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 [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]

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Lauric de Vignoc

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MessageSujet: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Mer 12 Mar - 19:32

Ainsi était-ce à cela que ressemblait la Capitale ? Cela était si différent du Comté de Vignoc. C'était effrayant ! Toutes ses maisons se touchaient et laissaient peu de place à l'intimité que le breton avait toujours connu. Certains bâtiments étaient immenses, plus haut encore que le château de la famille. Il restait si peu de place pour les vastes étendues de verdure qu'il voyait de sa fenêtre. Lauric écarta un peu plus l'épais morceau de Damas pour discerner les bâtiments alors qu'il s'engageait dans une énième rue cabossée.

_ Lauric ! L'homme stoppa son geste et se retourna vers sa mère, grimaçante entre inconfort et remontrances. Elle n'aimait pas voir son regard traîner dehors au risque de se faire surprendre par un passant. Il n'était plus dans leur petite province bretonne. Ici, tout pouvait prendre des proportions démesurées. Elle en avait conscience et il fallait redoubler d'attentions au grand dam de son fils, fatigué de vivre caché. Il doutait d'ailleurs avoir une nouvelle vie ici, même si ce déménagement n'était que temporaire. Nous sommes bientôt arrivés, tenez-vous tranquille. Ajouta-t-elle en désignant masque et gants sur le fauteuil près de lui. A contrecœur, il enfila cette désagréable parure. Sous ce masque noir d'une banale neutralité, il respirait mal et avait toujours chaud.

Finalement, le cortège de plusieurs voitures s'arrêta sur ce qui serait sans doute une énième prison dorée pour Lauric qui réalisait soudain que son voyage arrivait à son terme et qu'il devait ré-enfiler ses chaînes. Un coquet hôtel particulier cerné d'un petit jardin mal entretenu, c'est ce qu'il aperçut lorsque sa mère descendit de la voiture en soupirant, soulagée que les secousses se furent enfin arrêtées. La porte se referma derrière elle. Il n'était pas encore convié à descendre. Seul dans la voiture exiguë, il souleva à nouveau le rideau de sa main gantée. La maison voisine était bien agencée, le jardin parfaitement soigné... quelqu'un vivait là. Leur maison actuelle était restée inoccupée durant plusieurs années et partageaient un mur avec la maison d'à côté. Il n'y avait d'ailleurs pas de distinction entre les deux cours. Seul un propriétaire tatillon connaîtrait exactement l'étendue de ses possessions.

Dehors la comtesse s'activait pour que les malles soient retirées des voitures et déposées dans la maison dont on prit soin d'ouvrir portes et fenêtres pour chasser l'air saturé de poussière. Que lui avait-elle dit dans la voiture ? Que la maison appartenait à une vieille tante décédée il y a des années ? Une femme qu'il n'avait jamais connu comme beaucoup des membres de sa famille, à proprement parlé. Certains avaient bien trop peur que la malédiction ne se répandent sur leur propre corps.  

Lauric ouvrit un livre pour passer le temps. Cela pouvait prendre des heures avant que sa mère ne l'invite à venir fouler le sol de sa nouvelle demeure.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Dim 16 Mar - 15:06

Énervement, cris et hystérie... Je crois que ce sont les mots parfaits pour décrire ce qui se passe depuis quelques temps maintenant dans la maison familiale entre moi, mon père et ma saleté de belle mère que j'ai d'ailleurs plus que jamais envie de détruire. Mais après tout comment pourrait-il en être autrement après ce qu'ils m'ont appris il y a peu, après ce qu'ils ont décidé pour moi. Ce mariage dont je ne veux pas, cette union forcée mais aussi par la même occasion la séparation avec mon père que je ne pourrais plus protégé comme il faut de l'influence ma folle de marâtre, ce que j'ai d'ailleurs déjà du mal à faire aujourd'hui, tout cela va me rendre folle et me faire perdre pied, je le sais, je le sent de plus en plus.

Mais je ne compte pas devenir folle même si la folie serait sans doute une bonne raison d'annuler l'union à laquelle je suis promise et c'est donc pour garder les pieds sur terre et la tête la plus froide possible que je ne cesse de me justifier et de me débattre verbalement lorsque j'ai à faire à ma belle-mère ou à mon père. C'est usant certes mais il faut bien que je me rende à l'évidence tant que je n'aurais pas trouver un moyen de faire annuler cette mascarade j'aurais le droit d'en entendre parler chaque jour que Dieu fait. Et pour vérifier cette affirmation et en faire une réalité je n'ai eu qu'à me lever ce matin. En effet, à peine un instant après que j'ai posé le pied par terre j'ai eu droit à des dizaines de compliments concernant mon futur époux, de la part des gouvernantes qui évoluent à mes côtés, probablement une demande qui leur a été faite par leur chère nouvelle patronne en la personne de Madame ma chère belle-mère. Une fois descendue pour le petit déjeuner j'ai eu droit à une discussion avec cette dernière à propos des préparatifs du mariage et ce même si elle m'a avoué elle même si prendre peut être un peu tôt puisque mon futur mari et moi nous ne nous sommes encore jamais vu. A ce moment là j'ai du me retenir de la gifler et de lui dire qu'elle avait certainement oublier ce détail parce que le désir de ne plus m'avoir dans ses pattes doit être bien trop fort.

J'ai tenu quelques heures en tentant de me calmer et de ne pas exploser mais l'arrivée de mon père qui, après avoir roucouler un instant devant mes yeux avec sa traîtresse de femme pour le plus grand plaisir de celle-ci bien entendu, s'est mis en tête de me parler de tout cela à nouveau et ce même si il sait pourtant que c'est un sujet sensible pour moi. Cette fois-ci s'en est trop, beaucoup trop et j'ai vite compris que chaque seconde supplémentaire passée dans cette maison en leur compagnie allant me rendre encore plus folle et irritable. Alors j'ai décidé de m'en aller non sans mal puisque j'ai eu droit à des représailles au moment où mon père m'a vu me saisir d'une de mes capes pour me couvrir et rejoindre l'extérieur de la maison. Aussi c'est finalement en hurlant à mon tour que je claqua la porte de notre demeure.

Vous rêvez père, jamais je ne serais sienne, jamais...vous le savez parfaitement et je ne changerai pas d'avis.

Je suis presque certaine que mon père a entendu mes paroles puisque le voisinage tout entier a du m'entendre mais je me fiche pas mal des autres, même si je sais que je ne devrais pas agir ainsi, ne serait-ce que par égard pour mon père et pour sa réputation mais en cet instant précis alors que je part en trompe en pressant le pas le plus possible tout cela ne me concerne et ne m'intéresse absolument pas. D'ailleurs je ne me moque pas uniquement de cela puisque je ne prête pas vraiment attention à ce qui se passe autour de moi, étant bien trop occupée à être énervée et à ruminer cette colère qui ne cesse de grandir en moi. J'aurais certainement pu faire de nombreux mètres comme ça mais cela aurait été sans un petit obstacle sur lequel je butta. Enfin...je crus à un obstacle dans un premier temps avant de finalement prêter attention à ce qui a stopper ma course et de me retrouver nez à nez avec un homme que je n'avais jamais vu auparavant et qui est totalement camouflé derrière, cape, masque et gants. Il pique bien entendu ma curiosité et j'aurais certainement pu être aimable pour en savoir un peu plus mais là je ne suis pas vraiment d'humeur et ce d'autant plus que je crois encore la maison voisine de la mienne vide, aussi c'est avec une voix pleine d'énervement et pas franchement très chaleureuse que je m'adresse à l'inconnu.

- Qu'est ce que vous fichez là ? Vous n'êtes pas chez vous à ce que je sache...

Je suis sûrement entrain de passer pour la petite garce capricieuse que je suis d'ailleurs plus que je ne veux bien l'avouer mais ça aussi je m'en fiche pas mal, par contre je compte bien repartir avec des explications et des réponses à l'ensemble des question que je me pose et que je pourrai être amenée à me poser.

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Lauric de Vignoc

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 21 Mar - 16:08

Les pages se tournaient mais son esprit était ailleurs. Les mots coulaient devant ses yeux sans qu'il n'en perçoive le sens. Le livre parlait de philosophie, apostrophait l'individu sur des sujets hors-normes, soulevait des questions insignifiantes aux réponses lourdes de conséquences, posait des axes de réflexion dont la clé demeurait encore un mystère et alourdissait son esprit de pensées instruites et spirituelles. Habituellement, il aimait se prêter à ce genre de jeu qui lui accaparait toute sa concentration et le coupait de l'ennui... mais aujourd’hui, l'esprit sans doute fatigué par le voyage, ne semblait pas pouvoir l'extraire du cadre de cette cabine étroite. Pour la 5ème fois, il relu la première ligne d'une des premières pages et se lassait chaque fois un peu plus, de la sensation du papier sous ses doigts. C'était un comble ! Il était chez lui et il devait patienter comme une honte de la nature dans la voiture. Cela était blessant tout autant que révoltant. Prendre possession de son royaume, voilà tout ce qu'il voulait. Se faisant soudainement la promesse que la vie à Paris ne serait pas semblable à celle en Bretagne, il se leva de son siège et attrapa la poignée du véhicule pour l'abaisser.

Il ne connaissait que trop bien les cris qui s'extrayaient de cette maison aux apparences si parfaites. Les hurlements de colère saignaient également le château breton lorsque le jeune homme venait auprès de son beau-père pour lui rappeler à qui revenait le titre de Comte. « Belzébuth » et « démon » étaient sans doute les noms que cet opportuniste lui jetait le plus souvent à la tête pour défaire sa légitimité. Les rapports familiaux difficiles, il connaissait ça... C'était la principale raison de sa présence ici d'ailleurs. On l'avait remplacé ! Parce qu'il n'était pas comme le commun des mortels, on l'avait tout simplement effacé et substitué par un jeune homme que l'on trouvait beau – mais que son beau-père avait voulu sans une once d'esprit.

Lauric finit de descendre discrètement de la voiture, les jambes se chargeant de picotements désagréables. Il désobéissait à sa mère. Celle-ci serait folle de rage mais il était temps qu'elle apprenne qu'il voulait assumer ce qu'il était -ou du moins en assumer une part-. A maintes reprises, il avait voulu lui faire entendre ce besoin de vivre, même caché derrière un masque. A Paris, les nobles n'avaient-ils pas ce genre de lubies qui passeraient pour une extravagance ? Il devait sauter sur l'occasion et ne pas attendre pour imposer un nouveau style de vie.

Les cris inondent bientôt la cour. Difficile de ne pas vouloir jouer les curieux quand le monde a voulu vous cacher les plus croustillants moments d'une vie. Le breton contourne la voiture et se heurte à une jeune femme. Restant un instant pantois devant l'agressivité de la furie et prit de cours devant cet aplomb, il finit par balbutier quelques mots.


_ Nous... sommes en train d'aménager.

Puis il se courba légèrement et salua la lady, en cachant sa réserve habituelle à se frotter à ce contact si inhabituel.

_ Lauric, comte de Vignoc, Mademoiselle ! … Pour vous servir.

C'est ce qu'ajoutais toujours les gentilshommes de ces romans, à la politesse toujours exacte et au charisme indéniable. Il voulait paraître de ces hommes là, n'ayant eu aucune autre image masculine à laquelle se comparer.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Mar 25 Mar - 15:30

Une gamine capricieuse et incontrôlable c'est à cela que je dois ressembler en cet instant mais c'est finalement également ce que je suis réellement. Je le suis déjà la plupart du temps lorsque je suis dans mon état normal alors imaginez ce que cela doit être alors qu'on vient une nouvelle fois de me pousser à bout tant et si bien que j'ai fini par exploser et par claquer la porte derrière moi. Je ne serais donc certainement pas la meilleure compagne de discussion ou de quoi que se soit pour celles et ceux qui pourraient croiser ma route et ce même si ils n'y peuvent rien mais nous verrons bien en temps utile. Fonçant tête baissée je ne sais où je ne pensais pas que ce temps là arriverai aussi rapidement. En effet je n'ai pas mis bien longtemps avant d'entrer en collision avec quelqu'un, buttant de plein fouet dans celui qui n'est autre que mon nouveau voisin, chose que je ne sais bien entendu pas encore.

Pas aimable pour deux sous je l'ai rembarré sans même lui laisser le temps de s'expliquer ou de se présenter et ce même si je sais bien que le laisser faire une telle chose aurait été tout sauf stupide. D'ailleurs mon éducation m'aurait, en d'autres temps poussée à le laisser faire les présentations et à me présenter moi même mais voilà je suis bien trop énervée et il a le malheur de se trouver sur mon chemin au mauvais moment. Alors oui il a eu droit aux hurlements et à l'attitude hautaine et tant pis si je prends le risque de m'attirer ses foudres, ce que je devrais pourtant certainement redouter puisque je ne connais rien de cet homme. Mais après tout je suis juste à côté de chez moi non ? Alors même si je viens d'insulter mon père et ma belle-mère je n'aurais qu'à hurler un bon coup pour qu'on vienne me sauver, après tout ils ne prendraient pas le risque de me marier si je suis abîmée non ? J'ai lancé ma petite remarque et mon petit regard de garce et à présent j'attends que l'homme dans lequel je viens de rentrer me réponde et me donne des informations sur les raisons de sa présence ici. Je m'attends à un peu près n'importe quelle réaction mais je crois que je n'avais pas vraiment imaginer ce qui est entrain de se produire.

En effet ce n'est pas un à homme énervée ou à un homme sûr de lui que je me trouve mais à quelqu'un qui après avoir mis un instant à répondre le fait en balbutiant quelques mots malheureux pour m'apprendre qu'il est entrain d’emménager juste là, dans cette habitation que je ne me souviens plus d'avoir vu habitée le tout avant de se présenter un peu plus à moi d'une façon un peu trop pompeuse à mon goût mais qui a le mérite de me faire sourire mais aussi et surtout de me radoucir un peu, me faisant presque redevenir une parfaite jeune fille de bonne famille au comportement quasiment normal. D'ailleurs lorsque je décida, assez rapidement, de reprendre la parole se fut pour m'adresser à l'homme avec bien plus de douceur et de normalité.


- Enchantée Comte de Vignoc ou plutôt devrais-je dire cher nouveau voisin. Pardonnez moi pour mon attitude mais vous avez sans doute compris que je suis un peu excédée par des affaires toutes personnelles et j'ai tellement l'habitude de n'avoir aucun voisinage mais maintenant que les choses ont changées je ferais en sorte que les choses soient différentes de ce point de vue également. Enfin...je tenterais de faire au mieux. Quant à moi appeler Mademoiselle de Blegniac ou Ménérade si vous désirez faire dans les discussions un peu moins guindées.

Je désire faire bonne figure auprès de ce nouveau voisin que je ne connais finalement pas le moins du monde. Je ne sais pas exactement pourquoi j'ai ce désir mais je pense que je souhaite surtout ne pas me mettre tout le monde à dos alors que je suis presque certaine que je finirai tôt ou tard par avoir mes proches contre moi. Que faire à présent ? Me contenter de ces présentations hasardeuses ou essayer de prolonger ce moment et par la même occasion d'assouvir la curiosité que je ressent face à cet homme qui est bien plus couvert que toutes celles et ceux que j'ai déjà pu croiser dans la capitale. Aussi je décida de moi-même de continuer la conversation sans vraiment demandé son avis à celui que je connais à présent comme étant le Comte de Vignoc. Après tout pourquoi aurais-je agit différemment alors qu'il semble, tout comme moi, ne pas avoir des dizaines et des dizaines de choses à faire pour le moment. Aussi c'est tout en le dévisageant sans faire preuve de trop de discrétion que je repris la parole.

