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 Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)

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François d'Avranches

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MessageSujet: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 0:27

Toute la soirée, j’avais écumé les salons les estaminets de la capitale à la recherche d’Amédée Longevin, probablement livré à son occupation favorite, qui était de s’enivrer. Victime de son alcoolisme, qui avait ces derniers temps atteint un degré préoccupant et particulièrement néfaste pour nos affaires, ce dernier avait conservé sur lui le contrat qui nous liait au Duc de C., dont les idées révolutionnaires contrastaient vivement avec les origines aristocratiques. Ses écrits, que nous étions chargés de publier, feraient l’effet d’une bombe dans la bonne société parisienne … sous réserve qu’Amédée n’ait pas égaré le contrat. Tout avait été imprimé ce matin, mais sans ces papiers, nous n’aurions pas un sou. Or, je ne faisais plus guère confiance à Amédée pour se réveiller à temps afin de recevoir le Duc de C., demain, à l’aube.

Renseigné par la Mme de S., je finis par apprendre que mon ami et associé était parti pour le Manoir des délices, dont il appréciait la fréquentation. Il m’y avait emmené un soir, et je me laissais aller à y rechercher la compagnie des femmes de ce fascinant lieu de perdition, dont la plupart ne voyaient aucun inconvénient à des pratiques sexuelles que j’affectionnais et que le clergé qualifiait pudiquement de déviantes.

Mon cabriolet parvenu au manoir, je gagnai prestement l’entrée, et entrepris de demander où se trouvait mon ami. Je finis par apprendre qu’il était monté en galante compagnie, et fort onéreuse qui plus est, puisqu’il s’agissait d’une Délicieuse, dont les tarifs pour une nuit de leurs charmes me faisaient blêmir. Gagnant le premier étage, orienté par des filles à moitié vêtues et volontiers taquines, j’entrai après avoir brièvement frappé à la porte d’une chambre, sans trop de cérémonie. Au milieu d’un luxe surprenant, même compte tenu de l’endroit, j’avisai Amédée, ivre mort, à moitié vautré sur un fauteuil qu’il avait inondé de vin. Sa chemise était entrouverte, et son pantalon baissé, et des tâches de liquide pourpre et de sueur jaunâtre maculaient ses vêtements. Une bouteille vide avait roulé sous le fauteuil, complétant le tableau peu ragoûtant que j’avais sous les yeux.

Sur ma droite, je perçus un mouvement, et perçus soudain la présence d’une femme presque nue, qui venait à peine d’entreprendre de se vêtir lorsque j’étais entré à l’improviste. Si j’avais douté de son identité, ses formes splendides et le charme vénéneux avec lequel elle se cambra pour marquer sa présence et son autorité dans cette chambre me convainquirent instantanément qu’il s’agissait de la Délicieuse sur laquelle Amédée avait jeté son dévolu. Du reste, elle ne m’était pas inconnue, et si je ne l’avais jamais vue dans le plus simple appareil, son visage m’était parfaitement familier. Cette Délicieuse croisait régulièrement mes pas dans le manoir, et pour une raison qui m’échappait totalement, déployait des trésors d’ingéniosité pour éviter d’entrer en contact avec moi. J’avais vaguement supposé que je me faisais des idées, mais d’autres filles du lieu s’étaient étonnées de son jeu, inconscientes du fait que revenu sur mes pas, j’entendais leur conversations. La Délicieuse Angélique jouait de son sourire, son éventail et ses mouvements graciles pour s’esquiver en ma présence, et prenait toujours soin de passer d’un groupe d’invités à l’autre afin de ne jamais se retrouver seule avec moi. Tant est si bien que naturellement, je n’avais jamais pu profiter de ses charmes, alors même que son manège intrigant finissait par susciter en moi autant de désir que d’irritation.

Voilà que nous étions face à face, sans qu’aucun de nous ait pu le prévoir, et qui plus est, j’étais libre de l’admirer en tenue d’Eve. Sa beauté m’impressionna. Je prononçai un simple « Bonsoir », puis, presque intimidé, me détournai pour tenter de réveiller Amédée. Je compris rapidement qu’il me serait impossible de le réveiller, et jugeai son état préoccupant. Soupirant, j’entrepris de le fouiller pour pouvoir payer Angélique et le ramener chez lui, mais avec une stupéfaction croissante, je me rendis compte qu’il n’avait sur lui ni sa bourse, ni même le contrat signé par le Duc de C.

Alarmé, je me retournai vers la Délicieuse, plus du tout soucieux de son intimité ou de son apparente inimitié, et prononçai vivement, avec une note d’inquiétude évidente : « Mon ami n’a plus sa bourse ni ses papiers … Avez-vous déjà été payée ? Savez-vous où il aurait pu les mettre ? »

Sans contrat, la faillite nous guettait … Et sans la bourse d’Amédée, la Délicieuse ne serait pas payée, à la grande fureur des Boldwin.


Dernière édition par François d'Avranches le Sam 15 Aoû - 1:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 1:18


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Je n’étais pas enchantée, clairement. Ce gentilhomme avait débarqué au Manoir, fort alcoolisé, jouant avec des petites ribaudes avant de jeter son dévolu sur moi. Habituellement, je n’accepte jamais ce genre d’individus, je suis une Délicieuse, j’ai un honneur à tenir tout de même, malgré ma profession assez cocasse. Cependant, j’en avais rapidement parlé avec Amélia, présente dans le coin, qui m’avait assuré que sa bourse était bien pleine, et qu’il me payerait grassement, au-delà des prix déjà élevés de mes services. Même si j’étais assez sélective quant à mes clients, l’argent prenait toujours le dessus et j’aime malgré tout plaire et satisfaire n’importe quel client me réclamant.

Je gardai cependant mon grand sourire, avant d’accompagner Amédée. Il venait souvent au Manoir, se délectant des femmes, et je n’avais jamais partagé sa couche passant toujours entre les mailles du filet. En général, il partait avec une apprentie, préférant dépenser le plus cher de son argent dans l’alcool.
Son odeur pestilentielle, et son hygiène peu prometteuse me dégoutait quelques instants, avant que je ne passe la porte de la chambre de luxe, dans laquelle j’avais habituellement mes marques avec mes clients.
Il tenait à peine debout. Je gardais cependant en tête ma paie. D’un geste gracieux et sensuelle, j’enlevais délicatement mon corset, espérant susciter une autre réaction qu’un hoquet d’ivrogne. Je m’approchai comme une féline, l’aidant à se déshabiller, chantonnant un petit air doucereux pour le détendre, le pauvre il était si excité qu’il n’arrivait pas à ôter son pantalon, amplifié par l’alcool qu’il tenait en main. Je le poussai non sans violence contre le fauteuil, m’apprêtant à lui procurer un plaisir des plus agréables, avant que je ne sente la bouteille tomber, et rouler sous le fauteuil. Je plongeais mon regard dans le sien, avant de le voir tourner de l’œil, complètement ivre et saoul.

Et bien, ça fera cher pour le déshabillage. Je soupirais en levant les yeux au ciel. Je n’avais pas pour habitude un tel comportement, ce qui me poussait dans ma réflexion de ne plus jamais recevoir d’hommes ivres.  Moi qui me pliais à chaque règle de mes clients, Amédée ne recevra rien de plus de ma part. J’observai quelques instants son sexe mou et flasque, avant de ricaner et de me rediriger vers le lit, où j’avais balancé mes affaires.

A peine habillée, la poitrine à l’air et les fesses en arrière, la porte s’ouvrit après quelques coups. Je tournai rapidement mon regard vers cet étranger, avant de déglutir. François. Évidement, je devais tomber sur lui ! Je restais quelques instants sans voix, l’observant observer mes courbes généreuses, avant qu’il ne s’approche de son ami éméché. Je fermais les yeux quelques instants, finissant calmement de m’habiller, avec mon corset et ma longue « jupe » qui laissait entrevoir mes cuisses pâles. Je tournai le dos à François, évitant son regard.

Il ne se souvenait pas de moi, et tant mieux. Je n’avais en aucun cas envie de renouer avec mon passé. C’était derrière, et malgré notre différence d’âge, et surtout le temps passé, je me souvenais de son visage. Un visage si charmeur, il ne s’était qu’embelli avec le temps. Sa carrure était impressionnante, et son corps plus qu’attirant. Je me mordais avidement la lèvre, avant de stopper mes gestes à ses dires. Je me retournai lentement, haussant un sourcil d’un air dubitatif. Pardon? Non… je ne suis avec lui que depuis quelques minutes. Je m’approchai rapidement des deux hommes, comme pour vérifier par moi-même son discours.
Comment pourrait-il me payer, si on lui avait dérobé sa bourse? Il me semblait pourtant l’avoir vu l’agiter dans tout le Manoir en arrivant. Je ne croisais toujours pas le regard de François, mettant mes mains sur mes hanches, un tantinet énervé. Le temps c’est de l’argent, et le mien était précieux. Quel idiot, à force d’agiter sa bourse dans tous les sens aux yeux de tous… murmurais-je entre mes dents, d'un air agacé.

Les Boldwin seraient furieux. Et, même si cet ivrogne le méritait, je ne voulais pas que François en paie les frais. Il y a plusieurs années maintenant que je ne l’avais vu, et pourtant je ne voulais lui faire du tort, même si je devrais m’en moquer royalement. Il était la seule partie de mon passé qui me restait, mais fort heureusement, il ne semblait pas me reconnaitre. Vous allez avoir des ennuis, disais-je en passant une main dans mes cheveux, que je rabattis sur mon visage cachant à le moitié dans un geste innocent.

Une Délicieuse avait un prix ici, et j’étais l’une des plus précieuses.

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François d'Avranches

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 1:56

Dévoré par l’anxiété à l’idée que le contrat avec le Duc de C. ait disparu, je faillis bien ne pas remarquer le regard étrange que me jetait la Délicieuse lorsque je me tournai vers elle. Se mordant légèrement les lèvres, son expression trahissait une forme d’appétit charnel, animal, sensuel. Perplexe quant à son attitude envers moi, j’enregistrai le fait, sans l’analyser. Amédée ne l’avait pas payée. Angélique, si douée pour s’éloigner de moi en temps normal, s’approcha du fauteuil, et se campa là, les mains sur les hanches, l’air souverainement agacé et dédaigneux. Elle marmonna quelque chose, d’une voix presque sifflante, sans bouger les lèvres, ce qui m’évoqua immédiatement un serpent, et me renvoya une fois de plus vers Eve, la tentation … Encore qu’Angélique soit à présent vête d’un corset et d’une jupe. L’ensemble restait très aguichant, mais moins intime.

« Quel idiot, à force d’agiter sa bourse aux yeux de tous … » crus-je distinguer avec horreur. Et le contrat ? Où était-il donc ? Au diable la bourse … encore que sans elle, mon associé risquait fort de compromettre la santé financière de notre imprimerie. « Vous allez avoir des ennuis », prononça à haute et intelligible voix la Délicieuse, avec un ton faussement négligent.

Je lui fis face, son visage très proche du mien. Sa chevelure lui couvrait la moitié de la figure, et alors même que ses traits m’étaient en partie cachés, j’eus une sensation de déjà-vu, liée à mon adolescence en Normandie. Improbable, pourtant.

« Si Amédée est ici et qu’il n’est plus en possession ni de sa bourse ni de ses papiers, quelqu’un les lui a dérobés. La personne la plus susceptible de l’avoir dépouillé de ses biens, c’est vous, la Délicieuse qui l’a reçue en privé et l’a regardé s’assoupir. Quand bien même vous prétendriez le contraire, il serait facile, à Amédée comme à moi-même, de persuader vos patrons de votre culpabilité. Qui plus est, quand bien même ils ne nous croiraient pas et nous chassaient d’ici avec des coups, comptez sur nous pour avertir les services du préfet de police, ce qui nuira considérablement à la réputation de votre manoir, n’en doutez pas. Les Boldwin ne vous diront pas merci, que vous soyez innocente ou non, et quoiqu’ils puissent croire. C’est votre parole contre celle de deux clients, et même si je vous crois innocente, ne croyez pas une seconde que j’hésiterai à vous accuser, car mon associé et moi n’avons tout bonnement pas d’autre choix. Il nous faut sa bourse et les papiers qu’il avait sur lui, sans quoi nous aurons bien plus à craindre qu’une simple bastonnade de la part des cerbères des Boldwin. »

J’avais raisonné à voix haute, au fur et à mesure que mes idées se structuraient. Ma logique me parut indiscutable. J’espérais qu’il en serait de même pour Angélique, car quoi que je dise, si elle recourrait aux Boldwin, la situation serait catastrophique pour moi. Certes, je pourrais réellement tenter de nuire à la réputation du manoir, mais mon affaire serait ruinée.

« Voilà ce que je vous propose … » Mon esprit tournait à plein régime, stimulé par le stress. « Si vous êtes réellement innocente, comme je le crois, aidez-moi à remettre la main sur la bourse et les papiers, et non seulement je vous donnerai votre salaire, mais je vous offrirai un supplément correspondant au double de vos honoraires pour cette nuit. Une somme dont vous n’aurez jamais à parler à vos patrons, et dont vous conserverez l’intégralité. Il faut trouver ceux qui ont eu l’occasion d’approcher Amédée avant vous … Vous connaissez bien le manoir, guidez-moi et vous n’aurez pas affaire à un ingrat. Je vous défendrai au besoin, et si l’on vous questionne, répondez que je suis votre client pour la soirée. »

Mon plan tenait la route. Je me permis une touche d’humour acide : « Même si j’ai toujours eu l’étrange impression qu’avec beaucoup de soin, vous avez toujours veillé à ce que je ne sois pas votre client … »[/b]
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 2:52


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François & Angélique





Moi qui n’osais regarder François dans les yeux, son discours me fit légèrement pâlir, avant de reprendre pied et de lui jeter un regard cinglant. Du chantage? Et bien, il fallait avouer que j’étais dans une situation délicate. J’eus, cependant pendant quelques secondes un léger sourire, en souvenir du passé. Il n’avait pas changé, il était toujours le même, intelligent et réfléchissant au quart de tour. Quand nous étions plus enfant, il se débrouillait toujours pour trouver des excuses quand nous étions dans des situations embarrassantes, quitte à me faire mentir mais à nous sauver d’une réprimande sévère, de nos parents  ou des adultes présents.

