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 Honneur ou famille [PV Salomé]

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Ezel Olven
Mercenaire/Assassin
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Date d'inscription : 03/01/2012

MessageSujet: Honneur ou famille [PV Salomé]   Lun 7 Juil - 16:12

Usé par la maladie, le messager avait pourtant accepté un nouveau contrat. Ce jour-là, pourtant déterminé à rentrer chez lui pour se reposer, cette rousse effrayée lui était tombée dessus avec désespoir. Peu en forme et durement affaiblie après une journée passée à cheval, il avait tout d'abord essayé de la repousser jusqu'à ce que son histoire ne l'affecte au point de ne plus en dormir. Le message qu'elle lui demandait de délivrer se révélait être celui le plus précieux qu'on lui avait confié jusqu'à présent. Il représentait tout ce que l'italien aurait espéré pour lui et sa sœur : un homme pour venir le chercher. Un homme qui lui aurait dit où se trouvait sa sœur et qui lui aurait permis d'avoir cette chance, celle de la libérer. Pour tout au monde, il aurait voulu avoir ce que Salomé lui offrait : l'espoir de sauver sa sœur.

Pourquoi Fanny n'avait-elle pas essayé de l'appeler ? Ezel se posait encore la question. Tant de choses demeuraient encore si sombre dans sa tête. Elle devait savoir qu'il aurait tout tenté pour elle... alors pourquoi ? Pourquoi faire confiance à un autre homme ? Pourquoi était-elle morte en fuyant avec cet étranger alors que son frère, son propre frère, aurait donné sa vie pour la sienne ? Il se sentait si blessé dans son âme... blessé de l'avoir perdu, blessé de n'avoir pas été digne de son appel à l'aide. Mais Salomé... cette sublime rousse croyait en son frère et le messager n'aurait pu refuser de rendre ce service. Sa propre histoire lui avait laissé le cœur en cendre et il désirait une autre fin pour la jeune femme. Il bénirait les retrouvailles du frère de la jeune apprentie et de cette sœur emmurée. Il les bénirait comme jamais il ne pourrait bénir les siennes.

********************

Au pied du manoir, le messager avait le cœur lourd. La pluie battante ne l'encourageait pas plus à entrer. Il avait fait son travail, une nouvelle fois. Son échine était toujours glacé de ce qu'il rapportait avec lui. Valait-il mieux qu'elle espère ? Valait-il mieux ne rien dire ? Le messager était ulcéré. Cette chance si belle, qu'il avait espéré, qu'il avait souhaité, qu'il avait chéri... d'autres l'avaient eu et ils l'avaient piétiné. Le poing serré, tremblant de rage, sur la bague que la belle lui avait donné en échange de ces services, il gravit les quelques marches et entra dans la chaleur dorée de la maison de Plaisirs, se pliant avec habitude au rituel d'entrée.

Il demanda à voir Salomé pour une courte entrevue. Un message devait lui être délivré. Ce message, ce n'était pas sa famille qui le lui envoyait... mais l'italien qui finalement, ne voulait pas la laisser dans l'incertitude, ne souhaitait pas lui donner des espoirs qui l'avaient trop durement malmené. Elle devait passer à autre chose et s'il pouvait encore lui être d'une quelconque aide, il l'y aiderait.

Il laissa ses armes à l'entrée ainsi que sa cape trempée et poursuivit son chemin dans le couloir. On l'accompagna dans un petit salon, celui dans lequel, il rencontra jadis Krista et on l'y laissa seul. Le messager s'assit. L'instant était difficile. Il fit tourner la bague entre ses doigts en se questionnant longuement sur ce qui pouvait justifier d'abandonner sa chair et son sang. Comment pourrait-il justifier la sourde oreille de sa propre famille. Comment pourrait-il affirmer que cela avait été plus facile pour eux de l'oublier.

Devant sa famille, il avait défendu son honneur sans même la connaître. Il avait répété qu'elle était vivante et qu'elle demandait l'aide des siens, que c'était leur devoir, que la famille comptait plus que tout. Finalement lassé d'écouter ce messager redondant et impoli, on l'avait mis à la porte après un bref échange qui l'avait tant révulsé, qu'il s'était imaginé, tranchant la gorge de ses indésirables pour les faire taire.

Maintenant démuni dans ce petit salon, c'est à une bien autre scène qu'il rêvait d'assister.