- D'ailleurs que diriez vous de faire un peu plus ample connaissance cher voisin puisque le monde autour de nous semble bien plus agité que nous ne le sommes ? Par contre je ne pourrais que vous conseillez de vous départir de tout l'attirail dont vous êtes affublé, je ne sais pas d'où vous venez mais il ne fait pas si froid à Paris et je m'en voudrais de vous avoir laisser attraper la mort de vous être trop couvert sans être prévenu.


Il est évident que je ne sais en fait rien de ce qui peut pousser mon voisin à porter tout ceci mais j'ai décidé de jeter un pavé dans la mare, de lui tendre une perche en avançant une hypothèse, le tout en faisant preuve de douceur et de prévenance tout ceci venant d'ailleurs contraster plus que jamais avec celle que j'étais il y a encore un instant. Qu'est ce que j'espère ? Et bien qu'il accepte et m'en dise davantage après tout je n'ai rien d'autre à faire pour le moment à part peut être continuer à broyer du noir et à m'énerver seule...
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Lauric de Vignoc

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 18 Avr - 16:35

Le comte ne répéterait sans doute jamais assez à quel point la gente féminine pouvait être sujet de trouble. Mais cette nouvelle interlocutrice rejoignait cette incroyable groupe de jeunes filles qui ne correspondait pas à la description rigoureuse faite par sa mère. Les filles de bonne famille devait répondre à des critères précis, pourtant ce n'était pas ce genre de femme qui l'attirait et il savait d'ores et déjà que sa voisine ne trouverait pas grâce aux yeux de sa mère. Une jeune fille de bonne famille ne doit jamais élever la voix, surtout contre un homme. Cependant, il ne pouvait guère se montrer difficile avec les femmes. Trop peu lui accordait de l'attention et jamais vraiment pour les bonnes raisons. Il y avait ce masque en tout premier lieu qui trônait entre protection et damnation. Il suscitait des interrogations alors qu'à ses yeux, c'était devenu son visage.

Le breton avait curieusement envie d'impressionner la jeune femme par de beaux discours, par son titre, par sa demeure. Il avait envie de jouer le maître de maison là où finalement il n'était qu'un prisonnier. Pourtant n'était-il pas Comte ? Ne devait-il pas bomber le torse et marquer son emprise sur ce territoire sur lequel la jeune Ménérade empiétait. Ce bout de terrain, ces murs lui appartenaient désormais. Ce jardin chargé de ronces, ces fenêtres marquées par le soleil, tout ceci était à lui. Il porta un instant un regard sur cette maison. Non, ce ne serait pas un nouveau sanctuaire. Il en prendrait le pouvoir. Il s'affirmerait pour sortir en plein jour, aller visiter sa voisine qui n'était pas sans charme.


_N'en faites rien mademoiselle. Je ne serai pas celui qui vous conseillerait d'être quelqu'un d'autre. Je ne sais que trop ce que c'est que de se faire imposer un masque.
Plaisanta-t-il, tournant en dérision son propre quotidien par un trait d'esprit. Néanmoins crier contre sa destinée ne servait à rien. Toute la colère, toute l'énergie que l'on mettait dans le refus de sa propre condition n'en changeait pas la portée, pas plus que la finalité. C'est du moins, à cette conclusion qu'il était arrivé. Rien ne l'avait sauvé. Aucune prière, aucun culte satanique, aucun produit issu d'une science naissante.

A cheval sur le protocole, il n'envisagea pas de l'appeler autrement que Mademoiselle de Blégnac. Et si ce qu'il supposait était juste, en tant que future mariée, il aurait été fort impoli et déplacé de se permettre autant de familiarités après une si courte entrevue. Peut-être était-ce un us de Paris. On lui avait décrit la capitale chargée de gens frivoles et de libertins. Peut-être était-ce pour cela que son accoutrement ne semblait pas la gêner outre mesure.

Bien conscient de ce que se découvrir impliquait, il se contenta d'ignorer innocemment la requête pour se concentrer sur un autre sujet.


_ Nous arrivons de Bretagne. D'un bien bel endroit en vérité... n'y voyez aucune curiosité insidieuse mais allez-vous vous marier ? J'ai entendu votre échange avec votre père. Cela ne semblait pas vous ravir.


Mariage. Un mot qu'il ne connaîtrait sans doute jamais. Oh, il savait pertinemment que les gens comme eux ne se mariaient pas par amour. Mais s'il était uni à une femme, elle ne pourrait plus le fuir. Néanmoins son beau-père lui avait interdit tout contact avec de belles jeunes femmes... encore moins celles attirées par l'argent qui dilapideraient sa fortune. Lauric avait la légitimité sur le domaine... s'il avait un fils, ce serait la fin du règne de l'usurpateur. Le nouveau-né bien portant constituait une menace.


_ L'avez-vous déjà rencontré ?

Il ne connaissait pas le futur-époux mais il le trouvait fort chanceux d'être promis à une aussi belle jeune fille. Il espérait trouver une telle épouse qui saurait le regarder comme s'il était le plus bel homme de la terre. Sa rencontre avec la vagabonde l'avait quelque part convaincu de continuer à y croire encore un peu.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 2 Mai - 15:20

Si j'avais su que je n'étais pas seule ici j'aurais peut être tenter d'agir différemment comme je viens de le dire à celui que je connais à présent sous le nom de Lauric de Vignoc et sous le statut de nouveau voici. Mais en y réfléchissant bien je suis presque heureuse de m'être comportée ainsi dès le départ puisque je n'aurais plus à jouer à la jeune fille de bonne famille à l'avenir, du moins pas avec lui puisqu'il connaît déjà ce qui doit être l'une des pires facettes de ma personnalité. Je devrais d'ailleurs peut être me comporter de cette façon lorsque je serais présentée à mon futur époux histoire de lui montrer que je ne suis pas si bien éduquée que devrait l'être une fille de comte. Oh n'allez pas croire que je remets en question l'éducation de mon père mais je ne peux pas renier le fait que j'ai manqué de certaines choses, d'une mère par exemple et que je me suis finalement élevée seule malgré tous les efforts de mon père. Bref, je ne suis pas vraiment une fille bonne à marier mais cela n'a, malheureusement pour moi, pas empêcher mon père et ma belle-mère de commencer à brider ma liberté avant que celle ci ne disparaisse sous les saints sacrements du mariage.

Enfin, cela n'a pas vraiment d'importance pour le moment puisque ce qui compte vraiment à mes yeux n'est autre que le fait d'essayer d'arranger un peu les dégâts que je viens de créer afin d'avoir des relations de voisinage qui soit les plus normales possible avec celui qui se trouve être mon nouveau voisin et qui n'a pas l'air d'être le pire des voisins qui soit même si ne connais pour le moment presque rien de lui, pas même son visage. Mais pour paraître un peu mieux élevée que je ne le suis j'ai décidé de brider pendant un temps ma nature curieuse et je ne viens pas assaillir l'homme de questions sur ce fameux masque qu'il semble arborer en permanence si j'en crois son attitude. D'ailleurs si je ne me trompe pas et qu'il porte bel et bien régulièrement tout cet attirail mes questions risqueraient sans doute de lui rappeler les rencontres qu'il peut faire en temps normal. Et puis si il avait voulu m'en parler il aurait certainement réagit à la petite pique que je lui ai lancé. Aussi alors qu'il semble tout de même vouloir plaisanter sur ce point en me répondant je choisis de ne pas rebondir sur ce qu'il vient de me dire, n'abordant donc pas ce point puisque je préfère continuer à pointer du doigt la mauvaise attitude que je viens d'avoir avec lui.


- Et bien merci, mais il me semble vous avoir entendu user du « nous » et non du « je » pour me faire part de votre emménagement aussi je ne voudrais pas passer pour une furie aux yeux de votre épouse. Vous êtes sans doute un modèle de compréhension pour ne pas penser cela de moi après ce que je viens de vous faire vivre mais je doute que tout le monde soit ainsi alors autant ne pas prendre le moindre risque.

Bien entendu je ne sais pas si la personne avec laquelle il emménage à côté de la demeure de mon père est bel et bien sa femme ou si c'est à quelqu'un d'autre que je risque d'avoir à faire dans les prochains jours si je me comporte encore comme je viens de le faire mais étant donné les quelques années que cet homme doit avoir de plus que, si j'en juge par sa carrure, j'ai pris le parti de partir sur cette hypothèse. Et puis après tout si je me trompe il n'aura qu'à me remettre sur le chemin de la vérité.

D'ailleurs en parlant d'épouser voilà que mon nouveau voisin vient me confirmer que je n'ai absolument pas fait preuve de discrétion lorsque je suis sortie de chez moi comme une furie puisqu'il vient m'en demander davantage sur ce mariage dont il pense m'avoir entendu parler. Bien entendu je suis consciente que je pourrais sans le moindre mal lui faire croire qu'il a mal entendu ce que j'ai hurlé à mon père mais j'ai également conscience que le mensonge n'est pas le meilleur moyen de commencer de bonnes relations de voisinage. Et puis avoir quelqu'un dans la confidence et de mon côté ne peut certainement pas me faire de mal et ce d'autant plus qu'il ne pourra pas vraiment me trahir puisque mon père et ma belle-mère savent déjà parfaitement ce que je pense au sujet de mon mariage futur. Et comme Lauric doit certainement avoir également une petite idée sur le sujet après les éclats de voix dont il vient d'être témoin je décide de me lancer.


- En effet, il est prévu que je me marie dans les prochains mois mais je vais tout faire pour que cela n'arrive pas. Je n'ai jamais pensé faire partie de celles qui sont faites pour êtres épousées et le fait de devoir unir mon destin à un homme que je n'ai pas choisi me répugne et m'horripile au plus haut point. Quant à celui qui crois pouvoir devenir mon époux et bien non je ne l'ai pas encore rencontré mais je songe de plus en plus à lui réserver un accueil encore bien pire que celui dont je viens de vous honorer en espérant qu'il ne sera pas aussi conciliant que vous.

En cet instant je me dis que je viens peut être de faire une bêtise en agissant ainsi et en lui disant tout cela puisqu'après tout il pourrait peut être connaître ce fameux John de Plessis Bellière dont je dois devenir l'épouse. Mais il est de toute façon trop tard et puis ne m'a-t-il pas dit qu'il vient tout juste d'arriver de Bretagne et les risques que les deux hommes se connaissent intimement est sans doute moindre. Peut importe, à présent je n'attends plus que la réaction de monsieur mon nouveau voisin, ne voulant pas, pour le moment du moins, m'étaler davantage pour ne pas lui faire encore plus peur que je l'ai déjà fait alors qu'il doit déjà ne plus être capable de ne pas me voir comme la gamine capricieuse que je suis.
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Lauric de Vignoc

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 9 Mai - 14:26

En vérité, Lauric avait une bien jolie voisine. Une jeune femme qui ferait une bien belle mariée et qui finirait bien un jour par se ranger du côté de son mari comme le stipulait l'étiquette. Ce jour là, elle serait une épouse parfaite. Pour être honnête, s'il avait été son époux désigné, il n'aurait pu tolérer pareil comportement et sa mère, ne tolérant nullement caprices et jérémiades, l'auraient maté. Dans son malheur, la Comtesse lui avait toujours interdit de se plaindre. Il devait tolérer et s'estimer heureux de ce qu'il avait. Le fait qu'il ait vécu malheureux de nombreuses années durant ne devait pas être abordé. Il n'était pas le seul à souffrir de ses traits démoniaques, elle en souffrait aussi et sacrifiait sa vie à la sienne, c'est souvent ce qu'elle lui rappelait. Mais Ménérade n'était pas sa promise alors ses caprices lui plaisaient. Il voulait en faire tout autant. Être son complice dans les mauvais tours qu'elle jouerait. S'amuser comme jamais il ne s'était amusé. Mais pour cela, il devait déjouer les pièges de la matrone.

_ Je suis bien loin d'être un modèle, mademoiselle de Blégniac. Je ne suis pas marié, j'emménage avec ma mère et quelques un de mes gens. Cette maison appartenait à ma défunte tante. Peut-être l'avez-vous connu ?

Le breton jeta un œil vers l'intérieur de la maison. Il aurait le droit à la leçon de moral et aux coups de bâton si sa mère le surprenait en train de discuter alors qu'elle lui avait ordonner d'attendre dans la voiture. Oh elle lui ferait encore réciter un verset de la Bible pour qu'il retrouve la route vers le droit chemin. Comme il était lassé de tout cela ! Il s'ennuyait dans une routine réglé comme du papier à musique : escrime, histoire des lettres, géographie, danse... pourquoi faire puisqu'il ne sortait jamais !? C'est autre chose qu'il voulait apprendre désormais. Le bon garçon n'avait jamais été écouté et ce temps arriverait à son terme
.

_ Dites-vous qu'il sera certainement mari moins repoussant que je ne le suis. Plaisanta-t-il.  Peut-être devriez-vous profiter de la situation ? Faites vous offrir des bijoux et des robes ? Voyez à quel point, il peut être à vos pieds ? Pour  ma part, j'aurai souhaité me marier. Notre famille a eu des opportunités mais la famille de mes promises n'ont jamais donné leur consentement... au plus grand soulagement de ces dernières d'ailleurs.
Vous savez mademoiselle de Blégniac, j'ai un secret. Le Comte vînt toquer du bout des ongles sur le masque noir mais se garda de l'enlever. Il voulait la captiver, la garder désireuse de le connaître mais s'il ôtait le masque alors elle s'enfuirait, elle ne voudrait plus en savoir davantage. Accepteriez-vous de me revoir ? Peut-être pourrions-nous nous échapper ensemble, un de ces soirs ? Vos parents ne seront pas d'accord et ma mère non plus... cela serait distrayant !

Du bruit dans le hall de la maison ! Le Comte attrapa le bras de sa voisine, sans pourtant lui faire mal, et l'entraîna devant la voiture, à l'abri des regards. Elle devait le trouver bien étrange et il aurait voulu tout lui avouer sur ces conditions de vie durant ces dernières années mais cela lui sembla précipité.


_Veuillez excuser mes manières, je n'ai habituellement pas le droit de parler avec des inconnus.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Sam 10 Mai - 7:34

Je ne l'avais pas imaginé jusqu'à présent et ce probablement parce que la question ne m'a jamais effleuré l'esprit avant aujourd'hui mais à présent je peux en être certaine, parler de ce mariage autrement qu'en me contentant de hurler sur mon père et sur ma chère belle-mère me fait un bien fou, une sensation que je ne pensais pas possible jusqu'alors. Dores et déjà, et même si je ne lui est encore rien dit, mon cher nouveau voici a réussi à marquer un point de mon côté et si jamais il réussissait à m'inspirer encore plus confiance et intérêt qui sais, il parviendrait peut être à se rendre indispensable à mes yeux.

