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 Papotage entre amis [PV Angel]

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MessageSujet: Papotage entre amis [PV Angel]   Mar 6 Aoû - 7:37

Encore une longue journée s'annonçait. Toujours entortillée dans les draps de son lit qu'elle avait fort malmené cette nuit, enfin cette nuit, durant le temps qu'elle avait dormi après sa dernière passe, Angélique eut l'intuition que la journée qui venait de commencer serait mauvaise. Pourquoi ? Elle ne saurait le dire. Peut être que le temps plus que maussade de la capitale y était pour quelque chose. Depuis trois jours maintenant, une pluie battante s'abattait presque continuellement sur la ville. À ça, il fallait ajouter le vent mordant qui s'engouffrait dans les ruelles et qui vous glaçait la chair jusqu'aux os . En frissonnant, Angélique referma le rideau de sa fenêtre pour ne plus être confronté à ce paysage morne.

Revêtue d'une robe sombre, à l'image du temps qu'il faisait, elle se dirigea vers la salle commune pour y prendre son petit déjeuner comme un automate. Comme chaque matin, la salle retentissait de bruits de cuillères et de bols en fond de cancannements en tous genres. Elle n'était pas d'humeur aujourd'hui de se mêler aux jacassements des autres filles et préféra se mettre un peu à l'écart de toute cette agitation. Machinalement, elle avalait de grandes cuillerées de la bouillie d'avoine qu'elle avait en face d'elle. Manquant de s'étouffer avec un grain d'avoine mal cuit, elle se dit que cette journée n'était définitivement pas la sienne.

La belle brune n'était pas d'un naturel pessimiste. Seulement, il y a des jours comme ça où l'on préférerait directement passer à la journée suivante. Se remettre dans son lit, rabattre sa couverture jusqu'au menton et dormir d'une traite jusqu'au lendemain, voilà ce dont rêvait la Délicieuse. Échaudée par son avoine mal cuite, elle se contenta par la suite de tourner sans grande conviction sa cuillère contre les parois du bol. Elle était décidément d'une humeur bien morose ce matin.

Alors qu'elle contemplait la salle d'un regard vide, elle aperçu dans l'embrasure de la porte la seule personne qui peut être pourrait éclairer un peu sa journée. Angel. L'Espagnol. De voir son meilleur ami du manoir lui arracha son premier sourire de la journée. C'est la singularité du jeune homme qui l'avait interpellée en premier. Sa taille élancée, son teint mat, sa longue chevelure noire de jais et son allure efféminée faisait de lui un personnage atypique. Mais c'est surtout ses yeux, ses yeux vairons qui avaient tout de suite magnétisés la jeune fille. Angel et Angélique, faits pour se connaître ?
De prime abord, leur caractère semblait plutôt antithétiques. Lui est timide, discret, effrayé par le monde extérieur et manque cruellement de confiance en lui. Elle au contraire est fière, extravertie et ne se laisse pas facilement intimider. Pourtant, de nombreux points communs les ont très vite rapprochés. Leur goût pour les arts et la culture notamment. Si Angélique avait une appétence évidente pour la musique et notamment pour le chant, elle s'intéressait aussi à la poésie, discipline qu'affectionnait tout particulièrement Angel. De plus, ils partageaient la même faiblesse, celle de s'attacher trop vite aux autres, qu'ils le méritent ou non. Et ces deux êtres souffraient. Pas d'une souffrance criante ou ostentatoire non. Au manoir ils jouissaient d'une situation assez confortable, et leur sort était sûrement moins à plaindre que celui d'un de ces malheureux qui dorment à la rue. Ils souffraient donc en silence, discrètement, dans leur fort intérieur ils n'étaient pas forcément aussi joyeux qu'ils pouvaient le laisser croire. La belle ne se croyait pas digne d'être aimée telle qu'elle était, comme, à l'instar de ses parents, tous les êtres qui lui étaient chers partaient les uns après les autres. L'Espagnol, lui, gardait encore de lourdes séquelles des brimades et des mauvais traitements subis dans son enfance. Plus que cela, il ne s'acceptait pas tel qu'il était et se croyait malade à cause du goût qu'il avait développé pour les gens du même sexe.