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MessageSujet: Re: Honneur ou famille [PV Salomé]   Lun 7 Juil - 21:53

    « Mais vas-tu te dépêcher ! » J’adressais à la jeune femme un regard froid, si elle se trouvait pressée, je ne l’étais pas. Passant lentement la brosse dans ma chevelure, elle m’avait arraché à mes pensées avec une certaine rudesse. Excédée, à juste titre, de me voir rêvasser. Je me sentais comme une coquille vide, depuis le premier, quelques autres avaient déjà fait leur chemin entre mes cuisses, et mon enveloppe même ne semblait plus m’appartenir. Ce corps appartenait à ceux qui payaient pour en avoir l’usage, mais on me demandait de l’entretenir, et ça c’était injuste. Je reposais la brosse sur la coiffeuse et la quittait, faisait peu de cas du soupire exagéré de la suivante.
    Etait-elle si impatiente de servir les passions lubriques d’inconnus. Certaines parlaient de plaisir, pour ma part, je n’ai connu rien de tel, j’attends simplement que passe l’acte. Je n’y mets pas du mien, m’ont dit certaines, donner mon corps me parait un effort suffisant.

    Une des domestiques du manoir entre soudainement dans la pièce perturbant la routine, toute se tourne vers elle, mais c’est à moi qu’elle demande de la suivre. « Dépêche-toi donc, j’ai pas toute la journée ! » Tout le monde est donc si pressé, ou peut-être est-ce moi qui suis réellement trop lente, je me complet dans une apathie rassurante, je l’avoue, je ne suis pas prête à l’abandonner. Je la suis dans les couloirs, un peu indifférent. Rien ne m’importe réellement, plus jusqu’à ce que mon très cher frère vienne me délivrer. Mais je n’ose espérer que ce soit déjà lui.

    Et puis soudain je m’inquiète, et si c’était lui, que va-t-il dire en me voyant ainsi, les cheveux lâchés, vêtu d’un corset et d’un jupon, je ne me suis plus inquiéter de cela depuis des semaines me semble-t-il, mais soudain mon cœur bat fort dans ma poitrine Je ne peux me présenter ainsi devant lui.
    La domestique s’arrête devant un petit salon, ce n’est donc pas un client, j’en suis rassurée, ce n’est pas un client, mais soudain tous les espoirs me sont permis.
    Elle ouvre la porte, il n’y a que le messager, mais peut être mon frère est-il avec les Boldwin. A peine a-t-elle quitté la pièce, que je m’avance, un peu fébrile, faisant fi de son air sombre. « Mon frère est-il là ? » Je retrouve la force de sourire et m’assois face à lui, suspendu à ses lèvres. « Quand vient-il me chercher ? ». Me voilà moi-même bien pressée. Je me souviens, quant aux abois, je l’ai pratiquement supplié de porter ce message, indifférente aux punitions que je recevrais si c’était su, désespérée, apeurée, il avait été touché par mon pathétique destin. Le monde n’était donc pas devenu complétement cynique.

    J’ai toujours vécut enfermé et n’ait connu le monde que par le prisme déformé des livres et des discours. D’abord ceux de mes parents, puis ceux des nonnes, deux visions bien réductrices. Ici les bavardages sont plus variés, les discussions plus animés, mais tout le monde semblait s’accorder sur une chose, l’être humain est le plus souvent méprisable et que le monde n’est pas si beau et il le devient de moins en moins, lorsque la plupart des soirées se passent, allongés à observer le plafond, des râles obscène pleins les oreilles.

    Mais tout ceci est bientôt finit. Timothée vas me sortir d’ici.

    Je songe déjà à l’après, je quitterai Paris, irait m’installer n’importe où, peu importe, tant que c’est loin. Mon frère m’assurera quelque situation, même modeste je m’en contenterais, élever quelques animaux, faire pousser des légumes, je n’attends plus rien de la vie qu’un peu de liberté. Je serai vieille fille sans doute, mais je ne laisserai plus un homme m’approcher, peut être alors, le Seigneur acceptera de me recueillir, comme Marie Madeleine je me repentirai. Pourvu que je quitte ces murs, et que jamais je ne les revois.