Mais ça aussi je ne compte pas le lui dire immédiatement, je suis peut être encore un peu gamine et bien souvent capricieuse mais je ne suis pas une pauvre petite fille naïve qui ne sait pas se faire désirer. Aussi je compte jouer de mon côté même si je ne sais pas encore exactement le tout tout en prenant bien entendu le temps de profiter un maximum de ce genre de moments durant lesquels je me sent enfin libre d'être la femme que je suis naturellement. Après tout pourquoi ferais-je les choses autrement alors que mon nouveau voisin semble m'apprécier comme je le suis, comme je me suis présentée à lui, sans courbettes, belles phrases et ronds de jambes, sans toutes ces choses que je devrais certainement faire avec ce fichu John de Plessis Bellière dont je suis censée devenir l'épouse.

Et comme pour charmer et mettre les gens dans sa poche je sais qu'il faut s'intéresser à eux c'est que j'ai fait en parlant à Lauric de la femme avec laquelle je pense qu'il vient de s'installer dans la maison d'un côté, moyen détourné de savoir si il est ou non marié et si c'est le cas savoir à quelle genre de voisine j'aurais à faire. Et j'ai finalement eu bien vite la réponse à ma petite interrogation intérieure puisque lorsque Lauric vint reprendre la parole ce fut pour rectifier mes dires. J'ai alors appris qu'il n'est pas un homme marié et que si il n’emménage pas seul dans la maison mitoyenne à la ma demeure familiale c'est parce qu'il vit en compagnie de sa mère. Quelle réaction imagine-t-il de ma part à présent qu'il m'en a appris un peu plus sur lui sans tout dévoiler puisque je ne sais toujours pas ce qui se cache sous son masque ? Je n'en sais rien mais si il s'attendait à me voir prendre mes jambes à mon cou pour fuir et bien il se trompe. Je crois d'ailleurs que je préfère le savoir célibataire vivant chez sa mère qu'homme marié pouvant me faire la morale sur la beauté du mariage et de l'engagement là où je ne rêve que de liberté et d'indépendance.

Malgré tout j'eus tout de même une réaction de sa part quant à mon mariage prochain, réaction ou plutôt conseils quant à la façon dont il se comporterait à ma place. Et je dois bien avouer que les conseils qu'il me prodigue sont tout sauf stupide et peut être qu'un jour je m'en servirais. Oui, j'agirais certainement ainsi lorsque je me serais mise en tête que j'ai la corde au cou et le fil à la patte définitivement et qu'à part profiter de mon statut d'épouse ne vivant pas dans le besoin je n'ai plus d'autre liberté. Mais avant ce jour jamais je n'agirais ainsi, parce que je sais trop bien que lorsque l'ont joue ou peut être pris à son propre jeu et s'y perdre. Joueuse je le suis mais dans un tel jeu je n'accepterais jamais de perdre et de voir mes actions se retourner contre moi et m'enfermer dans une vie que je ne désire pas le moins du monde.


- Vous avez sans doute raison et je pense que tôt ou tard j'écouterais vos conseils mais pas pour le moment, je suis bien trop fière et libre pour accepter de me marier ou de jouer le jeu de mon père ou de mon futur époux. Et ne vous méprenez pas moi aussi j'ai déjà rêver de me marier. Je l'ai fait lorsque j'étais encore une petite fille, je rêvais d'un mariage de princesse avec un époux que j'aurais choisi mais épouser un homme que je ne connais pas aussi rapidement c'est plus que je ne peux le supporter.

Une fois encore je prends le risque de passer pour une enfant capricieuse ou une emmerdeuse aux yeux de cet homme que je ne connaissais pas encore il y a moins d'une heure mais après tout qu'est ce que cela peut bien faire puisqu'il ne semble pas détester cette partie de ma personnalité que je n'ai jamais cherché à cacher là ou lui semble me cacher des choses, détail qu'il se plaît d'ailleurs à me rappeler puisqu'alors qu'il me donnait des conseils quant à l'attitude que je devrais adopté face à mon mariage il m'a fait remarqué, clairement cette fois-ci, qu'il possède un secret, secret qui semble être en rapport avec ce masque qu'il porte et qu'il vient de tapoter à l'aide de son ongle mais qu'il ne semble toujours pas décidé à retirer.

Capricieuse et curieuse comme je le suis en temps normal j'aurais certainement déjà tout fait pour qu'il se défasse de cet accessoire qui cache quelquechose que je désire de plus en plus connaître mais étonnamment je ne fais rien de ce genre. Pourquoi ? Et bien je ne le sais pas précisément mais je pense que c'est par peur de perdre ce qui semble être un nouvel allié pour moi et ce même si je sais bien que je ne suis pas à l'abri de me tromper sur ce point. D'ailleurs il semblerait bien que je ne sois pas la seule à désirer ne pas perdre immédiatement de vue mon cher voisin puisque celui-ci me propose à présent de nous revoir tous les deux un ces soirs, pour nous échapper ensemble. Tout cela est des plus tentants et si en temps normal j'aurais certainement réfléchi, n'aimant pas accepter une idée qui ne vient pas de moi je suis, ces temps-ci, plus que jamais du genre à tout faire pour mettre ma chère belle-mère sur les nerfs et dans des états impossibles. Et quoi de mieux que de prendre la fuite avec un homme qu'elle ne connaît pas, sans lui dire ou je vais et sans qu'elle sache jusqu'où je suis prête à aller pour la rendre folle ? Oui, tout cela est tentant et j'ai bien envie de prévenir mon compagnon du moment du fait que je risque fort de me laisser tenter par sa proposition. Mais avant que je n'ai eu le temps de dire ou de faire quoi que se soit voilà que je me retrouve tirée par le bras et attirée devant la voiture dans laquelle se trouvait mon voisin il y a quelques instants, celle-ci nous protégeant des regards indiscrets. Lauric vint alors s'excuser de son attitude, faisant naître un sourire sur mes lèvres alors que je reprends la parole pour lui expliquer la raison de celui-ci.


- Ne vous en faites pas pour vos façons de faire je pense avoir fait bien pire de mon côté et puis vu la façon dont je me suis adressée à vous pour les premiers mots que nous avons échangés je dirais que nous sommes presque plus des intimes que des inconnus, ne croyez-vous pas ?

Je n'attends pas vraiment une réponse à cette question et c'est sans doute pour cette raison que je reprends rapidement la parole tout en venant porter ma main au visage de mon voisin ou plutôt sur le masque qu'il porte que je viens caresser du bout des doigts tout en l'examinant du regard.


- Quant au fait de m'enfuir durant un temps avec vous, et bien vous tombez bien j'ai besoin de liberté, de nouveauté et surtout de rendre folle ma belle-mère. Mais êtes vous sûr de pouvoir vous soustraire au regard de votre mère quand vous le désirez ? Pourquoi ne pas profiter du fait que personne ne semble se préoccuper de nous pour profiter de la vie dès maintenant ?

Si il a été direct avec moi je ne le suis pas moins, me surprenant presque moi-même d'aller si vite en besogne avec un homme que je ne connais finalement pas tant que ça et ce même si je lui ai dit l'inverse un instant plus tôt. Mais tout cela n'est-il pas que la conséquence de cette privation de liberté qu'on est déjà entrain de me faire subir ?
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Sam 17 Mai - 9:27

Était-ce cela qu'on appelait la vie ? La véritable vie ? Celle qui s'écoule dans vos veines, celle qui vous fait frissonner à l'idée de la perdre ? Etait-il en train de naître après toutes ses années passer dans le ventre de sa mère ? Il regarda cette maison du coin de l’œil. Peu importe leurs manigances, peu importe leurs accords... cette maison était la sienne. Il était l'unique propriétaire légitime de tout ce qu'on lui volait chaque jour. En l'amenant ici, sa mère lui avait inconsciemment montré qu'il y avait des brèches dans le patrimoine tenu par son beau-père. Tout ce que ce dernier n'exploitait pas, Lauric le prendrait sous son joug. Acquérant de plus en plus de pouvoir, il reviendrait en Bretagne et bouterait cet homme au dehors de ces terres. L'orphelin bâtard aurait fin plus douloureuse. Celui qui le remplaçait depuis toutes ces années, jouissant de l'amour, de la liberté, du pouvoir et de l'argent, succomberait de sa main. On lui avait prêté des traits démoniaques, il était grand temps de montrer ce que le démon pouvait faire. Paris n'était pas une ville comme une autre, elle était celle de la seconde chance. Si Ménérade redoutait son mariage, Lauric espérait le sien au moins pour une chose : concevoir un héritier mâle et rejoindre sa Bretagne natale.

Comme un adolescent rebelle découvrant les sentiments pour la première fois, il se surprenait à devenir entreprenant avec la jeune femme. Elle était de son rang et qui plus est, aussi révolté que lui. Belle et odieuse avec son futur-mari, elle avait plus de charmes qu'il n'en réclamait d'une femme. Elle n'était pas la première femme qu'il rencontrait depuis le début de son voyage mais elle serait sans doute celle qu'il croiserait le plus souvent, au moins depuis sa fenêtre. Peut-être cette maison mitoyenne n'avait-elle été qu'une seule et même maison au temps jadis. Peut-être, à force d'exploration, découvrirait-il une porte derrière un vieux mur... peut-être pourrait-il s'aventurer chez sa voisine. Profitant de l'obscurité et du sommeil de la jeune comtesse, il l'embrasserait et elle l'inviterait dans un demi-sommeil à lui faire l'amour. Il serait son vampire, cet être éternel qui hypnotise les femmes de son charisme... Il soupira, trop conscient de son imagination débordante et de leurs aboutissements inaccessibles.


_ Je vous comprends. J'ai maintes fois rêvé de ce que je voudrais être ma vie.


Le sourire mutin de la jeune fille était parfait alors qu'il l'avait quelque peu entraîné derrière la voiture. Sa main vînt néanmoins saisir le poignet de la belle avec douceur. Il n'était pas prêt à se délester de sa dernière protection contre le monde. Pas encore. Pas maintenant que tout semblait aller si bien.

_ Vous avez raison ! Inutile d'attendre... Sauvons-nous !


Un sourire vînt éclairé le visage du breton. Aussi léger qu'un oiseau, il ne se préoccupait nullement des conséquences et du risque qu'il voulait prendre. Il couvrit son crâne de la capuche de son manteau, inutile de s'exposer davantage.

_ Où m'emmenez-vous ? Ou plutôt ne me dites rien !

Le cœur battant d'excitation, partir à 200 mètres de sa nouvelle demeure serait déjà une folle aventure. Il avait hâte de connaître cette nouvelle expérience.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 23 Mai - 14:21

Jouer avec le feu...braver les interdits...vivre tout simplement...Oui c'est cela que j'ai envie de faire en cet instant bien précis, je veux vivre sans me poser de questions, sans me demander ce qu'on pourra bien penser ou dire de moi. Et il semblerait que la chance soit de mon côté aujourd'hui puisque le destin semble avoir mis sur ma route le parfait compagnon de jeu pour ce genre de choses, un homme qui semble d'ailleurs avoir encore plus besoin que moi de vivre enfin pleinement sans chaînes. Avec cet homme que je ne connais finalement que depuis bien peu de temps je sais que je ne vais pas avoir à justifier chacun de mes mots ou de mes gestes n'ayant donc pas besoin de faire attention à ne pas être moi-même. Que demander de plus ? Et bien je dirais rien tout simplement et c'est pour cela qu'il ne m'en faut pas davantage pour savoir que je compte bien rester aux côtés de cet homme durant tout le temps que je pourrais. Ce qui va se passer pour nous, entre nous ? Et bien je n'en sais rien encore mais après tout cela a-t-il vraiment une quelconque importance alors que nous semblons tous deux farouchement décidés à prendre la vie comme elle vient sans nous poser davantage de questions et sans nous mettre la moindre barrière.

Pas de questions à se poser ou de réponses à donner ou à trouver, c'est ainsi que je vois les prochaines minutes et pourquoi pas les prochaines heures ou...soyons fous, les prochains jours. C'est en partie parce que j'ai pris la décision d'agir ainsi que j'ai décidé de ne pas assaillir mon cher voisin de questions quant à la façon dont il est vêtu, lui laissant le luxe d'en savoir davantage sur moi que je n'en sais sur lui. Après tout cela a-t-il vraiment de l'importance alors que je pourrais probablement me rattraper tôt ou tard ? N'attendant pas d'explications je n'attends à présent qu'une seule chose, savoir si Lauric souhaite me suivre immédiatement comme je viens de lui proposer ou si il préfère attention que la vie nous laisse un soir de libre pour effectuer notre petite escapade. Après qu'il ai arrêté, tout en douceur, ma main qui se rapprochait certainement un peu trop du masque qu'il porte le voilà qui me réponds et qui entre dans mon jeu par la même occasion puisqu'il vient me confirmer qu'attendre ne sert à rien et que nous pouvons donc nous échapper tous les deux sans attendre un instant de plus. Le sourire que je vois naître sur son visage pourtant en grande partie dissimuler ne peut que me ravir alors que mes lèvres s'étirent également dans un sourire plein de malice et d'envie, une envie de découvrir le monde et ce que l'avenir nous réserve.

Mon voisin vient remettre sa capuche pour sa dissimuler un peu plus à la vue du monde, ce que je le laisse faire, une fois encore sans rien lui demander, ne désirant pas nuire au moment que nous sommes entrain de passer et pire encore le briser. De mon côté je réfléchi, mon esprit étant en action à un point tel que j'ai bien l'impression qu'il pourrait finir par imploser. Bien vite je trouve un moyen de lancer pour de bon notre petit jeu, ce que mon compagnon de jeu doit avoir compris si il a pris le temps de s'attarder ne serait ce qu'un court instant sur mon regard qui doit être entrain de pétiller. Je me rapproche un peu de lui, ma bouche venant se frayer un chemin jusqu'à son oreille pour que j'y susurre quelques mots.


- Je ne vais une nouvelle fois pas me comporter comme je le devrais mais ce sera pour notre plus grand plaisir. Faites moi confiance et rejoignez moi dans la seconde ruelle qui se trouvera à votre droite.


Je lui laisse un instant pour se rendre compte de ce que je viens lui dire, le tout sans me détacher de lui. 3...2...1...partez... Sans prévenir l'une de mes mains se faufile dans l'une des poches du manteau que porte Lauric, venant se saisir de la première chose que j'y trouve avant que je ne tourne finalement les talons pour me mettre à courir dans la rue, cette rue que je ne connais que trop bien depuis le temps que je l'arpente. Étant donné tout ce que nous venons de nous dire je ne doute pas que j'aurais bientôt un poursuivant et sachant parfaitement où se trouve cette fameuse ruelle dont je vient de parler à mon voisin je sais également que nous serons plus au calme une fois que nous y serons. Si nous nous faisons attrapez ? Et bien étant donné ce que je viens de faire Lauric aura comme excuse le fait que je l'ai volé quant à moi je n'aurais qu'à dire que l'idée de devenir Madame de Plessis Bellière me rend si folle que j'ai perdu la raison au point d'agir de la sorte. Quelques enjambées et me voici cachée dans notre lien de rendez-vous n'attendant plus que le moment où je serais rejointe pour que nous puissions décider de ce que sera la suite des événements.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Jeu 10 Juil - 10:30

Ce désir de se sentir vivant est une erreur. Le breton sait qu'il devra en payer les frais dès que le rêve sera fini. Il le sait et bien qu'il pressent la rudesse de sa redescente sur terre, il ne peut ignorer l'appel et ce bien-être qui se libère dans son sang. A peine arrivé à Paris, il trouve une complice prête à briser son ennui, une femme de son rang, vivant à deux pas de sa propre maison, belle et révoltée. Il la sent aussi volcanique que lui. Il perçoit son cri de colère tout comme le sien, inaudible, courre tout autour de ce corps maudit. Ménérade est une porte vers la lumière... mais la lumière n'est pas celle de la liberté : elle est celle de la rébellion, de l'anarchie, du désaccord. Elle n'est pas la lumière tant espérée, elle est factice... elle n'est pas celle qu'il n'obtiendra jamais alors il s'en contente et ploie sous les propres erreurs qu'il provoque et qui lui font pourtant tant de bien.