En tous cas, les deux jeunes gens se comprenaient mutuellement et s'entendaient à merveille. C'est donc pour cela qu'Angelique se dérida quelque peu lorsqu'elle le vit arriver. Papoter avec le jeune homme lui ferait sûrement du bien. Doux et rêveur, il avait toujours le don pour la sortir de ces quelques moments où le cœur n'y était pas. Tentant d'afficher un sourire radieux, elle fit signe à son ami de venir s'assoir auprès d'elle.
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Angel Del Alba

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MessageSujet: Re: Papotage entre amis [PV Angel]   Mer 7 Aoû - 2:25

[HJ: Je trouve ça très bof, désolé :/ J'essaye de me rattraper la prochaine fois, promis]

L'homme était gentil, engoncé dans son monde et dépressif. Un poète en mal d'amour comme une partie des clients d'Angel. Si semblables, si différents à la fois. La quarantaine bien entamée, désargenté et le physique abîmé par l'abus de bonne chair et une nature injuste de naissance, il arborait des traits bien quelconques. Qui pourrait un jour l'apprécier ? C'était ce que larmoyant il demandait à Angel, garçon de joie préféré au point qu'il devienne l'unique. Celui-ci voyait Georges de manière aléatoire à cause de ses problèmes d'argent. Le jeune Andalou lui aurait bien offert un peu de son temps gratuitement pour parler avec lui mais le couple Boldwin ne serait certainement pas d'accord. Le poète étendu à ses côtés avait fini par s'endormir entre deux sanglots, la pomme qui lui servait de nez contre son épaule mince, arrachant un soupir à Angel.

Ce genre de soirées compliquées avait tendance à le mettre de mauvaise humeur le lendemain, il ne le faisait pas savoir bien entendu mais ses yeux habillés de tristesse parlaient pour lui. Écouter des drames à longueur de temps n'était pas très réjouissant, aussi compatissant soit-on, cela devenait difficile à force. Heureusement ce soir il allait retrouver Juan, l'explorateur espagnol qui lui parlerait peut-être du nouveau monde qu'il avait souvent exploré. Angel pourrait parler sa langue natale et l'homme était un joyeux zouave épicurien. Ravigoté bien qu'il n'aimait jamais passer à l'acte et qu'y penser le freinait toujours, les prunelles bicolores du jeune homme retrouvèrent une lueur moins amère. Il s'estimait chanceux d'être aussi peu de fois secoué par cette lassitude profonde et de pouvoir en sortir aussi vite cette fois. Ce soir serait pourtant un vrai défi car Juan détestait qu'on simule et c'était bien plus difficile pour un homme de cacher son manque de désir. D'ailleurs, il faudrait qu'il voit un petit quelque chose avec Angélique, si cette dernière était disponible pour qu'il lui demande un petit service à ce propos. Quant aux questionnement, inutile de s'en formaliser avait songé Angel qui s'ébroua sous la douche avant de se sécher, se peigner et se préparer pour descendre.

George dormait encore après une nuit "comme tout le monde", où une personne seule pouvait avoir l'illusion d'avoir une vie de couple simple, aimante en dormant jusqu'à l'aube avec sa compagne ou son compagnon. Angel laissa l'homme où il était, sachant qu'une servante viendrait le réveiller et qu'il avait accompli sa mission, restant jusqu'à ce que le jour pointe pour s'échapper enfin des bras flasques de son amant. Il aurait pu partir avant mais son honnêteté finirait bien par le perdre un jour.

Libéré, le jeune homme descendit rapidement les marches pour se retrouver dans la salle à manger. Vêtu proprement mais très simplement dans un habit confortable, masculin évidemment puisqu'il se travestissait uniquement par obligation, Angel ne tarda pas à repérer Angélique. Voilà qui finirait de dissiper la nostalgie que lui avait transmis ce poète désargenté. Malheureusement, connaissant son amie, le jeune homme remarqua assez rapidement que celle-ci s'était fardée d'une certaine peine elle-aussi et qu'elle semblait bien plus empêtrée que lui.

Inquiet, espérant se faire des idées, l'Andalou fila la rejoindre de son pas leste, il l'embrassa derechef sur la joue pour la saluer, pouvant se permettre ce genre de proximité avec les filles au vu de sa "nature". Le seul avantage de sa condition.


-Hola ma chérie, Toi, ça n'a pas l'air d'aller. ¿ Que te pasa ? Ton sourire n'est pas pareil, il est moins beau que toi aujourd'hui et ce n'est pas normal.


Acheva-t-il d'un ton protecteur en ramenant devant lui son propre bol qu'il commença à manger avec délicatesse. Aller trop vite faisait grossir et Angel devait absolument garder sa ligne car ses clients appréciait le côté ambigu de son corps qu'accentuait sa minceur. Le jeune homme était constamment affamé mais il ne pouvait jamais se satisfaire pleinement pour garder cette caractéristique normalement peu approuvée car une personne ronde était généralement signe de bonne santé. Mais au même titre qu'Angélique, l'Andalou était bien particulier.