    Soudain son air m’inquiète, mon sourire se fane, il ne semble plus aussi assuré qu’il l’était lorsque je l’ai rencontré. Quelque chose de grave est arrivé, l’inquiétude me ronge soudain. « Mon frère va bien, n’est-ce pas ? Parlez, Monsieur, vous m’inquiétez ! » Ma voix tremble, mon frère est tout ce qu’il me reste dans ce monde, qu’il lui arrive malheur je ne le supporterai pas. Sa femme l’a peut-être fait assassiner, elle m’a bien envoyé ici. C’est à elle, sans aucun doute, que je dois ma situation. Je la tuerai de mes mains, s’il lui est arrivé le moindre mal.
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Honneur ou famille [PV Salomé]   Ven 18 Juil - 16:02

Que dire ? Que faire pour que cet instant ne soit pas une trahison et un supplice aux yeux de Salomé ? Ce n'était pas son rôle de chercher à enrober de sucre un message indigeste. Pourtant il aurait voulu que ce qu'il avait à lui dire ne soit qu'un message de routine. Cette fois, il n'avait même pas de lettre à remettre à la jeune femme, tout avait été transmis à haute voix et l'italien chassé de l'hôtel après une brève confrontation, n'avait guère de bonnes choses à dire. Tout ce qui était positif pour la famille de Lenclos devenait d'ailleurs négatif pour la jeune fille abandonnée à un sort peu enviable.

La joie qu'elle émet lorsqu'elle rentre dans la pièce est aussi douloureuse à son cœur qu'il n'a rien avec lui qui ne puisse contenter cet espoir là. Finalement, il pose la bague, donnée en paiement, sur la table basse sculptée qui les sépare et la pousse vers elle. Il ne prendra pas cette bague. Peu importe que le message ait été porté, il ne peut accepter ce qu'elle représente. Salomé pourra encore en avoir besoin. Pour acheter un serviteur, pour payer son droit de sortie, pour s'échapper.


_ Gardez-là vers vous et cachez là !
Le temps était venu de parler, de retranscrire cet incroyable infamie en laquelle il peinait croire avoir assisté. La jeune femme n'attendait plus que sa réponse ! Votre frère va bien, mademoiselle. La renommée de votre famille est grandissante depuis quelques temps... et ils estiment que vous sortir d'ici ne ferait que jeter un mal sur leurs affaires et sur leur notoriété... Je suis navré... Personne ne viendra.

Il retournerait auprès du frère si elle le demandait. Il était prêt à déployer plus d'énergie qu'il ne lui en restait pour faire réagir le frère et entrer dans la gène que sa déclaration avait provoqué auprès du couple tranquille. Mais en tout et pour tout, la famille avait choisi leur honneur à leur sang. Elle avait choisi l'or à l'amour. Salomé devrait se battre seule, avec les nouveaux alliés qu'elle rencontrerait. Ezel avait fait son travail mais l'aide ne viendrait probablement pas des siens. A ce qu'il en avait compris, Salomé était morte pour eux. Elle ne recevrait pas plus de visites que de paquets ou de petits mots pour lui rendre la captivité plus douce. Pas d'excuse, pas de remords... en tout cas, bien loin de cette femme qui avait fini par ordonner à ce qu'il sortit de leur maison.


_ Je leur ai fait part de votre présence ici, de la nécessité de vous aider... Je n'ai guère eu le retour escompté.

Il garda ses pensées pour lui-même. Elle n'avait pas besoin d'entendre à quel point ce comportement l'estomaquait. A quel point, il se sentait heurté de voir cette chance être envoyé aux ordures. Et face à tout cela, il ne trouvait nul mot pour la réconforter. A quoi pouvait-elle se rattraper ? Ezel savait que ce manoir comptait des gens biens... Alexandre, le muet. Oliver avait également promis d'être à l'intérieur de l'établissement, quelqu'un sur qui les filles pourraient compter. Etait-ce hypocrite de dire qu'elle n'était pas seule ? Il n'osait le mentionner ainsi.


_ Oliver est mignon dans cet endroit. C'est un homme qui pourra vous apporter du réconfort... vous en aurez certainement besoin. Ninon est une jeune femme qui saura également vous comprendre et vous écouter... Ne perdez pas espoir !

Ezel se leva avec désolation. Il avait eu une sœur qu'il n'avait pu sauver.

_ Je suis désolé.