Je tournai la tête, chassant ce sourire de mon visage, avant de lever les bras, dans une sorte d’arabesque sensuelle propre à mon caractère d’effrontée. Si vous voulez fouiller, je vous en prie. Je n’ai rien sur moi, déclarais-je avec défi en faisant une petite moue avant de lancer un nouveau regard cinglant à François. J’écoutais cependant attentivement son discours, qui respirait la logique à plein nez. Soit, je n’avais pas été payé, mais si la coupable était retrouvée, j’aurais largement gagné ma soirée. Je réfléchis à mon tour, hésitante avant de baisser mes bras le long de mes hanches, le regard suspicieux. Soit, très bien, je vais vous aider, déclarais-je en m’éloignant un peu de lui, réajustant mon corset au niveau de ma poitrine et mes longs cheveux en arrière. Je devais me calmer et rester naturelle, car après tout cela remonte à peu de 10ans.

Si les Boldwin entendaient vent de cette histoire, je n’étais pas sortie de l’auberge. Ils avaient confiance en moi, et ce genre de fait les mettrait plus qu’autre chose dans l’embarras face à la Police par exemple. Je ne pouvais pas me permettre que cela s’ébruite trop. J’avais toujours suivi les règles, aussi difficiles soient-elles et cela m’avait permis d’accéder plus rapidement au rang de Délicieuse malgré mon sale caractère.

Je jetai un regard de dégout sur Amédée, avant de toiser encore une fois François. Il avait beaucoup plus d’assurance que quand nous étions adolescent, et ce n’était pas pour me déplaire, lui qui suscitait l’attention de toutes les pucelles de la région à l’époque. Que diraient-elles si elles le voyaient aujourd’hui en homme? Un très bel étalon.

Malheureusement pour lui, ce n’est pas la bonne bourse qui s’est vidée, murmurais-je en levant les yeux au ciel, avec néanmoins un petit ricanement, avant de me diriger vers la porte, en tendant mon bras pour montrer la sortie. J’eus néanmoins un léger stop, à ses derniers mots. Non, bien sûr il n’était pas stupide. Je lui tournai le dos encore une fois, réfléchissant rapidement avant de balancer mon regard derrière mon épaule, tout sourire en levant un sourcil. Vous ne m’avez jamais faite demandé, répliquais-je à nouveau d’un ton effronté, en m’approchant de lui.

Le revoir, si près de moi, et même me parler m’intriguait. Que pouvait-il faire donc à Paris? Pourquoi venait-il ici? Avec son rang de fils de Noble, même bâtard, il pouvait se permettre d’avoir des Terres, et une femme, même des enfants lui qui était déjà plus âgé que moi. Je tournai cependant ma langue dans ma bouche avant de parler. Et bien, vous venez? On peut le laisser ici, à cette heure, les clients n’entrent plus, disais-je en montrant Amédée d’un hochement de tête. J’attrapais le bras de François, avec la mauvaise habitude de passer mes doigts sur son poignet, comme quand j’étais plus jeune avec mon père, ou encore lui-même. Un geste anodin, qui pouvait avoir des répercutions dans l’esprit du jeune homme si il se souvenait de ce détail. J’avais pris l’habitude de toucher mes clients de la sorte, n’ayant cependant plus souvenir que cela venait de mon enfance.

Je passais mon autre main dans mes cheveux, et commençais à avancer en sa compagnie dans les couloirs. Je souris aux quelque ribaudes présentes dans les couloirs qui baissaient le regard à notre passage, ou murmuraient à toute vitesse. Je passai alors délicatement ma main sur le torse du jeune homme, avant d’attraper la sienne et de la poser sur ma poitrine, montrant à l’occasion à ces guenons qu’il était à moi, puis d’emprunter un passage plus étroit et calme. La plupart des filles étaient maintenant occupées, ainsi nous étions plus discrets. Que faites-vous dans la vie? Demandais-je calmement, curieuse de connaitre l’avenir de François. Après l’incendie de mes parents, je n’avais plus revu le jeune d’Avranches, j’avais 13ans à cette époque.

Je baissais néanmoins la tête, quand même soucieuse du fait qu’il me reconnaisse. Ça ne serait pas vraiment important, mais je n’y tenais pas. Je voulais faire pâle figure, comme je l’ai toujours fait depuis mon retour à Paris, même si je n’hésitais pas à crier au et fort mon nom de famille au début pour ruiner la réputation de la tante Merteuil. Maintenant, ma réputation se base sur seulement Angélique, du Manoir des Délices.

J’osai cependant un petit regard en coin, observant les réactions du jeune homme.

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François d'Avranches

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 10:57

Provocatrice et visiblement d’humeur très espiègle, la Délicieuse me mit au défi de la fouiller. En dépit de l’urgence de la situation, je faillis céder à la provocation, tant elle m’attirait. « En dépit de l’immense envie que j’ai de répondre à votre petit jeu en explorant sans vergogne la moindre parcelle de votre corps splendide avec la plus grande mauvaise foi du monde sous le prétexte d’y retrouver les objets dérobés, je crains de devoir me concentrer sur la bourse et les papiers avant tout. Naturellement, une fois que nous y serons parvenus, si vous renouvelez votre proposition, ce sera avec grand plaisir que j’entreprendrai de vous fouiller. »

A mon grand soulagement, Angélique accepta sans protester de m’assister dans mes recherches, sans alerter ses patrons. J’eus l’impression qu’on m’avait ôté un poids de la poitrine. Qui plus est, je supposais qu’une Délicieuse se verrait ouvrir bien des portes dans cet endroit, là où une ribaude n’aurait eu que peu de liberté de mouvement. Elle allait m’être d’un secours précieux, d’autant que je ne pouvais rien tirer de mon associé. Au moins, ça ne changera guère de d’habitude, songeai-je avec un humour mâtiné d’amertume.

Visiblement, mon associé et ami n’avait pas fait meilleure impression à Angélique avant de s’effondrer dans son fauteuil, et la jeune femme évoqua métaphoriquement son incapacité sexuelle avant de gagner la porte pour sortir de la pièce. Là, elle tourna le visage vers moi, l’air toujours aussi mutin, et avec un aplomb monstrueux, déclara que je ne l’avais jamais demandée. A quel jeu cette fille jouait-elle ? Après m’avoir esquivé avec une belle insistance depuis mon arrivée au manoir, voilà qu’elle me provoquait nettement, faisant tout pour me convaincre de céder à ses charmes. Cela faisait-il partie d’un jeu de séduction élaboré auprès des clients, ou ressentait-elle pour moi un fort désir mêlé de crainte ?

« Croyez-moi, je me serais fait un plaisir de rechercher votre compagnie si vous m’aviez envoyé le moindre signal positif en ce sens depuis que je fréquente ce lieu, mais vous vous êtes toujours dérobée avec tant d’habileté que je n’ai point voulu vous importuner. J’ignore si votre revirement actuel fait partie d’un petit jeu particulièrement astucieux destiné à me faire me consumer de désir pour vous, mais n’ayez aucun doute sur le fait que je suis sensible à votre délicieuse personne, puisque Délicieuse il y a. S’il n’y avait cette affaire urgente à régler, je me ferais une joie toute particulière de vous trousser avec la dernière énergie, en vous gratifiant d’une bonne fessée pour vous faire ressentir toute la frustration que j’ai accumulée en vous voyant valser hors de ma portée tout ce temps. »

Après un dernier coup d’œil à Amédée, toujours gisant dans le fauteuil, j’emboîtai le pas à la Délicieuse provocatrice, qui avait saisi mon poignet dans sa main et m’entraînais déjà à sa suite d’un air décidé. Elle me rappelait cette enfant que j’avais connue autrefois chez mon père, et avec qui j’avais parfois joué. Elle aussi se prénommait Angélique, d’ailleurs, par un hasard amusant. Décidément, j’étais nostalgique ! Je me contraignis à me concentrer sur l’instant présent.

Me voyant escorté par la Délicieuse, la plupart des autres filles s’écartèrent respectueusement de notre passage, et nous pûmes avancer rapidement dans les couloirs. Soudain, Angélique passa sa main sur mon torse, ce qui me surprit, mais j’appréciai la sensualité de ses doigts sur ma peau. Elle prit alors ma main pour venir la poser sur sa poitrine, sous le regard attentif des ribaudes alentour. Elle marque son territoire, compris-je, et enhardi par la tournure des événements, je caressai sans hésiter ses épaules, son cou et la naissance de ses seins, trop harnachés dans son corset pour que je puisse en profiter davantage. Si Angélique m’avait évité jusqu’alors, elle ne pouvait plus se dérober en cet instant, et je laissai ma physionomie comme mes gestes trahir le profond désir charnel qui m’animait en cet instant. Pour un peu, je l’aurais culbutée à même le sol, dans le couloir, sous le regard des filles et de leurs clients. La voir gémir sous mes assauts en public m’aurait empli d’une satisfaction sauvage.

Tandis que je ruminais ces pulsions, Angélique me fit emprunter un couloir plus étroit, dans lequel nul ne se trouvait. Tout à trac, la Délicieuse m’interrogea sur ce que je faisais dans la vie, suivant visiblement le fil de ses propres pensées.

« Je suis imprimeur à Paris … Amédée et moi avons fondé notre propre affaire, et nous nous débrouillons fort bien, même si son penchant pour la bouteille nous pose actuellement quelques problèmes, comme vous avez pu le constater … »

Décidément, soit cette Délicieuse jouait les courtisanes en virtuose, soit elle faisait preuve pour moi d’un intérêt certain. J’aurais donné cher pour savoir ce qu’il en était vraiment !

« Vous m’intriguez, je l’admets, et même si la question doit bien souvent vous être posée par des clients libidineux, je serais curieux de savoir d’où vous venez et ce qui vous a menée au Manoir des Délices. Vous n’avez pas la diction d’une femme de la rue … »

Ni le maintien, d’ailleurs. Il était fort probable qu’Angélique ne soit pas issue d’un milieu populaire.

« Amédée n’a pu se faire dérober ses biens que par une personne du Manoir ou un client. Auriez-vous une idée des filles ou employés qui l’ont approché ce soir avant que vous ne l’attiriez dans vos filets ? Savez-vous s’il a salué quelques habitués du manoir avant de gagner votre chambre ? Peut-être l’un des employés pourrait-il nous renseigner, si vous le lui demandez … »
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 16:11


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François & Angélique





Le jeune homme en profitait largement, et je ne pouvais lui en vouloir. N’étais-je pas, après tout l’une des Délicieuses les plus appréciées pour ma beauté au Manoir? Il n’était pas insensible, et c’était bien évidement mon rôle. Faire pâlir tous les hommes pris dans mon filet, et savoir que je pouvais susciter cette excitation même dans un moment peu approprié m’enchantait.

Je pouvais sentir son cœur battre à travers sa fine chemise, son cœur qui s’accélérait sous le poids de mes caresses doucereuses.  L’art de la séduction et du désir sont des armes meurtrières, et je n’avais aucune prétention à en être parfaitement le maître. Un léger soupir satisfait s’émanait de ma bouche à son contact avant que les dernières ribaudes ne s’en aillent, piaillant comme des poules face à mon comportement d’habitude fuyard face à François.

Il fallait faire attention, ici la rumeur court plus vite que le temps. Même si mes gestes, avaient à la base servis à marquer mon territoire, je n’en pris pas moins un plaisir particulier devant sa plastique parfaite. Je jetai un dernier coup d’œil dans le couloir, m’assurant qu’il n’y avait plus personne avant de reposer mon regard sur François. Une imprimerie… c’est intéressant. Malheureusement, je ne sais pas lire, disais-je d’un ton détaché. Mensonge, mon père avait un point d’honneur à m’enseigner ce savoir noble dès mes premiers mots mais ce n’était pas le cas de toutes les catins ici. Une grande partie d’entre elles ne savaient pas lire une phrase, ni même reconnaitre un mot à l’écrit. L’alcool est un poison pour la plupart des hommes, continuais-je, en parlant d’expérience. Jamais je n’acceptais un ivrogne, mise à part ce soir, car j’avais déjà vu les ravages que cela peut faire pour certaines filles courageuses, qui n’avaient pas le choix, au son de la bourse pleine qu’ils avaient.

J’essayais de garder un visage inexpressif devant son discours balayant ma main sur son torse musclé, faisant mine de ne pas écouter dans les détails. Je suis d’une région voisine, ajoutais-je sans détail, mentant encore une fois à mon ami d’enfance. Ce qui n’était pas totalement inexact. J’avais grandi à Paris certes, mais avais ensuite passé une bonne partie de mon adolescence dans le Centre de  France. Mais malgré tout, j’avais gardé mes manières de jeune fille bourgeoise parisienne si durement instruite par ma mère. J’ai toujours eu beaucoup de facilité à satisfaire les hommes… dans tous les sens du terme, répliquais-je en le toisant de mon regard émeraude. Autant faire d’une pierre de coup en monnayant mes services, terminais-je, avec un petit sourire en coin charmeur.

