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 Chère Adversaire. [PV Angélique]

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Angel Del Alba

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Date d'inscription : 10/03/2013
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MessageSujet: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Dim 16 Aoû - 10:18

Charmeur, doux, généreux. Christophe de Nantère était également connu pour être fidèle. Femmes et hommes -attirés par leur propre sexe- du Manoir se pâmaient devant ce client rempli de qualités. Sans être un canon de beauté, plutôt quelconque même, le trentenaire savait attirer grâce à ses manières élégantes qui savaient faire oublier à chaque prostitué(e) son statut. Il traînait beaucoup dans le salon d'accueil, passant des heures à discuter avec tous et toutes, de philosophie, de mode ou de cuisine. Pour autant, même les petits nouveaux apprenaient rapidement que tenter de séduire Christophe était vain. Le Breton s'était définitivement entiché d'Angélique Fournieu, l'une des plus belles et terribles Délicieuses à la fois. On murmurait dans les couloirs de nombreuses hypothèses sur la bourse qu'il lui laissait à chaque passage, de telle sorte que les pourboires atteignaient des sommes un peu plus astronomiques dans la bouche des commères. Nombreux étaient ceux qui enviaient Angélique, moins l'étaient ceux qui essayaient d'arracher Christophe à ses bras même si le désir ne manquait pas.

Ce jour-là, tandis qu'Angel entrait dans le salon d'accueil, il fut bousculé par une nuée de Ribaudes en émoi. Monsieur de Nantère était revenu pour une nuit. Comme à son habitude, le Breton était assis dans un sofa ou dans un autre, entouré par une cour qu'il entrenait de son beau langage. Cependant, il les délaissa inexplicablement pour fixer intensément l'Espagnol lors de son entrée. Depuis un temps déjà, le trentenaire jetait des coups d'oeils brefs mais intenses à ce Mignon qui, sans l'éviter, ne cherchait pas à tout prix à se presser à ses côtés. D'un regard oblique, poli mais inaccessible, Angel répondait à ce singulier salut avant de traverser rapidement le hall pour chercher son client. Rares étaient les fois où l'Andalou restait dans le salon, recevant des hommes ayant déjà réservé leur nuit avec lui via une lettre ou un messager.

Cette fois néanmoins, il n'avait personne, et les Boldwin l'avaient "gentiment" encouragé à chercher un client au lieu d'attendre un habitué. Si le jeune homme gagnait bien sa vie, ayant pratiquement remboursé sa dette, il avait quand même été invité à augmenter son gain. Le couple connaissant le potentiel d'Angel l'avait naturellement enjoint à faire des efforts, ce dernier, obéissant, s'était donc retrouvé piégé dans le salon, ne sachant pas vraiment comment aborder de nouveaux clients. Une de ses grandes faiblesses qui faisait peut-être son charme était sa timidité. Malgré son expérience, le Mignon ne s'approchait guère des clients, demeurant assis ou voltigeant d'une table à l'autre pour servir le thé, café et petits gâteaux; ses amies Ribaudes lui en étaient d'ailleurs reconnaissantes bien qu'elles lui rappellent, amusées, que son rôle n'était pas vraiment celui-là.

Aujourd'hui allait être différent cependant, le voyant demeurer dans le salon, Christophe de Nantère s'était levé, au grand étonnement des Ribaudes et de la Délicieuse pressées autour de sa personne. Il avait attrapé le plateau que la main d'Angel légèrement tremblante maintenait avec difficultés. Le stress l'avait fait voir trop grand, et le plateau garni à rabord faisait souffrir son poignet. Le trentenaire toujours attentif à ce qui se passait autour de lui l'avait remarqué et lui était venu en aide. Pour autant, il ne se contenta pas du merci prononcé d'une voix rendue blanche par la honte d'Angel. Le pressant de s'assoir, dans un fauteuil, il s'assit à ses côtés et commença à discuter avec lui.

Au fur et à mesure de la conversation, les muscles d'Angel se déliaient petit à petit. Ils analysèrent le poème "Heureux qui comme Ulysse" de Du Bellay, puis parlèrent des lettres de Montaigne l'humaniste. La soirée se déroulait pour le mieux, même si Angel savait que l'homme se lèverait d'un instant à l'autre pour aller rejoindre Angélique Fournieu.

Mais non. Christophe tendit galamment la main au Mignon pour l'aider à se lever. Il contempla un instant ces doigts fins qui se posèrent dans ses granes phalanges avant de lui offrir un sourire puis de baiser la peau cannelle de l'Andalou. Suite à cela, les deux hommes se dirigèrent vers une chambre, celle de Luxe, l'un des deux encore bien hébétés. Sur le passage, une amie d'Angel lui fit un signe discret pour l'enjoindre à fermer la bouche et effacer cet air béat de petit nouveau encore incrédule qu'un client agréable et courru l'ait choisi. Bien qu'il ne soit pas spécialement fanatique de la chose-ni de ça, ni de l'argent.-, contrairement à certains prostitués ici, Angel était hâtif de servir Christophe. Depuis que Romuald l'avait initié aux plaisirs de la chair, le jeune homme s'était peu révélé, surtout en compagnie d'autres que son amant attitré. Néanmoins, Christophe avait su l'atteindre, le séduire presque.

