelante qui soit. Mon choix se portait sur un corset volanté de velours, noir et rouge. Un rouge profond, presque envoutant. Cela tranchait avec la pâleur de ma peau et mes cheveux si clairs. C'était une pièce superbe, un cadeau de goût (et de valeur, il va de soi !)
Je me déshabillais totalement, je n’avais pas de gêne en sa présence et j'attendais son aide pour nouer le corser sur ma poitrine, tout en faisant un brin de toilettes. Des bas viendraient parfaire la tenue. Je ne devrais pas passer la soirée à trop attendre le client…
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