Son aînée répondait mieux aux stéréotypes de beauté avec sa peau blanche, bien que fine, tout en sachant se détacher du lot. Une combinaison savamment choisie par dame Nature qui avait lui avait permis de devenir Délicieuse, sans compter ses efforts employés à cela. C'était d'ailleurs ce qui avant tout charmé Angel, son caractère et ses capacités. En effet Angélique disposait d'un talent rare, elle chantait magnifiquement. Le jeune homme pour sa part avait également une belle voix mais rien de comparable, et puis il ne jouait pas de clavecin, d'ailleurs sa main handicapée ne lui l'aurait jamais permis. Depuis qu'il la connaissait, Angel adorait parler de l'art avec elle, intelligente, inépuisable, elle connaissait la poésie qu'il avait apprit à connaître en quatrième vitesse pour satisfaire ses clients, de fins littéraires. Quelle étrange destinée que leur rencontre. Le jeune homme aimait tout ce qu'il pourrait détester chez sa personne, son audace entre autre, son goût pour l'Amour, ces choses physiques qui le dégoûtaient pour sa part, sa verve qu'il considèrerait comme mal placé chez lui. Mais Angélique était différente une fois de plus, elle pouvait se permettre l'attitude d'une grande dame, loin d'être un pauvre gosse de campagne comme lui. Angélique avait eu un passé doré avant de souffrir à son tour hélas, elle aurait tant mérité de continuer sa vie avec ces parents qui avaient su l'aimer. Malheureusement ce qui était fait était fait, et Angel admirait sans cesse son courage, en un mot, il adulait son aînée qui était une sorte de modèle pour lui, une muse.


-Dis-moi ma jolie.


La poussa-t-il sans avoir l'air d'émettre de doutes, comme s'il était totalement sûr de ne pas se tromper de diagnostic, c'était le meilleur moyen d'obtenir une réponse, feindre l'assurance. En réalité bien qu'il se doute que quelque chose n'aille pas, Angel n'était pas un de ces magiciens qui se produisaient en ville et qui lisaient dans les pensées disait-on. Il n'était rien qu'un jeune homme attentif à son amie qui souhaitait l'aider.
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MessageSujet: Re: Papotage entre amis [PV Angel]   Jeu 8 Aoû - 15:08

Virevoltant comme à son habitude, le Mignon par son baiser claquant sur la joue et sa réplique attendrissante adoucit un peu Angélique. Elle s'en voulu même de sentir ses pommettes se colorer légèrement, n'étant jamais parvenue à ne pas rougir lorsqu'on la complimentait, ne serait-ce que quelques mots. Elle appréciait tout particulièrement le fait qu'avec Angel, tout soit sans ambiguïté aucune, et donc beaucoup plus simple qu'avec les autres garçons. Aux vues de son orientation, ils étaient authentiques l'un avec l'autre, aucun de leurs gestes n'étaient chargés d'arrière pensées comme le paramètre de séduction n'entrait pas en jeu. Et pour Angélique cette relation purement amicale avec une personne du sexe opposé était très précieuse. Malgré son effeminement affiché, Angel permettait à la Délicieuse de se confronter à d'autres idées, d'autres façons de penser que ses anciennes camarades de dortoir.

"Je ne sais pas pourquoi, mais je suis de méchante humeur aujourd'hui."

Pas forcément très satisfaisant comme réponse, Angélique s'en rendait bien compte, mais elle n'avait pas grand chose de mieux à proposer. Elle regarda son ami manger avec une extrême lenteur la maigre portion qu'il s'était servi. Comme s'il cherchait à faire durer toujours un peu plus sur ses papilles le goût de chaque bouchée ingurgitée. Comme s'il cherchait à tromper son estomac en lui faisant croire que la quantité de nourriture avalée était suffisante pour le remplir. Aujourd'hui plus que les autres jours, sa manie de s'affamer volontairement pour garder sa silhouette longiligne l'agaça profondément. Non seulement s'il continuait il n'aurait bientôt plus que la peau sur les os, mais surtout la vie ne nous réservait-elle pas assez de souffrances pour ne pas s'en infliger volontairement ? Angélique savait que ce jeune imposé faisait souvent rugir de mécontentement le ventre de l'Espagnol. À ne pas écouter les messages que son corps nous envoie, on finir tôt ou tard par le regretter. Angélique avait la chance de pouvoir manger comme un chancre sans avoir à en payer les frais, mais elle était absolument convaincue que le Mignon n'avait pas à se restreindre en nourriture pour conserver sa ligne que, selon lui, ses clients appréciaient particulièrement.