Ce fut donc une nuit "reposante" pour Angel qui agissait souvent avec professionalisme mais sans goût. Sa douceur et sa timidité, si contraire à celles de son homonyme féminin, l'Andalou sut apparemment satisfaire le géant philosophe qui lui laissa un pourboire extrêmement généreux. Bien qu'habitué aux cadeaux de ses peu nombreux mais exclusifs et généreux clients, Angel n'avait jamais reçu une telle somme, et surtout pas pour ses services. D'habitude on récompensait plutôt son répondant, sa culture d'auto-didacte, sa capacité à analyser une littérature de plus en plus différentes, allant jusqu'à enseigner à quelques artistes des oeuvres de son pays. Aujourd'hui, c'était pour l'ensemble que Monsieur de Nantère tenait à le remercier, visiblement satisfait qu'on lui ait fait l'amour comme l'aurait fait un véritable amant, gagné par les mots et non par l'argent. Avec cette inaccessibilité farouche, cette douceur unique et ce rapprochement qui se méritait. Angel n'était certainement ni le meilleur ni le plus inventif des amants, mais son style particulier plaisait parfois, et lorsque c'était le cas, il plaisait beaucoup, certains hommes aimant avoir l'illusion de l'exclusivité, l'impression d'avoir rejoint leur amant de toujours chez eux après le travail.

Lorsqu'ils redescendirent dans le salon, les bouches fonctionnaient plus rapidement encore que d'habitude, déliant rumeurs et impressions sur le nouveau "couple". C'était un véritable vacarme de murmures qui résonnait jusque dans les murs, prévenant certainement la belle Angélique, à moins qu'elle n'ait déjà tout vu, peut-être postée dans un recoin du salon.

-Je reviendrai.

Chuchota Christophe à l'oreille d'Angel qui tenait par la main. Certes, l'homme n'était pas près d'oublier la magnifique Délicieuse, probablement restait-elle même sa favorite, mais qu'il eut choisi une autre personne, surtout un homme était la sensation de la soirée. La plupart incluant d'ailleurs l'Andalou ignoraient que le trentenaire eut ces penchants, s'étonnant d'avantage encore de le voir choisir l'atypique Angel dont le physique loin des canons de beauté rebutait ou attirait inévitablement.

Ce fut après le son de la porte se refermant sur les pas du Breton qu'Angel recouvrit ses esprits. Bien que les Boldwin seraient très contents de lui, il n'était pas spécialement rassuré des résultats de sa soirée. Ayant toujours respecté Angélique, une femme qu'il cotôyait sans vraiment connaître depuis plus de 3 ans au Manoir, le Mignon n'avait jamais marché sur ses plates-bandes, sans doute moins encore que d'autres plus téméraires qui s'y essayaient quand cette dernière avait le dos tourné. Avec cet "affront" néanmoins, il se pouvait que le métisse soit passé en tête de la liste noire, or, s'il savait une chose de la "princesse" du Manoir, c'était bien sa réputation.

Assis dans le salon que les petites heures du matin avaient rendu désert, Angel triturait nerveusement une mèche de cheveux encore légèrement humide et fleurant bon le shampooing après sa douche. C'était comme s'il savait qu'Angélique viendrait le rejoindre, comme s'ils avaient rendez-vous. En théorie, tâchait-il de se rassurer, la prostituée ne pouvait rien lui reprocher. Il avait agit comme un garçon de joie recevant les avances d'un client intéressé sans qu'il n'ait eu à le harponner. En pratique ?... Et bien la pratique, le métisse la redoutait d'avantage comme le laissait peut-être subtilement paraître sa main qui faisait légèrement trembler la tasse de thé qu'elle portait à ses lèvres.

Derrière la porcelaine, les yeux bicolores du Mignon virent une silhouette se dessiner, aussi parfaite que féminine. Il posa doucement l'objet sur la table, paradoxalement plus tranquille. Sans doute préférait-il la "confrontation" à l'attente, plus stressante encore.

-Bonjour Angélique.

Fit sa voix, mourrant doucement sur le parvis de ses lèvres. Sans anicroche, sans supplique, juste courtoise et égale. Respectueuse. Si certains se seraient gaussés de sa personne pour avoir réussi à lui voler un de ses plus fidèles clients, pas Angel. Il estimait encore que Christophe avait trop bu pour le choisir-quand bien même l'homme n'avait presque rien ingéré question alcool, de la soirée.-

Quoi de plus naturel que de douter de la raison de son client, lorsqu'on voyait comme ses yeux pouvaient présentement décrire, la beauté hautaine de cette muse ? Jamais Angel ne l'avait vu aussi sublime que terrible en cet instant, et ce avant même d'oser lever la tête pour guetter les émotions peintes sur son visage.
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MessageSujet: Re: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Lun 17 Aoû - 14:54


L'Exotisme fait des ravages
Angel & Angélique





Christophe arrivait aujourd’hui. Je me pomponnais légèrement dans ma chambre, avant de descendre saluer ce client familier et habituel. Il était d’une douceur incomparable, et d’une gentillesse à en faire pâlir certain. Un homme bien, qui, je le dis toujours n’a rien à faire au Manoir. Il devrait avoir sa femme, et ses enfants. Peut être ressentait-il le besoin de parler, malgré le sexe? Je ne comprenais toujours pas ses intentions, mais j’aimais sa présence. Il était très cultivé, et son savoir était immensurable.

Plusieurs mois maintenant, qu’il me faisait le plaisir de ses visites, plus ou moins longues. Il avait ses petites habitudes, se posant dans le salon, rassemblant son harem. Les autres filles rêvaient de l’avoir pour elles, et ne se gênaient pas pour le coller dès son arrivée, lui demandant des histoires ou des potins sur Paris. Christophe, d’un délicieux, se faisait un plaisir de les renseigner, de leur parler avec une gentillesse qu’elles ne méritaient pas pour la plupart.

Voyant la plupart des ribaudes courir vers l’entrée, Christophe venait d’arriver. Je passai une dernière fois ma main dans mes cheveux, avant de descendre à mon tour, accueillir mon gentilhomme. En me voyant, il me gratifia d’un sourire éclatant, avant de continuer son discours évasif sur les boutiques parisiennes, vantant les mérites des bouchers, et pâtissiers.