Malgré ma situation, j’étais joueuse. François pouvait me reconnaitre, et malgré tout, je ne pouvais m’empêcher de le séduire à ma façon. Il faudrait demander à…
J’entendis des bruits de pas, et je dirigeais ainsi rapidement mon visage vers celui du jeune homme, attrapant ses lèvres avec les miennes, posant mes deux mains sur son torse en le poussant avec violence contre le mur. Surement un surveillant, protégeant les filles, et s’assurant du bon fonctionnement au Manoir. Un goût sucré, et un petit frémissement alors que je décalais ma tête sur le côté, attrapant la gorge du gentilhomme avec ma langue, et posant au passage mon regard sur le surveillant, qui me sourit en continuant sa route. Il faut faire attention ici, murmurais-je calmement. Surtout à cette heure là, continuais-je en croisant une nouvelle fois le regard de François. 

Je me décollais doucement de son corps chaud, en passant une main dans mes cheveux comme à mes habitudes. Devrais-je vous faire payer ce petit hors-d’œuvre, mimant une mine hésitante, en posant mes mains sur mes hanches.

Je réajustais encore une fois mon corset, avant de continuer. Il faudrait trouver les ribaudes qu’il a salué toute à l’heure. Je me souviens du visage de quelques s’unes. Il fallait donc retourner près du salon dans l’entrée du Manoir. J’attrapais une nouvelle fois le poignet de François, avant de me diriger rapidement vers la fin du long couloir étroit. Peut être la prochaine fois, devriez-vous garder les papiers importants sur vous, disais-je d’un ton amusé, rabattant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.

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François d'Avranches

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Sam 15 Aoû - 23:51

Tel un esprit du vent taquin, Angélique, la Délicieuse Angélique, continuait à me surprendre, quel que fût mon angle d’attaque. Prenant un malin plaisir à me déstabiliser, féminine en diable, mystérieuse, elle ne ratait pas une occasion de me taquiner et de m’aguicher, faisant tout pour m’attirer et me rendre fou de désir, après m’avoir fui aussi longtemps. Son langage témoignait d’une réelle profondeur d’esprit, et elle utilisait des tournures de phrases et des expressions que nulle personne issue d’un milieu populaire ne saurait employer, et prétendait pourtant ne pas savoir lire. Si elle déclara venir d’une région voisine, elle se garda bien d’évoquer ses origines, et préféra me relancer sur ses talents de séductrice. Alors qu’enfin, elle allait répondre à ma question concernant ceux qui avaient pu entrer en contact avec mon associé, elle s’interrompit et me plaqua brutalement au mur, tout en m’embrassant. Je lui rendis bien volontiers son baiser, tandis qu’elle venait poser ses lèvres dans mon cou. Un employé du manoir à la mine patibulaire passa devant nous, et Angélique lui adressa un hochement de tête de connivence. Manifestement, elle avait tenu à donner le change auprès du personnel, comme elle l’avait fait devant les ribaudes à l’instant. Angélique me parlant de lui rémunérer ce qu’elle décrivait comme un petit hors-d’œuvre, je ne pus m’empêcher de lui répondre : « Cette petite entrée en matière m’a mis l’eau à la bouche, j’en conviens. Je serai ravi de passer à table, et de voir ce que vous avez prévu pour le plat principal. Un petit quelque chose me dit que je reprendrai même du dessert, avec votre permission. »

Alors qu’elle s’écartait déjà de moi, je poursuivis : « Toutefois, en ce qui concerne vos gages, je crains qu’il ne faille nous dépêcher de mettre la main à la pâte, sans quoi le dîner sera maussade. Toutefois, si l’envie de me faire goûter aux délices que vous me promettez depuis tout à l’heure vous agrée, je suis tout à vous, et ce dès maintenant. »

Et en dépit de tout bon sens, je savais que c’était vrai. Cette femme m’excitait tellement que si elle me proposait de faire l’amour avant de reprendre nos recherches, je n’hésiterais pas une seconde, alors que mon instinct comme ma raison me hurlaient de retrouver au plus vite le contrat. Quelle que puisse être l’issue de nos aventures ce soir-là, je me jurai intérieurement de ne pas manquer de répondre physiquement aux provocations de la Délicieuse.

Angélique m’entraînait à nouveau dans les couloirs, suggérant qu’elle pourrait retrouver certaines ribaudes qui se trouvaient dans le sillage alcoolisé d’Amédée tout à l’heure. Toujours aussi mutine, elle m’adressa une nouvelle pique, me suggérant à l’avenir de garder les papiers importants sur moi. « Une idée lumineuse, ma foi … Peut-être serez-vous surprise d’apprendre que j’y avais également songé ? Hélas, ce brave Amédée, persuadé qu’il serait parfaitement à même de rencontrer notre client le lendemain, a voulu me prouver qu’il assurait parfaitement son rôle en tant qu’associé. Quand je suis revenu à l’imprimerie cet après-midi, un apprenti a fini par m’avouer qu’il avait pris avec lui les papiers. L’apprenti a bien tenté de s’interposer, suivant en cela mes recommandations, mais Amédée l’a menacé de le jeter dehors, et il s’est tu. »

Je haussai les épaules. « Du reste, peu importe à présent … Le vin est tiré, il faut le boire, comme mon cher associé le dirait s’il était encore capable de parler en cet instant. Il faut que je récupère les fonds d’Amédée, et ces papiers. Je règlerai mes comptes avec Amédée plus tard. »

Je souris à la Délicieuse, l’attrapant par la taille : « Au moins, cette mésaventure a le mérite de me permettre d’être en votre compagnie … » Je frottai mon nez contre le sien.

« Bien … Trouvons ces ribaudes, avant que notre manège n’attire l’attention. On va finir par trouver que nous passons trop de temps à marcher hors des chambres au lieu d’être allongés dans l’une d’elles. »

Naturellement, j’étais tout à fait disposé à donner le change au besoin, là encore.
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Lun 17 Aoû - 13:35


Un fragment du Passé
François & Angélique





Quel charmeur, franchement ! J’esquivais un petit sourire, en levant les yeux au ciel avant de me diriger vers le salon, passant devant certaines filles qui montaient à l’étage, prendre place dans les chambres avec leur client. François était facilement influençable, chose qui me marqua. Dans mes souvenirs, il se montrait plus dominant, et fier: mais nous n’étions que des enfants à l’époque, et sans doute son attention envers les femmes avaient changé. Pouvais-je le manipuler, comme une poupée à l’aide de mes charmes? Une théorie que je devais encore prouver.

Étant une habituée de la maison, j’avais malheureusement entendu ce genre de discours bien souvent, mais l’entendre de sa bouche avait quelque chose d’intimidant. Il était si fier de lui, quand nous étions petits. Peut être pourrais-je me permettre un peu de bon temps plus tard avec François, malgré toutes mes restrictions face à cet étranger du passé.

Je levais un sourcil en écoutant son discours. Peut être faudrait-il pour vous changer d’associé, disais-je, avec une pointe de sarcasme. Pourquoi s’encombrer d’un boulet pareil, incapable de se contrôler sur la boisson? Il n’y avait pas 36 solutions. Mais, mon jugement se voyait fossé, par son incapacité à me satisfaire, et par l’apparition de François, dont je mettais un point d’honneur à ne jamais croiser quand il entrait au Manoir. Mon habilité à charmer, et l’habitude me criait cependant de tout faire pour attiser l’envie du jeune homme.

Malgré tout, je reconnaissais cet enfant de mes souvenirs. Son ton, ses gestes. Je me mordais légèrement la lèvre, avant de continuer ma route pour atterrir au salon. Certaines filles charmaient leur homme, alors que d’autres restaient en groupe piaillant comme des poules. Je posais mon regard émeraude sur elles, reconnaissant certaines et me dirigeais dans leur direction. Elles se tuent en me voyant, intimidées par ma prestance.

Certaines de ces femmes redoutaient les Délicieuses, ou les jalousaient: ainsi j’observais avec une certaine lassitude leur regard haineux, ou admiratif. Je m’approchai de l’une d’entre elles, présente toute à l’heure avec Amédée. Lilou, dis moi, ce client toute à l’heure à moitié éméché, il lui manque certains objets… tu n’aurais pas des informations là-dessus par hasard? Demandais-je, en haussant le ton, ce qui faisait passer la demande pour un ordre. Les filles savaient que je ne rigolais pas là-dessus, et le fait d’attirer des ennuis au Manoir m’irritait.

La jeune fille, intimidée et terrifiée baissait la tête, j’attrapai donc son menton et soulevait sa tête, dans le but de croiser son regard. Elle fit une petite moue, avant de lever son bras et de pointer du doigt une ribaude sur le canapé, occupée à amuser son client du soir. Je lâchais la jeune fille, lui esquivant un léger sourire de remerciement, avant de traverser la pièce et d’attraper brusquement la jolie voleuse par les cheveux, l’arrêtant immédiatement dans ses gestes.

Elle posait sur moi un regard de défi, alors que je pris place à côté d’elle. Alexie, rends moi toute suite ses affaires, disais-je avec un calme serein, tendant mon autre main. La jeune ribaude croisait les bras, mimant une innocence certaine. Ma jolie Alex, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt? Toi qui vante tes petits méfaits auprès de tes amies, et aussi vicieuse qu’une louve, attrapes les hommes et les dépèces de leurs biens? Déclarais-je, les yeux en l’air, faisant fuir par la même occasion son petit client misérable, tenant au peu de biens qu’il possédait.

Je posai mon regard émeraude sur François, le montrant d’un signe de tête. Ce gentilhomme, Messier François d’Avranches, travaille avec la police, alors si tu ne veux pas d’ennuis, de sa part et de la part des Boldwin, rends toute suite ce que tu as volé, mentais-je à la jeune ribaude, soudainement terrifiée par mes dires.

Avec une mine satisfaite, je lâchais ses cheveux, la voyant sortir de ses bas un porte-feuille, visiblement bien rempli et le tendre à François. Elle était rouge comme une pivoine, et ne faisait pas la fière, alors que j’entendais derrière moi les rires des autres ribaudes, amusées par la situation. La jeune Alexie se leva précipitamment, avant de se diriger vers elles, se couvrant le visage avec ses mains. Non, mais en voilà des manières, surtout devant les clients, répliquais-je en lui jetai un regard dédaigneux, avant de me retourner vers François en levant les yeux au ciel.

Puis, stupeur, je remarquai que je venais de citer son nom, sans même qu’il ne me le dise. Je ne laissais cependant rien paraitre, silencieuse quant aux événements qui venaient de se produire.


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François d'Avranches

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Lun 17 Aoû - 16:42

Descendant au rez-de-chaussée, nous eûmes tôt fait de revenir au salon d’accueil, qui me paraissait un lieu logique pour remonter la piste de mon associé. Visiblement, Angélique pensait de même, et avait l’avantage de connaître les filles du Manoir. Avisant une toute jeune fille assise dans un canapé, tentant d’aguicher un nouveau client pour la soirée, elle marcha droit vers elle, tandis que je surprenais de nombreux regards trahissant des sentiments variés à l’égard d’Angélique. Visiblement, la Délicieuse ne laissait guère indifférente, pour le meilleur comme pour le pire. Son statut au Manoir devait susciter bien des convoitises …

Questionnant la fille, une certaine Lilou, avec autorité et même une certaine dureté, sur le ton assuré de celle qui sait qu’elle sera obéie, Angélique ne tarda guère à obtenir que cette dernière ne désigne une ribaude un peu plus loin, occupée à émoustiller un homme ventripotent d’âge mûr sur un petit canapé. Sans hésiter, Angélique fondit sur cette nouvelle proie, la tirant par les cheveux en un geste précis trahissant une expérience manifeste en crêpage de chignons. L’autre se figea, l’une de ses mains toujours plongée dans le pantalon de son client, une expression de souffrance se peignant sur son visage aux traits un peu lourds et excessivement fardé. Allant toujours droit au but, la Délicieuse l’accusa sans détour de vol, et la somma de rendre son butin. L’autre tenta de clamer son innocence, mais Angélique répartit de manière cinglante, ironisant sur les vantardises de la dénommée Alexie, puisque tel était son nom, qui mettaient en avant son penchant pour le chapardage. Le client de cette dernière n’en demanda pas davantage, et quitta le canapé sans demander son reste, le pantalon toujours à moitié défait.

Angélique entreprit de briser la résistance de la jeune voleuse en me faisant passer avec audace pour un membre de la police. Si son mensonge me prit de court, je n’en laissai rien paraître, et de toute façon, Alexie paniqua immédiatement à la simple possibilité que je puisse bel et bien être un représentant de la loi. En revanche, je fus surpris d’entendre Angélique prononcer mon nom, d’autant que je l’utilisais assez peu, même ici, gêné par cette particule noble bien loin de ma condition actuelle. Sans doute l’avait-elle entendu au détour d’une conversation ? En tout cas, elle avait prêté attention à mon patronyme, c’était donc qu’elle m’avait depuis longtemps repéré. Je ne m’étais pas trompé, cette fille ressentait quelque chose de personnel vis-à-vis de moi, mais quoi ?