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MessageSujet: Re: Honneur ou famille [PV Salomé]   Lun 28 Juil - 0:43

Ma bague, ce bijou délicatement ouvragé  offert par mon frère lui-même, je ne pensais jamais la revoir. J’ai peur de ne pas comprendre, elle était le paiement de cette affaire, mes yeux rencontrent les siens, je suis perdue, mais lorsqu’enfin il parle, j’aurai préféré qu’il se taise, qu’il ne revienne jamais et me laisse nourrir d’insensés espoirs. Mon monde s’effondre, vol en éclat en quelques mots. Je n’existe donc plus pour eux, même mon frère s’accorde à le dire maintenant, mon déshonneur serait le leur. J’avais envie de pleurer, mais ravalait mes larmes, j’avais assez pleuré et cela ne changeait rien, la colère et la haine par contre me maintenant à flot.
Il parlait encore, proférant des conseils que j’écoutais à peine plongé dans le tourbillon qu’avait provoqué son annonce. Pourtant l’un d’eux me glaça. Il me parlait d’espoir, je sursautais presque et dardais sur lui un regard brûlant de cette haine devenue mon amie la plus cher. Il était désolé, j’aurai pu en rire si j’avais su comment faire. « Ne me parlez pas d’espoir, monsieur, une catin n’en a aucun. » Mon ton est cassant, je le reconnais à peine, cet endroit m’a déjà changé. « Mes seuls horizons sont les murs et les plafonds de cet endroit maudit, ou je devrais attendre jour après jour, nuit après nuit, que des porcs… » sur ce mot je crachais tout mon venin « …viennent se… » et ma voix se brisa.

Ils venaient déjà.

Je me relevais et me tournais pour ne pas affronter un regard de plus. Toute mon existence n’avait été qu’une mascarade, un jeu sournois du destin visant à me détruire. D’abord le rejet de ma famille, puis la cruauté des nonnes, dont les coups de bâton marquaient encore ce dos que j’exposais au messager, pour échouer ici, pour devenir un objet de plaisir pour d’autres. Un plaisir que je ne prenais pas, et qui me tordait le ventre. « Je ne veux plus voir cette bague, prenez là, vendez là, sa seule vue serait un rappel constant de leur rejet. » J’accentuais cela d’un geste sec de la main. Je ne le regardais plus, mon regard fixé sur une fenêtre, ce rectangle d’extérieur me narguant. J’y voyais mon reflet, la déchéance de la jeune fille modèle que j’étais, mes traits étaient tirés, j’avais l’impression d’avoir vieillit en quelques jours seulement. Toute innocente et candeur m’avait été arraché en même temps que mon hymen.
Mon cher frère, tu as donc été corrompu toi aussi, toi qui m’a toujours tendrement aimé, me ramenant des présents, et me faisant sourire alors que j’étais persuadée de ne plus en être capable. Aujourd’hui tu me rejettes aussi, je voudrais tant te haïr, mais je suis bien trop blessée, je sens entre mes côtes le couteau que tu m’as planté dans le dos. Je n’attendais pas de trahison de ta part, mais il faut  croire que celle que tu as choisi pour épouse est finalement parvenu à ses fins, me voilà complétement évincée. Dans mes veines coule de la glace qui je l’espère viendra geler mon cœur douloureux. J’ai mal, mal à en mourir, mal à le hurler, mais mes lèvres restent closes, je sens sur mes joues quelques larmes, celles que j’ai juré de retenir. Je les essuie rageusement.

J’aimerai affronter toute cette situation avec de la colère dans la voix, du défi dans les yeux et la rage au ventre. Mais la vérité c’est que ce monde me terrifie, me glace, me tétanise, sa cruauté, sa vérité m’agresse et me donne envie de rester prostré. On a eu tôt fait d’étouffer en moi toute braise de rébellion. On m’a fait porter les oripeaux de la victime, et mes anciens bourreaux me disaient que là était la rédemption, les nouveaux ne parlent pas de rédemption, parce qu’il n’y en a pas. Pas ici, c’est un endroit oublié de Dieu.