La Comtesse paraît bien loin des convenances qu'on inculque aux femmes et qui apprennent aux gentilshommes comment se comporter. Elle est déstabilisante lorsqu'elle rompt jusqu'à la distance polie requise entre deux membres du sexe opposés. Déstabilisante et pourtant si attractive... le breton ne se sentit plus la force de reculer lorsqu'elle avança. Son corps presque pressé contre le sien, il suivit sa bouche d'un regard en coin comme s'il pouvait matérialiser la matière de ses mots. Non, c'est vrai, elle avait raison... Elle ne se comportait pas comme elle le devrait mais d'une assurance séductrice, elle l'invitait à la suivre et plus que tout, à lui faire confiance. Il aurait menti s'il avait prétendu la suivre pour la simple raison qu'il lui faisait confiance. Un homme de sa situation et dans sa situation, ne pouvait prêcher l'excès de confiance. Trop de chose était en jeu : sa vie en priorité, l'honneur de sa famille déjà rudement malmenée en Bretagne. Si le peuple les estimait encore, c'était grâce au tour de passe-passe de son beau-père, homme cruel et fourbe mais qui avait du génie, il devait bien l'admettre.

Lorsque la jeune femme s'enfuie en courant, il mit quelques instants à réaliser qu'elle tenait dans sa main son carnet personnel, petit bulletin de cuir emmaillotée d'une corde tressée de soie. Bien qu'ayant senti sa main s'inviter dans son manteau, il restait encore transi de leur proximité et ne réalisa qu'un instant plus tard, lorsqu'elle eut disparu dans le coin de la grande porte grillagée, qu'elle s'était enfuie avec ce qui contenait ses plus profondes émotions, des pages noircies de mots que même sa mère n'avait feuilletées.

Il se lança aussitôt à sa poursuite. Le jeu l'amusait moins tout à coup. Freinant son pas vif, il s'arrêta à l'embrasure du grand portail, prit d'un doute, pris d'une forme de peur. Il lança un regard dans la grande rue mais elle demeurait très calme et c'est à la suite d'un trésaille ment que le Comte reprit sa course, avançant dans l'inconnu. Il passa une première ruelle à grandes foulées... se demandant pour quel criminel il passerait d'ainsi se défouler en pleine rue puis il ralentit à la seconde. Y jetant un œil mal assuré, il fit le premier pas et s'y engagea.


_ Comtesse de Blegiac ? Faisant glissée sa main gantée sur le mur, il poursuivit ses pas plus en avant. Êtes-vous ici ? Il voulait vivre le grand frisson et son cœur battant rapidement dans sa poitrine, il devait admettre qu'elle l'avait amené sur un terrain qui le lui provoquait comme une piqûre d'adrénaline dans ses veines. Plus que l'alcool et les drogues qui le faisaient tomber dans des brumes agréables, il avait ici toute sa tête et pleine conscience de l'aventure -de la bêtise, aurait dit sa mère- dans laquelle il s'était lancé.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 18 Juil - 18:47

Je ne sais pas si mon nouveau voisin va comprendre ou non mon geste et si la seconde solution est la bonne je ne peux pas être certaine qu’il me pardonnera mais dans la précipitation je n’ai pas trouvé d’autre moyen de nous offrir à tous les deux un petit supplément de liberté. Je compte bien entendu tout lui expliquer et tenter de trouver une façon de me faire pardonner s’il m’en veut, même si pour le moment je ne sais pas comment je pourrais faire une telle chose. Mais aussi capricieuse et enfantine que je puisse parfois être je ne suis pas pour autant une jeune femme sans la moindre éducation et je sais bien que rester en froid avec celui qui vit à quelques mètres seulement de moi ne serait pas la meilleure idée du monde et ce d’autant plus que je n’ai pas envie qu’une telle chose arrive.

Mais il sera temps de ramasser les pots cassés plus tard si toutefois il devait y en avoir, pour le moment nous voilà lancés dans notre petite course folle parisienne. J’ai sans aucun doute pris la fuite un peu plus rapidement qu’il ne m’a suivit connaissant le chemin par cœur là où lui découvre tout. Mais n’est ce pas aussi cela qui permet de pimenter un peu la situation? Ne ressentira-t-il pas davantage de choses en ayant l’impression d’être livré à lui-même l’espace d’un instant ? Si je ne peux pas être certaine qu’il aime ma façon de faire les choses, je suis pratiquement sûre que lorsqu’il sera temps pour chacun de nous de reprendre sa vie il ne gardera que le bon de la chose, que l’adrénaline du moment que nous aurons passé.

Pour le moment je n’ai pas d’autre occupation que d’attendre que mon compagnon de jeu vienne me rejoindre ce qui ne devrait après être bien long compte tenue de la faible distance que je viens de parcourir. Mais le temps nécessaire au Comte de Vignoc pour me rejoindre est un peu plus long que je ne l’avais évalué, preuve qu’il n’est sans doute pas aussi habitué que je le suis à fausser compagnie à sa mère. Il me cherche, je le sais et je l’entends, ne pouvant pas ignorer les quelques petits arrêts dont il ponctue son chemin. Il hésite et comme je suis joueuse je ne peux pas m’empêcher d’essayer de deviner à quel moment il parviendra à ma hauteur. Tendant l’oreille je me rends donc rapidement compte qu’il n’est plus très loin de moi, me dissimulant alors encore un peu plus afin qu’il me cherche encore un peu. Un instant plus tard le voilà qui se trouve enfin dans la rue que je lui avais indiqué un peu plus tôt et dans laquelle je l’attendais patiemment. Je le laisse douter encore un petit moment le laissant m’appeler afin de s’assurer qu’il ne s’est pas trompé me suivant.

Ne désirant pas l’énerver davantage alors que je ne suis d’ores et déjà pas certaine de ne pas avoir trop mis ses nerfs à rude épreuve je finis par décide que le moment de passer à la suite est venu, aussi ne voulant pas trop choquer mon nouveau voisin au travers de ce que je pourrais dire ou faire mais désirant tout de même continuer dans une même ambiance je décide de pousser un peu plus loin la gaminerie dont j’ai déjà fait preuve jusqu’à présent.


-Bouh…


C’est la seule et unique chose que je lui ai dite soudainement à l’oreille après être réapparue à ses côtés de façon tout aussi impromptue. Je reviens ensuite lui faire face à nouveau reprenant la parole sans attendre davantage afin qu’aucun de nous deux ne puisse douter de son désir de continuer à se sentir libre comme l’air durant un temps.

-Et bien dites-moi, c’est après moi ou après votre précieux petit carnet que étiez entrain de courir ?

Je tend alors à Lauric l’objet que je lui ai dérobé un peu plus tôt, n’attendant finalement pas véritablement une réponse claire de sa part et ce d’autant plus que je ne suis pas certaine qu’il sera capable de m’en donner une. Le laissant libre de reprendre ou non son bien je reprends la parole, une lueur de malice continuant à brûler dans mon regard, lueur que je compte bien voir briller dans les yeux de mon compagnon de jeu.

-Ne vous en faites pas je ne prendrais pas mal votre réponse si je ne suis pas l’objet de votre désir, l’unique chose qui compte c’est que vous sentiez enfin ce que cela fait de vivre pleinement. Quant à mon petit méfait j’espère ne pas trop vous avoir choqué ou énervé auquel cas j’espère être capable de vous faire oublier cela mais sachez que mon acte n’était destiné qu’à expliquer notre course folle si nous venions à nous faire arrêter.

Malgré le masque qu’il porte et qui m’empêche de savoir ce qu’il pense vraiment je tente par tous les moyens de parvenir au mieux à comprendre ce que peux bien penser et ressentir le comte et c’est en grande partie pour cette raison que je fais en sorte de plonger mon regard dans le sien pour tenter de sonder celui-ci et d’y découvrir le plus de choses possibles. Ne sachant pas précisément jusqu’où il m’est possible d’aller je prends la décision de laisser les rênes au comte.


- Que souhaitez-vous faire à présent ? Je suis certaine que vous devez bien avoir secrètement un rêve fou à assouvir et je pense que c’est une occasion parfaite pour faire de vos rêves une réalité.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 8 Aoû - 19:46

Le breton n'était pas un couard. Un homme prudent certes mais pas un lâche. Reprochait-on à un homme de prendre des précautions avant de traverser une rivière ? Le courant, la profondeur, la température... personne ne traversait sans avoir considérer les éléments. Aujourd'hui, il était cet homme, ce courageux sur le point de traverser sa première rivière glacée. Première apnée, premières sensations où il se poussait à faire de grands mouvements pour se maintenir à la surface, pour lutter contre son corps qui se raidissait. Il n'y avait pas tout cela dans sa somptueuse Bretagne, si verdoyante. Ici les murs vous écrasaient d'un poids acerbe et le Comte ne s'y sentait pas tout à fait à son aise. Pourtant il ne regrettait nullement sa décision d'explorer de nouveaux horizons. Aucun regard jeté en arrière, il avançait.

Aux premiers mouvements, le Comte virevolta pour repousser l'assaillant, se rendant compte avant d'avoir tiré le poignard de son fourreau que sa belle voisine était l'auteure de sa stupeur. Relâchant l'étreinte de sa main sur la dague déjà sorti de moitié, il laissa la lame scintillante retrouver le fond de la protection avant de réagir outré.


_ Ne tenez-vous donc pas à la vie !? Ragea-t-il encore sous le coup de la frayeur, en lui arrachant le carnet des mains dès qu'elle le lui tendit. D'un coup d'oeil attentif sur la cordelette de cuir, il s'assura que le précieux carnet n'avait pas été ouvert. Il ne l'avait pas été ! Lauric s'apaisa quelque peu à cette conclusion. Il ré enfourna le précieux livret au fin fond de son manteau, sans lui répondre. Elle n'imaginait pas à quel point son geste l'avait blessé. Fallait-il que dès qu'il escomptait quelques espoirs, dès qu'il se sentait à l'aise avec quelqu'un, cette personne s'empressait de lui faire du mal. Tout avait été si parfait avec sa jeune voisine... du moment où ils s'étaient parlés à l'instant où elle s'était senti obligé de le voler pour qu'il la suive. 10 minutes d'espérances, voilà ce en quoi il avait cru.

_ Nous faire arrêter ? Les prisons parisiennes sont-elles si vides que la police s'autorise l'arrestation de la noblesse ? Ironisa-t-il. Vous m'avez déçu, Comtesse de Blégniac.

Ils étaient deux adultes, qui ne faisaient rien de mal aux yeux de la loi. C'est du moins ainsi qu'il se voyaient. Il était encore trop tôt pour s'alarmer de leur absence mais néanmoins, il ne voulait pas rester aussi près de sa nouvelle demeure où on aurait eut tôt fait de le ramener chez lui. A grand coup de baguette, il aurait suivi d'une oreille un discours moralisateur. Ça ne l'intéressait pas de reculer pour ce genre de confrontations quotidiennes.

_ Pour l'heure, je n'ai qu'une seule envie: m'éloigner de cette maison.

Un rêve. Il en avait plus d'un. En cet instant, et avec la colère qui s'estompait. Le premier serait d'ôter son masque, qu'elle le trouve aussi beau qu'il la trouvait belle, qu'elle caresse ses traits avec une légèreté presque irréelle, un contact qu'il ne fuirait pas. Il l'embrasserait. Peut-être découvrirait-il l'amour ? Qui sait ! Que n'aurait-il pas donné pour se sentir bien avec quelqu'un ? Il amorça le pas, plus en avant. Tout ceci était du domaine de la frustration et de la perte de temps.

_ Ne restons pas ici.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Dim 21 Sep - 19:03

Je suis bien plus une gamine que je n'ose le dire à haute voix. Moi qui n'ai de cesse de me plaindre de mon père et de ma belle-mère, des décisions qu'ils n'arrêtent pas de prendre pour moi en clamant  haut et fort que je suis aujourd'hui bien assez grande pour prendre moi-même mes propres décisions  je suis parfois bien plus l'enfant capricieuse que j'ai finalement toujours été que la femme forte et fière que je désire plus que tout devenir. Et c'est cette gamine que je suis aux côtés de mon nouveau voisin en cet instant précis, alors que je marche sur les œufs sans le savoir, sans véritablement m'en rendre compte. Mais comment pourrais-je ne pas me comporter comme une enfant alors que mon voisin, pourtant plus âgé que moi semble avoir encore plus besoin de liberté et d'évasion que moi ? Et puis quelle genre de voisine serais-je si je ne donnais pas le maximum de moi-même après la promesse que j'ai faite à Lauric de lui apprendre la vie telle que je la connais.

Alors oui, j'ai fait mon maximum et je pense que sans m'en rendre compte je continuerais à le faire à moins qu'on ne me remette à l'ordre comme il se doit. Je me suis échappée et je me suis dans le même temps soustraite à la vigilance de mon compagnon d'aventure du moment. Et quand est venu le moment de nous retrouver pour poursuivre notre petite aventure, notre petit jeu j'ai choisi de venir faire peur à mon cher voisin, voulant faire monter encore un peu plus l'adrénaline en lui. N'ayant certainement pas une assez grande connaissance de la vie en dehors de la maison familiale je ne m'étais pas demandé si ce cher comte de Vignoc avait ou non une arme sur lui. Je fus bien vite fixée lorsqu'il réagis après que je l'ai quelque peu interpellé à l'aide de juste un mot finalement bien innocent. En effet, l'homme a été à deux doigts de dégainer un poignard pour se défendre, et donc pour m'agresser si il ne m'avait pas reconnu à temps.

Bien entendu une telle réaction m'a un peu refroidie mais seulement durant un court instant et ce même si une part de moi sait bien que j'aurais dû avoir davantage peur, faire un peu plus attention. Mais même si je connais finalement bien peu et sans doute bien trop peu je n'ai pas l'impression qu'il pourrait me faire du mal à moins de se sentir menacé par moi, mais comme je ne compte pas le menacer plus que je ne viens de le faire malgré moi je ne cours pas de grands risques non ? Alors je vais continuer comme je l'avais prévu même si je vais certainement faire en sorte de me contrôler un peu plus, histoire d'éviter les débordements, le tout une fois que j'aurais réussi à calmer un peu monsieur mon voisin après que celui-ci m'ai pris plus que rapidement le petit carnet des mains afin que je n'y ai plus accès. Si il vient de me demander si je ne tiens pas à la vie je me demande également si il n'a pas un peu trop peur pour la sienne. Essayant de calmer mon propre énervement, qui chez moi monte plus rapidement qu'il ne redescend


- Je n'y tiens peut être pas assez pour faire attention à des broutilles quand on m'annonce qu'on est prêt à partir à l'aventure, par contre je suis certaine que vous avez un peu trop peur pour la votre à en juger par votre temps de réaction. Serais-je en compagnie de quelqu'un qui aurait des malfrats aux trousses ? C'est peut être pour cette raison que vous vous dissimuler à ma vue après tout.