Un léger sourire se dessinait sur mes lèvres, alors que je restais près de la porte, accoudée contre le bois. Je croisais les bras, l’écoutant parmi les gémissements hagards des ribaudes, émerveillées. Mon regard perçant passa sur Angel Del Alba, un étranger quoique habitué depuis plus de 3ans au Manoir. Je le connaissais, sans vraiment lui avoir parler. Il ne m’était pas désagréable, et je savais que malgré son physique étonnant, non désagréable cependant, il parvenait à se faire un nom ici. Alors que j’esquivais un mouvement vers Messier de Nanterre, qu’elle ne fut ma stupeur de le voir se diriger vers le Mignon, ce regard si particulier qu’il lui adressait, moi qui pensait n’en être que le seul réceptacle. Silencieuse, j’observais la scène, les bras croisés.

Je restais dans la pénombre, attisant la curiosité des ribaudes présentes, amusées par ce retournement de situation. Quand enfin ils montèrent, je croisais rapidement le regard du Mignon, inexpressive.
Et bien, quelle soirée. Mon admirateur, Christophe de Nanterre, dans les bras d’un autre, et qui plus est Angel.

Étant de nature à analyser mon entourage, je voyais clairement qu’Angel n’avait pas suscité, comme certaines le font, l’attention de mon gentilhomme. Peut être était-ce pour cette raison que j’avais gardé silence, laissant Christophe faire son choix. Après tout, le client est roi ici. Peut être cela se serait passé autrement avec Gaston par exemple, même si j’étais attachée à ces moments particulier avec le Breton.

Je répondis par un grand sourire, aux rires des ribaudes, avant de remonter et de me diriger vers ma chambre, réfléchissant à tout ceci. Le si discret Angel, au milieu des rumeurs et potins du Manoir, quelle nouvelle. Je passais doucement ma main dans mes cheveux, m’observant dans le miroir de ma chambre. J’étais plus intriguée, qu’énervée enfaite. Que pouvait-il lui trouver, peut être ne connaissais-je pas assez l’Andalou. Je savais pourtant qu’il faisait pas mal de concurrence à certaines filles ici, allant même, et c’était prouvé aujourd’hui, jusqu’à concurrencer les Délicieuses, l’élite du Manoir.

Quelques heures passèrent, rapidement à force de ruminer avant que je ne descende à nouveau au salon, à moitié vide. J’avais toujours eu un caractère de boudeuse, et ma fuite de toute à l’heure le justifiait. Des ribaudes ne cessaient de venir me voir, toutes excitées de ce nouveau potin par rapport à ce nouveau couple surprenant. Je les envoyais balader d’un signe de main, avant de me diriger vers un recoin du salon.

Encore une ou deux heures, avant de voir Angel redescendre, avec mon gentilhomme. Était-ce de la gêne, que je voyais? Angel semblait fragile quant à ce qu’il venait de se passer. Je penchais la tête, alors qu’il s’approchait sans vraiment me voir. L’heure était passée, ainsi le salon demeurait désert. J’esquivais un léger sourire, avant de m’approcher, droite et tenue. Je pu apercevoir ses yeux si particulier, qui, faisaient partis de son charme il faut l’avouer: un exotisme certain avec sa peau foncée, et sa maigreur apparente.

Je restais silencieuse, face à son salut. Un ton noble, et digne de respect: une chose que j’appréciais réellement. Ainsi, un maigre sourire se dessinait sur mon visage, avant que je prenne place face à lui, les flammes de la cheminée masquant peu à peu nos silhouettes. Angel, disais-je en baissant légèrement la tête en forme de salut. Mon regard d’émeraude ne quittait cependant pas son visage si particulier. Comment n’avais-je pas pu voir son charme opérer avant ce soir? A le voir ainsi, il me semblait évident qu’il dégageait une ambiance sereine et mystique. Je passais une nouvelle fois ma main dans mes cheveux, avant de continuer J’espère que Messier de Nanterre t’as bien traité, disais-je en me mordant la lèvre inférieure.  Par cette déclaration, je mettais le sujet sur la table. Si telle était la question, non je ne lui en voulais pas. J’étais seulement… intriguée par son charme particulier, qui avait attisé la curiosité de mon client habituel.

Je ne t’en veux pas, déclarais-je en gardant mon regard dans le sien. Je suis simplement… stupéfaite, ajoutais-je en détournant le regard, et réajustant ma poitrine, serrée par un magnifique corset de Gaston. Et oui, je m’étais apprêtée pour cette soirée, que j’espérais prometteuse.

Si j’avais l’habitude d’être une garce prétentieuse avec les cajous du Manoir, mon ton n’en montrait rien. J’étais calme, sereine, et bien étonnant, respectueuse envers le Mignon. Je n’aurais cependant pas accepté cet affront de la part d’une autre femme, déclarais-je avec un petit rire. Peut être était-ce parce qu’Angel était un homme tout simplement, je ne pouvais l’expliquer. D’ailleurs, je m’étonne de ne pas avoir déjà eu ce genre de conversation avec toi, remarquais-je en lui offrant un petit sourire en coin.

Je ne voulais pas qu’il se sente piégé, ainsi je posai ma main douce sur l’une des siennes posée sur la table, dans un geste réconfortant, qui se voulait sans ironie ni sarcasme. Pour une fois. Peut être aussi parce qu’Angel était un ancien de la maison.