"Surtout, ne mange pas plus vite ou tu réaliserai que ton ventre crie famine. Tu veux rentrer en compétition avec le chat famélique de la gouvernante c'est ça
?" demanda la Délicieuse, mi sérieuse, mi taquine. Elle avait souvent du mal à ravaler ses répliques cinglantes, mais considéra que cette fois ci elle avait plutôt bien réussi à tenir sa langue, étant donné son humeur actuelle. Angel connaissait son caractère maintenant, et saurait qu'il n'y avait aucune acerbité dans ses propos.

Cherchant à changer de sujet, elle voulut d'abord l'interroger sur la nuit de la veille, mais préféra se retenir. Angel n'avait pas forcément des clients très joasses, et s'il avait passé la soirée avec un triste sire dépressif il n'avait sûrement pas envie d'en parler. De plus, sans que la belle n'ait jamais compris pourquoi, son doux rêveur n'avait jamais apprécié les plaisirs de la chair. S'il se prostituait, c'était par nécessité car passer à l'acte le rebutait. La Délicieuse mentirait si elle disait qu'elle ne s'était pas rendue au Manoir par nécessité, mais elle au moins goûtait au pêché de chair avec délice. Comment ne pouvait il pas apprécier la volupté des caresses, des baisers sur son corps ? Sans en avoir l'absolue confirmation, elle supposait qu'être un homme et en aimer un autre ne devait rien changer au plaisir qu'on pouvait éprouver. Sur ce point, la jeune femme plaignait sincèrement Angel, imaginant son angoisse croissante lorsque, chaque soir ou presque, le moment fatidique où il devrait passer à l'acte approchait.

La jeune fille reporta ensuite son attention sur la fenêtre. La salle commune où ils se trouvaient n'était éclairée que par la faible lumière en provenance du ciel gris, et les gouttes d'eau martelaient toujours les carreaux avec une même intensité.

"Avec ce temps là" maugréa-t-elle, "Pas étonnant que je sois morose. Et moi qui voulait te montrer Paris..."

La belle s'était mise dans la tête de faire découvrir à son Espagnol Paris la Capitale, Paris la Ville des Lumières comme on se plaisait à le dire. N'étant jamais trop sorti de cet appartement dans lequel son père le cloitrait, le jeune homme avait peur du Monde, mais elle comptait bien lui donner ce goût de l'aventure, de la découverte qui l'avait toujours caractérisée. C'est pourquoi elle projetait depuis un certain temps déjà que, une fois Délicieuse et libre de ses allers et venues ou presque, elle ferait découvrir à son ami cette ville et tous ses recoins.
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Angel Del Alba

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MessageSujet: Re: Papotage entre amis [PV Angel]   Jeu 8 Aoû - 18:51

Il est vrai qu'Angel ne craignait pas non plus de grossir naturellement. Étant un de ces garçons qui peuvent s'empiffrer sans prendre un gramme, à leur grand désespoir la majorité du temps d'ailleurs. Cependant le Mignon ne voulait pas prendre le risque, il ne devait surtout pas décevoir sous peine de se retrouver dehors, et rien qu'à cette idée le jeune homme du plutôt se forcer à finir son bol qu'autre chose. Heureusement Françoise parvenait à lui faire avaler quelques petites gourmandises sans qu'il n'ait l'impression de le faire, palliant à ce problème de nourriture qu'il avait commencé à avoir en entrant au manoir. Premièrement il détestait son corps, c'était inconscient mais véridique. Cette silhouette beaucoup trop androgyne qui se souillait un peu plus chaque soir dans des actes avilissants, une fois, il avait même commencer à éprouver du plaisir, et depuis il se gardait bien de récompenser ce dernier, que ce soit en se laissant trop aller avec les clients-même l'explorateur Juan qui était doué.- ou la nourriture ou quoique ce soit. Sans en être aux extrêmes, le jeune homme avait cette tendance à l'auto flagellation silencieuse car il détestait pleurer sur son sort. Au moins en mangeant peu, il avait moins de force pour fabriquer des larmes. Dans un second temps, le couple Boldwin lui avait bien fait savoir que c'était son côté androgyne qui plaisait, s'il prenait du poids, ses formes masculines pourraient se révéler un peu plus, et il perdrait peut-être ses clients ? Son esprit serait soulagé, mais il aurait déçu le couple...