Jouant mon rôle, je bombai le torse, et m’approchai de la fille qui me dévisagea avec crainte. « Allons, rends-nous ce que tu as volé, et je saurai me montrer indulgent … Tu es bien jeune, et tu ne ferais pas long feu en prison. Je n’ai guère envie de rédiger un rapport pour embastiller une petite sotte comme toi à cette heure. Donne ! »

Angélique lui lâcha les cheveux, et le soulagement se peignit sur le visage d’Alexis, tandis qu’elle fouillait dans son corsage pour en extirper une bourse bien remplie, qu’elle me tendit. Autour de nous, plusieurs autres filles du Manoir se mirent à rire à ses dépens, non sans malice, et la jeune voleuse rougit comme une pivoine, humiliée par la tournure des événements. Me voyant satisfait, et la Délicieuse ayant son regard posé sur moi, Alexie en profita pour se lever et partir rejoindre ses amies, qui s’étaient pourtant cruellement moquées d’elle. Angélique lui jeta un dernier regard, levant les yeux au ciel avant de me lancer une remarque sur le manque de professionnalisme et d’éducation de la ribaude.

Pour ma part, j’avais ouvert la bourse d’Amédée, et j’y trouvai une somme considérable. Angélique serait récompensée pour ses efforts …  

Mais de contrat, point. Du reste, ils ne se seraient pas trouvés dans la bourse d’Amédée, mais à côté.

« L’argent y est, mais je ne vois pas les papiers importants que je recherche … » annonçai-je avec une boule dans la gorge à Angélique.

A pas vifs, je gagnai le petit groupe dans lequel se trouvait Alexie. Cette dernière, me voyant venir, tenta de se réfugier derrière ses amies, mais je bousculai deux d’entre elles en jouant des épaules, comme si elles étaient insignifiantes, et saisis Alexie par la clavicule, avec brutalité. La fille poussa un petit cri et des larmes lui montèrent aux yeux.

« Aïïïïe ! Vous m’ faites mal, lâchez-moi ! Je vous ai rendu l’argent, z’aviez dit que vous m’ laisseriez tranquille ! » Voyant que je ne desserrais pas ma prise, elle tenta de m’amadouer : « J’peux vous faire c’ que vous voulez, gratis, m’sieur, pitié ! »

« L’homme que tu as dépossédé de sa bourse avait aussi sur lui des papiers importants … Où sont-ils ? »

Alexie se tordait de douleur, et quelques personnes en périphérie du petit groupe commençaient à nous regarder, aussi desserrai-je ma prise. Alexie, de grosses larmes roulant sur ses joues, se massa la clavicule, tandis qu’une de ses amies me regardait d’un œil noir.

« C’est pas moi qui ai volé les papiers », répondit Alexie en reniflant bruyamment, d’un ton boudeur. Comme elle ne poursuivait pas, j’insistai : « Qui d’autre, en ce cas ? »

Alexie me regarda avec un mélange de crainte et d’indignation, sa lèvre trembla. Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Je soupirai.

« Parle, ou il t’en cuira. Je t’emmènerai dans un endroit où on ne se contentera pas de te quémander une gâterie. Tu seras torturée, puis exécutée. »

Un peu exagéré, mais visiblement, elle connaissait encore moins le système judiciaire que moi.

« Oh non, non ! Ecoutez m’sieur, si j’vous l’dis, j’aurai de gros ennuis … » (je fronçai les sourcils, menaçant, et fis un pas de plus vers elle. « Mais j’vais vous dire, j’vais vous dire ! » reprit Alexie, paniquée. « C’est un client, là, avec qui j’étais tout à l’heure, il est arrivé avec le monsieur ivre, et c’est lui qui lui a volé ses papiers quand l’autre mettait son visage dans les seins d’Aurélie ! Comme il a vu qu’j’l’avais vu, il m’a donné la bourse et m’a fait signe de me taire, en me montrant un couteau sous sa veste. Il va v’nir me tuer à c’t’heure ! »

A force d’efforts, et de menaces, avec l’aide d’Angélique, je parvins à obtenir un portrait crédible du client. Après avoir subtilisé ses papiers à mon associé, ce dernier avait loué les services de deux ribaudes aux formes généreuses, avec lesquelles il se trouvait dans une petite chambre au premier étage. Toutes les filles le décrivaient comme un vieil homme vigoureux et à l’air méchant. Je regardai la Délicieuse, et lui fis signe que nous devrions retourner au premier étage.
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Lun 17 Aoû - 20:00


Un fragment du Passé
François & Angélique





Je demeurais silencieuse, face au discours terrifié de François. Il tenait plus à ce fichu papier qu’à sa bourse. Je reposai mon regard sur Alexie, qui cachée derrière les autres fiches, était angoissée par la prestance un tantinet violente de François. J’ouvrais la bouche, avant de la refermer. La violence ici, était bannie, en dehors des envies folles des clients. Si jamais un domestique, ou même Alexie allait se plaindre, s’en était fini de nous deux. Je m’approchai en silence. Elle passait un sale quart d’heure, et il faut dire que François jouait parfaitement bien la comédie, ce qui eu le don de me faire sourire encore une fois malgré le dramatique de la scène.
Cependant, le caractère violent de l’usurpateur m’intriguait. Certes, on voyait beaucoup de violence à Paris, même parfois au Manoir mais cette histoire m’effrayait un peu, moi qui ne flanchais jamais d’habitude. Alexie semblait terrifiée tandis que j’attrapais encore une fois le poignet du jeune homme. Allons ‘y, déclarais-je, laissant la jeune Alexie derrière, à moitié en pleurs.

Je ne supportais pas les pleurs, trouvant ça ingrat et faible. Surtout venant d’une petite ribaude sans aucune personnalité ni même un charme apparent, mais malheureusement ce n’est pas à moi d’en juger. Les autres ribaudes me lançaient un regard particulier, auquel je répondais par un hochement de tête. J’irais leur parler plus tard, quand cette histoire sera réglée.

Je ne puis cependant réprimer un rire, alors que nous nous éloignions des filles. La situation est désespérée, mais vous m’avez fait rire Messier D’Avranches, disais-je en passant une main dans mes cheveux. A vrai dire, je ne supportais pas les ribaudes, alors voir le jeune homme si stricte avec l’une d’entres elles, c’était du vin.  Et puis, ça me rappelait nos petites magouilles que nous pouvions imaginer quand nous étions enfants. J’eus un petit moment nostalgique, en repensant à mes parents, et au Domaine de Normandie, où François avait grandi et où mon père m’emmenait souvent pour retrouver le jeune Avranches. Vous n’êtes pas vilain quand vous vous fâchez, répliquais-je en mettant mes mains sur mes hanches avec un petit sourire en coin que je perdis rapidement en repensant à cette histoire.

Je posais mon regard sur le jeune homme, d’un air intrigué, auriez-vous cependant des ennemis? Déclarais-je, en penchant la tête. Je ne connaissais pas vraiment l’intitulé de ce papier, mais il semblait au cœur du sujet.

Cet homme pouvait être une menace pour le Manoir, mais malheureusement nous ne pouvions susciter l’aide des domestiques, d’habitude omniprésente au Manoir. Je me mordais la lèvre, avant de nous rediriger vers les étages. Arpentant les couloirs en silence, je montrais d’un signe de tête certaines chambres simples que je savais habituellement occupées par les ribaudes et apprenties.

Grâce aux filles, je pouvais cependant reconnaître les ribaudes que le bandit aurait demandées.
Puis, d’un coup une porte s’ouvrit, pour laisser s’échapper les deux ribaudes justement citées par les autres. J’eus un hoquet, dû à la surprise avant de les voir s’enfuir à moitié en courant, une bourse bien pleine dans les mains cependant. Vicieux, mais généreux ce gentilhomme. Intriguée, je m’approchais de la chambre en compagnie de François, avant de rentrer dans la pièce.

Un spectacle particulier. Moi qui croyais avoir l’habitude de voir des immondices, celle-ci était pas mal. Des cravaches partout, des draps mouillés, avec cet homme recherché, à moitié essoufflé, sûrement dû à ses efforts physiques. En penchant la tête, je l’observais, ma beauté faisant tache dans ce genre de chambre sans goût. Son visage me disait quelque chose, il était sans aucun doute un habitué du Manoir, même si il n’avait jamais suscité ma compagnie délicieuse. Je posai mon regard sur François, hésitante quant à ouvrir la bouche. Puis, excusez-moi Monsieur, mais les voleurs ne sont pas tolérés au Manoir, déclarais-je à haute voix, annonçant ainsi notre présence, et surtout dans le but de retrouver l’objet volé. Je n’hésitais pas à le toiser du regard. J’étais connue au Manoir pour avoir une prestance sans pareille, et un affront malsain. J’étais caractérielle, et si cet homme pouvait mettre en péril le Manoir, c’était pire. Les Boldwin ne méritaient pas plus de soucis qu’ils en avaient déjà.

Le voleur ne disait rien, nous observant vicieusement. A entendre Alexie, il était armé. J’espérais seulement que son bon sens ne le pousserait pas à attaquer. Après tout, je suis une Délicieuse, une femme de renommée qu’il avait un accès exclusif aux oreilles des Boldwin et des domestiques.


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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Lun 17 Aoû - 22:58

Une fois encore, Angélique m’empoigna par le poignet pour m’entraîner à sa suite, faisant écho au souvenir que j’avais d’une enfant du même nom au domaine d’Avranches. Décidément, elle faisait tout pour remplacer effectivement mon amie d’enfance … Alors que nous nous éloignions du groupe de ribaudes, laissant une Alexie en pleurs, la Délicieuse éclata de rire, le petit rire joyeux de celle qui savoure un mauvais coup. Et soudain, j’eus une révélation. Le même rire que l’Angélique d’autrefois, après que nous ayons dérobé des pommes dans les vergers du domaine …

Alors qu’elle me faisait face, continuant à jouer son rôle de Délicieuse, je la regardai intensément, cette fois non plus en me rappelant de la courtisane accomplie qui déployait des trésors de ruse pour m’éviter, mais en tentant de me rappeler la jeune fille d’une dizaine d’années avec qui je jouais adolescent. Distraitement, je l’écoutai me déclarer que je l’avais fait rire, et que j’étais à son goût lorsque je me fâchais. D’une voix chargée d’émotion, mais pas à cause du contrat volé, cette fois, je lui rétorquai : « A dire vrai, en dehors de ma prétendue fonction de policier, je n’ai guère eu à me forcer … Ces documents revêtent une importance vitale pour mes affaires, et j’aurais pu faire bien pis à cette petite voleuse sous le coup de l’émotion. Ravi de vous plaire encore … »

Angélique, en qui je retrouvais peu à peu l’Angélique avec qui j’avais fait les quatre cent coups en Normandie, me demanda si j’avais des ennemis, ce à quoi je répliquai d’une voix plus assurée : « Non, aucun … A moins qu’il ne s’agisse d’un proche d’un client important qui désire mettre un terme à la publication d’un ouvrage, il est possible que cet homme méchant que les filles ont décrit soit un vulgaire maître chanteur, qui, ayant vu les documents, en ait saisi instantanément l’intérêt. A moins que mon associé ne lui en ait parlé de lui-même, allez savoir … »

A ce stade, je craignis qu’Angélique ne résolve d’en référer à ses patrons, rendant l’issue de l’affaire incertaine. Fort heureusement, elle se contenta de monter avec moi au premier étage, se dirigeant vers la chambre que l’on nous avait indiquée. La porte s’ouvrit à la volée, et deux filles un peu fortes, à moitié vêtues, en sortirent précipitamment, un air mi-ravi, mi-choqué sur leur visage. Leur satisfaction tenait probablement à la bourse bien remplie que tenait l’une d’elles …

… et leur fuite avait sans doute tout à voir avec l’occupant de la pièce, en qui je reconnus sans peine l’individu que nous avait décrit Alexie. Grand et fort, les traits ridés mais le regard vif et dur, il portait une barbe et des favoris blancs neige, et nous toisa sans mot dire alors que nous entrions dans la chambre. Il avait vraisemblablement mis du cœur à l’ouvrage, car il était encore tout suant, le souffle un peu court. Les draps étaient froissés au sol, et l’on voyait des tâches de sperme de mouille et même des gouttelettes de sang un peu partout. Je distinguai une cravache qui me donna à penser que l’homme et moi partagions le même goût pour certains jeux exotiques avec ces dames. Angélique me jeta un regard, et je m’apprêtais à prendre les devants, lorsqu’elle mit les pieds dans le plat selon sa manière de faire, accusant directement le client d’être un voleur. Le souvenir me revint qu’elle était aussi peu diplomate plus jeune, se confrontant sans cesse aux adultes et y gagnant de nombreuses corrections – à part avec son père, qui l’adorait.

Notre interlocuteur ne faisant pas mine de nous répondre, je m’avançai. J’eus tôt fait de comprendre mon erreur lorsqu’il se leva à une vitesse foudroyante, brandissant une petite lame, presque une pointe, tenue comme un poignard dans la main gauche. Je ne sus jamais d’où il l’avait sortie, peut-être de sa ceinture, derrière le dos … Peu importait. Il me porta un coup au foie qui aurait pu m’être fatal, si je n’étais parvenu, par pur réflexe, à détourner la pointe au dernier moment. La hanche perforée, je ne pus retenir un cri, et m’accrochai comme un fou à la pointe, en dépit du fait qu’elle tressautait dans ma hanche, sous l’impulsion des forces conjuguées de mon adversaire et de moi-même. Sentant que j’allais lâcher prise sous le coup de la douleur, je projetai instinctivement ma tête dans la sienne, le percutant au nez, plus par chance qu’autre chose. Il jura, et abandonna son arme, qui tomba au sol, roulant sur le plancher pour dessiner un étrange motif rouge que je trouvai fascinant. Je repris mes esprits, et encore sonné, j’empoignai mon adversaire encore en train de se tenir le nez. Il me fit tourner pour me lancer contre le lit, mais je tins bon, et parvint à le projeter contre le mur. Il m’asséna un direct au visage qui me fit vaciller, mais me mordant les lèvres, je trouvai la force de répliquer, et lui administrai un uppercut qui fit mouche. Je crus m’être cassé les os du poing, mais j’eus la satisfaction de l’entendre tomber à terre. Traversé par une forte poussée d’adrénaline, je saisis l’unique chaise usée de la pièce, et m’en servis pour le battre comme plâtre, cassant la chaise dans le processus. Je m’acharnai sur lui jusqu’à ce qu’il ne bouge presque plus, saignant et tremblant, une main recroquevillée dans un geste misérable qui semblait implorer pitié. Alors seulement, je repris mes esprits, et cessai de le battre, pour venir le fouiller et lui arracher les précieux papiers du contrat avec le Duc de C.