Je me retourne vers le messager, cet oiseau de mauvais augure venu m’annoncer ma sentence. « Ne soyez pas désolé monsieur, vous n’y êtes pour rien. » Même à ma colère je ne parviens pas à me rattacher, ce sentiment n’est pas dans ma nature, je ne suis en rien rancunière, si certains trouvent quelques réconfort à en vouloir au messager pour la mauvaise nouvelle qu’il apporte, je n’en saisi pas bien l’intérêt. Répandre le poison ne le rends pas moins venimeux. « J’ai vécu dans un convent la majorité de ma vie, à l’écart de ma famille, en dehors du monde. » Je ne sais pas pourquoi je lui expliquais cela, un demi sourire sans joie aucune sur mes lèvres « Et regardez-moi aujourd’hui ! » J’écartais quelques peu les bras, englobant ma tenue et cet endroit « Le monde me passe dessus, et chaque soir je dois… » je m’interromps pour me corriger, avec un soupire « je vais devoir m’apprêter pour le séduire, l’ironie n’est-elle pas la pire des garces ? » Ses mots auraient pu me faire rougir il y a quelques temps, mais je suis au-delà de ça aujourd’hui, et leur saveur encore nouvelle est d’un réconfort étrange. Il est temps pour moi, d’abandonner les métaphores et d’appeler un chat, un chat.
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Ezel Olven
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MessageSujet: Re: Honneur ou famille [PV Salomé]   Mer 10 Sep - 13:15

Lui demander de ne pas perdre espoir. Oui, il l'avait fait ! Peu importe sa situation, peu importe sa douleur, il le lui demandait. A sa réaction, Ezel comprit qu'elle devait estimer qu'il en réclamait beaucoup. Ce n'était pas son avis. Le Messager était ainsi a toujours demander plus d'efforts aux autres car derrière le dédain qu'il pouvait leur inspirer de part son caractère exigent et autoritaire, il agissait par amour des hommes et par conviction. Le commun des mortels savait se dépasser. Si elle avait la force de haïr, elle avait la force de se battre. Elle était en droit d'être furieuse... et il n'était pas la cause de cet éclat. Mais dans sa lente descente aux enfers, il fallait qu'elle réalise que leur donner la victoire trop vite serait un pas maladroit.

Le messager avança à sa suite et l'attrapa brusquement afin qu'elle se retourne. Son geste n'avait pas pour but de lui faire mal mais face à l'élan de colère de la jeune femme, il fallait qu'elle réalise que dans cette solitude qu'elle décrivait, une seule rencontre, un seul regard et la vie vous rappelait à lutter. La vie vous rappelait ce que vous étiez et ce que vous n'étiez pas. Elle se trompait sur son propre reflet et il la força à le regarder. Qu'elle oublie cette haine contre lui ! Il n'était pas son ennemi. D'un ton sévère, il agrippa son regard :


_ Regardez-moi dans les yeux ! Croyez-vous que c'est une catin que je vois en ce moment. Croyez-vous que je ne ressens aucun respect à votre égard ? Il relâcha finalement ses épaules qu'ils tenaient solidement entre ses mains. J'ai contre votre famille, le plus grand mépris... la plus grande incompréhension... car j'ai eu une sœur et s'il m'avait été possible, j'aurai donné jusqu'à ma vie pour laver son honneur.

Comment ne pas se sentir désolé ? Comment !? Ezel ressentait la blessure comme si on la lui avait infligé. C'était injuste, impardonnable ! La trahison était la pire des blessures car pour y avoir un sentiment de trahison, il fallait de la confiance, de l'attachement... des sentiments qui se perdent et ne retrouvent jamais le même éclat. Il fallait qu'elle se batte car lui sentait ses forces le quitter peu à peu. Quel triste inutilité seraient les dernières années de sa vie ! Il avait tant œuvré pour les filles du Manoir, tué, protégé en la mémoire de sa petite sœur et personne ne se souviendrait de lui. Personne ne connaîtrait son nom ! Personne ne se souviendrait de son visage. Il se recula, glissant sans grande joie, la bague dans son manteau. Soit ! Il trouverait un usage plus heureux à ce bout de métal.


Il la regarda se dénigrer un peu plus. Mais les mots n'affluaient plus à ses lèvres... Quitter une prison pour une autre, voilà ce qu'elle décrivait être sa vie. Il eut envie de lui parler de jours heureux mais il réalisa qu'il ne faisait lui-même plus de projets d'avenir et qu'il n'aspirait plus à trouver le bonheur un jour.

- J'aimerai avoir les bons mots pour vous raccrocher à cet espoir que vous rejetez... Mais je n'ai guère d'argument à vous offrir... Sachez que je resterai votre allié dans ce combat et que chaque jour où il vous sera difficile de vivre, je viendrai à vous... à votre simple demande. Je reste votre serviteur, mademoiselle.


[C'est pas vraiment le top de la réponse que j'aurai voulu te donner...  ]

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Honneur ou famille [PV Salomé]

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