-Tu sais bien que je dois faire attention. Je ne tiens pas à me retrouver dehors ! Les filles ne veulent pas de moi, si c'est pareil avec l'autre bord, je finirai à la rue. Le couple m'a dit que je devais rester mince, c'est ce qu'ils préfèrent chez moi.

Répondit-il, à son tour agacé. Bien que son amie se soit retenue, beaucoup moins acerbe qu'elle n'aurait pu l'être, Angel n'aimait pas qu'elle aborde ce sujet, il était donc moins doux, bien sûr, cette petite pique ne durait guère. Une minute et il avait déjà retrouvé son air éthéré habituel. Ses sourcils ne savaient se froncer plus de deux minutes, une maximum quand il s'agissait de sa meilleure copine.

-Ça arrive

Fit-il conciliant en enlaçant son cou et en la ramenant contre lui pendant quelques secondes, puis en posant sa main sur la sienne, la laissant libre de se dégager comme bon lui semblait.

-Si tu me promets que c'est un vague à l'âme survenu sans "raison" apparente, je ne chercherai pas plus loin, mais il va bien falloir le chasser, que souhaiterais-tu faire ? Et si nous allions jouer aux cartes ? Ou chanter ? J'adore t'écouter. Je suis ton chevalier servant. Mais avant tu me promets bien que tu n'es pas en train d'essayer de me ménager n'est-ce pas ?

Fit-il en bombant le torse d'un air comique, sachant très bien lui-même qu'il ne convenait pas du tout au rôle. Le jeune homme blêmit toutefois à travers son teint mat lorsque la nouvelle Délicieuse proposa une idée des plus audacieuse. Il savait bien que cela arriverait lorsque son amie obtiendrait son titre. Titre mérité mais bien embêtant pour lui en cet instant précis.

-Non non non, ce n'est pas le dehors qui te rendrais de meilleure humeur, dehors c'est sale, et comme tu dis le temps ne s'y prête pas du tout. Tu n'imagines pas ce qu'on peut trouver dans la rue. Toi tu passes et encore ça restes dangereux pour une jolie fille comme toi, si douce, mais alors moi, tu sais bien la réaction des gens, je te l'ai déjà raconté. Si je suis ici c'est bien à cause de ça. Tu sais bien que je n'invente rien hein ? J'ai les preuves.


Gémit-il, déjà angoissé à l'idée de poser un pied dehors. Le Mignon serait bien assez courageux pour sortir, si un ami avait besoin d'aide, alors il vaincrait toute ses peurs, mais le faire pour le plaisir lui paraissait improbable... D'autant plus que les petites ruelles qu'il sillonnait pour faire ses courses, souvent pas temps triste et aux dernières heures de l'après-midi pour ne pas être reconnu ne flattaient pas la ville. Le jeune homme trouvait Paris laide, sûrement parce qu'il n'avait jamais vraiment levé le nez. En revanche, il ne se plaignait pas pour rien. En plus de la lapidation dans son Andalousie d'origine, il subissait encore des moqueries lorsqu'il sortait hors du manoir. Bon, dedans aussi avec les autres garçons mais au moins il était protégé. Dehors, on le hélait, on le traitait de pédéraste, encore cette fichue maladie, et on avait même une fois craché sur lui. Quant à sortir sous Angela, le Mignon était terrifié rien qu'à l'idée qu'un médecin le reconnaisse, le pointe du doigt et qu'il soit encore plus punit, car le crime était alors encore plus grave.

-Allons plutôt lire un recueil de poèmes ? Ou inventer une chanson, non ?


Acheva Angel à court d'imagination. Une chose avait pourtant changé dans ses yeux. Il se battait contre sa peur, prêt à accepter à condition d'être un peu bousculé. Le bien être de son amie passait avant tout, et la jeune Délicieuse paraissait si "mal en point" que quelque chose le poussait à évoquer la possibilité d'accepter. Au moins son aînée verrait comment Paris était réellement, et elle n'aurait plus le mal du dehors, guérissant comme lui qui auparavant adorait courir dans sa campagne, en Espagne. Non vraiment, il n'y avait rien à voir là bas, la seule chose qui lui manquait, c'était les animaux.
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MessageSujet: Re: Papotage entre amis [PV Angel]   Sam 10 Aoû - 23:50