Le souffle court, je me détournai, et soudain, le choc de l’altercation retomba sur moi. Les jambes coupées, je ne pus que m’asseoir au bord du lit, sentant une brûlure intense au côté. J’avais réussi …
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mar 18 Aoû - 0:18


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François & Angélique






Je ne pu m’empêcher un cri, quand le brigand se levait, pour se jeter sur François. Je reculais, par réflexe, avant de mettre mes mains sur ma bouche, comme choquée par ce qui se passait. Puis, reprenant mes esprits, je me dirigeais vers la porte et la ferma précipitamment, pour ne pas encore plus ébruiter cette bagarre violente. Du sang. Je n’osais pas m’approcher, le voleur semblait complètement fou et hystérique. Je comprenais rapidement que la blessure venait de François.

Collée au  mur, j’assistais impuissante à ce amas de violence, entendant les deux corps se heurter. Je tournai la tête, à la vue de cette lame, avant de l’entendre tomber au sol, et rouler dans ma direction, perlant sur son passage le sang du jeune homme. Je la ramassai rapidement, jetant un coup d’œil à l’issue de ce combat.

François semblait animer par une haine sans pareille. Il était complètement différent, et faisait preuve d’une violence  rare. Quelque soit l’issue, ça ne présageait rien de bon pour son corps, affaibli par cette rafale de coups. Je n’osais pas imaginer ce qu’il venait de faire aux deux ribaudes, au vue du sang déjà présent dans la pièce à notre arrivée.

Puis, plus rien. François venait d’achever son assaillant, avec des coups si violents qu’il me paraissait étonnant que le voleur soit encore en vie. J’observai la scène à moitié accroupie au sol, timide par cet amas de testostérone, avant de me relever, et de m’approcher rapidement  de mon ami d’enfance, dont j’avais senti le ton plus… émotif à mon égard toute à l’heure.  Je le laissai souffler quelques minutes, écoutant aussi à côté par terre le souffle de l’usurpateur. Il n’était pas mort, un problème en moins pour le Manoir. Je passai délicatement ma main près de ses côtés, sentant une friction de sa part et un gémissement.
J’attrapais rapidement un morceau de drap, pour dissimuler cette blessure béante aux yeux curieux extérieurs. J’appuyais légèrement, essayant de stopper l’hémorragie.

Je me mordis la lèvre quelques instants, avant de me lever précipitamment. Il fallait réagir, et vite. Le Manoir était strict sur les règles. Ainsi, j’arrachai à moitié mon corset, laissant apparaitre quelques lambeaux de ma peau blanche et nue. Je tirais aussi sur ma jupe, dévoilant le haut de mes cuisses, devant le regard interrogatif de François malgré sa souffrance flagrante. Je posai un doigt sur mes lèvres, mimant le silence avant de rouvrir la porte, et de mon autre main, décoiffer ma chevelure en apparence si docile. 

Je tombai nez à nez avec des surveillants, alarmés par les autres filles des chambres voisines. J’aperçu derrière lui la bande de ribaudes, excitées par toute cette agitation. D’un regard noir et perçant, je les fis se taire, dans tous les sens du terme. Il fallait qu’elles gardent le silence sur toute cette histoire. Thomas, Ezekiel, cet homme par terre a failli m’agresser, après que les filles soient passées. Il ne semblait pas en reste, heureusement que ce gentilhomme a entendu mes cris, à quoi servez-vous franchement? Devrais-je en parler aux Boldwin? Disais-je d’un ton assuré, à mimant une angoisse prononcée. Mon statut de Délicieuse avait bien des avantages. Le jeune domestique regarda quelques instants la pièce, avant de se diriger vers le corps inconscient du voleur, et de l’attraper à l’aide de son partenaire de la soirée. Ils m’assurèrent la discrétion de cet incident, ne voulant pas être punis eux-mêmes. Ils iront sans doute le jeter dans la Seine toute à l’heure.
Je posais mon regard sur Lilou, une des ribaudes les plus sincères pour moi. Elle allait faire son nécessaire pour garantir la discrétion elle aussi des événements. Demain, à la première heure j’irais voir les autres filles.

Après avoir dispersé ce petit monde, Thomas et Ezekiel vérifièrent mon état rapidement, et celui de François avant de s’en aller, silencieux comme des tombes. Je soupirai, pas moins fière de mon talent de menteuse, avant de refermer la porte et de m’approcher à nouveau de François, qui, avait dû faire semblant d’être en parfaite santé, sans blessure apparente.

Je l’observai d’un œil un tantinet inquiet. Il n’avait pas toujours été cet étranger d’aujourd’hui. Malgré nos mauvais coups d’enfance, je ne voulais pas qu’il ait d’ennuis, surtout ici sur mon lieu de travail. François, essayez de vous détendre, je vais regarder, d’accord? Disais-je calmement, espérant susciter une détente de son corps crispé. Je m’asseyais à côté de lui, enlevant doucement le morceau de drap pansé.

La plaie n’était pas très belle, mais le sang avait fini de couler. Je me mordais la lèvre, approchant ma main de la petite table pour attraper la carafe d’eau. J’humidifiais un nouveau morceau de drap propre, avant de le coller à la plaie, pour dégager un peu le sang qui commençait à coaguler. Je fis une petite grimace, et entendant le jeune Avranches gémir encore une fois. Je suis désolée, pardon, répliquais-je, et appuyant plus ou moins fort.

Je posai mon regard dans le sien, penchant la tête. Et bien, je ne me souvenais pas d’un tel comportement, tu n’étais pas comme ça dans mes souvenirs, déclarais-je, dévoilant alors ce petit secret que je tenais à garder entre nous deux, et surtout en le tutoyant, chose que je ne faisais jamais à un inconnu, chose gardée de mon éducation bourgeoise. Je ne pense pas que tu ais besoin de te faire recoudre, terminais-je, changeant de sujet par la même occasion en reposant mon regard ses côtés, mais je ne suis pas infirmière. C'était une supposition.




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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mar 18 Aoû - 11:06

Un battement sourd aux tempes, je vis Angélique, manifestement soucieuse, vérifier que le vieil homme n’était pas mort. Evidemment, d’un point de vue extérieur, la raclée que je lui avais administrée à coups de chaise, enfin, de ce qu’il en restait, devait avoir été impressionnante. Si je ne m’étais pas arrêté, j’aurais fort bien pu le tuer. Rassurée, la Délicieuse se tourna vers votre serviteur, et tentant d’endiguer le sang qui s’écoulait de ma hanche, appliqua maladroitement un bout de drap dessus, qui fut instantanément rougi.

Comme dans un rêve au ralenti, je vos Angélique se mordre nerveusement les lèvres, avant d’entreprendre de déchirer sa belle tenue. Captant mon regard, elle m’intima le silence, posant son index sur ses lèvres, mais elle aurait pu s’épargner cette peine, tant je me sentais incapable de la moindre réaction en cet instant. Toujours passif, je l’entendis appeler deux cerbères de la maisonnée et se plaindre d’une agression de la part du voleur, toujours prostré au sol. Naturellement, j’avais joué le rôle du chevalier volant à la rescousse de sa dame. Sauf que j’étais imprimeur, que mon ancienne amie était une courtisane, et que nous mentions tous deux allègrement, même si c’était dans un but légitime. Nous étions bien loin de nos souvenirs d’enfance … J’esquissai tout de même un sourire en apprenant que l’un des gorilles du Manoir se prénommait Ezekiel. Un nom à consonance biblique pour un tel individu et dans un tel lieu, voilà qui était cocasse. Je plaçai mon avant-bras de façon à couvrir ma hanche, afin de la dissimuler aux regards.

Du reste, les deux hommes ne prêtèrent guère attention à moi, concentrant leurs efforts sur mon malheureux adversaire, qu’ils évacuèrent sans cérémonie. Son avenir me parut compromis. L’un des deux serviteurs me jeta un coup d’œil et s’arrêta sur mes blessures, mais ne sembla pas s’émouvoir pour autant. Angélique était en train de s’entretenir avec une jeune fille en qui je reconnus la Lilou qu’elle avait abordée plus tôt dans le salon, puis elle referma la porte sur elle, avant de s’approcher de moi. Elle entreprit d’éponger ma blessure, mais je n’étais pas convaincu qu’un drap et un peu d’eau suffiraient …

« Très chère, vos compétences en premiers soins me paraissent moins pertinentes que vos inestimables talents de manipulatrice, qui eux, sont de premier ordre … Serait-il possible de trouver un alcool fort, une aiguille et du fil, de quoi faire chauffer l’aiguille à blanc, et un pansement ? »

Ce fut alors qu’Angélique se mit à me tutoyer, faisant allusion à celui que j’étais par le passé, et estimant que je n’avais nul besoin de me faire recoudre.

« Pourquoi abandonnes-tu soudain ton rôle de Délicieuse, après tous ces efforts pour m’éviter et ne pas te faire reconnaître ? J’aurais fort bien pu ne pas te reconnaître … »

Esquissant un sourire incertain, j’ajoutai : « Quant à ma blessure, je me demande tout de même s’il ne me faudrait pas au moins de l’alcool et un pansement, souviens-toi, plus petite, tu étais plus douée pour te faire des plaies et des bosses que pour te soigner … »

Je m’étendis sur le lit.

« Tu ne voulais pas me montrer celle que tu étais devenue ? »
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mar 18 Aoû - 23:07


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Je le toisais du regard, haussant un sourcil. J’essaye de t’aider, alors arrête de te plaindre un peu, disais-je entre mes dents, en observant encore une fois le trou béant, laissant apparaître la chair. Je ne pouvais me permettre de me faire remarquer après ce qu’il venait de se passer, ainsi j’hésitais à bouger de la pièce, soucieuse. Je me redressai de mon long, en hochant de la tête encore une fois.

Ainsi, je me dirigeais vers la porte, passant la tête en apercevant Lilou encore une fois, au bout du couloir. Elle s’approcha, soucieuse elle aussi alors que je lui énumérais le matériel nécessaire pour recoudre le jeune homme. La jeune femme acquiesça en silence, et partit rapidement en quête de ces objets. Ma foi, elle ne devrait pas avoir de soucis, vu l’heure… la plupart des filles étaient dans les chambres, et les domestiques occupés avec le corps inerte du voleur.

Je reposai mon regard sur François, attendant Lilou dans l’encadrement de la porte. Je levai les yeux au ciel, un léger sourire sur mes lèvres cependant. De toute façon, à quoi continuer, il m’aurait reconnu, même si il affirmait le contraire. Et puis, je n’avais pas vraiment honte de mon travail, s’en était même une fierté: réussir à séduire les Hommes, ce n’était pas donné à n’importe qui. Et, le salaire était plus que satisfaisant. J’avais juste un peu, disons, d’appréhension en refaisant face à un passé aussi lointain. Il était bien l’une des personnes que je n’aurais jamais imaginé revoir un jour. Après l’incendie de ma demeure, c’était un silence de mort, ce qui peut se comprendre malgré tout.

Je passais ma main dans mes cheveux, en penchant la tête. Vu que tu vas mourir, autant que ce soit en sachant qui je suis. Ça te donnera peut être un peu de courage pour affronter la mort, dramatisais-je exprès en croisant les bras. J’avais l’impression de me retrouver dans le passé, dans les souvenirs d’une enfant.

La jeune ribaude arriva en courant, tenant dans ses jupons le nécessaire. Je la remerciais, avant de refermer la porte et de me diriger vers François, souffrance oblige, avachie dans le lit en étoile. Je veux bien t’aider pour désinfecter, mais je doute de pouvoir te recoudre, annonçais-je, en me rapprochant, imbibant du drap propre avec l’alcool fort. Et bien, à mon avis il allait le sentir. Je me mordais la lèvre encore une fois, avant de tapoter la plaie, suscitant une nouvelle plainte de douleur. Je réfléchis cependant à nouveau à son discours, marquant un arrêt avant de continuer à tapoter. Et bien, oui et non. Je ne penserais pas que tu te souviennes de moi, nous étions jeunes, et quand bien même je ne m’attendais pas à te voir ici, à Paris. Pourquoi n’es-tu pas resté en Normandie? Demandais-je calmement. 

Je l’observai encore, devenu Homme. C’était une bien étrange impression, un sentiment étrange de le voir métamorphoser, sans pour autant avoir changé ses traits si particulier. J’attrapais le fil et l’aiguille, faisant mine d’assembler le tout. Je n’avais jamais été très douée pour ce genre de geste précis, étant d’une maladresse sans pareille. Je soupirai sans retenue prétextant une aiguille trop petite.