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Angel Del Alba

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MessageSujet: Re: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Mar 18 Aoû - 13:50

Le frôlement ressenti par sa main à demi-paralysé fit légèrement tressauter Angel, il osa tourner les yeux vers la Délicieuse déchue de son rôle cette nuit. Son maigre sourire cependant sincère l'étonna mais surtout, le rassura. Finalement, il ne serait pas la proie d'Angélique à l'avenir, à moins que ce ne soit une ruse mais le Mignon n'était pas du genre à penser à ces hypothèses tordues. Il se contentait d'un présent plus que satisfaisant.

-Je pense surtout que Monsieur de Nantère te considère toujours comme sa favorite mais que j'avais quelque chose que tu ne pouvais lui offrir, même avec le plus grand talent du monde. Et je crois que nous sommes tous stupéfaits de la tournure de cette soirée. J'ignorais qu'il aimait les personnes de son propre sexe.

Tenta timidement le jeune homme, légèrement rougissant. Oui, pour un prostitué cette pudeur était très ironique mais c'était aussi ce qui faisait d'Angel... Angel justement. De la même façon, se rendre compte qu'il n'avait pas su anticiper les goûts de Christophe malgré ses regards -dont il notait l'existance bien après coup.- achevait de le miner. Il était sensément un professionnel, un "rapace" se tenant prêt pour chaque occasion. Néanmoins, contrairement à Angélique, il restait enfermé dans sa bulle, avec ses habitués qui avaient si difficilement trouvé le chemin de ses bras-faute de publicité notamment.-. Heureusement, ces derniers étaient plus fidèles que la moyenne, accroché à leur "découverte", mais ça n'empêchait pas le jeune homme de se sentir nul aux côtés de celle qui assumait si bien son métier et rôle.

Encore une preuve: le fait de devoir prendre sur sa personne pour oser rétorquer quelque chose, surtout quelque chose ayant un rapport avec le sexe. Pas le sexe en général, sinon celui qu'il possédait, littéralement. Le client qu'ils avaient désormais en commun semblait apprécier autant les femmes que les hommes, du coup il avait simplement décidé de combler ce besoin d'hormones masculines avec lui. Comme le disait Angélique, la concurrence était presque nulle voir totalement inexistante.

-Il m'a sans doute trop bien traité même !

Avait également décidé d'avouer l'Espagnol après avoir hésité un moment. Se vanter d'avoir obtenu un cadeau serait peut-être un peu abuser du sang-froid de la Délicieuse, or Angel n'avait pas du tout envie de mettre son exclusivité supposée sur la balance une fois de plus. Pour autant, il n'avait pas non plus envie de mentir à sa collègue, laquelle s'étonnait de ne pas avoir entretenu cette dite relation de collègue.

-Je suis aussi content d'avoir l'occasion de te rencontrer ailleurs qu'à la croisée des couloirs. Veux-tu un peu de thé ou de café ?

Demanda-t-il finalement, sortant de sa semi-léthargie pour adopter une attitude beaucoup plus accueillante et surtout, moins peureuse. Son côté sociable largement caché par sa discrétion était pourtant bien présent. Angel aimait faire des rencontres, sauf qu'il se savait suffisamment différent pour être rejeté, et ce malgré ses bonnes intentions. Au fur et à mesure, il s'était renfermé, laissant quelques curieux venir à lui, saluant les autres en demeurant inaccessible. Jamais il n'oublierait ce que son village natal lui avait fait subir, rien que d'y penser d'ailleurs, le jeune homme sentait sa main le picoter, le lancer puis s'endormir d'avantage encore. La lapidation puis les maltraitances de son paternel l'avaient convaincu de ne jamais sortir de sa prison dorée. Ainsi, malgré sa réticence à être prostitué, Angel avait décidé de tout faire pour y demeurer, même si sa dette était quasiment payée. Pour cela, il lui faudrait gagner l'estime d'autres clients que ses habitués, gagner en confiance et en charme, jouer de son exotisme comme savait le faire Angélique. Seulement, saurait-il y parvenir après 3 ans de loyaux services pourtant bien en-dessous de son potentiel ? L'Andalou ne perdait pas espoir, sous son apparence timide, c'était un "optimiste", il travaillait dur, luttant contre ses défauts bien que ce soit lent au point que certains le pensaient incapable de faire des efforts. Aussi, connaître Angélique était un grand pas en avant. Elle serait non seulement une sorte de "nouvelle" "ancienne" collègue mais aussi un type très différent des personnes qu'il cotôyait, habituellement fragiles comme Ninon. Sûre de sa personne, à l'égal de Romuald, Angélique était un modèle que le Mignon pourrait suivre dans sa quête d'amélioration constante, sans compter qu'elle était une porte ouverte sur une entente qu'il n'aurait jamais cru possible avant. En effet, il s'était fait quelques ennemi(e)s au manoir malgré son caractère doux, notamment les Ribaudes voir Délicieuses avec qui il partageait des clients, jusqu'à les voler totalement. Il ne demandait jamais rien, et ce type d'hommes recherchant cette espèce de trophée à gagner, ce style si différent voir contre-productif dans une maison des plaisirs délaissaient parfois leurs anciens favoris ou favorites pour le prendre en exclusivité. Angélique, celle qui aurait dû le haïr d'avantage encore dû à son caractère était en phase de devenir sa première vraie collègue. Il espérait donc que leur prise de contact continuerait dans le bon sens et surtout pouvoir se montrer utile.

-Je sais que tu évolues merveilleusement au Manoir et sans doute n'as-tu pas besoin de moi, mais... Si un jour tu as un souci, je te soutiendrai. Entre collègues, quoi de plus normal.