Rp 3 (18) Angel

"Le couple m'a dit que je devais rester mince." Adrian et Amelia. Craints par la quasi-totalité des résidents du Manoir. Pour sûr, c'était grâce à eux que la plupart étaient sortis de la Misère, cette vielle femme qui vous suce tout ce que vous avez jusqu'à la moelle. Leur offrant toit, couvert et travail, le couple avaient pris pour eux figure de providence. D'autres, bien moins chanceux, s'étaient vus contraints pour leur part de venir travailler pour les Boldwin. Mais tous, quelque soit leur condition d'origine, les craignaient et les respectaient. La phrase du Mignon ne venait que confirmer la pensée de la jeune femme. Les Boldwin voulaient, donc Angel ferait. Et cela était valable pour tous, elle y compris, et même les apprenties à l'esprit rebelle ne dérogeaient pas à la règle malgré leurs grands airs. Amelia et Boldwin, Rois du Vice mais surtout de la maisonnée, régnaient en maître sur la petite communauté qu'ils avaient réunie autours d'eux. Comment avaient-ils réussi à acquérir une telle emprise sur leurs semblables ? Car il ne fallait pas l'oublier, si ces deux êtres singuliers faisaient parfois figure d'autorité divine au dessus de tout et de tous, ils n'en restaient pas moins des hommes, vulnérables et esclaves de leurs désirs comme n'importe laquelle des autres personnes du Manoir.

S'arrachant à sa réflexion un peu aigre, elle préféra répondre à son ami sans relever ce "le couple m'a dit que je devais".

"Mais personne ne viendra te chasser d'ici ! Je m'y engage personnellement"

Bien qu'elle prononça sa dernière phrase sur un ton rieur, elle n'en pensait pas moins. Angel était son rayon de soleil, sa bouffée d'oxygène, et elle ne laisserait personne le lui enlever.
D'ailleurs, sa remarque sur son alimentation avait déplu à son petit rayon de soleil, comme elle s'y attendait. Angel n'aimait pas tellement parler des choses qui fâche, préférant occulter ses problèmes d'image de soi sous une assurance superficielle. Car son ami ne s'acceptait pas, Angélique le savait. Physiquement, mais aussi moralement, le Mignon ne se rendait pas compte de son charme et ne se supportait pas tel qu'il était. La Délicieuse avait du mal à savoir comment lui redonner confiance en lui.

L'attention que lui portait son ami était attendrissante. Sortant de sa bouderie éphémère, il lui prit doucement la main, comme pour la laisser libre de la retirer si elle le voulait. Mais elle ne le voulait pas, bien au contraire, et une main contre la sienne pouvait plus de bien à son vague à l'âme que de vains discours.
Presque gênée de la gentillesse d'Angel qui lui assurait qu'il serait la pour elle si son mal-être passager était plus profond que ça, elle posa sa deuxième main sur la sienne.

"Je te promets il n'y a pas de quoi s'alarmer, ça repartira aussi soudainement que c'est venu. Pour chanter c'est pas possible. Enfin plus compliqué puisqu'ils sont en train de déménager un nouveau clavecin dans ma chambre pour que je puisse jouer et m'accompagner à ma guise."

À la seconde même ou Angélique évoqua l'idée de parcourir la ville, son ami chercha à l'en dissuader par tous les moyens possibles. Soit disant, Paris était laide, dangereuse et inintéressante. Angel s'indignait presque d'une idée pareille. Si la belle trouvait ses craintes trop vives, elle savait qu'elles prenaient leurs racines dans les expériences malheureuses du Mignon. Des remarques haineuses à son encontre, des injures et peut être même des coups, Angélique n'ignorait pas ce qu'on avait fait subir à son ami. Mais il avait du se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Connaissant Paris comme sa poche ou presque, rien n'arriverait à Angel sous sa protection, elle en était persuadée.

"Ne mens pas : je suis sûre que le sentiment de liberté, de libre arbitre te manque. Je sais que tu as fait de mauvaises rencontres, mais la je serai avec toi, ce sera différent. Paris est belle Angel. Faisons un marché : la pluie à l'air de se calmer; dès qu'il fera beau, nous irons faire un petit tour ensemble ça te vas ? Et pendant ce temps on peut écrire une chanson, ou un poème comme tu veux. Tu te sens inspiré ?"


Peut être qu'en le poussant un peu, Angel rouspèterait tout d'abord mais finirait par accepter de mettre le bout du nez dehors.
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