Je n’avais pas pour habitude de nettoyer les plaies des hommes, étant d’habitude celle qui leur en fait, alors essayer de faire ce travail était difficile pour moi. Je me redressais de mon haut, réajustant le peu de vêtements convenables que je gardais sur ma peau. Ce n’est pas très ragoutant, disais-je en regardant d’un mauvais œil cette blessure. Il faudrait mieux t’achever, disais-je en mettant les mains sur mes hanches. Ce papier en valait le coup? Terminais-je, sonnant comme un reproche face à toute cette agitation au Manoir.


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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mar 18 Aoû - 23:40

La sensation de brûlure au contact de l’alcool fut telle que je me dressai tout net sur le lit, passant de la position allongée à la position assise si vivement que je bousculai Angélique et tâchai ce qui restait de sa jupe de sang légèrement dilué dans l’alcool. Grimaçant sans chercher à jouer les bravaches, je vins serrer ce qui était à ma portée, comme pour soulager ma douleur … le lit … la cuisse d’Angélique, douce et fraîche, mais que je malmenai quelque peu à cet instant.

Angélique tenta d’éluder quelque peu ma question sur son comportement envers moi, prétendant qu’elle n’était pas certaine que je me souviendrais d’elle, avant de me questionner sur ce qui avait fait que j’avais quitté le domaine d’Avranches.

« Mon père s’est remarié avec une belle-mère qui me hait car je constitue un obstacle pour capter l’intégralité de l’héritage familial … J’ai été envoyé chez un parent à la capitale, et de fil en aiguille, je me suis fait imprimeur avec l’aide de mon ami et associé, Amédée, qui disposait de fonds plus importants que moi, et ne buvait pas autant à l’époque … Un petit quelque chose me dit qu’il vaut mieux ne pas trop compter sur mon héritage, et puis, les temps changent … »

C’était peut-être la première fois que je parlais aussi ouvertement de ma situation à quelqu’un, et cela me fit un effet étrange, mais pas désagréable.

« Pour ce qui est de tes raisons de me battre froid au Manoir, tu me pardonneras de te dire que le prétexte est un peu léger. Je t’aurais peut-être reconnue plus vite si tu m’en avais laissé l’occasion, d’ailleurs, tu m’as reconnu tout de suite, toi ! A mon avis, si tu n’avais pas honte de ta situation ici, c’est peut-être uniquement par rapport à moi que tu étais mal à l’aise, peut-être parce qu’après ce que nous avons vécu ensemble enfant, tu t’imaginais mal te montrer à moi en tant que femme, surtout si cela impliquait que je sois ton client. Je peux me tromper, mais il doit y avoir du vrai … Même si ce soir, tu as tout fait pour m’aguicher. Je t’avoue d’ailleurs que tu n’as pas volé ton titre de Délicieuse … »

Mon ancienne camarade de jeux, avec laquelle j’hésitais à me projeter dans des jeux plus adultes, se mit à vouloir me faire des points. La voyant prétexter d’emblée un défaut dans la taille de l’aiguille, j’entrevis de sérieuses souffrances à l’horizon, et si je ne m’étais pas senti aussi mal et que cela n’avait pas été malcommode, je me serais volontiers acquitté de la besogne moi-même. Au lieu de cela, je saisis la bouteille d’alcool, et en ingérai une bonne rasade afin de mieux supporter ce qui m’attendait.

« Ce papier est le contrat qui nous permettra d’être payés par un client très important que je dois voir demain matin de bonne heure, alors oui, crois-moi, sans cela, nous pouvions mettre la clé sous la porte. » répondis-je à la question qu’Angélique me posa ensuite.

Voyant l’aiguille s’approcher de ma hanche, tenue par une Angélique visiblement peu sûre d’elle-même, je tentai nerveusement de faire de l’humour pour nous détendre :

« Cesse d’hésiter et vas-y, tu vas finir par me faire peur ! Je sais que ce n’est pas quelque chose que tu as l’habitude de faire, mais je te fais confiance, comme au bon vieux temps. Quand je pense que je viens au Manoir, et que lorsqu’on en vient enfin à enfiler quelqu’un, c’est de moi qu’il s’agit … Au moins est-ce avec un petit calibre ! Tout de même, j’espérais mieux … »

Respirant un grand coup, je serrai les dents.

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mer 19 Aoû - 0:44


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J’eus un léger sursaut quand il se redressa, avant de lâcher un gémissement et un hoquet de surprise face à son geste, que je comprenais par sa douleur et qui consistait à soulager sa peine.

J’étouffe cependant un petit rire nerveux, en l’écoutant. Un détail de son récit, quoique dramatique m’avait interloqué. De fil en aiguille. Un peu d’humour pour détendre l’atmosphère, il en fallait décidément, vu ce que je m’apprêtais à faire. Si je n’avais pas pour habitude de m’apitoyer sur le sort des gens, mais ma foi François avait bien dû passer par des épreuves. Je ne me souvenais pas tellement de son père, à vrai dire nous lâchions bien rapidement nos parents quand nous étions ensemble, pensant à faire n’importe quelle bêtise de gamin. J’en suis désolée, disais-je simplement en me rabaissant, m’approchant de sa blessure.

Son discours me fit encore une fois réfléchir. Il avait totalement raison, n’étant plus une enfant, peut être n’avais-je pas envie de dévoiler à François la femme que j’étais devenue. Je n’étais cependant pas habituée non plus à donner raison à mes interlocuteurs. Étant une femme forte de caractère, je n’acceptais pas que l’on parle à ma place, quand bien même les faits étaient vrais. Peut être, mais tu n’étais pas mon client à la base ce soir, répliquais-je en me mordant la lèvre. J’esquivais un léger sourire mesquin, avant de poursuivre aguicher…  non mais. Je ne t’ai pas collé la poitrine sous le nez il me semble. Tu te fais des idées, continuais-je en arrivant enfin à placer ce fil dans cette fichue aiguille, en faisant à moitié tomber le matériel, ce qui pouvait annoncer plus ou moins la couleur des évènements à venir. Je n’ai pas honte de ce que je suis devenue, je plais beaucoup ici tu sais, terminais-je, ramassant l’aiguille d’une main maladroite.

Bon, oui effectivement ce papier était d’une importance vitale.

Je m’accroupis, de sorte à être dans une position agréable. Je posai ma main sur celle du blessé la remontant dans un geste anodin, qui parut cependant séducteur, vers ma hanche, frôlant ensuite ma poitrine pour la poser sur mon épaule. Je prenais une grande respiration. Comment pouvait-il avoir confiance, alors que je m’engageais dans un acte que je ne connaissais absolument pas? J’eus de nouveau un rire nerveux à son discours, que j’étouffais rapidement sous son regard accusateur. Je ne savais même pas par où commencer. Je sentais ses doigts se crisper par avance sur mon épaule frêle. Tu as intérêt à me faire un massage après, sifflais-je en rabattant mes cheveux en arrière. J’attrapai au passage une bougie sur la petite table, et passais rapidement l’aiguille sur la flamme.

Bon, il faut bien commencer. Je pris une grande inspiration, alors que j’enfonçais l’aiguille dans sa peau. Sa main se crispait sur mon épaule, alors que je faisais une petite grimace de douleur à mon tour. Bon, il devait souffrir plus que moi, ça s’est sûr. Il fallait que je fasse vite. J’attrapai au passage un nouveau morceau de drap imbibée et tapota encore, de sorte à désinfecter au maximum. Manquerait plus que ça s’aggrave, ce serait vraiment le bouquet.

Rapidement, et surtout grossièrement je pénétrais la peau du jeune homme. Je serrais un maximum sur le fil, ne prenant pas en compte les gémissements de François qui devenait de plus en plus agité, agrippant même les draps, sa main se baladant dans ma chevelure, sur ma poitrine, mon bras. Autant dire, qu’il n’était pas non plus le patient idéal pour ce genre d’opération.

Je soufflais, ayant fini avant d’attraper la bouteille qui se vidait rapidement à la bouche de François, histoire de désinfecter une nouvelle fois. Je sentais une nouvelle fois son corps se crisper, puis j’observai le fruit de mon dur labeur. Bon…  ce n’est pas si mal, risquais-je, à un François inerte et transpirant face à une douleur, que je n’ose imaginer. Sincèrement. Ça te fera une cicatrice virile pour plaire encore plus aux femmes, terminais-je avec un petit sourire que je voulais réconfortant, mais qui passait pour sarcastique. En réalité, j’avais fais un travail de cochon, mais bon, j’ai fait ce que j’ai pu.

J’attrapai tout le matériel, dégageant un peu l’espace. Je m’approchai de François, soucieuse de son état quand même. Ca va mieux? Demandais-je en bougeant mon épaule endolorie.  J’observai ma cuisse, les 5 doigts du jeune Avranches y étant imprimés en rouge. Ce n’était pas la première fois cependant, mais de cette façon, c’était une autre histoire…

Comme neuf, déclarais-je en essayant relativiser. Je pris place à côté de lui, fatiguée par cette intervention spéciale. Ma main dans mes cheveux, et soupirante de soulagement, j’essayais de m’aérer un peu, ayant attrapé une petite fièvre nerveuse.



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François d'Avranches

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mer 19 Aoû - 17:12

Les minutes qui suivirent furent particulièrement éprouvantes ; Angélique faisait de son mieux, mais la luminosité n’était pas bonne, les conditions peu propices à ce type d’intervention, et la praticienne novice en la matière. Les dents serrées si fort que je crus bien que certaines allaient voler en éclats ou se fendre en deux, je ne pus m’empêcher d’émettre des sons gutturaux de douleur, tentant de bouger le moins possible le torse pour ne pas gêner le travail de mon ancienne amie d’enfance. Tout de même, mes mains s’ouvraient et se crispaient au gré de la douleur, et je malmenai le drap ainsi qu’Angélique à l’occasion, qui ne parut pas trop fâchée lorsque mes mains s’aventurèrent par accident sur sa poitrine.

Enfin, ce fut terminé. Je ruisselais de sueur, et j’entendis Angélique me vanter les mérites des cicatrices viriles. Je me gardai d’émettre des réserves à ce sujet, la Délicieuse essayant manifestement de se rassurer quant à la qualité de son travail de couture. Au diable l’esthétisme de la chose …

« Merci. »

Je me rallongeai sur le lit, Angélique à mes côtés, visiblement soucieuse de se délasser après cette besogne qu’elle devait avoir trouvée bien éprouvante nerveusement, sans parler de toute l’aventure de ce soir. Elle soupira, et je la rassurai sur mon état.

« Ca ira, ne t’en fais pas … Le plus dur est passé, et maintenant que nous avons remis la main sur ce contrat, je peux respirer un peu. Il ne me reste plus qu’à profiter du reste de la nuit … A ce sujet, d’ailleurs, tu m’as bien demandé un massage, tout à l’heure ? Je me ferai un plaisir de te donner satisfaction, mais regarde-moi, je suis couvert de transpiration, mon contact risque d’être désagréable. Serait-il possible de demander un bain ? Il doit être possible de faire chauffer de l’eau chaude en bas, même à cette heure, vu le train de vie nocturne du manoir. Une fois propre, c’est promis, je m’occuperai de te masser de la tête aux pieds, j’ai idée que je pourrais apprécier de te rendre ce petit service. »

Allant à la porte, le buste un peu guindé afin de ne pas rouvrir ma blessure en faisant sauter les points, je l’ouvris et fis signe à un serviteur, qui rechigna quelque peu à m’emmener de quoi prendre un bain, jusqu’à ce que je lui tende quelques pièces. Soudain très obséquieux, il s’empressa de me préparer un bain dans une pièce à l’étage.

Me retournant, j’interpellai Angélique : « Si le cœur t’en dit, tu peux venir me tenir compagnie ou me frotter le dos pendant que je prends un bain. Si votre salle de bains le permet, tu peux même te glisser dans l’eau avec moi … J’espère que tu ne partages pas les préventions de certains de nos hommes d’église qui condamnent l’usage de l’eau chaude et les bains ? »

Passant dans la pièce voisine, je me débarrassai de mes habits, plutôt sales du reste, et entrai avec bonheur dans le bain chaud préparé par le serviteur du manoir. Ma blessure me brûla quelque peu, mais je tentai de me détendre.
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Jeu 20 Aoû - 0:28


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J’osais un sourire en coin, devant mon exigence à ce massage.  Parfait dans ce cas, disais-je. J’obtenais toujours ce que je désirais. Cela me ferait le plus grand bien, après ces quelques minutes de nervosité, même si ma petite montée de chaleur était incomparable à celle de François. D’ailleurs, ses vêtements mouillés en était bien la preuve. J’observais son petit manège, haussant un sourcil. Et bien, il était vrai qu’après tout ces rebondissements, un bain ne sera pas de trop. De plus, j’y tenais à ce fichu massage. A moitié échevelée, je me levais à mon tour, m’étirant dans un gémissement qui ressemblait d’avantage à un grognement, que l’on fait en général après une bonne action.

Il n’avait pas l’air de trop se plaindre, malgré la forme étrange de sa cicatrice, ce qui me réconforta: je n’étais peut être pas si mauvaise… si, j’étais très mauvaise, il avait du souffrir le martyr. J’attrapais les draps, frottant avidement mes mains pour en faire disparaitre mes traces de sang, avant de retrouver dans la pièce voisine François complètement nu, se diriger vers son bain déjà préparé par le domestique. J’ouvrais la bouche, puis la refermais sans un mot, admirant ses traits d’homme, fort agréable il fallait être aveugle pour ne pas apprécier un tel corps. Et bien, tu n’hésites pas, disais-je, le regard divaguant de son bassin à son visage avant de le voir disparaitre dans l’eau sans aucune gène pour son petit moment détente. Un petit rire me prit à la gorge à l’entente de son discours, alors que je m’approchais, accroupie près de la baignoire.