Cette fois-ci je sais bien que je m'engage sur un terrain glissant et que je risque fort de vexer ou d'énerver mon voisin mais je n'ai pas pu me retenir alors qu'il vient tout juste de me dire que je l'ai déçu le tout en me faisant passer pour une idiote, ou du moins c'est de cette façon que j'ai pris ses paroles. Mais aurait-on vraiment pu s'attendre à autre chose venant de moi lorsque je suis à la fois énervée et vexée ? Pourtant je sais bien que si je ne veux pas que cette petite virée tourne mal et plus encore que mes relations de voisinage soient catastrophiques il faut que je calme le jeu. Aussi avant de faire une telle chose je tente de me calmer un peu moins même avant de finalement reprendre la parole à nouveau alors qu'il semble lui aussi s’apaiser un peu.

- Excusez moi d'avoir voulu assure nos arrières peut être un peu trop et d'avoir voulu vous faire découvrir un peu trop l'adrénaline d'un seul coup, je tâcherais de faire plus attention à l'avenir.

Plus attention oui, mais je ne suis pas certaine que nous ne prenions plus de risques aujourd'hui. Je ne doute pas que, pour je ne sais quelle raison, mon voisin ne voudra pas se départir de son attirail de protection pour le moment et je sais donc également que je ne peux donc pas l'emmener n'importe où dans la capitale, que je ne peux pas l'amener n'importe où et surtout pas dans des lieux réservés aux personnes de notre rang, du moins pas pour le moment. Aussi je réfléchi à un lieu où je pourrais le mener et qui pourrait nous permettre à la fois de nous éloigner de nos demeures respectives et nous aider à nous évader un peu avant que nous ne soyons forcés de retrouver nos vies.

- Oui, éloignons nous mais je crains que nous pouvions pas tous deux nous rendre dans les lieux que nous pourrions fréquenter si nos parents ne nous en empêchaient pas, j'ai peur que les gens de notre rang prennent plus peur que moi face à votre masque, quant à moi ils risquent fort d'appeler mon père ou celui à qui je suis promise pour vendre la mèche et nous séparer même si nous ne faisons rien de mal.

Pendant que j'ai parlé je n'ai pas cesser de réfléchir à un lieu où nous rendre alors que Lauric à déjà commencé à faire quelques pas pour nous éloignez un peu plus de nos demeures. Finalement je décide lui prendre la main, certes sans le prévenir ou lui demander son autorisation mais en faisant les choses tout en douceur de sorte à ce qu'il n'ai pas de mal à éviter ce contact si il ne le désire pas.

- Alors, je vous propose les bas fonds de Paris ou les tavernes qui se trouvent vers ceux ci à moins que vous ne désiriez vous éloigner de la capitale ou que vous ayez une autre idée. Avez-vous pu vous documentez avant votre arrivée ? Je peux être votre guide et votre partenaires d'aventure mais si vos idées peuvent être meilleures que les miennes je suis preneuse.

Je dis cela parce que je le pense mais également parce que j'espère bien que grâce à de telles paroles je parviendrais à récupérer un peu de la confiance que j'ai l'impression d'avoir perdu après ma petite incartade. À présent je n'attends plus qu'une réponse du comte afin que nous cessions de marcher sans autre but que celui de nous éloigner de nos familles pour marcher vers un but que nous nous serons fixer tous les deux.
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Lauric de Vignoc

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Mer 8 Oct - 21:15

On lui avait toujours enseigné qu'on ne pouvait guère avoir confiance dans les hommes, qu'à trop leur donner, ils peuvent tout vous prendre. Ne pouvant réfuter cette hypothèse, Lauric l'avait prise pour argent comptant. S'il dénigrait de plus en plus l'autorité de sa mère, il ne pouvait pourtant prétendre que ce ne furent pas tous ses conseils qui régissaient sa vie, bon gré mal gré. La Comtesse de Blegniac lui était apparu différente -ou peut-être l'avait-il juste espérer-, tolérant jusqu'à ses élans de voix, inadmissibles chez le sexe féminin, une faiblesse qu'il payait cher aujourd'hui. Et il n'était pas disposé à subir ses airs seigneuriales ! Il était l'homme ! Il était Comte ! Il n'avait pas d'attaques à recevoir d'une petite jeune femme de 20 ans, faisant une tête de moins que lui. S'il voulait lui dire ses quatre vérités, il était libre de le faire. Sous son masque, ses traits se tendirent à l'évocation de sa colère.

_ Ce sont bien pire que des malfrats qui sont à mes trousses, Comtesse !


Le breton vînt croiser les bras, enclin à mettre une certaine nouvelle distance entre la jeune aventurière et lui. Ce n'est pas parce qu'il ne montrait pas autant d'insouciance à la fuite qu'il fallait le placer en poltron. Quant à elle, elle semblait habituer à ce genre d'escapade faisant tourner chèvre sa famille. Lui, c'était une grande première. Il n'avait jamais eu l'occasion, à son âge, de montrer autant d'irrespect vis à vis du règlement familial. Et aux yeux de la matriarche, ce qu'il faisait actuellement, serait plus qu'une faute, ce serait un délit !

Et cette jeune fille développait maintenant l'irritable manie de le materner. Il n'aimait pas cela. Il n'aimait pas passer pour un couard. Il n'en était pas un ! Jamais un sang noble ne manquerait de courage ! Ou peut-être que si... il n'ôtait son masque par peur et s'il l'ôtait, il savait qu'il recevrait autant de peur, de dégoût en retour. Son visage se craquelait sous le seul rempart qu'il possédait encore. Et bien que conscient que cette réalité parlerait peut-être en sa faveur et excuserait son attitude alerte et incertaine, il choisit de ne rien dire... Il n'avait pas regretter la dernière fois qu'il avait offert son visage à la lueur d'un regard mais le contexte était différent et il était presque impossible de recroiser cette fuyarde. Le risque avait été minime. Cette fois, on parlait de sa voisine qui le verrait tous les jours, au travers d'un rideau, sur une terrasse, dans la cour... si elle parlait, c'est tous les espoirs qu'il fondait dans cette nouvelle vie qui s'effondrait.

Les bas-fonds ? Son regard la scruta interloqué. Elle se moquait de lui ! Venait-elle vraiment de lui proposer les bas-fonds ? Etait-ce une façon de lui avouer qu'elle était folle ? Ou qu'elle souhaitait se faire détrousser ou égorger ? Non non non... c'est un endroit beaucoup plus emprunt de sérénité que le breton visait.


_ Je préférerais un endroit plus tranquille. Je n'ai pas le souhait d'attirer l'intérêt d'une foule. Sa main se dégagea aussi innocemment qu'elle essaya de la lui prendre et mimant de ne rien avoir remarqué, le breton poursuivit. Je ne prétends pas avoir de meilleures idées mais j'aimerai aller dans un parc, au bord de l'eau. J'ignore s'il y'en a par ici. Je n'ai guère eut l'opportunité de connaître les possibilités de Paris. Mon départ s'est fait de façon assez abrupte.

Il avait encore en tête la tapisserie de sa chambre rendue sombre par des volets très souvent mi-clos. De sa fenêtre, entre les deux pans de bois, il pouvait apercevoir un grand lac et quelques promeneurs. Souvent, il eut envie d'aller en faire le tour mais cette demande lui fut toujours refusé.

_ Ce n'est pas avec moi que vous vivrez des aventures de roman, mademoiselle. Mais voici mon souhait.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Mar 13 Jan - 20:15

Contrairement à ce que je pensais au début de notre petite entrevue des plus imprévus à mon cher voisin et moi-même, ce dernier est certainement un peu moins plein de fougue et d'envie de liberté que je ne le suis moi-même. Alors je me suis certainement, peut-être même un peu malgré moi, lancée à tord dans une aventure un peu trop violente et poussée pour mon voisin qui pourtant me semblait être prêt à tout pour échapper à sa vie auprès de sa mère avec laquelle il emménage dans la bâtisse mitoyenne de la mienne. Et bien entendu, comme cela m'est déjà arrivé plus d'une fois, je ne me suis rendue compte que bien trop tard de l'erreur que j'ai pu commettre, lorsque je me suis retrouvée face aux conséquences de mes actes et ce même si ces conséquences sont bien loin d'être catastrophiques. En effet si conséquences de mes actes, de mon trop plein de fougue il y a, c'est uniquement dans une sorte de colère que je n'ai aucun mal à percevoir chez mon voisin et ce même si il m'est impossible de voir son visage et les expressions qui peuvent bien y exister et laisser transparaître ses émotions.

Mais sa voix, ses gestes à la fois nerveux et emplis d'une sorte d'énervement que je ne pourrais pas vraiment décrire de façon précise, ne me permettent en aucun cas de douter du fait que j'ai bel et bien dû commettre un impair ou plutôt devrais-je dire, un impair de plus. En me rendant compte d'une telle chose j'aurais très certainement pu prendre la décision de changer de façon de penser moi aussi, de me vexer et de décider de laisser mon cher voisin en plan, seul dans cette capitale qui semble l'effrayer tout autant qu'elle semble le terrifier, mais ce n'est pas ce que j'ai décidé de faire par chance, ou pas, pour ce cher Comte de Vignoc. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Une jeune femme aussi têtue mais aussi et surtout désireuse de quitter la demeure et le giron familial ne peut décemment pas se décider aussi rapidement et pour des raisons aussi peu importantes et graves à faire marche arrière pour retrouver son cher père et sa saleté de marâtre.

Alors j'ai décidé de me faire violence et de ne pas monter sur mes grands chevaux, du moins pas immédiatement, me contentant donc dans un premier temps d'observer et d'écouter mon cher voisin histoire de ne pas continuer à faire bêtises sur bêtises et ce d'autant plus que je suis quasiment certaine d'avoir réussi à choquer cet homme, pourtant certainement bien plus âgé que je ne le suis. D'ailleurs si je ne peux pas être certaine à 100% de l'avoir choqué la conviction que j'avais sur le fait que ma proposition ne lui irais pas est bien vite confirmée. En effet, ce cher Comte de Vignoc vient bien vite me dire qu'il désire se rendre dans un endroit bien plus tranquille que dans les bas fonds, proposition peut-être un peu folle, je veux bien en convenir, que je venais de lui faire un instant plus tôt. Bien entendu je vais aller dans son sens et accepter cette proposition, bien moins risquée et plus « douce » qu'il m'a fait après que je lui ai demandé si il avait une envie ou une idée particulière autre que la mienne et ce tout simplement parce que tant qu'il ne me propose pas de rentrer tous les deux dans nos familles respectives tout me va.

Mais tout comme il m'a montré à quel point mon attitude et mes idées semblent provoquer chez lui une certaine forme d'énervement, un agacement certain qui, je suis certaine, si il n'avait pas peur de je ne sais quoi le pousserait sans le moindre doute à se montrer un peu plus virulent, et j'aurais d'ailleurs certainement du mal à avoir de meilleures preuves de cela que la façon dont il se détache de ma main quand je tente de prendre la sienne, geste qui me pousserait presque à le laisser en plan ici. Tout en tentant de me calmer moi-même pour ne pas tout gâcher et ce d'autant plus que je sais bien que j'aurais certainement à faire à cet homme ou du moins le croiser plus d'une fois étant donné la proximité géographique de nos résidences, je décide de reprendre la parole tout en ne cessant pas de fixer mon cher voisin tout en croisant les bras sur ma poitrine, geste pas vraiment très féminin chose dont je me fiche totalement.


- Ne vous en faites pas je n'ai pas besoin de vous pour vivre des aventures de roman comme vous le dites si bien et pour ce qui est d'aller faire un tour dans l'un des jardins de la ville contentez vous de me suivre.

Sans attendre la moindre réponse de cet homme qui est certainement bien trop droit et rigide pour réellement bien s'entendre avec la jeune femme fougueuse et rebelle que je suis de plus en plus depuis quelques temps maintenant, je commence à avancer vers le parc le plus proche que je connaisse dans la capitale, un lieu au sein duquel le comte parviendra à trouver la sérénité qui semble lui manquer dans cette vie, qui m'a pourtant paru bien morne, qu'il semble mené auprès de sa mère. J'ose tout de même un dernier regard furtif vers lui avant de reprendre la parole d'un ton un peu plus cassant qu'un instant plus tôt.

- Vous pouvez toujours faire demi tour si je vous énerve trop, vous savez même avec ce masque sordide derrière lequel vous cacher je ne sais quoi pour je ne sais quelle raison, je vois bien que je vous exaspère mais je ne vous forcerait pas à rester auprès de moi si vous jugez que vous m'avez trop mal jugée avant de me suivre.

C'est en quelques sortes ma façon à moi de laisser à mon voisin le choix de me suivre ou non et de la même façon de continuer ou pas à me faire confiance. Une fois encore je ne sais pas si je fait bien mais face à cet homme et aux vues des différences que nous avons l'un et l'autre il me semble illusoire de continuer à se poser la question et bien plus simple de laisser le temps et les caractères de chacun faire leur œuvre.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Dim 18 Jan - 10:27

Le Comte avait vécu la majorité de sa vie, enfermé dans des endroits certes magnifiques, mais qui chaque année de sa vie, restaient les mêmes... même meubles, même dorures, même bibelots, même paysages depuis sa fenêtre. Ménérade, sa voisine, ne pouvait pas comprendre que, malgré l'intérêt qu'il portait à ses propositions fantasques, malgré le réel désir qu'il avait, s'il n'avait pas été un monstre, de foncer tête baissée dans ce plan fou, il se devait de penser, de réfléchir en prenant en considération tous les risques et surtout les dommages que causeraient la découverte involontaire de son identité. Alors même si ce grain de folie que semblait animer la Comtesse de Blégniac avait un son tentateur, il lui fallait rester fidèle à ce masque qu'il portait. Il serait mort avant d'avoir vu le soleil se coucher s'il s'aventurait ainsi dans un lieu aussi malfamé qu'inconnu.

Ce n'était pas ce qu'il recherchait. Le Breton voulait ressentir la pression des grands espaces sur son corps. Cette impression de pouvoir respirer un air frais, un air qui ne serait pas pollué par une population fourmillante... Il voulait regarder au loin et ne voir personne, simplement imaginer qu'il devenait humain, sans plus de douleurs sur sa peau, sans plus de marques sur ses traits. L'avenir lui sourirait et un nouvel homme pourrait venir charmer la vie avec ardeur.


_ Ne vous en faites pas je n'ai pas besoin de vous pour vivre des aventures de roman comme vous le dites si bien...


Sans le savoir, la jeune femme, tua la colère qu'il pouvait ressentir en cet instant et le blessa douloureusement. Elle n'avait « pas besoin de lui » pour vivre des aventures. Personne n'avait besoin de lui pour vivre. La belle pouvait s'amuser, torturer ses parents de caprices, par jeu, et pendant ce temps, il était cloîtré au fond d'une chambre à attendre que la maladie ou la vieillesse l'emporte. Pourtant il le voulait ! Il voulait vivre des journées surprenantes ! Elle avait frappé rudement là où cela faisait le plus mal et bien que le noble n'avait jusque là pris aucun gant pour manifester son opinion à la jeune femme, il garda le silence, bien incapable de riposter face à une pic qui l'avait transpercé de part en part et dont il ressentait encore l'émoi. Alors il obéit et la suivit en silence. Elle le jugeait bien mal et tout ceci était de sa faute à lui.