Voilà, le pacte venait d'être proposé, en lettres invisibles mais indélébiles. C'était sans doute très tôt encore pour donner sa fidélité en gage mais Angel était ainsi. Il aimerait tant que les Mignons, Délicieuses, Ribaudes et Apprenties se soutiennent. La vie, leur métier étaient suffisamment difficiles comme ça pour se faire concurrence. Rêvait-il de trop ? Peut-être, mais à ses yeux, la maison close gagnerait avec cette ambiance chaleureuse, attirant d'avantage de clients. Elle avait assez de prestige pour qu'ils se partagent les gains sans empiéter sur le terrain des autres, chaque prostitué ayant ses spécificités. Dès lors, pourquoi ne pas proposer son aide à autrui ? N'était-ce pas via l'échange qu'on s'enrichissait. L'échange culturel bien sûr.

-Ne pense pas que je veuille quelque chose en retour, et encore moins tes secrets professionnels, mais il est vrai que j'aimerais bien savoir comment tu entretiens cette... Comment dire en français ?... Aura ? Tu attires tout le monde, physiquement et bien plus.

Acheva le jeune homme, fasciné. Le charisme. Si Angélique avait un talent particulier, c'était bien celui-là.
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MessageSujet: Re: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Mar 18 Aoû - 20:33


L'Exotisme fait des ravages
Angel & Angélique




Je réfléchissais, tout en écoutant Angel. Ma foi, oui je ne me doutais pas non plus, de ses penchants pour la gente masculine, comme quoi, on ne connait jamais vraiment un client. C’était…une étrange sensation que d’avoir un client commun avec Angel, décidément je n’aurais visiblement pas aussi bien accepté le partage avec une autre femme. Et, quand j’y pense, ça pouvait avoir bien ses qualités. Peut être, un jour, si la timidité d’Angel le permettait, nous pourrions avoir Christophe dans nos deux filets respectifs, le satisfaisant en équipe. Je doutais cependant fort du fait qu’Angel serait partant, lui qui était si fragile… du moins en apparence, à vrai dire je ne le connais pas assez pour en juger.

Je croisais mes mains devant moi, observant le jeune Mignon. Comment était-il arrivé au Manoir, si loin de sa terre natale. De plus, il ne semblait pas prendre goût à ce métier si particulier. Mais, étant de nature observatrice, je voyais clairement ses habitués et il n’était que rarement libre les soirées. Le charme exotique faisait des ravages, sans l’ombre d’un doute.

J’esquivais un sourire, quant à sa relation avec Christophe, il semblait plus à l’aise maintenant, chose que j’essayais d’instaurer. Je haussais des épaules, en penchant la tête. C’est un homme charmant, qui mérite une douceur sans pareille, déclarais-je calmement. J’étais plutôt ravie de la tournure des choses, Angel se permettait de se livrer un peu plus. Mon intention n’était pas de le mettre mal à l’aise, même si la plupart des autres employés de la Maison me voyait comme une peste, et une garce sans pareille, ce que je ne niais pas évidemment, ce n’était cependant pas mon but avec Angel ce soir.

Je hochais de la tête, demandant un thé bouillant, tandis que le jeune homme s’apprêtait à me servir. Comment avais-je pu passer à côté de lui, sans même lui adresser un mot. Je sentais clairement l’atmosphère se radoucir. J’attrapai l’objet, et l’approchai de mes lèvres. J’aimais ce côté brûlant, même si je devais en souffrir, une mauvaise habitude prise lors de mon éducation. Ma mère m’interdisait bien souvent ce genre de chose: ce n’était pas convenable pour une jeune fille de Noble de ne pas savoir boire le thé. J’eus pendant quelques instants un regard lointain, observant cette tasse si singulière, qui représentait ma mère et son éducation.

Son discours, eut cependant le don de me sortir de ma bulle éphémère. Angel me proposait une collaboration, une sorte de pacte en sens d’entre-aide. Je lui lançai un regard perçant, restant silencieuse. C’est étrange cette sensation… moi qui avait toujours été garce avec les autres, mis à part certaines personnes, il était l’une des seules à ne pas me lécher les bottes, ceux qui espéraient un tantinet d’attention de ma part. Son discours était sincère. Une collaboration des plus agréables selon moi. Je reposai ma tasse, me mordillant la lèvre brûlée. Et bien, je te remercie Angel, et sache que c’est réciproque si tu veux tout savoir, répliquais-je en lui souriant légèrement. Nombreux auraient été heureux d’entendre cette phrase, néanmoins Angel était différent. Je hochais de la tête, pour confirmer son discours. Je te remercie de l’attention que tu portes à mon égard, répétais-je.

Je ne prêtais aucune attention aux autres pour une simple et bonne raison: ils ne le méritent pas. Elles sont idiotes, du moins se font passer pour, et c’est quelque chose que je ne peux supporter. Ils ne font aucun effort, essayer de s’attirer les bonnes grâces des Délicieuses ou des fortes têtes de l’établissement avec leurs ragots, rumeurs et j’en passe. Je suscitais cet intérêt, évidemment et je l’appréciais: ce qui doublait la mise. Ce sont des gens comme eux qui me donnent du pouvoir.

 Le respect était de vigueur, je ne supportais pas les effrontées, comme moi je l’étais enfaite.  Connaissant mon propre caractère hautain et prétentieux, je n’avais aucune envie d’y voir une catin se l’approprier. Nombre d’entre elles avaient essayé, et s’en étaient brûlés les doigts.

Tu es différent des autres, toi aussi tu as de l’emprise sur les gens mais tu n’as pas l’air de t’en rendre compte, annonçais-je calmement en passant une main dans mes cheveux. Angel avait beaucoup de potentiel, alors que mon sourire s’élargit devant son discours. Nous n’étions pas si différent l’un de l’autre, la preuve: le même client en commun. Christophe l’a senti, pourtant il n’est pas friand des poules du Manoir, continuais-je rapidement en le toisant encore une fois.
 