Je plongeais ma main dans l’eau chaude, faisant frissonner mes épaules et mes bras. Un régal. Je me mordais la lèvre, penchant la tête alors que François savourait ce moment. Avoue que c’est assez différent de quand nous étions enfant, disais-je avec un petit rire. Nous étions adultes maintenant, ainsi nos corps avaient évolué aussi. S’en est même étrange, continuais-je en trempant encore une fois mes doigts dans l’eau bouillante. Et bien soit, tu m’as séduite, je ne refuse jamais une telle offre, terminais-je.

Après tout, je n’étais pas pudique, et à déjà à moitié nue. Je me redressais, enlevant le peu de vêtement qui me restaient sur le corps dans des gestes doux et calme, une mauvaise habitude prise au Manoir, pour séduire les clients: François n’était pas le premier homme à me voir nue, et surement pas le dernier, et il fallait bien avouer que mon corps était d’une beauté sans pareille et c’est toujours agréable à voir. J’entrais à mon tour dans l’eau, me procurant un plaisir non dissimulé. Je pris place derrière François, entourant son bassin de mes cuisses et collant ma poitrine sur son dos, par la taille moyenne de la baignoire. Tu as tellement changé, disais-je en observant sa musculature impressionnante. Ça m’étonne que tu ne sois pas marié, séduisant comme tu es, ajoutais-je avec un léger sourire mesquin en coin, alors que j’attrapais une éponge et une lotion parfumée. L’eau rougissait, par le sang. Je frottais en silence le dos du jeune Avranches, songeant quelques instants.

Une Délicieuse, qui procurait ce genre de geste? Et bien, c’était du jamais vu. J’avais l’habitude d’être la petite gâtée, mais je lui devais bien ça, étant sa tortionnaire il y a de ça quelques minutes. Sa présence ne m’était pas désagréable, même si j’avais encore l’impression d’être une enfant, partageant une bassine d’eau avec un autre gamin dans le parc du domaine Avranches.
Je resserrais l’étreinte de mes cuisses sur son bassin, frissonnant encore une fois à cause de l’eau chaude. Et voilà, mon Seigneur, ironisais-je en lançant l’éponge devant lui, éclaboussant la pièce par la même occasion. Je portais ma main à mon front, dans un geste exaspéré. Heureusement que je n'étais ainsi dans les moments plus plus intimes.

Le contact de son corps contre le mien était une douce caresse, d’autant plus une sensation étrange que j’appréciais. Je restais quelques instants dans cette position, avant de me relever, et de sortir de l’eau, trempée jusqu’aux os. Pour bien prouver à François que je n’avais aucune gêne à lui montrer mon corps de femme, je restais quelques instants immobile, posant mes mains sur mes hanches. Ma poitrine dressée, les pointes de cheveux mouillées, je respirais la prétention, mais après tout, cela pouvait se comprendre; je connaissais mon corps, et l’intérêt qu’il peut susciter. J’exige mon massage Mr d’Avranches, disais-je, alors, après ce doux moment de répit à patauger dans l’eau.

Le pauvre, lui demander une telle chose alors qu’il était blessé… malheureusement, j’étais capricieuse, ça n’avait pas changé. Il me fallait ce que je désirais.


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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Jeu 20 Aoû - 21:52

Si Angélique la Délicieuse feignit de s’étonner de la liberté avec laquelle je la laissais me voir dans le plus simple appareil, c’était davantage dû au fait que nous nous étions connus enfants, avant qu’elle ne devienne la professionnelle endurcie à qui la nudité ne devait plus guère faire peur.

« Ne me dis pas sérieusement que tu pensais me voir entrer dans le bain tout habillé ? Je t’accorde que nous avons tous deux considérablement changé depuis que nous jouions innocemment à Avranches, mais je ne trouve pas que cela soit forcément un mal, moi, quand je te regarde … Allez, entre avec moi dans ce bain, si tu en as envie ! »

Dont acte. Angélique ôta ses vêtements, qui étaient de toute façon réduits à l’état de lambeaux pour l’essentiel, et j’admirai sans ciller son corps parfait. Elle vint se couler derrière moi, et je sentis sa peau douce entrer en contact avec la mienne. La sentir ainsi collée à moi, nue et désirable, me fit instantanément durcir. La plupart des hommes auraient tué pour être à ma place, et moi, j’avais la chance d’avoir une vraie relation avec cette beauté, même si nous nous étions perdus de vue pendant des années, et que l’avenir restait confus.

Comme Angélique s’extasiait sur la métamorphose du garçon que j’étais en l’adulte qu’elle avait devant elle, je répartis : « Toi aussi, tu as changé, et pas qu’un peu ! Penser que la gamine effrontée qui jouait à des jeux de garçon avec moi serait devenu cette femme splendide pour laquelle les hommes seraient prêts à tout … » La Délicieuse évoqua le fait que je sois toujours célibataire, et je répondis facilement, là encore. « Oui, je suis célibataire … Ce n’est pas si étonnant que cela, puisque j’ai tourné le dos à ce qui faisait de mon un aristocrate, fût-il de petite noblesse provinciale, pour devenir un travailleur, donc une sorte de bourgeois. Et sincèrement, jusqu’ici, on m’a proposé des mariages d’intérêt qui ne m’ont guère attirés, j’ai assez d’argent et je tiens à ma liberté. Par ailleurs, mes préférences en matière de sexe me conduisent à être sélectif et à éviter les oies blanches et les grenouilles de bénitier. C’est une chance pour toi, au fond, tu peux toujours me courir après, je suis un parti honorable. Je t’accorde que tu trouveras des messieurs à la bourse plus garnie, mais je peux compenser par d’autres atouts … Je plaisante, je sais que tu as ta vie ici, c’est compliqué. Toi non plus, tu n’es pas mariée, en tout cas. »

Prenant très au sérieux ma suggestion taquine de me frotter le dos, Angélique se mit à la tâche, et j’en profitai pour me détendre, me laissant aller contre le ventre et la poitrine de mon ancienne amie d’enfance, savourant pleinement le contact vallonné de ses seins bien galbés. Rapidement, la jeune femme se lassa, et jeta l’éponge devant nous dans le bain, faisant gicler l’eau de toutes parts. Angélique me donnant du « mon seigneur », je lui rétorquai « Merci de votre assistance, ma Dame », comme si je m’adressais à mon épouse dans le domaine d’Avranches.

Sortant du bain, Angélique se campa devant moi, fièrement dressée, visiblement désireuse de se faire admirer. Je ne lui refusai pas cette satisfaction, et détaillai son corps avec un intérêt non feint. Toujours sur un ton hautain, Angélique, jouant son rôle de Délicieuse avec un certain humour, me somma de lui faire le massage qu’elle avait demandé. Riant, je me levai, me séchai rapidement, puis la guidai vers la chambre voisine en lui donnant des tapes sur les fesses, avant de la prendre dans mes bras sur les derniers mètres et de la jeter sur le lit, plus brutalement que nécessaire. Un sourire sur le visage, je déclarai : « Te voilà à ta place, femme, prête à satisfaire ton seigneur et maître ! » Puis je la fis s’allonger sur le dos, la gratifiai encore d’une tape ou deux sur les fesses, avant de m’installer confortablement à califourchon sur son magnifique postérieur. Je bandais copieusement, mais il m’aurait été difficile de cacher mon état, et je n’essayai même pas de justifier mon excitation.

Plaçant mes doigts sur la nuque d’Angélique, je descendis lentement le long de son dos, mes pouces joints suivant sa colonne vertébrale, tandis que mes autres doigts couvraient presque entièrement son dos. Je tâchai de ne pas trop appuyer mon massage, sachant par expérience que les femmes préféraient que l’on n’appuie pas trop fort. Je remontai ensuite prestement mes mains jusqu’à son cou, et entrepris de suivre le même chemin, toujours lentement, cette fois en appuyant avec le bout de l’index et du majeur serrés, partant en petites vagues du haut de la colonne vertébrale et écartant vers l’extérieur. Puis je vins lui masser les épaules, les bras, le cou … déposant au passage un baiser dans le cou d’Angélique, puis sur son épaule, avant de reprendre comme si de rien n’était. Changeant de position, je me mis sur le côté d’Angélique, et lui massai alors les pieds, les jambes, puis remontai vers les fesses, avant de repartir vers l’intérieur de ses cuisses, mon massage se muant alors franchement en une caresse sensuelle, avant de venir caresser son mont de vénus.

« J’ai supposé que vous désiriez bénéficier d’un massage intégral, très chère ! Dans l’unique souci de vous être agréable …»
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Dim 23 Aoû - 16:43


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François & Angélique





Dés lors, il suscita ma curiosité, quant à ses... sélections sexuelles, mais je gardais le silence. D'ailleurs, vu la tournure que prenait les choses, il se semblerait bien en être actrice cette nuit. J'eus néanmoins un hoquet de stupeur, quant à sa brutalité en me jetant sur le lit. Je pris place sur le ventre, me régalant par avance de ses gestes que j'espérais convaincants. Son discours machiste souleva mon sourcil, alors que je souriais en coin. Il ne valait pas mieux commencer sur ce terrain cher ami...

J'aime cependant me sentir chouchouté, et rien de mieux qu'un massage. Et, je n'en fut pas moins déçue. Les doigts de François se baladaient sur ma peau, avec une certaine agilité. Ses mouvements m'excitaient peu à peu, lâchant de temps en temps un petit soupir satisfait. Son sexe durcit cognait contre mes fesses, ce qui me décrochait un nouveau sourire narquois.
Ma peau frissonnait légèrement, alors que le jeune d'Avranches s'aventurait vers un terrain qu'il semblait connaitre parfaitement. Me cambrant face à ce geste, je toisais son regard. Voyez-vous ça, disais-je avec ironie. Et bien mon grand, malheureusement il faut me mériter. J'attrapai sa main en me redressant rapidement.

Mon comportement dominant n'était plus à affirmer au Manoir, et à peu près tout le monde me connaissait. Je penchais la tête, et agrippais François aux épaules prenant place à califourchon sur lui, le plaquant par la même occasion sur le matelas, non sans violence, comme son geste toute à l'heure. Tu m'en vois ravie, sauf que c'est moi qui commande ici, affirmais-je plongeant mes yeux dans les siens. Je devenais un animal, une lionne sur une gazelle.
Je sentais encore une fois, sa verge dressée fièrement contre les cuisses, frôlant mon bourgeon, à moitié moite par l'excitation de ce jeu de maître.

Je me cambrais légèrement, suscitant l'excitation déjà durcie de François, alors que je m'approchai calmement attrapant ses lèvres avec les miennes. Je collais ma poitrine contre son torse, mes tétons dressés eux-aussi, qui frôlaient sa peau. Que j'aimais ce sentiment de puissance, il était une partie intégrante de ma luxure. Et François, ami lointain soit-il en subirait les charmes, que tant d'hommes vantent. Qui est le maître maintenant? Disais-je, agrippant toujours ses épaules. Je savais pertinemment que la force d'un Homme pouvait sans soucis dépasser celle de la femme, seulement j'étais têtue. Et extrêmement capricieuse.
C'était normalement les clients qui avaient le pouvoir sur les prostituées. Je devenais le client, et eux mes proies.

Mon bassin se mouvait en cercle, attisant plus encore l’intérêt de son membre. Il n'avait pas affaire à une apprentie et fort heureusement. J'avançais mon visage à sa gorge, y passant ma langue faisant par ce biais frissonner sa peau. Je mordillais cet amas de chair passant mes mains sur le torse musclé du jeune homme.
Mes mains descendirent bien plus bas, empoignant sans gène le sexe de François. Le pouvoir. J'avais entre mes doigts le pouvoir d'un Homme, et il ne tenait qu'à moi de le faire souffrir, ou crier de plaisir. D'un mouvement particulier, je commençais mes mouvements de bas en haut, frôlant de temps en temps son gland contre mon sexe, de plus en plus humide.

Peu d'hommes avaient, pour ainsi dire, l'habitude d'un tel comportement. La plupart des clients voulaient des femmes soumises, qu'ils pourraient violenter dans un jeu malsain de maître/esclave. J'appréciais au plus haut point, déstabiliser mes clients et les faire devenir esclave de ma personne. Je ne suis pas une poupée en chiffon que l'on peut retourner et fourrer. Il faut se creuser un peu plus les méninges.

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Lun 24 Aoû - 1:57

Se cambrant lorsque je la caressai, ma chère et si désirable amie d’enfance m’empêcha de développer mon massage de ses parties intimes, se muant en véritable tigresse pour inverser les rôles et me plaquer sur le matelas. Se plaçant avec autorité à califourchon au-dessus de moi, Angélique, affichant un sourire dominateur et satisfait, clama haut et fort son désir de diriger les ébats. J’esquissai un petit sourire amusé autant qu’intéressé, et acceptai volontiers de laisser la prééminence à la Délicieuse, dont le titre promettait bien des plaisirs.

« Plus jeune, tu te comportais comme un garçon manqué en dehors des moments où tu chantais, aujourd’hui, tu joues les amazones ? Ma foi, chevauche-moi, sublime maîtresse des sens ! »

Tandis qu’elle se penchait pour m’embrasser, je sentis son excitation lorsque son sexe frotta contre le mien et que ses tétons durcis vinrent chatouiller la peau de mon torse. Serrant contre moi la Délicieuse, je lui rendis son baiser avec fougue, happé par l’atmosphère sauvage du moment. Mes mains caressèrent avec force son corps doux, allant de sa nuque à ses fesses avec avidité, sans la moindre retenue, palpant et tâtant avec un plaisir bestial cette femme que je désirais plus que tout en cet instant.