En silence, un pas derrière, alors que la jeune femme ne cachait pas son allure visiblement agacée et empressée, elle attaqua à nouveau. Lauric s'arrêta, une nouvelle fois abattu dans son élan. Ce « sordide masque », il avait chaque jour envie de le saisir et de le laisser tomber au sol... Elle n'imaginait pas combien de ces « sordides masques » il avait saisit avec violence et éclaté contre le mur de sa chambre. Avec rage, il en avait brisé des dizaines... Mais ce « sordide masque » était pourtant l'unique chose qui le protégeait des gens comme elle.


_ Ecoutez, Comtesse... Déclara-t-il avec repentance, veuillez m'excuser de m'être montré si rude avec vous. Pour des raisons dont je ne peux vous faire part, je ne peux ôter ce masque... et cela est mieux pour vous. Il fit le pas manquant pour revenir à ses côtés. Votre tempérament me désarçonne, je n'y suis guère habitué... Mais même si cela ne vous apporte pas le plaisir attendu, s'il vous plaît, conduisez-moi jusqu'à ce parc... j'en ai besoin.

Toute trace de colère avait quitté sa voix alors qu'il quémandait son aide. S'il ne respirait pas à nouveau, il allait étouffer. Il le désirait ardemment ce parc où durant quelques minutes, il pourrait imaginer son plongeon dans la vie. Cette vieille bâtisse accolée à celle de Ménérade ne pourrait être sa nouvelle prison !

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Mer 21 Jan - 16:43


Je suis tellement habituée à ne rien faire d'autre que suivre mes envies, mon instinct tout en fonçant finalement tête baissée dès qu'une idée me vient à l'esprit que je semble incapable de comprendre que d'autres personnes puissent avoir un comportement, une façon d'être toute autre que celle qui est mienne aujourd'hui. C'est d'ailleurs certainement pour cela, à cause de cette incompréhension que je suis, pour le moment du moins, bien incapable de faire disparaître que je me suis un peu emportée face au comportement de mon voisin et de sa propre incompréhension quant à ma façon d'être. Nous ne savons pas encore autant lui que moi comment cette petite entrevue imprévue que nous menons lui et moi va bien pouvoir finir et quelle sera la relation qui découlera de tout cela mais autant dire qu'en cet instant précis les choses ne semblent pas se dérouler de la meilleure des façons qui soient nos différences semblants tout bonnement incapable de ne pas resurgir chaque seconde un peu plus, ne faisant alors qu'augmenter un peu plus le fossé qui semble déjà se creuser entre Lauric et moi.

Et alors que j'ai tenté, lorsque j'ai repris la parole, un instant plus tôt de ravaler ma propre colère et ma frustration le tout en tentant d'être la moins agressive possible à l'encontre de mon voisin, je ne me doutais pas un seul instant que j'allais blesser mon compagnon de route du moment. D'ailleurs comment aurais-je pu prévoir une telle chose ou même simplement l'imaginer alors qu'à mes yeux je n'ai rien fait d'autre qu’acquiescer à ce que venait de me dire ce cher Comte de Vignoc afin de ne pas remettre de l'huile sur le feu en venant lui dire que je ne comprends absolument pas sa façon de penser et sa façon d'être, propos qui pourtant me brûlaient les lèvres et le font d'ailleurs encore. Pourtant il semblerait qu'une fois encore j'ai fais ou dis quelquechose qu'il ne fallait pas dire ou faire et je remarque ça à cause de l'attitude qu'à mon cher voisin après que j'ai prononcé ces quelques malheureux mots. En effet là où j'aurais pensé qu'il se serait jeté sur l'occasion de me faire une nouvelle petite remarque plus ou moins acerbe quant à mon attitude avec lui mais aussi par rapport à mon attitude en général je n'ai eu droit qu'à un long et pesant silence tandis que Lauric se contentait de  suivre calmement sans dire le moindre mot.

L'ai-je blessé ou exaspéré encore un peu plus que je n'ai pu  le faire précédemment, je n'en sais absolument rien et à vrai dire une part de moi s'en fiche totalement, une fois encore tant qu'il ne me force pas à rentrer chez moi il peut bien, penser, dire ou faire ce qu'il désire et puisque pour le moment il se contente de me suivre sagement et en silence je ne vois pas pourquoi j'irais chercher quelquechose à redire à son attitude et son comportement envers moi. Je le laisse donc me suivre tout en continuant à avancer vers le parc le plus proche que je connaisse un parc qui, je le pense et je l'espère, va plaire à mon voisin et lui apporter ce qu'il semble chercher aujourd'hui et ce quand bien même je ne sais pas grand chose de ce qu'il peut bien chercher ou désirer. Mais le silence est parfois pesant et aujourd'hui je trouve qu'il l'est plus qu'à certains autres instants et c'est donc en partie pour cela que j'ai décidé de reprendre à nouveau la parole pour tenter une nouvelle fois de briser la glace entre Lauric et moi, espérant cette fois-ci parvenir à un bien meilleur résultat et ce même si mes mots et mon tons ne sont pas vraiment fait pour être les plus apaisants du monde.

Mais cette fois-ci je ne sais pas si mes mots ont fait davantage mouche ou non mais ce n'est pas à du silence que j'ai droit en réponses à mes mots mais bel et bien à des paroles et cette fois-ci j'eus bien moins l'impression qu'auparavant d'être agressée, ayant même l'impression que mon voisin s'en veut de tout ce qu'il m'a dit un peu plus tôt ou du moins de l'attitude qu'il a eu avec moi alors. Il vient alors m'expliquer qu'il ne peut pas se séparer de ce fameux masque dont je viens de lui parler avec énervement un peu plus tôt. Il me dit ne pas pouvoir enlever ce fameux masque et avoir du mal à comprendre et je pense également à supporter mon comportement chose que je ne peux, malheureusement pour lui, pas changer tout comme je ne peux ni changer ni nier le fait que son comportement à lui me désarçonne et m'énerve également. Toutefois je fais, une fois encore, tout pour rester la plus calme et posée possible et ce même si un tel exercice n'a rien de facile pour moi même si le fait que mon voisin vienne de faire l'effort de faire enfin le pas qui nous séparait, de par son initiative il y a encore un instant. Avec ce pas semble d'ailleurs être venue un peu plus de sérénité dans cette relation naissante qui est la notre puisque le ton pris pour Lauric semble être bien plus doux à présent que nous nous avançons tous deux chaque seconde un peu plus près de ce fameux parc dans lequel il semble désirer si ardemment se rendre. Je reprends alors plus calmement la parole, osant même un regard vers le visage toujours caché de mon compagnon de voyage.


- Ne vous en faites pas je peux comprendre, votre attitude et votre façon d'être m'ont également un peu désarçonnée et je dois l'avouer, énervée mais oublions cela et tentons de repartir sur de bonnes bases maintenant que nous savons tous deux que vous êtes peut être un peu trop posé et réfléchi pour moi et que je suis un peu trop fougueuse et capricieuse pour vous.

Je ne sais même pas si j'attends vraiment une réponse de sa part ou pas mais quoi qu'il en soit et quoi qu'il puisse arriver je continue ma route à ses côtés durant encore quelques instants jusqu'à ce que nous arrivions tous deux à l'entrée de ce fameux parc où il désirait que je l'accompagne, faisant à ses côtés mon premier pas au sein de celui-ci j'ose un nouveau regard dans sa direction tout en reprenant la parole.

- Et bien nous y voilà, voici le petit paradis dans lequel vous désiriez que je vous mène, à présent que vous n'avez plus besoin de guide, à vous de me guider dans ce lieu bien plus calme que ceux que je fréquente en temps normal. Je vous suis, ce moment est à vous très cher Lauric.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Dim 22 Mar - 15:32

Arrivé au grand portail ouvragé du parc, Le Comte aurait dû la reprendre. Ce n'était pas convenable d'ainsi l'appeler par son prénom... mais excité par la vue qui s'offrit à lui, cette pensée oublia de se manifester. Le parc s'ouvrait sur une petite allée surélevée, sertie de bosquets, qui donnait à voir une vue d'ensemble presque totale du parc. Ce dernier paraissait vaste sans pour autant être immense. Encerclé par les lointaines bâtisses de pierres qui se camouflaient derrière de grands arbres centenaires, Lauric resta un instant sur place à admirer la vue plongeante sur le lac. Cela lui rappelait cet étang qu'il voyait depuis sa fenêtre mais dont il n'avait pas le droit de s'y rendre. Lorsqu'un été, il avait fait rudement chaud et que sa peau s'était creusée douloureusement sous le manque d'hydratation, il avait longuement paradé à l’abri derrière le rideau de sa chambre pour observer cette étendue d'eau dans lequel des enfants du village venaient se jeter en riant.

Le parc devait être très beau à la belle saison. Il y avait de nombreux recoins de verdure, des arbustes, des rosiers grimpants et ce lac, ce lac miroitant à la lumière d'un ciel pourtant gris. Sa surface immobile paraissait lisse et seul les ondes de quelques canards navigant là, venaient briser ce trompe-l’œil. Malgré le froid, Lauric avait envie de s'y jeter pour prendre revanche sur toutes ses années d'abstinence et d'interdits. Mais il ne savait guère nager et le parc quoique peu fréquenté aurait tôt fait d'être alerté par ce fou, pris d'une folle envie de barboter. Il fallait se rendre à l'évidence... le jour de sa revanche n'était pas arrivé, et n'arriverait probablement jamais.


_ Merci de m'avoir conduit ici.

C'était important pour lui. Pour elle, ce n'était qu'un parc... pour lui, c'était ses fers qui se brisaient le temps d'une balade. Le breton avait comprit que la liberté n'existait pas... mais le sentiment d'être libre, lui, n'était pas factice. Le feu s'était estompé entre sa nouvelle voisine et lui-même et Lauric profita du temps que durerait ce drapeau blanc pour suivre l'allée menant à la promenade principale. Pris dans la balade, le Comte de Vignoc s'interrogea sur ce qui révoltait tellement sa belle voisine :

_ Comtesse, me permettez-vous de vous demander quel homme a été choisi pour vous ? L'avez-vous déjà rencontré ?


Etait-ce l'homme ou l'idée du mariage qui la répugnait ? Le couple débuta la marche circulaire autour du lac. Lauric scrutait les environs avec plaisir, aspirant l'air frais qui filtrait à travers les orifices de son masque. Sur la berge voisine, même la barque de bois percée et démembrée, trempant à demi dans l'eau, avait son charme. Du bateau ! Il aimerait faire du bateau ! Puis finalement il soupira en reportant son regard sur la belle, marchant à ses côtés :

_ Vous devez trouver cette balade bien ennuyeuse !


Elle lui avait assez clairement confié qu'elle était habituée à des sorties plus rocambolesques... ce qui était d'ailleurs étonnant pour une jeune fille de bonne famille. Lui n'aspirait qu'à cette étendue de calme et de quiétude. « Posé et réfléchi », c'est ainsi qu'elle l'avait défini... Mais le breton avait surtout le souci de survivre. Et la vie est déjà suffisamment aventureuse quand votre beau-père à des projets de meurtre sur votre tête pour s'assurer le plein-pouvoir des terres de Vignoc. Des cadavres dans le placard, sa famille en comptait par centaines...

_ Peut-être voulez-vous rentrer ?

La marche circulaire autour de l'étang arrivait à son terme et les ramenait sur le petit chemin qui grimpait vers le grand portail. Si sa voisine avait le cœur bien accrochée, autant qu'elle le prétendait, peut-être qu'un jour, il pourrait se défaire de ses artifices. Il en avait envie... envie d'avoir une personne dans son entourage qui saurait et qui malgré cette malédiction, saurait le regarder sans lui déplaire.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Dim 5 Avr - 15:04

Je dois bien l'avouer jusqu'à cet instant je n'avais pensé à rien d'autre qu'à moi-même, à ma petite personne et c'est sans doute pour cette raison que la relation naissante entre moi et mon nouveau voisin a bien faillit s'envenimer totalement de façon quasi irréversible. Mais fort heureusement pour nous ou du moins pour nos futures relations de voisinage il semblerait que nous ayons réussi l'exploit de mettre, l'un et l'autre,  un peu d'eau dans notre vin. Et ces concessions de nos parts à tous les deux nous ont donc mené dans ce parc calme et reposant que mon cher voisin semblait tant vouloir voir. Même si ce moment est moins palpitant que ce j'aurais désiré, que ce qui m'aurait aidé à faire taire en partie ce désir de liberté qui ne cesse de grandir en moi depuis quelques semaines, j'admets que cela ne peut pas me faire de mal de partager un tel moment avec cet homme qui ne semble pas me vouloir de mal malgré le fait que nos derniers échanges aient été un peu tendus.

Alors même si je dois bien avouer m'être un peu fait violence il y a un instant alors que nous frôlions, Lauric et moi, l'incident diplomatique entre voisins je ne peux qu'apprécier le spectacle qui s'offre à nous à présent que nous sommes arrivés à destination. Et d'ailleurs j'ai également un tout autre spectacle à apprécier, spectacle qui n'est autre que la réaction de mon compagnon de route du moment. En effet, même si je suis dans l'impossibilité de voir le visage de mon voisin et les expressions de celui-ci je ne peux tout de même pas rater cette joie qui semble s'être emparée de lui d'un  instant à l'autre. En cet instant bien précis, à mes côtés et face à ce simple parc presque vide j'ai l'impression d'avoir à faire à un enfant face à un spectacle nouveau et magnifique qui s'offrirait à lui. Oui, mon voisin, qui pourtant semble être bien plus âgé que moi semble être tout aussi émerveillé qu'un enfant face à ce spectacle des plus commun pour moi. Faire une telle constatation me surprends et me pousse à m'interroger un peu plus sur celui avec lequel je vais partager une partie de mon « territoire » et d'ailleurs je suis bien tentée par le fait de l'interroger afin d'en savoir davantage.

Mais faire une telle chose serait dangereuse aux vues des dernières paroles virulentes que nous avons échangés il y a quelques instants aussi je décide de me taire et de ravaler mes questions, pour l'instant du moins. Je me contente donc de faire ce que je viens de dire à Lauric, ne devenant plus son guide mais juste une personne prête à le suivre et à faire ce qu'il désirera dans ce lieu qu'il semble avoir tant attendu et donc il profite à présent, sans le moindre doute, pleinement. Mon regard se perds donc entre mon voisin et le spectacle qui s'offre à nous alors que j'attends que Lauric se décide à se mettre en marche ou non. Mais avant de faire une telle chose voilà qu'il reprends la parole afin de me remercier de ce que je viens de faire alors même que je n'ai pas l'impression d'avoir fait grand chose.

- De rien j'ai cru comprendre que cela vous tenait particulièrement à cœur, c'était le moins que je puisse faire.