Ce qui attirait mes gens chez moi? Je restais naturelle, et tout le monde connaissait mes traits. Mon comportement hautain est une force, là où cela devrait être au contraire une faiblesse. L’assurance, et la confiance. Un gros mélangé, que j’avais reçu depuis mon enfance, et en compagnie de Mathias. Dès mon entrée au Manoir, j’ai su m’imposer, pour ainsi gravir l’échelle.

Cet accent particulier, c’était une arme. Je réfléchis quelques instants, avant de me laisser tomber sur le côté en posant ma tête sur l’accoudoir du canapé. D’où viens-tu Angel? Tu es venu ici, seul? Demandais-je à l’Andalou, avec une curiosité naissante pour ce charme exotique si particulier.

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Angel Del Alba

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MessageSujet: Re: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Jeu 20 Aoû - 14:23

Cette discussion des plus paisibles avait des connotations sincères d'autant plus étranges. Angélique était réputée pour être une véritable peste, et bien que le jeune homme savait que les jalouses avaient tendance à gonfler ces dits défauts, il avait toujours cru à un fond de vérité. Ce caractère marqué était d'ailleurs une des clés du succès que la Délicieuse, qui, contrairement à d'autres prostituées lisses, n'hésitait pas à se montrer entièrement et réellement nue dans tous les sens du terme. Ainsi, les hommes appréciant la vérité sous toutes ses coutures se dirigeaient vers la succube plutôt que vers ces corps sans saveur, ces visages sans expression qui savaient en attirer d'autres. Encore une fois, on en revenait à la théorie des spécificités de chacun, ce qui impliquait que les prostitués pourraient travailler de concert au lieu de se tirer dans les pattes. Etait-ce Angel l'indéfectible et imbécile optimiste ou le monde qui ne tournait réellement pas rond ? Dans ce cas, le Mignon avait presque envie de croire qu'il avait raison, petit sursaut d'arrogance souligné par l'attitude d'Angélique, correspondant si bien à sa théorie. Quand on l'abordait correctement -et que l'on était un homme apparemment- on obtenait d'elle des remerciements. Au fond, elle était probablement une de ces reines éblouissantes et pourtant si seules sur leur trône.

- Un de mes clients cherchait une Délicieuse expérimentée, au caractère fort. Je pourrais le diriger vers toi si tu le souhaite, il est également généreux même si pas autant que Monsieur de Nantère

Tenta timidement Angel, pas du tout habitué à "causer" clients avec ses collègues, encore moins en tutoyant ces deniers. Néanmoins, son interlocutrice lui causait un effet différent, il avait l'impression de réellement la connaître alors qu'ils ne faisaient que se croiser dans les couloirs. Mais elle était là depuis si longtemps que sa silhouette s'était imprimée dans l'esprit du Mignon sans que ce dernier ne s'en rende compte, alors, oui, c'était une connaissance de longue date qu'on ne saurait vouvoyer.

-C'est gentil, merci. Monsieur et Madame Boldwin s'impatientent légèrement avec moi ces derniers temps. Ils aimeraient que je rapporte plus et non seulement me maintenir.

Nouveauté extrême encore une fois. Jamais le garçon de joie n'avait abordé ce sujet avec quiconque. Pas même Romuald. Serait-ce parce qu'Angélique était une femme ? Probablement, sans compter son ancienneté et son savoir-faire. Sans être réellement avide de ses connaissances, trop à l'aise dans son quotidien "tranquille", il pressentait le danger d'un discours qui pouvait à tout moment se durcir. Le couple était plutôt patient avec lui, car Angel n'était pas leur priorité -rapportant assez de bénéfices pour ne pas s'en soucier en premier lieu- mais le temps pourrait transformer leurs "conseils" en ordre. Un peu fragilisé à cette idée, craintif à l'idée d'être mis à la porte, il venait de trouver sans en avoir conscience, le bon moment pour s'en ouvrir à la personne qu'il aurait le moins songé. Pour lui, c'était évident que son ami, mentor, élève et amant serait son confident, mais il n'avait pas pu lui en parler. Peur de décevoir ? Gêne ? Ou simplement manque de coordination ? Peu importe, il faisait aujourd'hui confiance à Angélique pour avoir une conversation des plus banales entre deux prostitués mais qui lui coûtait, à lui, une bonne dose de courage.

-Je viens d'Espagne, d'Andalousie plus précisément, dans le sud... Sinon je suis arrivé ici grâce, enfin à cause... De mon père et de ses amis.

Fit-il sans plus d'informations, sa gorge se serrant tout à coup et ses yeux se perdant dans le vide. Il avait aujourd'hui conscience d'avoir été vendu mais ne savait pas encore si c'était un crime ou un bénéfice. Son père l'aurait certainement achevé à force de le battre, sans parler de cet horrible médecin qui lui avait volé son innocence. Sans doute serait-il revenu plus tard avec des amis, en échange de fournir des produits de toutes sortes à son géniteur. Géniteur dont Angel n'avait d'ailleurs aucune nouvelle puisqu'il ne sortait jamais dehors. Depuis 3 ans qu'il était au manoir, il avait dû mettre deux fois le museau dehors, contraint et forcer. L'enfermement le rendait fou mais sa terreur de la rue le maintenait comme une bride sévère. Avoir été vendu... Cela sonnait horriblement, plus encore parce que c'était finalement ce qui l'avait sauvé.

-Et toi ? Tu sembles apprécier notre métier. Es-tu venue seule ?