Toute à son jeu de dominatrice, Angélique me demanda de manière purement rhétorique qui était le maître en cet instant, et je ne pus résister à l’envie de la provoquer davantage pour l’exciter.

« Moi, voyons, quelle question ! Reprends ton labeur, esclave, et comble ton maître ! »

Ondulant de la croupe, la Délicieuse appuyait sur ma verge rigide, stimulant mon désir tout en me faisant attendre. Tout en passant ses mains sur mon torse, Angélique continua son numéro de prédatrice carnassière en me mordant à la gorge. Décidément, elle semblait avoir le même goût que moi pour les jeux de domination, à ceci près qu’elle les menait sous un autre angle.

Elle vint ensuite prendre mon sexe entre ses mains, avec le visage extatique de celle qui se saisit de ce qu’elle veut par la force et aime ça. Commençant à me masturber, elle frottait ponctuellement mon sexe contre le sien, qui réclamait visiblement d’être introduit dans les plus brefs délais. Encourageant le mouvement, je caressai les hanches de la Délicieuse, lui tapotai les fesses et la saisis pour imprimer à son bassin un léger mouvement suggérant le coït.

Si j’avais plutôt l’habitude de dominer mes partenaires que de les laisser me mener à la baguette, je me retins de tenter de prendre le contrôle et laissai Angélique jouer avec la mienne. Après tout, la soirée avait été fatigante, et je n’avais rien contre l’idée de laisser une courtisane aux talents reconnus comme extatiques se charger de me donner du plaisir.

De plus, j’avais trop d’affection pour elle pour envisager seulement de l’empêcher de mener nos ébats amoureux comme elle l’entendait. Et j’avais encore moins l’intention de la braquer et de lui ôter toute envie de faire l’amour !
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mer 26 Aoû - 14:19


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Bonne réponse. Mise à part sa provocation gratuite, François se laissait faire, ce qui m'excitait au plus au point. Peu d'hommes avaient eu l'audace de me faire affront. Toute sourire, je continuais donc ce frottement particulier contre mes lèvres, sentant le sexe de François dur comme de la pierre. Puis, doucement je me cambrais, descendant petit à petit vers la verge de mon partenaire.

J'approchai mon visage de son membre, touchant du bout de la langue son gland. C'était pour moi une jouissance profonde. Voir un homme s'émouvoir de la sorte, c'était du vin. Puis j'avalais d'un coup sec le gland du jeune homme, lubrifiant au passage avec ma salive. Ma main continuait à masturber sa verge dressée, en adéquation avec les coups de langue.
Prolongeant ce plaisir avec des mouvements circulaires de la bouche, je m'en délectais particulièrement. Je m'arrêtais de temps en temps, frottant son sexe contre ma poitrine, frôlant mes tétons durs. Gémissante, je poussais quelques petits soupirs de satisfaction m'excitant d'avantage devant sa verge bien dure.

J'attrapai à nouveau son membre entre les lèvres, n'hésitant pas à l'enfoncer au maximum de ma gorge, m'octroyant par la même occasion quelques hoquets d'étouffement. Ma main se baladait sur ses testicules, massant avidement cette partie du corps si sensible chez un homme.
Puis, sur le coup de l'excitation, je me redressais rapidement sur lui. Dans un petit gémissement, j'attrapai encore une fois sa verge et l'enfonçai sans ménagement en moi. J'eus un petit soupir de plaisir, mouvant mes fesses pour enfoncer au plus profond sa verge.

Puis, calmement je commençai à bouger mon bassin en mouvement circulaire, sentant son pique me percer littéralement le ventre. Malgré cette douleur naissante sur le côté de la hanche, je continuais, assimilant cette douleur à un plaisir. J'attrapai ses mains, les plaquant au matelas dans une position dominante. Je me penchais, attrapant ses lèvres avec une fougue sans pareille. Je me cambrais encore une fois, collant ma poitrine sur son torse, de plus en plus gémissante.

Je me sentais puissante, ayant le contrôle total de François. Quand je travaillais, plus rien ne comptait: je devenais une lionne, un animal sauvage qui dépeçait sa proie. Je le toisais du regard, appréciant le voir gémir à son tour, le voir prendre du plaisir. Peut etre était-ce une des premières fois qu'il se laissait faire par une femme? Et bien, j'espérais bien qu'il n'oublierait pas...

Je me redressais, fière sur sa verge celle-ci étant au plus profond encore une fois. Je jetais ma chevelure en arrière, dressant ma poitrine dans un mouvement bestiale.

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Jeu 27 Aoû - 23:37

Au lieu de satisfaire ma demande de pénétration, Angélique continua à imprimer des mouvements à son bassin, continuant à m’exciter tout en descendant progressivement le long de mon corps, pour se trouver finalement le visage face à mon sexe érigé. Transfigurée, mon ancienne et nouvelle camarade de jeux vint aiguillonner mon gland de la pointe de sa langue, puis, ravie de ma réaction, engloutit ce dernier sans autre forme de procès, avec une voracité que je jugeai prometteuse.

Me masturbant et me suçant de concert, la Délicieuse s’interrompait parfois pour venir placer ma verge ô combien dure sur ses magnifiques seins, jouant avec le contact de mon gland sur ses tétons que je sentis aussi rigides que l’était mon membre. Emettant force soupirs lascifs autant que satisfaits, mon amante était manifestement de celles qui auraient presque joui en prodiguant une fellation !

Toujours aussi avide de mon sexe, Angélique me gratifia d’une fantastique gorge profonde, et je la vis hoqueter tandis qu’elle tentait de faire durer l’acte. Surexcité, je fus à deux doigts d’exploser et de me répandre en elle, et soulevai mon bassin de plaisir, sentant confusément qu’elle s’attaquait de surcroît à mes testicules, les massant comme s’il s’agissait de deux sacs d’or.

Soudain, la Délicieuse se redressa, et avec vivacité, revint se placer à califourchon sur moi, s’empalant sans hésiter sur mon membre dressé. Prenant appui sur moi, elle mut son bassin de façon circulaire, tâchant manifestement d’enfoncer ma verge aussi profondément que possible en elle. L’intérieur de son sexe était si chaud qu’il m’évoqua une fournaise, et ce fut à cet instant que je me décidai à prendre le relais dès que mon amie donnerait des signes de faiblesse afin de la combler du mieux que je pouvais.

Si elle donnait un signe de faiblesse … Venant se placer tout contre moi, Angélique se mit à me chevaucher, profitant des sensations de mon sexe en elle plutôt que se soulevant pour le sentir coulisser. J’émis des soupirs de satisfaction, et j’aurais volontiers pris l’initiative, si Angélique ne m’avait maintenu sur le dos en tenant mes mains dans les siennes. Se redressant, cette dernière se cambra, gonflant sa poitrine, tout son être exprimant une satisfaction primale.

« Hum … j’aime te voir à ta place, au bout de ma queue », lui dis-je avec une vulgarité et un machisme étudiés pour la faire réagir. « Et à te voir rouler du cul pour sentir mon sexe dans ta chatte, tu es loin d’en avoir eu assez … »

Ponctuant mes paroles, je me soulevai en un brusque mouvement de bassin, m’enfonçant profondément en elle, créant un peu d’espace que je mis à profit pour venir lui donner quelques coups de reins bien sentis. Du fait de ma position, je ne pus hélas pas soutenir l’assaut plus d’une minute, mais ce fut suffisant pour lui disputer temporairement le contrôle, tout en lui donnant, je l’espérais, une bonne dose de sensations.

« Continue à bouger tes jolies fesses pour deux, tigresse », l’encourageai-je avec un sourire coquin aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mer 9 Sep - 22:45


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Malgré mon excitation profonde, je mettais un point d'honneur à mener la danse. Une habitude, une force qui me vient de mes expériences passées avec Mathias. J'émis un soupir plus prononcé, en sentant ses mouvements rapides et brutal. Un joueur en somme... sous le coup de plaisir, je me mordillais la lèvre, sentant sa verge bien dur au plus profond de ma cavité intime. Je croisais son regard, un sourire amusé aux coins des lèvres. Et bien, j'espère que tu ne parles pas comme ça à toutes tes conquêtes... ça ne m'étonne pas que tu ne trouves pas de femme, déclarais-je entre deux soupirs, cherchant à l'énerver.
Il le faisait exprès, clairement, alors que je ralentissais mes mouvements, alors que mes mains se baladèrent sur son torse musclé. Prend garde, tu pourrais me couper l'envie, disais-je doucement en passant ma langue sur mes lèvres.

La plupart des clients que je prenais, me gratifiaient parfois de ce surplus de paroles, croyant m'exciter d'avantage, ou juste sur le coup de l'excitation. Ce n'était pas une pratique dont j'étais adepte, étant par habitude une dominatrice prétentieuse qui prenait un malin plaisir à torturer de désir mes partenaires.
Je me penchais légèrement vers lui, de sorte à atteindre son torse avec mon visage, et vint le gratifier d'un coup de langue, avant que je ne penche mon visage vers le sien, et attrape ses lèvres dans un fougueux baiser. Son sexe, entre mes cuisses semblaient en demander d'avantage, et le fait de ne plus effectuer mes vas et viens, mais seulement des rotations de bassin attisait son membre bien dur.

Puis, rapidement je me redressais entièrement, attrapant dans mes doigts sa verge. Je me retournai, pour me remettre sur son bassin, dos à son visage offrant ainsi à mon partenaire une vue prenante sur la ligne mon dos, et surtout sur mes fesses rebondies. Cassant le contact visuel, je me mordillais la lèvre à nouveau en insérant encore une fois son sexe entre mes cuisses. Un léger soupir se dégagea de ma gorge, alors que mes fesses recommencèrent à effectuer ces vas et viens percutants. Rapidement, je me laissais aller au plaisir, me cambrant d'avantage sur son sexe.

Je passais une main sur ma poitrine, massant allégrement l'un de mes seins, avant de la laisser glisser contre mon corps, pour arriver à mon clitoris. Je frottai avidement mon petit bourgeon, synchronisant mes mouvements de bassin avec ceux de ma main. Un gémissement plus aigu s'émit de ma gorge, alors que je fermais les yeux, accélérant ce rythme endiablé de danse du ventre.

Titillant d'avantage encore mon clitoris avec mon index et majeur, je sentais doucement une chaleur monter me prodiguant quelques plaintes supplémentaires. Ne pas voir François, prodiguait une autre sensation, la sensation de se sentir littéralement "baisé" par un inconnu, ce qui était fort excitant, surtout d'entendre François commencer à gémir à son tour à mes mouvements.

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MessageSujet: Re: Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)   Mer 16 Sep - 16:02

Amusé par la saillie ironique d’Angélique sur mon célibat, je répondis sur un ton faussement innocent : « Oh, non, détrompe-toi, si je ne trouve pas d’épouse, c’est parce que je ne les gratifie pas de ce discours leste qui plaît tant aux femmes ! Je suis trop sage, c’est ce qui me joue des tours … »

Un grand sourire sur le visage, j’entendis mon amie d’enfance m’avertir sur un ton dénué cette fois de toute ironie qu’elle ne goûtait guère mes petites provocations. Diantre, la drôlesse jouait la carte de la domination sans contestation, et en l’espèce, ce fut moi qui faillis bien débander tant ce genre de discours ne correspondait pas à mon horizon sexuel. Légèrement blessé et ravi d’avoir Angélique la Délicieuse pour partenaire, j’étais prêt à certaines concessions et à lui laisser le rôle de meneuse dans nos ébats, mais tout de même, on ne change pas sa nature profonde, et la mienne n’était pas précisément celle d’un soumis.

Après un coup de langue et un baiser, Angélique se mit à onduler de la croupe, et tout mon corps se contracta de plaisir en sentant mon tisonnier évoluer dans la chaleur bouillonnante de sa cheminée. M’abstenant de toute initiative pour éviter de contrarier mon amie si intraitable dans ce domaine dont elle était la reine, je me bornai à résister à la tentation d’éjaculer, tant pour prolonger le rapport que pour éviter de lui faire don d’un bâtard qui serait sans nul doute malvenu.

Bientôt, Angélique m’offrit un répit, se tournant pour venir s’empaler sur moi à nouveau, me gratifiant de l’agréable vue de son dos et de sa croupe en train d’onduler à cheval sur mon bas-ventre. Résigné à la passivité, je plaçai mes mains sous ma nuque, comme un individu qui se reposerait, observant la jeune femme donner de sa personne pour satisfaire ses envies. Il fallait lui reconnaître une belle énergie, et en dépit de ma pose de repos affectée, je ne tardai pas à émettre des grognements appréciateurs, sentant monter en moi un plaisir explosif.

« Sans vouloir te commander, je t’avertis charitablement qu’à ce train-là, je vais jouir en toi … J’imagine que tu ne comptes pas nous faire un héritier pour disputer le domaine d’Avranches à ma chère belle-mère ? »

L’espace d’un instant, j’imaginai avec amusement la tête de la dite belle-mère confrontée à Angélique, amie d’enfance devenue prostituée de luxe, et un bébé qui aurait été le fruit de notre union. Pas à dire, ça aurait certainement valu le coup d’œil.
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Vol et faux-fuyants (PV Angélique Fournieu)

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