Le ton de nos voix et l'ambiance qui règne entre nous sont bien plus doux et calmes que précédemment, à l'image que ce parc où nous nous trouvons en cet instant. Continuant sur cette bonne lancée nous nous sommes mis à marcher tous les deux tout en laissant le calme environnant prendre possession de ce moment. De mon côté je dois bien avouer que si je n'ai rien fait pour briser ce silence qui nous enveloppait c'est tout simplement par peur de commettre à nouveau un impair et de briser ce moment qui, à défaut d'être excitant, est tout de même un beau moment qui semble toujours convenir autant à mon compagnon de route. C'est donc une nouvelle fois le comte qui brise le silence régnant entre nous et ce dans le but de venir me poser une question sur ce fameux mariage qui me rend tellement folle. Sujet dangereux donc mais terrain sur lequel j'accepte tout de même de m'engager. Après tout même si le terrain semble être glissant peut être trouverais-je un allié auprès de mon voisin après que je lui en ai dit un peu plus sur ce mariage qui me tourmente. Mon regard se perds un instant sur lui avant de se fixer à nouveau vers la nature alentour tandis que je reprends la parole tout en faisant tout mon possible pour parvenir à rester tout aussi calme qu'il y a un instant même si faire une telle chose ne semble plus être aussi aisée.


- L'ainé de fils de Plessis Bellières, et non je ne l'ai pas encore rencontré fort heureusement pour moi. Je ne sais pas si vous le connaissez ou non et si vous me cataloguez encore plus en sachant que je hais cet homme sans même le connaître vraiment mais c'est plus fort que moi.

Je marque une pause et laisse échapper un soupir que j'aurais de toutes manières été bien incapable de retenir plus longtemps tant parler de cela, de cette situation m'énerve mais aussi m'angoisse et ce sans que je ne puisse contrôler grand chose. À présent que j'ai osé en parler un peu plus sans pour autant trop m'étendre totalement je me demande si j'ai bien fait. Je suis heureuse lorsque mon voisin reviens briser le silence que j'ai laissé s'installer une nouvelle fois  en même temps qu'un certain trouble et qu'une lassitude contre laquelle je ne peux pas grand chose.

- Ne vous en faites pas nous pouvons rester si vous le désirez. Vous savez finalement ce n'est pas ce mariage qui me rends ainsi, c'est la perte de ma liberté qui ira de pair et c'est sans doute pour cela que je me suis comportée ainsi avec vous. Je désire me sentir vivante avant de n'être plus qu'une épouse, une pauvre petite femme qui ne sera connue que pour ses sourires faux, les cuisses qu'elle devra ouvrir pour son époux et les enfants qu'elle devra lui donner.

À nouveau je soupir et pose mon regard sur mon voisin avant d'oser poser ma main sur le masque qui orne son visage alors qu'il doit me trouver bien différente de la jeune femme pleine de vie et de défi que j'étais il y a quelques instants auprès de lui.

- Je ne sais pas ce que vous cachez cher voisin, mais tout comme je suis certaine qu'une part de vous ne veux pas être que se masque, je ne veux pas être qu'un corps, qu'un ventre, je veux me sentir vivante et libre, après tout n'est ce pas pour cela qu'on nous a mis sur cette terre ?

Je ne sais comment va réagir Lauric mais cette fois-ci c'est la vraie Ménérade qui vient de s'adresser à lui, celle qui ne se cache pas derrière les caprices et la rage, celle qui ne se contente pas d'être en permanence une petite fille détestable dont plus personne ne voudra à la fin de l'histoire.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Dim 10 Mai - 10:43

Restant un instant immobile sur le chemin menant à la sortie, Lauric essaya d'expliquer cet entrain peut-être peu commun pour les grands espaces et les balades 'solitaires'. Quels intérêts la noblesse parisienne avait-elle actuellement ? Il n'était pas aux faits des us et coutumes du beau Paris et sa mère, la Comtesse de Vignoc, ne jugerait pas utile de l'en informer. Peut-être arriverait-il à lui faire prendre le journal, afin qu'il connaisse au moins l'actualité d'une ville effervescente.

_ Cela doit sans doute vous paraître étrange qu'un homme se réjouisse autant d'une simple sortie, mais pour les mêmes raisons qui me poussent à vous épargner la vue de mon visage, je n'ai pas beaucoup eu le loisir de sortir par le passé... Je n'en aurai peut-être plus l'occasion alors je profite de cette balade et de votre présence.

Il se sentait plus serein pour rejoindre sa prison désormais. Beaucoup de frustration s'était déversée alors qu'il marchait. La journée lui semblait un peu moins lourde et la ville, un peu plus belle. Il n'avait pas encore eu le loisir de voir la vue qu'il aurait depuis la chambre qu'on lui attribuerait. Il était inutile d'espérer avoir une aussi belle vue que celui du domaine de Vignoc... Dans cette maison de ville engoncée entre les autres, ce serait une chance s'il voyait quelques arbres.


_ Qu'est-ce qui vous pousse à croire que je vous catalogue, Comtesse ? Il est vrai que j'ai un regard assez conventionnel sur les mœurs de notre société mais fort heureusement pour vous, ce n'est pas moi que vous épousez. Je ne connais pas ce Plessis-Bellière, peut-être aurez-vous une chance n'être pas si malheureuse que cela.

C'était la première fois que le Comte se retrouvait à devoir, à vouloir remonter le moral de quelqu'un. Et il ne savait que dire, que faire... Il avait lancé une phrase qu'il avait jugé après coup, inutile. Qu'en savait-il ? Il ne connaissait rien du mari qui lui était destiné... Tout ce dont il était sûr, c'est qu'elle ne pouvait tomber sur pire que lui. Il porta une main ferme sur le poignet féminin qui s'était soudainement approché au delà de la distance raisonnable.

_ Je ne sais pas pourquoi l'on m'a mit sur terre, Comtesse. Lui avoua-t-il. Mais une chose est sûre, je préfère être ce masque aux yeux de ceux qui m'entourent que le monstre au-dessous.

Il dégagea sans violence, la main portée à son masque. Il était encore tôt pour qu'elle découvre son visage. Même si il lui avait avoué assez clairement les raisons de son accoutrement, il ne se sentait pas prêt à ce qu'elle voit les dégâts causés par la maladie. Il n'avait prit ce risque qu'une fois, durant son voyage, mais il savait alors que peu de chance le ramènerait à recroiser cette jeune femme. Elle devait voguer vers le nouveau Continent et avec elle, son secret. Pour faire de même avec celle qui serait sa voisine, il devrait se plier à une confiance quasi-aveugle. Tant qu'elle ne l'avait pas vu, elle n'avait pas de réelle raison de le fuir. Mais si elle commettait l'irréparable, elle choisirait de s'éloigner -et peut-être même de le trahir- et il ne pourrait lui en vouloir. Il faisait de même, fuyant son reflet dès qu'il le pouvait.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Mer 10 Juin - 19:40

Cet homme, mon voisin m’intrigue en cet instant bien plus que quiconque ne l’avait fait jusqu’à présent. Peut être est ce lié au mystère qui l’entoure et à ce masque derrière il se cache et dont il semble bien incapable de se départir au point que j’ai l’impression qu’il serait capable de préférer la mort ou les souffrances physiques que la découverte de son visage par moi ou n’importe qui d’autre. D’autres que moi se lasseraient certainement d’un tel comportement et auraient peut être déjà pris la décision de tourner le dos à Lauric, le laissant ainsi seul en compagnie de ce mystère si précieux sans lequel il ne semble pas être capable de vivre. Mais ils ne sont pas moi ou plutôt je ne suis pas eux et je n’ai donc pas la moindre raison d’agir ainsi préférant, au contraire, agir en complète opposition en prenant donc le temps de m’intéresser à mon nouveau voisin et ce même si je dois bien avouer être plutôt maladroite dans une telle entreprise.

Mais maladroite ou non je compte bien rester aux côtés de Lauric autant que je le pourrais, jusqu’à ce que le temps qui passe nous force à regagner nos demeures respectives ou tout simplement jusqu’à ce que l’enfant qui se cache derrière la femme que je suis ai eu raison de la patience du comte qu’il est au point qu’il me congédie. Fort heureusement ce scénario semble être de moins en moins d’actualité, pour le moment du moins, après que nous ayons chacun fait en sorte d’arrondir aux mieux les angles dans l’espoir de parvenir à se supporter l’un l’autre encore un petit moment, pour la survie de ce petit instant volé de liberté mais également pour que nos futures relations de voisinages ne soient pas chaotiques. Après quelques paroles et quelques efforts faits de part et d’autre il semblerait que l’atmosphère entre nous se soit radoucie et ce même si elle n’est pas encore aussi douce que la quiétude qui règne au sein de ce parc où j’ai mené mon voisin. D’ailleurs il me semble bien plus doux et posé alors qu’il prend à nouveau la parole pour tenter de s’expliquer au sujet des sentiments et sensations que lui procure cette petite ballade qui d’après ce que j’ai pu dire précédemment à pu lui sembler bien trop ennuyeuse pour la jeune femme aventureuse que je désire être dans le simple but de ne pas me faire passer la corde au cou. Et c’est sur le même ton que je reprends également la parole désireuse de le rassurer sur le fait que je ne le vois pas comme un monstre de foire que je suis incapable de comprendre mais également sur le fait qu’il pourrait ne pas avoir à se priver éternellement de petits moments de liberté tels que celui que nous sommes entrain de vivre.


- Je ne dirais pas que vous êtes étrange à mes yeux, je dirais plutôt que je suis intriguée par tout ce mystère dont vous sembler avoir besoin de vous entourer. Mais je peux comprendre votre enthousiasme, votre joie et votre désir de profiter de ce moment, de l’instant présent. Vous savez je ne suis pas qu’une enfant capricieuse dans un corps de femme, moi aussi j’ai connu des découvertes, des premières fois et toutes les sensations qui vont de paire avec ce genre de moments et j’espère bien pouvoir à nouveau me retrouver un état tel que celui dans lequel vous vous trouvez en cet instant. Alors n’ayez crainte vous n’êtes pas à mes yeux un monstre que je ne peux ou ne pourrais jamais comprendre, vous êtes juste un homme que je ne suis pas encore à même de cerner totalement à ce jour. Et pour ce qui est des moments de liberté tel que celui-ci sachez que si vous êtes toujours en mesure de me supporter telle que je suis, je ferais en sorte que vous ayez d’autres occasions de vous évader comme nous le faisons en cet instant

Je ne sais bien entendu pas si je serais ou non capable d’honorer une telle promesse puisque je ne sais pas de quoi ma vie sera faite dans les prochaines semaines mais je n’ai pas pu m’empêcher d’agir ainsi, de faire à demi mots une promesse que je sais importante pour mon voisin. Et puis de tels moments ne peuvent pas me faire de mal puisque même si mes problèmes doivent être bien dérisoires à côté de ceux qui occupent Lauric, moi aussi je me sens tout comme lui emprisonnée dans le manoir de mon père, prisonnière des désirs que lui et ma chère belle mère ont pour moi, au point de me sentir prête à toutes les folies possibles pour essayer de trouver une échappatoire à cette situation. Alors oui Lauric et sa présence tout comme les efforts que je sais à présent devoir faire pour ne pas trop le heurter peuvent peut être m’être bénéfiques ou du moins bien moins dévastateur que le fait de céder à cette envie d’aller me jeter dans les bras du premier venu pour devenir impure aux yeux de mon futur mari ou à toutes ces autres envies soudaines qui me poussent à faire n’importe quoi et à n’avoir de cesse de prendre des risques sans même m’en rendre compte. D’ailleurs ce fameux mariage dont je ne veux pas le moins du monde, c’est de cela qu’il est à présent question dans la conversation que nous tenons Lauric et moi et mon cher voisin semble vouloir me rassurer sur le sort qui sera le mien après ce mariage arrangé dont je vais être l’une des « victimes ». Il vient alors me dire que je serais de toute façon certainement bien mieux avec celui que l’ont m’a choisi comme époux plutôt qu’avec lui, paroles qui bien entendu ne me plaisent pas le moins du monde. Oh je ne désire bien entendu pas épouser mon voisin, une telle chose serait bien trop dangereuse pour lui comme pour moi étant donné nos caractères, mais aussi capricieuse enfant gâtée, et peut être également un peu égocentrique que je puisse l’être j’ai bien du mal à tolérer que cet homme se rabaisse ainsi sous couvert de ce que le masque qu’il porte dissimule à mes yeux. Certes lui et moi n’avons pas la même façon de penser et de voir les choses mais cela ne fait pas pour autant de cet homme quelqu’un de détestable ou de peu fréquentable, au contraire je pense qu’en faisant chacun quelques efforts nos relations pourraient être des plus agréables. Je m’apprêtai d’ailleurs à lui en faire la remarque tout en ne sachant pourtant pas si je m’apprête ou non à marcher une nouvelle fois sur des œufs.

Mais cela aurait été sans compter sur la réaction du comte en réponse à la main que j’ai approché un peu près du masque derrière lequel il se cache, une réaction certes sans violence mais par l’intermédiaire de laquelle je ne doute pas que Lauric désire me faire comprendre qu’un tel geste n’est en rien une bonne idée, pour le moment du moins. Et c’est d’ailleurs lorsqu’il reprend la parole à mon intention que j’ai la confirmation, s’il en fallait une, de ce que je pensais. A nouveau le voilà qui se rabaisse devant moi, venant même se traiter de monstre parole qu’une fois encore je n’ai pas envie d’accepter et ce même si je peux parfaitement comprendre le refus du comte à dévoiler son visage, monstrueux selon ses dires, à mes yeux de presque parfaite inconnue finalement. Mais cette fois-ci hors de question que je le laisse m’empêcher de m’exprimer de quelque façon que se soit et c’est d’ailleurs pour réduire les risques qu’une telle chose arrive que je pris la parole sans attendre plus longtemps usant une nouvelle fois d’une voix bien plus calme et presque douce que quelques instants plus tôt lorsque nous étions encore au bord de l’incident diplomatique entre voisins.


- Je suis certaine que vous n’êtes en réalité pas ce monstre que vous prétendez être avec tant de virulence, vous vous voyez comme tel sans laisser aux autres le soin de vous dire si cette vision de vous est ou non véridique. Ne vous en faites pas je comprends parfaitement que vous puissiez ne pas désirer vous départir de ce masque que vous porter et je ne ferais rien pour aller à l’encontre d’une telle décision. Mais vous ne pourrez pas m’empêcher de vous demander de vous laisser à vous-même une chance de vivre le plus heureux possible, vous ne pouvez pas vous résoudre à passer votre vie enfermé dans votre manoir aux côtés de votre mère.

Étant donné que le comte de Vignoc semble être tout aussi têtu que je le suis moi-même je sais, à peine après avoir cessé de m’adresser à lui, que mes paroles resteront certainement lettre morte, du moins si je n’y ajoute rien. Après tout c’est bel et bien l’effet qu’ont eu les mots de mon voisin quand nous avons évoqué ensemble mon mariage futur. C’est pour cela que je décide de reprendre la parole sans perdre un instant afin de révéler à mon voisin un pan de ma vie qu’il ne connaît pas encore.

- Vous savez je n’ai peut être pas les mêmes problèmes que vous mais cela ne m’empêcher pas d’avoir plus d’une fois eu l’impression d’être moi aussi un monstre et je ne sais finalement pas plus que vous la finalité de ma venue sur terre et ce d’autant plus que ma première action en venant au monde a été de tuer ma mère. Alors je me suis moi aussi sentie monstre et pas à ma place dans ce monde et ce d’autant plus que mon père a toujours désirer un fils, un héritier. J’aurais pu me résoudre à me faire toute petite, à me faire oublier autant que possible pour laisser ma place à quelqu’un d’autre mais je ne l’ai pas fait et à la place j’ai fait en sorte d’agir comme le fils que mon père désirait tant. Je suis bien consciente de ne pas être ce fils tant espéré, et de ne pas être parfaite non plus mais j’ai décidé de vivre coute que coute et ce même si celle que je suis ne plait pas toujours à tout le monde. Vivez Lauric, trouvez un moyen de le faire même si je sais bien que les choses sont plus faciles à dire qu’à faire. Vous ne savez peut être pas pourquoi vous avez été mis dans ce monde mais moi je suis certaine qu’il y a une raison et que vous mériter bien plus que de rester cloitré entre quatre murs, loin du monde extérieur.  