Petit à petit, Angel s'était rendu compte de certaines choses concernant les rabatteurs. Il apprenait très lentement à voir les Boldwin autrement que des bienfaiteurs, et autant dire que c'était extrêmement douloureux. Cela paraissait peu probable qu'Angélique soit une de celles qui avait été amené de force, et si tel était le cas, sans doute ne s'en ouvrirait-elle pas... Mais quand même, le Mignon éprouvait le besoin de savoir, d'apprendre à la connaître quand il avait plutôt cherché à l'éviter pendant 3 ans, refusant sa lumière comme il l'avait toujours fait avec les "personnalités" phares du manoir et les ennuis par la même occasion.

Imitant Angélique en attendant sa réponse, il croisa également les bras, sagement, presque détendu malgré les sujets difficilement abordables pour lui. Qui l'eut cru ? La Délicieuse semblait capable de l'apaiser à l'égal de l'eau froide mais pure des lacs, là où son caractère enflammait les esprits, brûlant les trop fortes têtes et les obstacles.
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MessageSujet: Re: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Dim 23 Aoû - 15:27


L'Exotisme fait des ravages
Angel & Angélique





Affalée dans le divan, j'esquisse un sourire, à sa proposition. Plus j'avais de clients, meilleure je m'en portais. C'était bien la première fois que je parlais de ce genre de choses avec un Mignon, n'ayant d'habitude rien à voir avec eux. Je restais dans un cerclé fermé, n'accordant mon attention qu'aux personnes méritantes, comme cette petite apprentie, Roxane. Elle ira loin, si elle continue dans cette direction: chose que j'appréciais au plus haut point. J'en avais assez de voir ces petites ribaudes mal habillées, dévoilant leur chair au premier venu dans le salon. Une femme a un charme naturelle, qu'il faut savoir utiliser. Cela va de soi, qu'il en était de même pour les Mignons du Manoir.

Je penchais la tête. Les Boldwin... des maîtres, des têtes pensantes. Ils tenaient d'une main d'acier le Manoir, connaissant chaque résident dans les moindres détails. Angel avait du mal à se faire un nom dans le milieu. Au début, c'est toujours difficile, seulement après quelques années au Manoir, il n'avait pas tellement réussi à ramener d'autres clients que ses habitués. Je me mordillais la lèvre, avant de passer ma main dans mes cheveux. Voulait-il des conseils de ma part? J'avais l'impression d'être une professeure, enseignant mon savoir à deux élèves particulièrement timides. Non que cela m'en déplaise... mon statut de Délicieuse, je ne l'ai pas volé, je l'ai mérité: par mes multiples talents de prostituées, et par mon ambition. Je ne voulais certainement pas rester une apprentie ou même ribaudes toute ma vie. Je voulais du pouvoir, et parfois même susciter de la crainte. Mon expérience est sans limite, j'ai eu à peu près tout et n'importe quoi entre mes cuisses. J'ai l'impression que tu ne t'investis pas, disais-je d'un ton doux, malgré tout. J'avais pour habitude de ne pas passer par 4 chemins, et Angel ne serait pas l'exception. Je dis les choses comme elles le sont, et ce que je vois, c'est un manque d'investissement dans sa profession. S'il voulait monter les échelons, et paraître plus sûr de lui, il n'y avait pas 36 solutions. Je ne doute pas du fait que ta timidité doit... intéresser tes clients, mais ça ne suffit plus, surtout après autant de temps au Manoir. Il faut que tu sois plus imposant. N'hésite pas à aller voir les clients, pour te faire un nom. Il faut donner de sa personne, sinon tu resteras au sol, déclarais-je calmement en caressant du bout du doigt ma gorge.

L'Espagne, terre des Découvertes. En même temps si près, mais tellement loin. Une route, sans aucun doute bourrée d'aventures, ou même de péripéties. Même confus dans ses paroles, Angel eu le don d'éveiller ma curiosité. Son Père semblait avoir joué un rôle capitale dans cette histoire. Curieuse de nature, je croisais son regard. Que s'est-il passé? Demandais-je sans gène. Malheureusement, j'ai toujours été attentive à ce que je pouvais entendre, même si mon attitude de peste pouvait prouver le contraire. Je faisais un choix sélectif, entre ce que je voulais retenir, et ce qui m'importait peu; mais j'écoutais toujours.

Puis, ce fut mon tour. Mon passé, mes souvenirs d'enfants. Je marquais un temps d'arrêt; je n'avais pas pour habitude de parler de mon passé, ne voulant pas alimenter les ragots du Manoir. Afin de montrer ma bonne foi, je me dévoilais, sans détails croustillants évidement. Je suis née à Paris, dans une bonne famille. Mes parents sont morts dans un incendie, et j'ai grandi avec un ami dans le Centre de la France avant de revenir ici. Disais-je sans once de tristesse. C'est du passé, et je me suis promise de toujours m'en sortir toute seule.
Cette maison est réputée, c'est un honneur de servir les Boldwin. Paris est plutôt réputé pour ses... gourmandes
, terminais-je un peu rapidement, parlant bien évidement des prostituées.

Je n'avais pas honte, c'était même un privilège. La plus célèbre maison close de la ville, et étant par conséquent une Délicieuse, j'avais une clientèle privilégiée, comme des Nobles ou autres Gentilhommes fortunés. Je n'avais pas à me plaindre, mais tout ceci avait un prix, un prix que j'ai payé il y a quelques années, à mon arrivée. Une cage. Je savais dans tout les cas, que ma place ne resterait pas dans les dortoirs communs.
Mon franc-parler, avait au début déplu à nombreuses filles, et même Mignons. J'ai cependant beaucoup de caractères, et ma prétention en effrayait plus d'une. C'est en se faisant un nom que l'on se fait respecter, c'est aussi simple que ça. Et Angel, avait un charisme, une présence qui pouvait lui permettre de s'élever, au même rang que le mien. Était-ce de la peur, de la gène? Il ne prenait pas ce pouvoir un main. Il y avait pourtant tant de privilèges à y gagner... Quitte à être enfermé ici, autant l'être de la meilleure façon possible. De toute façon, nous ne partirons jamais, alors il faut instaurer un confort certain. Et après, et bien... ce n'était que du vin.