Mes paroles auront elles un impact? Je ne peux pas en être certaine mais j'ai décidé de tenter le tout pour le tout, Lauric étant finalement l'une des premières personnes que je rencontre depuis l'annonce de mon mariage prochain qui ne me donne pas envie de fuir et rien que pour cela il mérite que je fasse tout mon possible pour lui éviter de passer son temps enfermé comme cela semblait être le cas avant qu'il n'emménage non loin de chez moi.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Lun 29 Juin - 18:27

Si la jolie Comtesse aspirait autant à la découverte, elle serait rapidement comblée avec ce mariage qui s'annonçait pour elle comme une grande nouveauté. Son premier mariage... peut-être n'en connaîtrait-elle pas d'autres d'ailleurs. Si son futur époux était plutôt jeune ou avait la santé, elle pouvait considérer que sa vie serait lié à ce mari dont elle ne voulait pas jusqu'à sa mort. Finalement, tous les changements n'étaient pas toujours bon à souhaiter. Lauric attrapa sans réfléchir une fleur sauvage qui dépassait d'un bosquet et la tendit à Ménérade :

_ J'en serai heureux.

Le breton ignorait encore si cela lui serait possible mais il aurait beaucoup aimé pouvoir la revoir. Pouvoir faire quelques promenades en sa compagnie, tant qu'elle demeurait encore sa voisine et non pas cette future Ménérade de Plessis-Bellière qui aurait tôt fait de déménager pour rejoindre les terres de son époux. Il aimait la formule employée, amusé par cette audace qui sous-entendait qu'elle viendrait jusqu'à prendre d'assaut sa prison. Ménérade était tantôt irritante, tantôt rafraîchissante. Un impétueux petit bout de femme qui, si elle était née homme , aurait sans doute compté parmi les révolutionnaires en donnant de grands coups de pieds dans les lois établies.

Mais les faits étaient ainsi et le Comte ne put en vouloir à la jeune femme de se construire une opinion sans connaître les principaux éléments de sa vie. Certes, il avait agit par choix mais ce choix était contraint et forcé depuis plus de 20 ans. Il avait toujours vécu ainsi et pour de bonnes raisons. Il ne pourrait la convaincre du bien fondé de sa décision sans retirer son masque, ce qui lui était impossible. Le breton songea alors à lui parler de la peste pour qu'elle prenne véritablement conscience de l'horreur de son visage craquelé et de la hargne qu'avait la population pour se préserver du fléau. Sa peste a lui n'avait pas de nom et si elle le tuait, elle le faisait lentement et douloureusement. L'image aurait été claire et efficace ! Bon nombre de villageois contaminés ou non avaient brûlé vif dans leur village incendié pour éviter toute propagation... et la décision avait bien souvent été porté par le peuple effrayé.


_ Vous vous trompez, ce sont les autres qui m'ont défini comme 'monstre'... Je ne veux pas mourir, Comtesse et c'est cela qui m'attend si je décide de vivre librement hors de chez moi. Il viendra un jour  où je serai exécuté pour ce que je suis.

Aucune dramaturgie dans la voix, peut-être un peu de crainte et certainement une grande conviction dans les propos. Le Comte n'avait aucun avenir s'il laissait tomber le masque.

Il sentit qu'ils avaient cela en commun d'avoir ce sentiment d'avoir causé la perte d'une personne de leur famille. Lauric avait indirectement tué son père, ce qu'il était l'avait poussé à mettre fin à ses jours... le Comte n'avait pu supporter le regard sur sa famille et les tensions que cela engendrait au quotidien.


_ Vous ne pouvez vous tenir pour responsable du décès de votre mère. Comment auriez-vous pu en avoir conscience ? Le breton soupira. Je ne suis pas résigné si cela peut vous être d'un quelconque réconfort. Mais les choses ne sont pas aisées et il me faut du temps pour organiser ma vie sans me jeter sans réflexion dans une existence qui ne m'a pas faite à votre image... comme je viens de le faire. Il avait si peu réfléchit avant de décider de suivre la Comtesse dans Paris. Le jeu avait été risqué. Paris m'est encore étranger. J'ai besoin d'en apprendre davantage sur vos mœurs.
Lauric tendit son bras vers la jeune femme afin qu'elle s'en saisisse._ Rentrons, vous le voulez bien ? Je vais faire mes premiers pas de parisien en vous reconduisant chez vous si ma mémoire me le permet.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Jeu 2 Juil - 9:29

Si je pourrais certainement être aussi exaspéré par mon voisin qu'il a semblé l'être de moi durant un moment il n'en est finalement rien à présent que nous avons lui et moi mis un peu d'eau dans notre vin. Non, maintenant la présence de Lauric a mes côtés aurait presque quelquechose de rassurant. Rassurant et plaisant parce qu'auprès de cet homme dont je ne connais finalement que peu de choses  même si je suis certaine qu'il pense déjà m'en avoir dit suffisamment et peut être même trop, est depuis bien longtemps l'une des seules personnes que je croise et qui ne me vois pas comme une future mariée, comme une marchandise que l'ont donne au plus offrant. Non, il ne me voit pas comme la future Madame de Plessis Bellière et il ne se comporte donc pas avec moi tout en courbette et en douces paroles destinées à me calmer pour qu'on parvienne plus facilement à me passer la corde au cou et ainsi à m’ôter ma liberté. Non, cet homme se comporte avec moi comme il est, comme il a l'habitude de le faire avec d'autres et ce même si, aux vues de ce qu'il m'a déjà dit et expliqué j'ai bien l'impression qu'à part sa mère il ne doit pas converser ainsi avec des dizaines et des dizaines de femmes. Finalement, même si je suis certaine qu'il ne se voit pas ainsi, mon voisin représente pour moi la nouveauté, une relation rafraîchissante et plaisante même si tout semble nous opposer. Il sait sans doute bien plus de choses que moi sur ce qu'est la vraie vie d'adulte et je sais bien plus de choses sur la vie parisienne qu'il n'en connaîtra peut être jamais. Nous avons tant à échanger sur bien des choses lui et moi et je compte bien tout faire pour que nous puissions tous deux continuer à apprendre l'un de l'autre.

C'est en grande partie pour cela que j'ai à demi mots proposé à Lauric de nous évader à nouveau plus tard, durant d'autres matinées ou après midi et pourquoi pas d'autres soirées où nous pourrons nous évader tous deux au sens propre comme un sens figuré afin, je l'espère, de rendre nos existences  un peu moins difficiles à supporter et notre avenir un peu plus doux. Oui, je veux de cet homme comme voisin mais également comme ami et ce même si je sais bien que le garder auprès de moi sera sans doute plus difficile lorsque je ne serais plus la fille du comte de Blégniac mais l'épouse du prochain comte de Plessis Bellière. Le comte de Vignoc est il d'accord avec moi ? A-t-il les mêmes désirs que moi en cet instant ? La réponse me parvient bien vite en même temps qu'une fleur sauvage que mon cher voisin m'offre, m'empêchant alors de douter trop longtemps.

Merci. Et bien nous ferons en sorte de tout faire pour alors, étant donné nos caractères je ne doute pas que nous saurons persévérer pour y parvenir.

Je l'ai remercié à la fois pour cette simple fleur et pour ce lieu qu'il accepte, implicitement de voir se créer entre nous, j'ose espérer qu'il l'a compris et si tel n'était pas le cas et bien je ferais en sorte qu'il le comprenne plus tard. Pour le moment notre conversation deviens un peu moins fraîche et n'est plus du tout faite pour être apaisante puisque c'est de ma mère, de cette femme qui a donné sa vie pour que je vienne au monde que je choisi de parler, dans le but de faire comprendre à mon voisin que nous sommes finalement tous des monstres pour quelqu'un ou à nos propres yeux d'une façon ou d'une autre. Malgré mes dires Lauric vint m'expliquer que ce sont les autres et non lui qui l'ont affublé de ce « surnom » stupide de monstre mais également que si il venait un jour à se décider à vivre comme j'aurais envie de le voir vivre il se ferait très certainement exécuté pour ce qu'il est . Bien sûr, entendre de tels propos me choque et je sent bien que si je ne fais rien cette conversation finira tôt ou tard par briser totalement les sentiments de bonheur et de paix qui se sont emparés du comte et de moi même depuis notre arrivée dans ce fameux parc. Aussi c'est avec un mince petit sourire peint sur mes lèvres que je décida de tenter une pointe d'humour dans cette discussion de plus en plus étouffante.


- Il seraient fous de faire une telle chose sans vous connaître, et puis il ne savent pas encore quelqu'un vous avez non loin de vous la pire garce qui soit, une femme qui ne les laissera pas toucher sans mal au seul voisin aimable qu'elle ai jamais eu et ce d'autant plus quand celui ci n'a rien d'un vieux croulant tout juste bon à reluquer les femmes plus jeunes.

Si il espérait peut être me voir entrer un peu plus dans le moule et me montrer plus polie et désireuse de suivre protocole et bonne mœurs il est certainement déçu mais j'espère bien qu'au fond de lui ces quelques paroles réussirons à le faire sourire même si je ne peut être certaine d’apercevoir le signe d'une telle réaction de sa part. Et pour me donner encore un peu plus la preuve que ce que je viens de dire à son sujet n'a rien de faux c'est à propos de ma mère décédée qu'il reprends la parole, voulant certainement faire taire définitivement la culpabilité que je ressent encore parfois de nous avoir enlever, à mon père et à moi même, cette épouse et mère qui nous aurait certainement été si utile pour avancer dans la vie. Puis voilà que mon voisin me dit avoir besoin de se faire à la vie
parisienne et aux mœurs des habitants de la capitale. N'étant pas totalement d'accord avec une telle décision mais pouvant tout de même parfaitement la comprendre je choisis de me contenter d’acquiescer aux dires de Lauric d'un petit mouvement de la tête accompagné à nouveau du sourire le plus doux que je puisse lui offrir.


- Je comprends et je l'accepte mais sachez que je peux être capable de vous aider sans vous faire courir dans les rues de la capitale ainsi si vous avez besoin d'aide ou de réconfort n'hésitez pas, le chemin menant de votre porte à la mienne n'est pas bien long et si vous avez peur d'avoir à faire à ma belle mère je vous apprendrais à vous comporter en jeune homme éperdu venant jeter de petites pierres à la fenêtre de la femme qu'il convoite. Mais avant toute chose voyons voir si vous êtes capable de retrouver nos chères maison monsieur le comte.

Comme pour ponctuer cette phrase je saisi le bras que mon tant mon voisin, ne sachant à nouveau pas comment il interprétera ce que je viens de lui dire et si il parviendra à nous ramener tous deux dans nos maisons respectifs, bien que sur ce point je puisse l'aider en lui tirant par exemple doucement sur le bras lorsqu'une bifurcation se présentera à nouveau afin de l'aider  faire le bon choix.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Nouveaux voisins [PV Ménérade]   Ven 3 Juil - 23:01

Si Ménérade n'aurait pas laissé au breton le loisir de découvrir son caractère affirmé et ses crises colériques infligées à son père, sans doute n'aurait-il pas pu pardonner à une jeune femme de bonne famille, son écart de langage. Bon sang, ce petit brin de fille jurait comme une charretière ! Lauric mit un petit moment à répondre, le temps de dissiper la stupéfaction face aux termes employés et à réfléchir calmement à ce qu'il était convenu de dire en pareil situation. Ses oreilles avaient été rudement éprouvé par le caractère crû des propos tenus mais au moins, il ne pourrait reprocher ce qu'il entendait souvent sa mère reprocher à la bourgeoisie et à ses propres amis : leur hypocrisie.

_ Je ne le sais pas non plus. S'amusa-t-il à lui faire remarquer. Il ne se connaissait que depuis une heure ou deux. Comment aurait-il pu deviner de quelle genre de 'garce' il s'agissait. Aux premières impressions, de celles qu'il s'était toujours imaginé, les femme de la noblesse étaient courtoises, polies, éduquées et respectaient le statut de l'homme. Ménérade était une furie aux antipodes de ce qu'il imaginait des femmes bien nées. Ce qu'elle ne voulait pas devenir était exactement l'image qu'il se faisait de la femme parfaite. Et à faire le bilan de toutes les – ou si peu des - femmes qu'il avait rencontrée dans sa vie, elles n'étaient pas ce qu'on lui avait dit, elles n'étaient pas ce qu'il avait lu. Pourtant, bien qu'il fût encore secoué de voir une si jolie bouche prononcer de si vilains mots, elle semblait les avoir choisi pour le défendre.

_ Cela est généreux de votre part... Néanmoins, je saurai faire front la tête haute. Il était Comte et même s'il ne l'avait dit ainsi, cela lui serait coûteux et déshonorant de se voir protéger par une femme. Il préféra rebondir sur un sujet plus léger. Ainsi ma défunte grande-tante ne vous était pas des plus sympathiques ? Cela doit-être de famille. Plaisanta-t-il. Le breton n'avait pas connu sa grande-tante. Il avait même ignoré jusqu'à ces quelques jours passés, qu'il en avait une. La vieille femme ne l'aurait certainement pas accueilli chez elle, si elle avait connu son mal. Sa piété impliquait de ne pas laisser entrer le diable dans sa maison. Finalement, cela était mieux ainsi.

_ Je serai ravi de vous voir m'initier à la vie parisienne. Répondit-il en la laissant se saisir de son bras. Nous trouverons bien des occasions.

Les deux voisins avaient franchi la porte du parc séparément à leur entrée et le quittaient maintenant côte à côte. Lauric n'était pas prêt à laisser la Comtesse lever le voile sur son secret mais il lui faisait suffisamment confiance pour ne pas supposer qu'elle outrepasserait son interdit aujourd'hui. Il la guida tranquillement à travers les rues, hésitant parfois à des intersections se ressemblant comme deux gouttes d'eau, mais dont le geste subtil de Ménérade sur son bras, lui soufflait silencieusement la réponse.

Arrivés à quelques pas de la lourde grille de la Cour, il se dégagea de son bras et jeta un coup d’œil furtif dans la grande allée... Personne. Mais les lourdes malles avaient été retirées du toit de la voiture et il douta qu'on ait omis de remarquer sa disparition. Mais il regrettait pas son coup de folie. Il se sentait d'ores et déjà moins seul dans cette nouvelle vie.

_ C'est ici que nos chemins se séparent...
déclara-t-il en effectuant une légère révérence vers sa voisine.  À très bientôt.

Lauric fit quelques pas en arrière puis se retourna pour traverser la Cour et gravir les quelques marches de sa nouvelle demeure. Mieux valait qu'on ne les prennent pas tous les deux. Il se garderait de raconter à sa mère qu'il était parti avec sa voisine. Les remontrances seraient suffisamment virulentes comme cela pour en rajouter.

[Terminé]

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