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Angel Del Alba

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MessageSujet: Re: Chère Adversaire. [PV Angélique]   Sam 26 Sep - 21:44

Contrairement à lui, Angélique semblait apprécier son travail ici. En réalité, lui-même n'y était pas totalement opposé. Si le rôle de prostitué le dégoûtait, il n'en restait pas moins reconnaissant envers les Boldwins qui l'avaient aidé, projettant de passer sa vie en ces lieux relativement protégés. Ces derniers temps, le jeune homme commençait à entendre des choses peu appréciables sur le couple mais avait-il réellement le choix ? Sa place était ici, dans cette espèce de foire vicieuse où on l'exposait néanmoins comme un trophée au lieu d'un monstre. C'était donc rempli de sentiments partagés que l'Andalou écoutait les arguments de son interlocutrice, suivi de son histoire. Elle aussi avait connue des drames, ou tout du moins, un, n'empêche que cela n'expliquait pas son débarquement dans ce lieu de débauche. Les nobles seraient-ils décidément tous les mêmes ? Prompts à s'aimer comme des frères lors de grandes fêtes familiales mais refusant d'aider le proche dans le besoin lorsque l'heure de prouver sa tendresse était venue. Bien malgré lui et sa timidité, Angel réagit du tac au tac.

-Personne de ton entourage ne s'est décidée à t'accueillir ? Ce que tu as vécu est une double tragedia. El incendio a causé la perte des tiens et a révélé la félonnie des autres. J'en suis désolé.

Acheva-t-il sur un ton plus doux, presque désolé, comme s'il avait été le coupable de ces horreurs en chaîne. Pour se dédouaner ou simplement se rapprocher de son aîné, l'Andalou poussa un léger soupir, prit son courage à deux mains et raconta sa propre vie comme demandé. Ses souvenirs étaient flous, parfois déformés car les Boldwins l'avaient récupérés dans un état second après la série d'abus excercés sur lui par l'ami médecin de son paternel -dont il ne savait toujours pas le nom- et ses amis.

-Mi padre chérissait ses enfants, il était un bon padre en réalité, c'était moi le mauvais hijo. Au début j'étais même le favori, adoraba a mon village; là-bas, en Andalousia... Mais quand j'ai grandi, j'ai commencé à avoir des façons de faire qui déplaisaient, j'ai lutté contre mais... Mais c'était impossible. J'avais beau ne pas me sentir femme, et aujourd'hui encore, je suis heureux d'être un hombre, toutefois mes manières ressemblaient à celles de la gente féminine. Le village nous a rejeté, mi madre a tâché de nous protéger. La réaction de ces "rustres" ne devait pas leur importer car ils avaient toujours rêvés de s'installer en France. Elle me déguisa en chica et m'apprit leurs règles de vie et secrets pour éviter le même rejet à Paris. Je ne devais plus être un hombre, quoique cela m'en coûte. Mi padre me détestais d'avantage, ayant honte, atteint dans son statut de jefe de familia. Il avait perdu sa fortune bien avant ma naissance déjà, et désormais perdait sa virilité... Mais il m'a gardé sous son toit par respect pour sa femme. Nous sommes arrivés ici, démunis, mi madre est tombée malade et est mort. Alors il en a profité pour... Pour me vendre.

Bien sûr, Angel avait un peu éludé, tant pour éviter d'ennuyer Angélique que pour ne pas se mettre à pleurer ou augmenter la honte qui colorait déjà ses joues pourtant mates. L'humiliation quotidienne, l'odeur de l'alcool mêlée à celle du sang, les coups et surtout les viols, heureusement en dernière instance. Non vraiment, en racontant son histoire, le jeune homme se persuadait toujours un peu plus que son avenir était dans le manoir. Ca n'était pas l'idéal mais c'était mieux qu'avant, et sûrement mieux qu'un futur sans la protection de ces murs. Déterminé par l'attitude d'Angélique ainsi que ses propres souvenirs, l'Andalou fronça légèrement un sourcil, accompagnant son interlocutrice dans sa recherche de "comment améliorer ses revenus". Il lui était très reconnaissant de chercher à l'aider, même si la solution le mortifiait d'avance. Aller vers les clients ? Sa situation était particulièrement délicate en ce sens, car les hommes hétérosexuels pourraient très mal prendre ses avances, tout comme les homosexuels qui s'acceptaient mal, et surtout, considéraient que l'approche devait être de leur fait afin de conserver un brin de masculinité.

-Comment pourrais-je faire ? Je veux dire, je suis prêt à essayer, c'est seguro... Mais Comment trouver les clients dans mon cas, et surtout les aborder sans risquer qu'ils me cassent une narine, de la colère ou de la honte ?

Autre problème, il lui manquait des techniques pour séduire, il savait y faire une fois dans la chambre, mais pour attirer, il avait peu de savoir faire, au contraire de la belle Angélique. Son pouvoir était tel que même en parlant simplement avec lui, elle semblait oeuvrer à le séduire. Pas pour rien que Miss Fournieu était si réputée dans le Manoir. Appréciée même pour ses caprices.
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Chère Adversaire. [PV Angélique]

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